mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103356 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SCP IOCHUM & GUISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 6 mai 2021 et 12 juillet 2022, Mme D A, représentée par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 janvier 2021 par lequel le maire de Morhange a délivré à la SARL Au pain doré un permis de construire portant sur l'extension, pour une surface de plancher de 42 mètres carrés, d'un local commercial situé 19, rue de la Porte de France, et la décision du 5 mars 2021 rejetant le recours gracieux du 23 février 2021, ainsi que l'arrêté du 22 février 2022 par lequel le maire de Morhange a délivré un permis de construire modificatif ;
2°) de mettre solidairement à la charge de la commune de Morhange et de la SARL Au pain doré une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est recevable ;
- l'arrêté du 6 janvier 2021 comporte des prescriptions insuffisamment motivées, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 424-5 du code de l'urbanisme ;
- le dossier de demande de permis de construire méconnaît les dispositions des articles R. 431-5, R. 431-9, R. 431-10, R. 431-14 et R. 431-16 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté du 6 janvier 2021 méconnaît les dispositions des articles R. 111-4 du code de l'urbanisme, ainsi que les articles UA 1, UA 2, UA 4, UA 11 et UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme, et est entaché de fraude ;
- l'arrêté du 22 février 2022 est entaché d'un vice d'incompétence, méconnait les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration et est illégal, dès lors qu'il ne comporte pas la définition de l'ensemble des modifications apportées au dossier initial.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 25 novembre 2021 et 18 août 2022, la commune de Morhange, représentée par la SCP Iochum Guiso, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 22 août 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Kalt,
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 août 2020, la SARL Au pain doré a présenté une demande de permis de construire portant sur l'extension, pour une surface de plancher de 42 mètres carrés, d'un local commercial situé 19, rue de la Porte de France à Morhange. Par un arrêté du 6 janvier 2021, le maire a délivré le permis de construire sollicité. Par une décision du 5 mars 2021, le maire a rejeté le recours gracieux présenté le 23 février 2021 par Mme A à l'encontre de cet arrêté. Le 4 octobre 2021, la SARL Au pain doré a présenté une demande de permis de construire modificatif, qui lui a été délivré par un arrêté du 22 février 2022. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal d'annuler les arrêtés des 6 janvier 2021 et 22 février 2022, ainsi que la décision rejetant son recours gracieux.
Sur la légalité des permis de construire :
2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ".
4. Il ressort certes de l'arrêté du 22 février 2022 qu'il comporte les prénom et nom du maire de Morhange, M. E C, ainsi que ceux de son adjoint délégué à l'urbanisme, M. F B. La signature, lisible, apposée sur l'arrêté, permet néanmoins d'identifier sans ambiguïté son auteur comme étant M. B. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Par suite, le moyen articulé en ce sens doit être écarté.
5. En deuxième lieu, par un arrêté du 4 janvier 2021 régulièrement publié, le maire de Morhange a délégué ses fonctions et sa signature à M. F B, adjoint, dans le domaine de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que M. B n'avait pas compétence pour signer l'arrêté portant permis modificatif doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables ". Aux termes de l'article R. 424-5 de ce code : " () Si la décision comporte rejet de la demande, si elle est assortie de prescriptions ou s'il s'agit d'un sursis à statuer, elle doit être motivée () ". Aux termes de l'article A. 424-3 de ce code : " L'arrêté indique, selon les cas () d) Si la décision est assortie de prescriptions () ". L'article A. 424-4 du même code dispose que : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours ". La motivation de prescriptions, pour l'application des dispositions précitées du code de l'urbanisme, peut résulter de leur contenu même.
7. Le permis délivré précise, à l'article 2 de l'arrêté du 6 janvier 2021, que les prescriptions émises par l'architecte des bâtiments de France dans son avis du 9 septembre 2020 devront être respectées, à savoir que la zone remblayée dans le prolongement de la terrasse devra être végétalisée et que, si la menuiserie de la porte-fenêtre donnant sur la terrasse était remplacée, elle devrait être en bois, avec un panneautage plein en partie basse des vantaux, peinte de teinte blanc cassé RAL 9001. Si la requérante soutient que cette seconde prescription a été émise alors qu'il n'est pas certain que le projet prévoirait le remplacement de la porte-fenêtre, et qu'ainsi son exécution devrait entraîner le dépôt d'un nouveau permis de construire, il ressort toutefois des pièces de la demande de dossier de permis de construire, en particulier du plan de la façade nord, que l'une des deux ouvertures sera modifiée, à savoir l'emplacement de la porte-fenêtre du premier étage, donnant sur la terrasse, celle-ci étant alors nécessairement déposée. La fenêtre qui sera remise en place devra respecter les prescriptions émises par l'architecte des bâtiments de France en matière de coloris, sans que cela ne nécessite le dépôt d'une nouvelle demande de permis, contrairement à ce que soutient la requérante. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que les prescriptions émises par l'architecte des bâtiments de France seraient insuffisamment motivées ou nécessiteraient une nouvelle autorisation d'urbanisme. Le moyen articulé en ce sens doit être écarté.
