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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2103137

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2103137

jeudi 22 février 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2103137
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 mai 2021 et le 19 juin 2023, la SAS Générale Immobilière, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 par lequel le maire de Metz a délivré à la SCI Trublion un permis de construire en vue de réhabiliter un ensemble immobilier situé 32 rue des Clercs à Metz, ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux formé à l'encontre de cet arrêté ;

2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Metz et de la SCI Trublion une somme de 5 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle justifie d'un intérêt à agir contre l'arrêté attaqué dès lors qu'elle a la qualité d'occupant régulier des immeubles en cause ;

- la décision est entaché d'un vice d'incompétence ;

- l'arrêté est insuffisamment motivé en ce qui concerne les prescriptions dont il est assorti ;

- le dossier de demande de permis de construire est entaché d'incomplétude et d'insuffisances et l'arrêté méconnaît ainsi les articles R. 431-8, R. 431-9, R. 431-10, R. 431-13, R. 431-14, R. 431-16, R. 423-1 et R. 451-2 du code de l'urbanisme ;

- l'arrêté méconnaît l'article 2.2.1 des dispositions générales du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) ;

- il méconnaît l'article 2.2.4 des dispositions générales du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 3.2 du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 4 du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 10.1 du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 11 du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 11 A.5.3 du règlement du PSMV ;

- il méconnaît l'article US 12.1 du règlement du PSMV.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 juin 2021 et le 12 mai 2023, la commune de Metz, représentée par Me Iochum, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la SAS Générale Immobilière au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour la SAS Générale Immobilière de justifier d'un intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la SCI Trublion, représentée par la Selarl Cossalter, De Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de la SAS Générale Immobilière au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est irrecevable faute pour la SAS Générale Immobilière de justifier d'un intérêt pour agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un courrier du 18 janvier 2024, le tribunal a informé les parties de ce qu'il est susceptible de surseoir à statuer, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, au motif que le permis de construire est entaché de plusieurs vices, tirés de

la méconnaissance des articles 2.2.1 et 2.2.4 du règlement du plan de sauvegarde et de mise en valeur de la ville de Metz, ainsi que de l'article US 10.1 de ce règlement.

Par un mémoire, enregistré le 26 janvier 2024, la société Générale Immobilière a présenté ses observations en réponse au courrier du tribunal du 18 janvier 2024.

Sur le fondement des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal a, le 18 janvier 2024, informé les parties de ce qu'il était susceptible de relever un moyen d'office, tiré de ce que les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-16 et R. 423-1 du code de l'urbanisme sont irrecevables, par application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lusset, rapporteur ;

- les observations de Me Erkel, avocat de la société requérante,

- les observations de Me Bizzarri, avocat de la SCI Trublion,

- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande du 10 janvier 2020, la société civile immobilière (SCI) Trublion a sollicité un permis de construire en vue de réhabiliter un ensemble immobilier situé 32 rue des Clercs à Metz, comprenant notamment des locaux loués par la société à responsabilité limitée (SAS) Générale immobilière. Par un arrêté du 9 novembre 2020, le maire de Metz a délivré le permis de construire sollicité. La société Générale immobilière a formé un recours gracieux le 6 janvier 2021, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 9 novembre 2020 ainsi que le rejet implicite de son recours gracieux.

Sur la fin de non-recevoir opposée par la commune de Metz et la SCI Trublion :

