jeudi 28 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103410 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BERARD - JEMOLI - SANTELLI - BURKATZKI - BIZZARRI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 12 mai 2021, Mme D A, représentée par Me Burkatzki, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 mars 2021 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui accorder la protection contre l'éloignement, sur le fondement de l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, dans un délai de huit jours à compter de la notification du présent jugement et sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- la décision est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors que l'avis émis par le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne lui a jamais été communiqué et il n'est pas établi que le médecin ayant établi le rapport médical n'aurait pas siégé au sein du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration et que les membres de ce collège ont été régulièrement nommés ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'elle se fonde sur les dispositions de l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur, dès lors qu'elle a saisi la préfète non d'une demande de protection contre l'éloignement mais d'une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 11 juillet 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 27 juillet 2023.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Merri, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique du 7 septembre 2023.
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante albanaise, a été déboutée de l'asile de manière définitive par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 28 août 2020. Le 4 septembre 2020, la préfète du Bas-Rhin a pris un arrêté portant obligation de quitter le territoire français à son encontre. Par une décision en date du 12 mars 2021, dont la requérante demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin lui a refusé le bénéfice de la protection contre l'éloignement.
2. En premier lieu, la décision a été signée par Mme C B, directrice des migrations et de l'intégration, qui bénéficiait d'une délégation de signature, accordée par arrêté de la préfète du Bas-Rhin en date du 8 février 2021 publié au recueil des actes administratifs du même jour, à l'effet de signer notamment toutes décisions pour les matières relevant de sa direction à l'exception de certains actes au nombre desquels ne figure pas la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte doit être écarté.
3. En deuxième lieu, Mme A allègue avoir sollicité, le 26 octobre 2020, la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Elle produit, pour en justifier, une demande signée de communication d'information médicales. Toutefois, ce seul document ne permet pas d'établir qu'elle aurait effectivement sollicité la délivrance d'un titre de séjour pour raisons médicales. Dès lors, la préfète du Bas-Rhin a pu, sans commettre d'erreur de droit, la regarder comme sollicitant uniquement le bénéfice de la protection contre l'éloignement tel que prévu par les dispositions de l'article L. 511-4 10° du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Par suite, la requérante ne peut utilement soutenir que la décision aurait méconnu les dispositions de l'article L. 313-11 11° du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur. Ce moyen doit également être écarté.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-4 du même code alors en vigueur : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; () ". Aux termes de l'article R. 511-1 du code de l'entée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " L'état de santé défini au 10° de l'article L. 511-4 est constaté au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / Cet avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. () ".
5. Aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile susvisé : " Au vu du certificat médical et des pièces qui l'accompagnent ainsi que des éléments qu'il a recueillis au cours de son examen éventuel, le médecin de l'office établit un rapport médical () ". Aux termes de son article 5 : " Le collège de médecins à compétence nationale de l'office comprend trois médecins instructeurs des demandes des étrangers malades, à l'exclusion de celui qui a établi le rapport ". Aux termes de son article 6 : " Au vu du rapport médical mentionné à l'article 3, un collège de médecins désigné pour chaque dossier dans les conditions prévues à l'article 5 émet un avis () précisant : a) si l'état de santé de l'étranger nécessite ou non une prise en charge médicale ;b) si le défaut de cette prise en charge peut ou non entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur son état de santé ; c) si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont le ressortissant étranger est originaire, il pourrait ou non y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ; d) la durée prévisible du traitement. / Dans le cas où le ressortissant étranger pourrait bénéficier effectivement d'un traitement approprié, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, le collège indique, au vu des éléments du dossier du demandeur, si l'état de santé de ce dernier lui permet de voyager sans risque vers ce pays. Cet avis mentionne les éléments de procédure. Le collège peut délibérer au moyen d'une conférence téléphonique ou audiovisuelle. L'avis émis à l'issue de la délibération est signé par chacun des trois médecins membres du collège ".
6. Si Mme A soutient que l'avis du collège de médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne lui pas été communiqué, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose au préfet de communiquer l'avis émis par ce collège. En tout état de cause, la préfète du Bas-Rhin produit en défense l'avis émis par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration relatif à l'état de santé de la requérante, établi selon le modèle figurant à l'annexe C de l'arrêté du 27 décembre 2016. Il ressort des pièces du dossier que cet avis du 21 décembre 2020 concernant Mme A a été émis par un collège de trois médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, régulièrement nommés par son directeur. Par ailleurs, il est établi que le médecin ayant rédigé le rapport médical de la requérante n'était pas au nombre des médecins formant ce collège. Enfin, si la requérante soutient qu'il n'est pas établi que la préfète du Bas-Rhin aurait édicté la décision contestée au vu de cet avis, il ressort des pièces du dossier que la décision s'y réfère expressément, et reprend l'appréciation émise par les médecins afin de motiver sa décision. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué est intervenu à l'issue d'une procédure irrégulière, en toutes ses branches, doit être écarté.
7. En quatrième et dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que l'état de santé de Mme A nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut ne devrait pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité et que son état de santé lui permettait de voyager sans risque vers son pays d'origine. Pour contredire cet avis, que la préfète du Bas-Rhin s'est approprié et qui fait présumer que son état de santé ne fait pas obstacle à son éloignement, Mme A ne produit aucune pièce médicale justifiant de la gravité de son état de santé. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la préfète du Bas-Rhin lui a refusé le bénéfice de la protection contre l'éloignement. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 511-4 10° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doivent, dès lors, être écartés.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 12 mars 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et les conclusions présentées sur le fondement des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D A et à la préfète du Bas-Rhin.
Délibéré après l'audience du 7 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 septembre 2023.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
P. REES Le greffier,
N. EL ABBOUDI
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026