jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103133 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | BOUDHANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2021, M. D A, représenté par Me Boudhane, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision née du silence opposé à sa demande du 8 septembre 2020 par laquelle le préfet de la Moselle lui a implicitement refusé l'admission au séjour ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Moselle, de lui délivrer un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ou un récépissé de titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle n'a pas été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 mars 2022, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. D A ne sont pas fondés.
M. D A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 7 avril 2021.
Par une ordonnance du 11 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 26 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Michel Richard.
Considérant ce qui suit :
1. M. D A, ressortissant nigérien né le 6 avril 1992, est entré sur le territoire français le 9 mai 2017. Par demande datée du 8 septembre 2020 réceptionnée en préfecture le 10 septembre 2020, il a sollicité son admission au séjour, qui lui a été implicitement refusée par le préfet de la Moselle. Par sa requête, il demande l'annulation de cette dernière décision.
2. En premier lieu, par un arrêté du 5 décembre 2020 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Moselle du 7 décembre 2020, le préfet de la Moselle a donné délégation à Mme G C, adjointe à la cheffe du bureau de l'admission et du séjour, signataire de l'acte de transmission des motifs du refus, à l'effet de signer les décisions relatives aux matières relevant de ce bureau, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme E B, directrice de l'immigration et de l'intégration de la préfecture. Il n'est ni établi ni même allégué que Mme B n'aurait pas été absente ou empêchée à la date de signature de la décision contestée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée doit en tout état de cause être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort de la communication des motifs qui a été faite à M. D A le 25 mars 2021 que celle-ci mentionne les circonstances de droit et de fait qui fondent la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour. Le préfet n'était pas tenu de mentionner l'ensemble des éléments de la situation personnelle de M. D A. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation tel qu'il est articulé dans les écritures doit être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, applicable au présent litige : " La carte de séjour temporaire mentionnée à l'article L. 313-11 ou la carte de séjour temporaire mentionnée aux 1° et 2° de l'article L. 313-10 peut être délivrée, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, à l'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 313-2 ".
5. M. D A se prévaut de sa présence en France depuis 2017 et de son insertion sur le territoire français dans le domaine associatif et sportif car il est membre de l'équipe de football du club de l'union sportive ACLI Metz et assistant de l'entraîneur des équipes seniors et jeunes et a suivi diverses formations en vue d'encadrer des équipes de jeunes. Il fait également valoir qu'il est employé dans une société de transport en tant que chauffeur livreur par un contrat à durée indéterminée. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le requérant a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français du 11 février 2019 à laquelle il n'a pas déféré alors qu'il a résidé irrégulièrement sur le territoire français dès l'origine. Il n'établit pas ne plus disposer d'attaches privées et familiales dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de 25 ans. Enfin, les éléments dont le requérant fait état ne suffisent pas à établir un motif exceptionnel ou des considérations humanitaires justifiant que lui soit délivré, à titre exceptionnel, un titre de séjour " vie privée et familiale " ou à défaut, un titre de séjour " salarié ". Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant le titre de séjour sollicité, le préfet de la Moselle a fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 313-14 précité.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
7. Si le requérant, qui est entré sur le territoire français à l'âge de 25 ans, soutient qu'il y a créé des liens intenses, il n'établit toutefois pas, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, être dépourvu d'attaches privées ou familiales dans son pays d'origine où il a vécu la majeure partie de sa vie. Dans ces conditions et compte-tenu également de ce qui a été dit au point 5, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Il en va de même pour les mêmes motifs du moyen tiré de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de la décision contestée sur la situation personnelle de l'intéressé.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. D A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F D A, et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
Le premier assesseur,
A Lusset
Le président rapporteur,
M. Richard
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026