2. Aux termes, d'une part, de l'article L. 600-1-2 du même code : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ".

3. Aux termes, d'autre part, de l'article L. 145-14 du code de commerce : " Le bailleur peut refuser le renouvellement du bail. Toutefois, le bailleur doit, sauf exceptions prévues aux articles L. 145-17 et suivants, payer au locataire évincé une indemnité dite d'éviction égale au préjudice causé par le défaut de renouvellement. Cette indemnité comprend notamment la valeur marchande du fonds de commerce, déterminée suivant les usages de la profession, augmentée éventuellement des frais normaux de déménagement et de réinstallation, ainsi que des frais et droits de mutation à payer pour un fonds de même valeur, sauf dans le cas où le propriétaire fait la preuve que le préjudice est moindre ". Aux termes de l'article L. 145-28 du même code : " Aucun locataire pouvant prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être obligé de quitter les lieux avant de l'avoir reçue. Jusqu'au paiement de cette indemnité, il a droit au maintien dans les lieux aux conditions et clauses du contrat de bail expiré. Toutefois, l'indemnité d'occupation est déterminée conformément aux dispositions des sections 6 et 7, compte tenu de tous éléments d'appréciation ". Il résulte de ces dispositions qu'aucun locataire pouvant prétendre à une indemnité d'éviction ne peut être obligé de quitter les lieux avant de l'avoir reçue et que, jusqu'au paiement de cette indemnité, il a droit au maintien dans les lieux aux conditions et clauses du contrat de bail expiré. Il a, dans cette attente, la qualité d'occupant régulier.

4. En l'espèce, la SAS Générale Immobilière était titulaire d'un bail commercial sur le terrain d'assiette du projet contesté depuis 1969 afin d'exploiter une agence immobilière. S'il est constant que la SCI Trublion lui a notifié un congé de son bail avec effet au 30 juin 2018, congé motivé par le projet de réhabilitation immobilière litigieux, il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier, et n'est pas même soutenu en défense, que la société requérante aurait perçu l'indemnité d'éviction prévue par les dispositions précitées du code du commerce à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. En outre, le locataire de locaux faisant l'objet d'un permis de construire emportant leur restructuration justifie à ce titre d'un intérêt lui donnant qualité pour en demander l'annulation. Par suite, la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de la requérante doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité externe de l'acte :

5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ".

6. En l'espèce, l'arrêté attaqué a été signé par M. Laurent Dap, conseiller délégué, qui a reçu délégation de fonction et de signature du maire pour exercer les fonctions afférentes à l'urbanisme par un arrêté en date du 20 juillet 2020. Il ressort également des pièces du dossier que cet arrêté a été transmis au contrôle de légalité le 20 juillet 2020 et a fait l'objet d'un affichage à compter de ce jour au tableau d'affichage de la ville de Metz ainsi que cela ressort du certificat d'affichage établi le 17 mai 2023, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, et qui ne sont en tout état de cause pas contestées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit être écarté.

7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme : " Lorsque la décision rejette la demande (), elle doit être motivée. / () Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions () ". Aux termes de l'article R. 424-5 du même code : " () / Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée. / () ". Aux termes de l'article A. 424-3 du même code : " L'arrêté indique, selon les cas ; / a) Si le permis est accordé ; / b) Si le permis est refusé () / Il indique en outre, s'il y a lieu : / d) Si la décision est assortie de prescriptions ; / () ". Aux termes de l'article R. 424-4 de ce code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision () ".

8. Une décision accordant un permis de construire assorti de prescriptions spéciales n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables qui doivent être motivées au sens des dispositions du code des relations entre le public et l'administration. Si une telle décision doit être motivée en application des dispositions précitées du code de l'urbanisme, la motivation exigée par ces dispositions peut résulter directement du contenu même des prescriptions.

9. En l'espèce, si l'arrêté attaqué est assorti de prescriptions émises notamment par l'architecte des bâtiments de France, la direction régionale des affaires culturelles ou encore plusieurs services techniques, les motifs de cet arrêté résultent directement du contenu même de ces prescriptions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation des prescriptions du permis de construire en litige doit être écarté.

En ce qui concerne l'insuffisance du dossier de demande de permis de construire :

10. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

11. Aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

12. Il ressort des pièces du dossier que la notice descriptive figurant dans le dossier de permis de construire comporte des précisions suffisantes notamment sur l'organisation des bâtiments, leur composition et leurs volumes, permettant au service instructeur d'apprécier la manière dont sera aménagé le projet litigieux. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme, tel qu'il est articulé, doit être écarté.

13. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".

14. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, le plan de masse fourni au dossier, qui mentionne les modalités de raccordement aux réseaux publics, est côté en trois dimensions. En tout état de cause, les autres plans produits au dossier contiennent également les cotes permettant au service instructeur de connaître les dimensions des bâtiments. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.

15. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

16. Si le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas de pièce intitulée " plan des toitures ", il comporte un plan de masse, des plans de coupe et des plans des façades représentant de façon précise les toitures et qui ont permis au service instructeur d'apprécier les caractéristiques du projet. Les requérants n'indiquent au demeurant pas au regard de quelle règle la conformité du projet n'aurait pu être appréciée. Par ailleurs, le dossier de demande de permis de construire est également composé de photomontages, de plans de coupe et de façades et de photographies représentant l'environnement proche et lointain qui ont permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

17. Aux termes de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public "

18. La société requérante soutient qu'une partie des débords de toiture empiètera sur le domaine public, et qu'en l'espèce l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation domaniale ne figurait pas au dossier, en méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme. La SCI Trublion verse toutefois à l'instance une attestation de la ville de Metz datée du 3 juin 2020 exprimant son accord pour engager ladite procédure, conformément aux dispositions précitées. Si la société requérante fait grief à cette attestation de ne pas comporter un tampon de la ville de Metz, cette seule affirmation, contestée en défense, et qui n'est corroborée par aucune pièce du dossier, ne permet pas de démontrer que l'attestation dont il est question était absente du dossier demande. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme doit être écarté.

19. Aux termes de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".

20. La société Générale Immoblière fait valoir que la notice ne comporte pas de description sur l'exécution des travaux et les matériaux utilisés, alors qu'il est constant que le projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable. Il ressort toutefois des termes de cette notice qu'elle décrit les matériaux utilisés, ainsi que les coloris retenus, en majorité conservés par rapport à l'existant, dans un niveau de détail suffisant pour permettre au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. Par ailleurs, s'agissant des verrières projetées, il est indiqué qu'elles seront reconstruites à l'identique de celles dont le projet prévoit la démolition. Enfin, concernant les modalités d'exécution des travaux, la notice indique que " toutes les précautions seront prises pour que la mise en œuvre ne porte aucunement atteinte aux bâtiments conservés ". Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme doit être écarté.

21. Selon l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants. ".

22. Si la société requérante fait valoir que le dossier de permis de construire, qui autorise par ailleurs une démolition, est insuffisamment précis en ce qui concerne les ouvrages à démolir, il ressort des pièces du dossier que celui-ci comporte des photographies légendées ayant permis au service instructeur d'identifier avec précision les parties à démolir, ainsi qu'une notice décrivant précisément les modalités de démolition. En outre, cette notice précise que " La verrière et autres bâtiments démolis seront soigneusement déposés et toutes les précautions seront prises pour que la mise en œuvre ne porte aucunement atteinte aux bâtiments conservés ". En tout état de cause, il n'est aucunement établi par la requérante que les modalités d'exécution des travaux seraient de nature à méconnaître une norme d'urbanisme. Par suite, le moyen correspondant doit être écarté.

23. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du caractère incomplet et erroné du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.

24. Enfin, aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense. Cette communication s'effectue dans les conditions prévues au deuxième alinéa de l'article R. 611-3 du code de justice administrative ".

25. Les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-16 et R. 423-1 du code de l'urbanisme ont été soulevés pour la première fois le 19 juin 2023, soit au-delà du délai de deux mois à compter de la réception par la société requérante du premier mémoire en défense, intervenu le 16 juin 2021. Par suite, ces moyens doivent être écartés comme irrecevables.