8. En quatrième lieu, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
9. Aux termes de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire précise : " () f) La surface de plancher des constructions projetées, s'il y a lieu répartie selon les différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28 ; () ".
10. Il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif, en particulier du formulaire Cerfa et du tableau des destinations et des surfaces, qu'il mentionne bien une création d'une surface de 78 mètres carrés, par changement de destination, affectée à l'artisanat, et la suppression d'une surface équivalente anciennement destinée à de l'habitation. Le permis de construire modificatif est ainsi venu corriger l'erreur matérielle contenue au formulaire joint au dossier de demande de permis initial, qui ne mentionnait pas la surface supprimée par changement de destination. La requérante n'est donc pas fondée à soutenir que le dossier de demande de permis est entaché d'insuffisance sur ce point.
11. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement ".
12. Il ressort des pièces du dossier et la commune de Morhange indique sans être contredite que la partie nouvellement construite sera raccordée aux réseaux du bâtiment principal, dès lors que le projet consiste en une simple extension du bâti existant et que le raccordement aux réseaux s'effectue donc par le bais des réseaux de l'immeuble préexistant. La critique du dossier de demande par la requérante, qui se borne à indiquer que la pétitionnaire dispose en théorie de la possibilité de ne pas se raccorder aux réseaux existants, n'est donc pas fondée.
13. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Aux termes de l'article R. 431-14 du même code : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ".
14. La requérante soutient que les insuffisances du projet architectural, notamment concernant les toitures, les façades, le remblai et les modalités d'exécution des travaux, n'ont pas permis au service instructeur d'apprécier l'insertion de l'extension projetée, alors surtout que le bâtiment est situé dans les abords d'un monument historique. Toutefois, le dossier de demande de permis de construire est composé de plans de coupe et de façades, de photographies représentant l'environnement proche et lointain et d'un document d'insertion. La notice précise que la partie en extension sera enterrée et sans ouvertures, surmontée d'une terrasse accessible depuis le premier étage, qui permettra d'accéder de plain-pied au terrain situé à l'arrière, qui sera partiellement remblayé pour épouser la pente du terrain naturel. La notice précise également que la terrasse sera composée de dalles gravillons de ton sable naturel. L'ensemble de ces éléments a permis au service instructeur d'apprécier l'insertion du projet dans son environnement.
15. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () j) L'attestation de prise en compte des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation et, pour les projets soumis aux dispositions de l'article R. 122-2-1 du même code, l'attestation de réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnement en énergie réalisée en application de l'article R. 122-24-2 de ce code, ou, lorsque le projet est tenu de respecter les dispositions mentionnées aux articles R. 172-11 et R. 172-12 de ce code, un document établi par le maître d'ouvrage attestant la prise en compte de la réglementation thermique, en application de l'article R. 122-22 de ce code, et pour les projets concernés par l'article R. 122-2 ou l'article R. 122-3 du même code, la réalisation de l'étude de faisabilité relative aux solutions d'approvisionnements en énergie, en application de l'article R. 122-23 dudit code ; () ".
16. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif qu'il comporte une attestation de prise en compte de la réglementation thermique. Dans ces conditions, le permis de construire modificatif a régularisé le permis de construire initial délivré sans que cette attestation soit jointe.
17. Enfin, aucun texte n'impose au pétitionnaire de dresser un sommaire des modifications qu'il apporte à son projet dans le cadre d'une demande de permis de construire modificatif, dès lors que l'ensemble des pièces de celle-ci permet d'apprécier la nature des modifications et à l'autorité administrative de statuer en toute connaissance de cause, ce qui n'est pas sérieusement contesté en l'espèce.
18. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du caractère incomplet et erroné du dossier de demande de permis de construire doit être écarté dans toutes ses branches.
19. En cinquième lieu, aux termes de l'article UA 1 du règlement du plan local d'urbanisme : " Sont interdites sur l'ensemble de la zone : les établissements et installations industriels () ". L'article UA 2 précise que sont admises sous conditions " les constructions à usage d'artisanat () à condition : a) qu'elles correspondant à des besoins nécessaires à la vie et à la commodité des habitants, b) qu'elles n'engendrent pas de risques et de nuisances incompatibles avec le caractère de la zone (bruits, trépidations, odeurs, etc.) () ".
20. Il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif que la construction projetée, portant sur l'extension du laboratoire de production de la boulangerie existante, aura une destination artisanale. Le pétitionnaire a également joint à son dossier un document attestant que l'extension projetée sera hermétique sur l'ensemble des parois, murs, plafonds, sans percements ni baies, faisant ainsi valoir que le projet n'entraînera pas de nuisances sonores ou olfactives. La requérante n'apporte au contraire aucun élément de nature à établir que le projet méconnaîtrait les dispositions de l'article UA 2 précitées. Par suite, le moyen articulé en ce sens doit être écarté.
