lundi 6 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELAFA CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 7 mai 2021, Mme C A et M. D A, représentés par la société d'exercice libéral à forme anonyme Cabinet Cassel, demandent au tribunal :
1°)d'annuler la convention du 1er septembre 2020 portant mise à disposition d'un logement situé au rez-de-chaussée de l'hôtel communautaire en tant que cette convention prévoit le paiement d'une redevance correspondant aux charges inhérentes à ce logement ;
2°)d'enjoindre à la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie de modifier la convention du 1er septembre 2020 pour supprimer la redevance mise à leur charge ou, subsidiairement, de réduire le montant de cette redevance pour l'adapter à leur situation ;
3°)de mettre à la charge de la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme A soutiennent que :
- le juge administratif est compétent pour connaître d'un litige relatif à une convention d'occupation du domaine public ;
- la convention du 1er septembre 2020 est entachée d'erreur de droit dès lors qu'en ne tenant pas compte de la circonstance qu'ils ont assuré la conservation du domaine public et des avantages procurés au titulaire de l'autorisation, elle méconnaît les articles L. 2125-1 et L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques ;
- cette convention est entachée d'une erreur d'appréciation eu égard à l'importance des tâches qui leur sont imposées au profit de la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie ;
- ils ont été dispensés de tout paiement du 1er avril 2000, date de leur entrée dans les lieux, au 1er janvier 2020, date d'effet de la convention attaquée, à l'exception d'une facture de charges au titre du première trimestre 2011 ;
- le calcul de la redevance est erroné.
Par un mémoire en défense, enregistré le 4 août 2021, la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie, représentée par Me Iochum, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. et Mme A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie soutient qu'aucun des moyens invoqués par les requérants n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. E B,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- les observations de Me Bizzarri, représentant M. et Mme A,
- et les observations de Me Guiso, représentant la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A ont occupé depuis le 1er avril 2000, en application d'une convention d'occupation du domaine public du 30 septembre 2000, un logement de 112 m², situé 2 rue de Pratel à Morhange (Moselle), au rez-de-chaussée d'un bâtiment appartenant au domaine public de la communauté de communes du Centre Mosellan, qui a fusionné à compter du 1er juillet 2017 avec la communauté de communes du Pays Naborien pour constituer la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie. Ils demandent l'annulation de la convention du 1er septembre 2020 qu'ils ont conclue avec la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie et qui s'est substituée à compter du 1er janvier 2020 à la convention du 30 septembre 2000, en tant que cette nouvelle convention d'occupation du domaine public leur impose le paiement d'une redevance annuelle de 2 520 euros toutes taxes comprises, correspondant aux charges du logement qu'ils occupent.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 2125-1 du code général de la propriété des personnes publiques : " Toute occupation ou utilisation du domaine public d'une personne publique mentionnée à l'article L. 1 donne lieu au paiement d'une redevance sauf lorsque l'occupation ou l'utilisation concerne l'installation par l'Etat des équipements visant à améliorer la sécurité routière ou nécessaires à la liquidation et au constat des irrégularités de paiement de toute taxe perçue au titre de l'usage du domaine public routier. / Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, l'autorisation d'occupation ou d'utilisation du domaine public peut être délivrée gratuitement : () 2° Soit lorsque l'occupation ou l'utilisation contribue directement à assurer la conservation du domaine public lui-même ". Aux termes de l'article L. 2125-3 du même code : " La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation ".
3. Il résulte de l'instruction que la convention du 1er septembre 2020, que les époux A ont acceptée, met à leur charge, en contrepartie de l'occupation gratuite de leur logement au rez-de-chaussée de l'hôtel communautaire, la réalisation de missions de surveillance et de travaux d'entretien, décrits à l'article 2 de la convention, sur le site de l'hôtel communautaire ainsi que dans le bâtiment dit " F ", situé dans le pôle d'activités de Morhange, qu'ils peuvent rejoindre en utilisant les véhicules de service de la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie. L'article 4 de la convention stipule, en outre, que M. et Mme A devront s'acquitter d'une redevance annuelle de 2 520 euros toutes taxes comprises correspondant au remboursement des charges afférentes à l'occupation de leur logement, notamment les dépenses d'électricité, de chauffage et d'eau.
4. En premier lieu, si les requérants soutiennent que la convention ne tient pas suffisamment compte de l'importance des tâches qu'ils doivent accomplir, ils n'assortissent cette allégation d'aucun élément précis ou probant permettant, notamment, d'évaluer le temps nécessaire à la réalisation de ces prestations, leur lourdeur ou leur complexité, alors que, dans la description qu'en donnent les stipulations de l'article 2 de la convention, les missions qui leur sont confiées ne paraissent pas disproportionnées avec l'avantage constitué par l'occupation gratuite, par un couple sans enfant, d'un logement de 112 m², la redevance critiquée ne correspondant qu'au remboursement des consommations d'électricité, de chauffage et d'eau des époux A ainsi que des charges normalement supportées par l'occupant d'un logement. Il s'ensuit que les moyens tirés de la méconnaissance des article L. 2125-1 et, en tout état de cause, L. 2125-3 du code général de la propriété des personnes publiques, ne peuvent pas être accueillis.
5. En deuxième lieu, les requérants se prévalent de la circonstance qu'ils ont été dispensés de tout paiement du 1er avril 2000, date de leur entrée dans les lieux, au 1er janvier 2020, date d'effet de la convention attaquée, à l'exception d'une facture de charges au titre du première trimestre 2011. Toutefois, l'article 4 de la convention du 30 septembre 2000, mettait déjà à leur charge une redevance annuelle de 6 000 francs correspondant au remboursement des mêmes dépenses que celles qui sont visées par l'article 4 de la convention du 1er septembre 2020. La circonstance que M. et Mme A ont éludé pendant vingt ans le paiement de cette redevance, à l'exception d'une facture de charges au titre du première trimestre 2011, en méconnaissance des stipulations des conventions du 30 septembre 2000 et du 1er septembre 2020, qu'ils ont l'une et l'autre signées, ne leur confère aucun droit au maintien de la prise en charge de leurs dépenses personnelles d'électricité, de chauffage et d'eau par la collectivité publique.
6. En dernier lieu, le deuxième alinéa de l'article 4 de la convention du 1er septembre 2020 prévoit que la redevance stipulée par le premier alinéa, correspondant à une somme de mensuelle de 210 euros, qui n'a pas été acquittée par les époux A au titre de l'année 2020, sera payée par imputation sur les versements mensuels des années 2021 et 2022, qui seront en conséquence augmentés de 105 euros pour être portés à la somme de 315 euros. Il s'ensuit que, contrairement à ce que soutiennent les requérants, le calcul de la redevance qu'ils contestent, ne comporte aucune erreur.
7. Il résulte de ce tout qui précède que M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation de la convention du 1er septembre 2020 qu'ils ont conclue avec la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie en tant que cette convention prévoit le paiement d'une redevance correspondant aux charges inhérentes au logement mis à leur disposition. Par voie de conséquence, les conclusions des requérants tendant à ce que soit prononcée une injonction à l'encontre de la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par M. et Mme A. En revanche, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants le versement à la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 :La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 :M. et Mme A verseront à la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à Mme C A, M. D A et à la communauté d'agglomération Saint-Avold Synergie.
Délibéré après l'audience du 23 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2023.
Le rapporteur,
C. B
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026