En ce qui concerne la méconnaissance du plan de sauvegarde et de mise en valeur :

26. D'une part, aux termes du I de l'article L. 313-1 du code de l'urbanisme : " Un plan de sauvegarde et de mise en valeur peut être établi sur tout ou partie du site patrimonial remarquable créé en application du titre III du livre VI du code du patrimoine. Sur le périmètre qu'il recouvre, il tient lieu de plan local d'urbanisme () ".

27. D'autre part, l'article 2.2.1 du plan de sauvegarde et de mise en valeur (PSMV) de la ville de Metz régit deux types de bâtiments : ceux de type A dont la démolition, l'enlèvement ou l'altération sont interdits, et dont la modification est soumise à des conditions spéciales et qui sont représentés par un aplat gris foncé sur le document graphique du PSMV, et ceux de type B dont le réaménagement, pouvant comporter des interventions sur la structure et/ou sur la répartition des volumes existants est autorisée sous condition, et qui sont représentés par un aplat gris moyen sur le doc graphique.

28. S'agissant des bâtiments de type A, l'article 2.2.1 du PSMV dispose qu' " Ils présentent un intérêt patrimonial notamment : / - pour l'extérieur : volumétrie, structures et éléments décoratifs des façades et couvertures ; / - pour l'intérieur : structures des planchers, des façades et des murs de refend, charpentes, caves, escaliers, distribution intérieure des parties communes et des parties privatives, éléments d'architecture et de décoration intérieurs : revêtements de sols, cheminées, menuiseries de portes, fenêtres et volets, lambris, éléments de serrurerie, et tout élément patrimonial appartenant à l'immeuble. / Ces immeubles doivent être maintenus, restaurés et améliorés, ainsi que l'ensemble des éléments extérieurs et intérieurs décrits ci-dessus. / Des modifications peuvent être admises : / Si elles vont dans le sens d'une restauration ou d'une mise en valeur qui peut porter sur les éventuelles stratifications historiques. Elles peuvent être hiérarchisées en fonction de la valeur patrimoniale des différentes strates. / Si elles correspondent à une restauration ou une restitution de l'édifice, selon la période la plus marquante de sa construction. / Si elles consistent à adapter les locaux afin d'intégrer les normes de confort contemporain d'accessibilité et de sécurité, sans toutefois désorganiser les belles pièces, remettre en cause la distribution des logements ou les éléments de décors évoqués ci-dessus, et modifier la volumétrie de l'immeuble, sauf s'il s'agit de revenir à un état antérieur plus satisfaisant ".

29. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la comparaison des plans de masse de l'existant et des réaménagements projetés, et n'est en tout état de cause pas contesté, que la distribution des logements sera modifiée au niveau R+2 du bâtiment implanté en parcelles 469 et 470 et identifié par le règlement graphique comme un bâtiment de type A. Il est en effet constant que le pétitionnaire prévoit la suppression de l'ensemble des cloisons au sein des logements de cet étage, impliquant la redistribution des espaces et une transformation vers un usage de bureaux. Or, les dispositions précitées de l'article 2.2.1 du PSMV n'autorisent que le maintien, la restauration et l'amélioration des éléments intérieurs d'un bâtiment de type A. Par suite, la société Générale Immobilière est fondée à soutenir que l'arrêté, en tant qu'il autorise la modification de la distribution des logements et la distribution des pièces au niveau du R+2 du bâtiment en cause, méconnaît les dispositions précitées, lesquelles, contrairement à ce qui est soutenu en défense, présentent un caractère règlementaire et sont dès lors opposables aux demandes d'autorisations d'urbanisme.

30. En deuxième lieu, la société soutient que le projet méconnaît également l'article 2.2.1 du règlement du PSMV en ce qu'il prévoit le remplacement des menuiseries extérieures du niveau R+1, alors que lesdites dispositions permettent seulement le maintien, la restauration ou l'amélioration des éléments décoratifs des façades et ouvertures. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, et notamment de la comparaison des plans des façades Sud de l'existant et du projet, qu'aucune modification des menuiseries au niveau du R+1 du bâtiment de type A n'est envisagée par le pétitionnaire. Dans ces conditions, le moyen correspondant ne peut qu'être écarté.

