jeudi 26 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | REINS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 mai et 30 décembre 2021, M. E A, Mme F D, en leur propre nom et en tant que représentants légaux de leur enfant mineur M. B A D, représentés par Me Reins, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 21 mars 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Strasbourg a rejeté leur demande de désignation d'un auxiliaire de vie scolaire pour accompagner l'enfant mineur ;
2°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de désigner une aide humaine individuelle à la scolarisation de l'enfant mineur ;
3°) de condamner l'Etat à verser la somme de 7 500 euros chacun à l'enfant mineur, à M. A et à Mme D au titre du préjudice subi du fait de cette décision ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision contestée méconnaît la décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées d'attribution d'une aide humaine individuelle à l'enfant mineur valable du 1er septembre 2020 au 31 juillet 2023 ;
- elle méconnaît les articles L. 114-1, L. 114-1-1 et L. 246-1 du code de l'action sociale et des familles, et les articles L. 351-1 et suivants, D. 351-16-1 et D. 351-16-4 du code de l'éducation ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
- elle a causé à l'enfant mineur un préjudice consistant en un préjudice moral, une perte de chance de voir son état évoluer favorablement, et un trouble dans ses conditions d'existence ;
- elle a causé aux parents un préjudice consistant en un préjudice moral et un trouble dans leurs conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 décembre 2021, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête ou, à titre subsidiaire, à ce que le montant des réparations soit ramené à une plus juste évaluation.
Il soutient que :
- les conclusions indemnitaires sont irrecevables faute de demande préalable ;
- les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 3 janvier 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 janvier 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dobry,
- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique,
- et les observations de M. C, représentant le recteur de l'académie de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. Le fils de M. A et Mme D, né le 18 juillet 2014 et présentant un trouble autistique, s'est vu accorder par une décision de la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées (CDAPH) du 13 mai 2020 une aide humaine individuelle aux élèves handicapés valable du 1er septembre 2020 au 31 juillet 2023 sur tout le temps scolaire. L'enfant a fait sa rentrée en cours préparatoire à l'école privée Sainte-Anne, à Strasbourg, le 1er septembre 2020. Par courrier reçu par le recteur de l'académie de Strasbourg le 21 janvier 2021, M. A a signalé la quasi-absence d'accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) auprès de son fils depuis le début de l'année scolaire et demandé à ce qu'un AESH soit désigné dans les huit jours. A défaut de réponse du recteur dans un délai de deux mois, une décision implicite de rejet est née le 21 mars 2021, que les requérants contestent par la présente requête.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de rejet de la demande de désignation d'un AESH :
2. D'une part, l'article L. 111-1 du code de l'éducation dispose que : " L'éducation est la première priorité nationale. Le service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants. Il contribue à l'égalité des chances et à lutter contre les inégalités sociales et territoriales en matière de réussite scolaire et éducative. Il reconnaît que tous les enfants partagent la capacité d'apprendre et de progresser. Il veille à la scolarisation inclusive de tous les enfants, sans aucune distinction. / () Le droit à l'éducation est garanti à chacun afin de lui permettre de développer sa personnalité, d'élever son niveau de formation initiale et continue, de s'insérer dans la vie sociale et professionnelle, d'exercer sa citoyenneté. () / Elle a pour but () de permettre de façon générale aux élèves en difficulté, quelle qu'en soit l'origine, en particulier de santé, de bénéficier d'actions de soutien individualisé. () ". Le premier alinéa de l'article L. 112-1 du même code prévoit que : " Pour satisfaire aux obligations qui lui incombent en application des articles L. 111-1 et L. 111-2, le service public de l'éducation assure une formation scolaire, professionnelle ou supérieure aux enfants, aux adolescents et aux adultes présentant un handicap ou un trouble de la santé invalidant. Dans ses domaines de compétence, l'Etat met en place les moyens financiers et humains nécessaires à la scolarisation en milieu ordinaire des enfants, adolescents ou adultes en situation de handicap ".
3. D'autre part, aux termes de l'alinéa premier de l'article L. 351-3 du code de l'éducation : " Lorsque la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles constate que la scolarisation d'un enfant dans une classe de l'enseignement public ou d'un établissement mentionné à l'article L. 442-1 du présent code requiert une aide individuelle dont elle détermine la quotité horaire, cette aide peut notamment être apportée par un accompagnant des élèves en situation de handicap recruté conformément aux modalités définies à l'article L. 917-1 ". La commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles est la CDAPH.
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le droit à l'éducation étant garanti à chacun quelles que soient les différences de situation, et, d'autre part, que l'obligation scolaire s'appliquant à tous, les difficultés particulières que rencontrent les enfants handicapés ne sauraient avoir pour effet ni de les priver de ce droit, ni de faire obstacle au respect de cette obligation. Il incombe à l'Etat, au titre de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation, de prendre l'ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que ce droit et cette obligation aient, pour les enfants handicapés, un caractère effectif.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'au début de l'année scolaire 2020-2021, l'enfant des requérants n'a bénéficié de la présence d'une AESH que les 12 et 13 octobre 2020, la personne recrutée ayant ensuite été placée en arrêt et n'étant jamais revenue, puis du 2 au 19 février 2021. Dès lors que la CDAPH a constaté que la scolarisation de l'enfant des requérants requérait une aide individuelle à hauteur de l'intégralité de son temps scolaire, les difficultés rencontrées avec l'AESH initialement recrutée ne sauraient dégager l'Etat de la responsabilité que les textes précités lui imposent s'agissant de sa mission d'organisation générale du service public de l'éducation à l'égard des enfants en situation de handicap, aux fins de permettre leur accès à l'éducation et leur inclusion scolaire. Par suite, les requérants sont fondés à soutenir que le refus de désigner un AESH pour leur fils méconnaît l'article L. 351-3 du code de l'éducation.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la décision implicite de refus de désignation d'un AESH doit être annulée.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Aux termes du deuxième alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle ".
8. Le courrier adressé par M. A au recteur le 21 janvier 2020 se borne à l'informer qu'il se réserve, en l'absence de réaction à la demande de désignation d'un AESH, le droit de demander des dommages et intérêts. Une telle demande, qui portait uniquement sur la désignation d'un AESH, n'impliquait pas que l'administration se prononce sur l'octroi de dommages et intérêts en l'absence de désignation d'un AESH, et elle ne peut être regardée comme constituant la demande indemnitaire préalable requise par les dispositions précitées. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation doivent être rejetées comme irrecevables.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. La décision de la CDAPH du 13 mai 2020 accorde à l'enfant des requérants une aide humaine individuelle jusqu'au 31 juillet 2023. Par suite, la demande tendant à ce qu'il soit enjoint au recteur de désigner un AESH en exécution de cette décision est devenue sans objet et ne peut qu'être rejetée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros demandée par les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite de la rectrice de l'académie de Strasbourg du 21 mars 2021 est annulée.
Article 2 : L'Etat versera aux consorts A D la somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme F D et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Dobry, conseillère,
Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2024.
La rapporteure,
S. DOBRY
Le président,
P. REES La greffière,
V. IMMELE
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
L. RIVALAN
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026