vendredi 6 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103533 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | AMBROSI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 19 mai 2021, 3 février 2022 et 21 novembre 2022, Mme A B, représentée par Me Ambrosi, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 mars 2020 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 9 janvier 2020 au 8 juillet 2020, ensemble la décision du 12 avril 2021 par laquelle la directrice générale du CHR de Metz-Thionville l'a placée en disponibilité d'office pour raisons de santé du 9 juillet 2020 au 31 août 2021 ;
2°) d'enjoindre à la directrice générale du CHR de Metz-Thionville de la placer en position de congé de longue maladie du 9 janvier 2020 au 31 août 2021 et de procéder à la reconstitution de sa carrière dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale afin de déterminer si la pathologie dont elle souffre lui permet de bénéficier d'un congé de longue maladie au regard des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 depuis le 9 janvier 2020 ;
4°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville la somme de 2 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
Sur la décision du 6 mars 2020 :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en faits car elle se contente de viser l'avis émis par le comité médical le 20 février 2020 ;
- l'avis émis par le comité médical n'est pas motivé ;
- l'avis émis par le comité médical supérieur le 20 octobre 2020 n'est pas suffisamment motivé en fait ;
- le comité médical a émis un avis sur la question de sa mise en disponibilité, alors même qu'il n'avait pas été saisi sur cette question ;
- le centre hospitalier régional de Metz-Thionville a commis une erreur d'appréciation quant à son état de santé
Sur la décision du 12 avril 2021 :
- la décision attaquée a été prise par une autorité ne bénéficiant pas d'une délégation de signature ;
- elle n'est pas suffisamment motivée en faits dès lors qu'elle se contente de viser l'avis émis par le comité médical le 25 mars 2021 ;
- l'avis émis par le comité médical le 25 mars 2021 n'est pas suffisamment motivé ;
- la composition du comité médical réuni le 25 mars 2021 est irrégulière dès lors que le médecin présidant la séance était le même que celui qui a réalisé son expertise le 22 mars 2021 ;
- la directrice générale du centre hospitalier régional de Metz-Thionville a commis une erreur d'appréciation quant à son état de santé ;
- la décision est illégale en raison de l'illégalité de la décision du 6 mars 2000.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2021, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville conclut au rejet de la requête.
Il soutient :
- à titre principal, que la requête est irrecevable dès lors que les conclusions dirigées contre la décision du 6 mars 2020 sont tardives et que les conclusions dirigées contre la décision du 12 avril 2021 sont également tardives dès lors que cette décision est confirmative de celle du 6 mars 2020 ;
- à titre subsidiaire, que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 9 février 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mars 2022.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n°86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1.Mme B, agent titulaire qualifié des services hospitaliers de classe normale au centre Félix Maréchal, qui dépend du CHR de Metz-Thionville, a formulé le 16 octobre 2019, une demande de congé de longue maladie. Après avoir pris connaissance du compte-rendu de l'expert qui a examiné l'intéressée, le 4 février 2020, et de l'avis émis le 20 février 2020 par le comité médical, la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a, par une décision du 6 mars 2020, placé Mme B en disponibilité d'office pour raison de santé du 9 janvier 2020 au 8 juillet 2020 inclus. Par un avis du 2 octobre 2020, le comité médical supérieur a confirmé l'avis pris par le comité médical départemental du 20 février 2020. Après avoir pris connaissance du compte-rendu de l'expert qui a examiné l'agent, le 2 mars 2021, et de l'avis émis le 25 mars 2021 par le comité médical, la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a, par une décision du 12 avril 2021, renouvelé le placement en disponibilité d'office pour raison de santé de Mme B du 9 juillet 2020 au 31 août 2021 inclus. Par sa requête, Mme B sollicite l'annulation des décisions de la directrice générale du CHR de Metz-Thionville des 6 mars 2020 et 12 avril 2021.
Sur les fins de non-recevoir opposées en défense :
2.Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. (). ".