31. En troisième lieu, il est constant que le projet prévoit une démolition partielle du plancher en R+1 du bâtiment de type A situé en parcelle 470, afin de permettre la communication entre l'hôtel et le bâtiment qui accueillait les anciennes écuries par la création d'un escalier. Toutefois, les dispositions précitées de l'article 2.2.1 imposent, dans les bâtiments de type A, le maintien, la restauration ou la rénovation des revêtements de sol. Il s'ensuit que la société requérante est fondée à soutenir que l'arrêté, qui autorise la suppression d'une partie du revêtement du sol de ce bâtiment, a été délivré en méconnaissance de l'article 2.2.1 du règlement du PSMV.

32. En quatrième lieu, la société Immobilière générale fait grief au projet de prévoir le remplacement des lucarnes du niveau R+2 et le remplacement de la couverture en ardoise et de la zinguerie de l'hôtel particulier, lequel doit se faire à l'identique d'après le règlement précité. Il ressort toutefois des plans et de la notice produite au dossier que le remplacement de l'ensemble de la couverture en ardoises se fera par des ardoises de type " Monument Historique " (MH), permettant ainsi un remplacement à l'identique de la couverture, et que les menuiseries du niveau R+2 seront également remplacées à l'identique. Par suite, le moyen, tel qu'il est articulé, doit être écarté.

33. En cinquième lieu, société générale Immobilière soutient que le creusement d'une cave dans le sous-sol de l'hôtel particulier tel qu'il est projeté méconnaît également l'article 2.2.1 qui n'autorise à modifier les immeubles que pour " adapter les locaux afin d'intégrer les normes de confort contemporain, d'accessibilité et de sécurité ". Il ressort des pièces du dossier que cette cave, implantée en parcelle 470, sera utilisée comme réserve pour le commerce nouvellement créé au niveau du rez-de-chaussée de l'immeuble. Il s'ensuit que la société requérante est fondée à soutenir qu'une telle modification, qui ne vise pas à intégrer les normes de confort contemporain, d'accessibilité et de sécurité, méconnaît également l'article 2.2.1 du règlement du PSMV.

34. En sixième lieu, la société requérante soutient que certains travaux réalisés sur les bâtiments implantés en parcelles 471 et 416 sont illégaux, dès lors qu'ils ne respectent pas l'article 2.2.1 du règlement du PSMV qui protègent également les bâtiments B, identifiés par un aplat gris moyen au règlement graphique. Toutefois, il ressort du règlement graphique opposable à la demande de permis de construire que les parcelles 471 et 416 sont identifiées par un aplat gris clair et ne font l'objet d'aucune protection spécifique du PSMV, la société requérante ayant fondé son argumentaire sur une version antérieure du document graphique, non opposable en l'espèce. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être carté comme inopérant.

35. En septième lieu, la société requérante fait valoir que sur les parcelles libres de construction n° 407, 472 et 473, identifiées au règlement graphique comme un " espace à dominante minérale à conserver ou restituer ", la réalisation projetée de trois places de stationnement méconnaît l'article 2.2.4 du règlement du PSMV qui prévoit que ce type d'espace doit être " maintenu dans leurs dispositions actuelles ". Toutefois, le document graphique du PSMV indique que les immeubles situés sur les parcelles en cause peuvent également faire l'objet d'une démolition. Par suite, le pétitionnaire a légalement pu prévoir la démolition des éléments de construction implantés à cet endroit, afin d'y installer trois aires de stationnement, lesquelles ne comporteront aucune matérialisation au sol, conformément aux exigences posées par l'architecte des bâtiments de France. Dès lors, le moyen correspondant doit être écarté.