21. En sixième lieu, l'article UA 4 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à la desserte par les réseaux impose le raccordement des constructions aux réseaux d'eau potable, d'assainissement et d'électricité. Ainsi qu'il a été dit plus haut, l'extension projetée sera raccordée à l'immeuble existant et la requérante ne produit aucun élément de nature à établir qu'un tel raccordement ne satisferait pas aux exigences de l'article UA 4 précitées. En ce qui concerne spécifiquement les réseaux d'assainissement, il ressort au demeurant des pièces du dossier que le service compétent de la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie a émis un avis favorable, le 26 novembre 2020. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 4 doit être écarté.
22. En septième lieu, aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme : " () les toitures devront être à deux pans () Les enduits sont à réaliser au mortier de chaux naturelle teinté par un sable local (ocre beige), en trois couches, posé à la truelle, finition grattée ou brossée, ou enduit autre non pelliculaire, d'aspect équivalent. () Construction neuve : (). Le terrain est à conserver sans remblais ni déblais. () Une tolérance de 0,50 mètre du niveau de la dalle basse du rez-de-chaussée et des terrasses extérieures est admise ".
23. Tout d'abord, si l'article précité n'autorise que les toitures à deux pans et interdit a fortiori les toitures terrasses, le projet en litige n'en comporte toutefois pas, contrairement à ce que soutient la requérante, l'extension surmontée d'une terrasse et bordée des constructions mitoyennes, dans le prolongement du premier étage, ne pouvant être qualifiée de toiture plate.
24. Ensuite, il ressort des pièces du dossier, en particulier de la notice descriptive, qu'elle décrit les matériaux des façades existantes, en enduit rustique beige clair. Il ne ressort toutefois pas des pièces du dossier que l'extension projetée, prenant appui, en limite séparative, sur les bâtiments mitoyens et enterrée à l'arrière, comportera des façades devant être enduites.
25. Enfin, il ressort des dispositions précitées de l'article UA 11, s'agissant de l'implantation des constructions neuves, que le terrain ne doit pas faire l'objet de déblais ou de remblais. Ces dispositions ne sont toutefois pas applicables au projet en litige, qui ne porte pas sur une construction neuve, au sens du règlement du plan local d'urbanisme, mais sur une extension d'un immeuble existant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11 doit être écarté en toutes ses branches.
26. En huitième lieu, aux termes de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme : " Des aires de stationnement des véhicules correspondant aux besoins des occupations et utilisations du sol doivent être réalisées en-dehors des voies publiques, soit au minimum : () logement : un emplacement ; () artisanat : " un emplacement pour 100 m² () La valeur obtenue par le calcul ci-dessus est arrondie à l'unité supérieure ".
27. Il ne ressort pas des pièces du dossier et la requérante ne justifie pas du calcul établissant que les places de stationnement existantes, et déclarées par la pétitionnaire dans sa demande de permis de construire, ne permettraient pas au projet, consistant à modifier une construction existante à usage mixte d'habitation et d'artisanat, de satisfaire aux exigences de l'article UA 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions, en l'absence de précisions complémentaires et tel qu'il est articulé dans les écritures, ne peut qu'être écarté.
28. En neuvième lieu, aux termes de l'article R. 111-4 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature, par sa localisation et ses caractéristiques, à compromettre la conservation ou la mise en valeur d'un site ou de vestiges archéologiques ".
29. Il ressort des pièces du dossier, et il n'est pas contesté, que le projet est situé dans une zone de présomption de prescriptions archéologiques. Toutefois, d'une part, conformément à l'article R. 523-4 du code du patrimoine, ne sont notamment concernés que les permis de construire portant sur des emprises au sol supérieures à un seuil défini par l'arrêté de zonage. La commune fait valoir sans être contredite, que ce seuil, rappelé d'ailleurs au règlement écrit du plan local d'urbanisme, est de 3 000 mètres carrés. D'autre part, le dossier a été transmis à la direction des affaires culturelles qui n'a pas émis d'avis défavorable sur ce point. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-4 doit être écarté.
30. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la SARL Au pain doré, en dépit des erreurs matérielles affectant la demande de permis de construire initial, qui ne caractérisent en tout état de cause pas des manœuvres ayant pour but de tromper l'administration, aurait commis une fraude entachant les décisions attaquées d'illégalité.
31. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les frais liés au litige :
32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Morhange et de la SARL Au pain doré qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que la requérante demande au titre des frais liés au litige.
33. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Morhange présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Morhange présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A, la SARL Au pain doré et à la commune de Morhange.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Anne-Lise Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 30 mai 2023.
La rapporteure,
L. KALT
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026