3.Il est constant que la décision du 6 mars 2020, qui contient la mention des voies et délais de recours, a été notifiée à la requérante par lettre simple. Il ressort toutefois des pièces du dossier que la requérante a eu connaissance au plus tard de cette décision le 2 juillet 2020, celle-ci l'indiquant elle-même dans son mémoire complémentaire. La requérante disposait ainsi d'un délai de deux mois à compter de cette date pour introduire son recours contentieux. Dès lors que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 6 mars 2020 ont été enregistrées le 19 mai 2021, elles sont tardives et doivent donc être rejetées.
4.En revanche, la décision du 12 avril 2021 porte sur la mise en disponibilité d'office de Mme B pour la période du 9 juillet 2020 au 31 août 2021 alors que la décision du 6 mars 2020 concernait la période du 9 janvier 2020 au 8 juillet 2020. Par conséquent, la décision du 12 avril 2021 n'est pas confirmative de celle du 6 mars 2020. La décision du 12 avril 2021 a été contestée dans le délai de recours contentieux. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté des conclusions à fin d'annulation de la décision du 12 avril 2021 ne peut pas être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
5.Aux termes de l'article 5 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable : " Il est institué auprès de l'administration centrale de chaque département ministériel un comité médical ministériel compétent à l'égard des personnels mentionnés au 1er alinéa de l'article 14 ci-après. / Ce comité comprend deux praticiens de médecine générale, auxquels est adjoint, pour l'examen des cas relevant de sa qualification, un spécialiste de l'affection pour laquelle est demandé le bénéfice du congé de longue maladie ou de longue durée prévu à l'article 34 (3e et 4e) de la loi du 11 janvier 1984 susvisée (). ". Aux termes de l'article 6 du même décret : " Dans chaque département, un comité médical départemental compétent à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15 ci-après est constitué auprès du préfet. / La composition de ce comité est semblable à celle du comité médical ministériel prévu à l'article 5 () / Les membres du comité médical départemental sont désignés, pour une durée de trois ans, par le préfet parmi les praticiens figurant sur la liste prévue à l'article 1er du présent décret () ". Aux termes de l'article 7 de ce décret : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de () l'octroi et du renouvellement des congés de maladie et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : () 2. L'octroi des congés de longue maladie et de longue durée (). / Ils peuvent recourir, s'il y a lieu, au concours d'experts pris en dehors d'eux. Ceux-ci doivent être choisis suivant leur qualification sur la liste des médecins agréés, prévus à l'article 1er ci-dessus. Les experts peuvent donner leur avis par écrit ou siéger au comité à titre consultatif () ".
6.Il résulte des dispositions de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 précitées qu'un médecin ne peut à la fois siéger au comité médical et établir pour le comité un rapport écrit sur l'état de santé d'un agent dont la situation est examinée par le comité. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de la séance du comité médical du 25 mars 2021 qui a émis un avis sur la demande de congé de longue maladie de Mme B que le médecin, qui a signé en qualité de présidente, a également donné son avis écrit sur la situation de l'intéressée en établissant un rapport d'expertise le 22 mars 2021, sur lequel s'est appuyé le comité. Cette irrégularité de procédure a eu pour effet de priver Mme B d'une garantie substantielle.
7.Il résulte tout de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 12 avril 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
8. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a dès lors lieu d'enjoindre à la directrice générale du CHR de Metz-Thionville de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
9.Mme B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Ambrosi, avocate de Mme B, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Ambrosi de la somme de 1 200 euros HT.
D E C I D E :
Article 1 : La décision de la directrice générale du CHR de Metz-Thionville du 12 avril 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la directrice générale du CHR de Metz-Thionville de réexaminer la situation de Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 1 200 (mille deux cents) euros hors taxes à Me Ambrosi, en application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Ambrosi renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B, à Me Ambrosi et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 16 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Duez-Gündel, conseiller,
Mme Klipfel, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 janvier 2023 .
La rapporteure,
V. C
Le président,
C. CARRIERLe greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026