36. En huitième lieu, aux termes de l'article US.3.2. du règlement du PSMV de la ville de Metz : " Les dimensions et configurations des accès à créer doivent être adaptées à la forme du terrain, à l'importance et à la nature de opérations que celui-ci est susceptible d'accueillir. Les accès doivent être aménagés de façon à ne présenter aucun risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles des personnes utilisant ces accès ".

37. La société requérante fait valoir que le projet, qui prévoit selon elle une surface de plancher de 2 743 m2, engendrera une forte hausse des flux de circulation, et créera ainsi un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques. Toutefois, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que les conditions de circulation existantes dans les environs du projet poseraient un problème du point de vue de la sécurité publique. En outre, le projet, qui implique en réalité une augmentation modérée de la surface de plancher de 600 m², est doté d'un accès d'une largeur de 16,73 mètres, tandis que la voie " En bonne ruelle ", qui le dessert, présente une largeur de 5 mètres, suffisante pour permettre au flux modeste de véhicules d'entrer et de sortir dans des conditions de sécurité satisfaisantes. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article US.3.2. du règlement du PSMV doit être écarté.

38. En neuvième lieu, la société requérante soutient qu'aucune pièce du dossier ne permet s'assurer du respect par le projet de l'article US 4 du règlement du PSMV, relatif aux divers réseaux publics. Toutefois, la pétitionnaire fait valoir, sans être ultérieurement contestée, que le raccordement aux réseaux se fera sur les réseaux existants, et que les différents services techniques consultés ont tous émis des avis favorables au projet, indiquant que les réseaux étaient suffisants. Dans ces conditions, le moyen correspondant, tel qu'il est articulé, ne peut qu'être écarté.

39. En dixième lieu, aux termes de l'article US 10.1 du règlement du PSMV : " 1. Terrains concernés par une " Emprise constructible maximale " (ECM) ". Dans les emprises constructibles maximales (ECM), les constructions nouvelles ne doivent pas dépasser les hauteurs indiquées sur le document graphique. Celles-ci sont définies par un nombre de niveaux () ".

40. Il ressort du règlement graphique du PSMV de la ville de Metz que les parcelles 416 et 471 sont concernées par une emprise constructible maximale (ECM) fixée à 100 % de la parcelle, avec une hauteur limitée à 2 niveaux sans comble (R+2), les autres hauteurs autorisées par le règlement graphique étant R+2+C et R+3. Or, il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de la façade Ouest de la construction et des plans de coupe, que la pétitionnaire a prévu un aménagement des combles rendus accessibles via une mezzanine, des ouvertures dans le toit étant d'ailleurs pratiquées sur ce niveau supplémentaire. Il en va de même en ce qui concerne la façade Est du projet, où les combles sont également aménagés. Il est constant qu'au regard du zonage applicable aux bâtiments, de tels aménagements de combles ne sont pas autorisés par l'article US 10.1. précité. Par suite, la société Générale Immobilière est fondée à soutenir que le permis de construire litigieux a également été délivré en méconnaissance de ces dispositions.

41. En onzième lieu, selon l'article US 11 du règlement du PSMV : " L'autorisation de travaux peut être refusée ou n'être accordée que sous réserve de prescriptions si la construction, l'installation ou l'ouvrage, par sa situation, son volume, son aspect, son rythme ou sa coloration, est de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

42. Il résulte de ces dispositions que si les constructions projetées portent atteinte aux lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une telle atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

43. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans le centre historique de la ville Metz, caractérisé par l'implantation de bâtiments présentant un intérêt patrimonial et architectural certain, justifiant d'ailleurs l'adoption d'un PSMV dans le secteur. Toutefois, si la société requérante reproche au projet d'adopter une forme cubique sur la construction implantée à l'Est, il ressort des plans fournis que cette construction comporte toutefois une toiture à deux pans afin de s'intégrer dans la typologie du bâti environnant, et que la volumétrie de la construction projetée n'est pas en rupture avec les lieux alentours. En outre, il ressort de la notice descriptive que les menuiseries et la couverture du bâtiment seront les mêmes que celles existantes. Dans ces conditions, et alors que les prescriptions de l'architecte des bâtiments de France, concernant la façade, les menuiseries, les gardes corps et les places de stationnement ont été reprises par le maire dans le permis de construire en litige, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article US 11 du règlement du PSMV ne peut qu'être écarté.

44. En douzième lieu, l'article US 11A.5.3 du règlement du PSMV prévoit que " les verrières existantes doivent être restaurées ou reconstituées, avec les techniques propres à leur réalisation ". S'il ressort du dossier que les verrières situées sur le bâtiment implanté en parcelle 469, qualifiées de vétustes par le pétitionnaire, seront détruites, il est toutefois constant que le projet prévoit leur remplacement à l'identique. Dans ces conditions, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que le projet méconnaît les dispositions précitées du PSMV.

45. En treizième lieu, la circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, notamment doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues.

46. La société Générale Immobilière soutient que le nombre de places prévu par le pétitionnaire, trois au total, est insuffisant au regard des normes fixées par l'article US 12 du règlement du PSMV, qui imposerait en l'occurrence selon elle la création de vingt-quatre places. Toutefois, il est constant que le terrain d'assiette ne comportait, avant les travaux projetés, aucune place de stationnement. Ainsi, et alors que le projet litigieux porte sur une construction existante, la réalisation de trois places de stationnement rend l'immeuble plus conforme aux dispositions méconnues de l'article US 12 du PSMV. Dans ces conditions, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.

Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

47. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du même code : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé. ".

48. En vertu de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, lorsque, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, le juge administratif estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, il sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations.

49. Il résulte de ces dispositions, éclairées par les travaux parlementaires, que lorsque le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme dont l'annulation est demandée, sont susceptibles d'être régularisés, le juge doit surseoir à statuer sur les conclusions dont il est saisi contre cette autorisation. Il invite au préalable les parties à présenter leurs observations sur la possibilité de régulariser le ou les vices affectant la légalité de l'autorisation d'urbanisme. Le juge n'est toutefois pas tenu de surseoir à statuer, d'une part, si les conditions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme sont réunies et qu'il fait le choix d'y recourir, d'autre part, si le bénéficiaire de l'autorisation lui a indiqué qu'il ne souhaitait pas bénéficier d'une mesure de régularisation. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

50. En l'espèce, les vices identifiés aux points 31, 33 et 40 tenant à la méconnaissance de l'article 2.2.1 du règlement du PSMV, et relatifs à la modification de la distribution des logements en R+2, à la destruction prohibée d'une partie du plancher en R+1 et au creusement d'une cave dans le sous-sol du bâtiment implanté sur la parcelle 470, ainsi qu'à la méconnaissance de l'article US 10.1 de ce règlement, sont susceptibles d'être régularisés dès lors que leur régularisation n'impliquerait pas d'apporter au projet litigieux un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Les parties ayant été mises en mesure de présenter leurs observations, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de surseoir à statuer et d'impartir respectivement à la SCI Trublion et à la commune de Metz, un délai maximal de cinq mois à compter de la notification du présent jugement, afin de solliciter et produire une mesure de régularisation et de la transmettre au tribunal.

D E C I D E :

Article 1 : Il est sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du 1er octobre 2021 au plus tard jusqu'à l'expiration du délai fixé à l'article 2.

Article 2 : Le délai dans lequel la mesure de régularisation du permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à cinq mois maximum à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservés jusqu'en fin d'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société Générale Immobilière, à la SCI Trublion et à la commune de Metz.

Délibéré après l'audience du 1er février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

M. Lusset, premier conseiller,

Mme Anne-Lise Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 février 2024.

Le rapporteur,

A. LUSSET

Le président,

M. RICHARD

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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