vendredi 8 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2103860 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP IOCHUM & GUISO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés les 1er juin, 12 août, 21 août et 21 octobre 2021, Mme B A demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté municipal du 19 avril 2021 par lequel le maire de Morhange a ordonné la fermeture définitive du camping municipal de la Claire forêt à compter du 1er mai 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Morhange de remettre en eau les sanitaires et de rétablir l'électricité ;
3°) en cas de non-annulation de la décision attaquée, de condamner la commune de Morhange à prendre en charge la démolition de son chalet caravane et le débarrassage de sa parcelle sans qu'aucun frais ne lui soit facturé dans le cas où elle n'aurait pas réussi à vendre son bien ;
4°) d'allonger le délai d'enlèvement des chalets dont le terme a été fixé arbitrairement par la mairie au 1er août 2021.
Elle soutient que :
- cette décision de fermeture brutale a été prise sans que les résidents en soient informés, la commune ayant profité de la crise sanitaire pour les expulser ;
- elle a toujours réglé ses factures depuis son installation en juin 2001 jusqu'à la fermeture temporaire du camping en novembre 2016, la mairie n'a pas envoyé de facture pour les saisons 2019 et 2020 et elle n'a aucun contrat de location ;
- le chiffrage du coût de remise aux normes du camping est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que les seulement vingt-six résidents n'ont pas de grands besoins ;
- la commune est responsable des vols de ses biens commis après qu'elle a coupé l'électricité le 1er juillet 2021, de sorte qu'elle devrait l'indemniser.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 octobre 2021, la commune de Morhange, représentée par Me Iochum, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de la requérante au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable, dès lors que la requérante n'est pas une habitante de la commune, qu'elle ne justifie pas d'un titre lui permettant de légitimer son occupation du site de la Claire forêt et qu'elle a définitivement quitté le camping ;
- les moyens sont infondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Biget,
- les conclusions de M. Alexandre Therre.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Morhange est propriétaire d'un camping situé allée de la Claire forêt comportant trente-neuf emplacements mis à disposition de résidents permanents. Par une délibération du 31 août 2016, la commune décida de fermer ce camping à compter du 1er novembre 2016 en vue de la réalisation de travaux et de remise aux normes des équipements puis, par une délibération du 8 avril 2019, le rouvrit, à la demande des usagers, quoique les travaux prévus n'aient pas été effectués. Par une délibération du 13 avril 2021, le conseil municipal de Morhange a décidé la fermeture définitive du camping à compter du 1er mai 2021. Par une lettre du 16 avril 2021, le maire de Morhange a informé les occupants du camping de cette fermeture définitive et, afin de leur permettre de s'organiser, leur a accordé un délai de trois mois courant jusqu'au 1er août 2021 pour quitter les lieux. Par un arrêté du 19 avril 2021, le maire de Morhange a fermé définitivement le camping à compter du 1er mai 2021 en précisant qu'il ne devait plus recevoir de public. Mme A occupe depuis 2001 un emplacement au sein du camping, où elle y a installé un chalet accueillant une caravane. Elle demande, à titre principal, l'annulation de l'arrêté du 19 avril 2021 portant fermeture du camping de la Claire forêt ou, à défaut, la condamnation de la commune de Morhange à prendre en charge la démolition de son chalet et le débarrassage de sa parcelle sans qu'aucun frais ne lui soit facturé dans le cas où elle n'aurait pas réussi à vendre son bien.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable. ". L'article L. 211-2 dispose : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. () ".
3. En premier lieu, le moyen tiré de ce que la fermeture du camping a été décidée brutalement sans information préalable des intéressés ne repose sur la méconnaissance d'aucun texte ni principe juridique. A supposer que la requérante ait entendu se prévaloir des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration prévoyant une procédure contradictoire préalable, l'arrêté du 19 avril 2021 portant fermeture définitive du camping de la Claire forêt et interdisant l'accueil de tout nouveau public à compter du 1er mai 2021 ne constitue pas une décision individuelle entrant dans le champ de cet article. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que, par une lettre du 16 avril 2021, le maire de Morhange informait les occupants du camping de la Claire forêt de la décision du conseil municipal de procéder à la fermeture définitive du camping à compter du 1er mai 2021, leur accordait, afin de leur permettre de s'organiser au mieux, un délai de convenance de trois mois courant jusqu'au 1er août 2021 pour quitter les lieux et invitait, en outre, les personnes concernées souhaitant évoquer leur cas particulier à prendre rendez-vous en mairie. Il suit de là que ce moyen tiré du caractère brutal de la fermeture du camping et de l'absence d'information préalable des occupants doit, en tout état de cause, être écarté.
4. En deuxième lieu, si Mme A soutient qu'elle a réglé l'ensemble de ses factures depuis son installation en 2001 jusqu'à la fermeture temporaire du camping en 2016, que la mairie n'a pas envoyé de facture aux occupants pour les saisons 2019 et 2020 et qu'elle ne dispose d'aucun contrat de location, ces circonstances sont sans incidence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que la fermeture du camping n'est pas fondée sur de telles considérations mais sur la nécessité d'effectuer des travaux d'amélioration de ses installations au regard des standards actuels et de mise aux normes de sécurité et sanitaires dont le coût global, estimé à 593 365,50 euros, n'est pas budgétairement soutenable pour la commune.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs. ". Aux termes de l'article L. 2212-2 du même code : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques () ".
6. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du constat d'huissier assorti de nombreuses photographies dressé le 16 mars 2021 à la demande de la commune de Morhange sur le site du camping de la Claire forêt, que des fils électriques aériens sont présents à basse hauteur à plusieurs endroits, que des clôtures grillagées ont été déposées ou sont en très mauvais état, que des végétaux et d'autres déchets en tous genres ont été entreposés en divers lieux, que plusieurs bâtiment en bois sont à l'état d'abandon, que de nombreux arbres ont atteint une très grande hauteur et que les espaces sanitaires communs sont dans un état de très grande vétusté les rendant impropres à leur destination. Sur la base de ce constat, la commune de Morhange a évalué le coût des travaux d'amélioration de ses installations au regard des standards actuels et de mise aux normes de sécurité et sanitaires nécessaires à 593 365,50 euros. En se bornant à faire valoir que le camping n'est occupé que par vingt-six résidents qui n'ont pas de grands besoins, la requérante ne démontre pas que ces travaux ne seraient pas nécessaires et que cette estimation par la commune de leur coût serait disproportionnée. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué doivent être rejetées.
Sur la prise en charge de la démolition du chalet et du débarrassage de la parcelle :
8. Mme A ne dispose d'aucun droit au maintien sur le site du camping de la Claire forêt. Il lui incombe, dès lors, de procéder à la remise en état des lieux par ses propres moyens. Au demeurant, elle indique avoir cédé son chalet le 18 août 2021. Par suite, ses conclusions tendant à ce que la commune de Morhange soit condamnée à prendre en charge la démolition de son chalet accueillant sa caravane et le débarrassage de sa parcelle sans qu'aucun frais ne lui soit facturé dans le cas où elle n'aurait pas réussi à vendre son bien, doivent, en tout état de cause, être rejetées.
Sur l'indemnisation :
9. Mme A soutient que la commune est responsable des différents vols de divers biens commis après qu'elle a coupé l'électricité le 1er juillet 2021, de sorte qu'elle devrait l'indemniser. Toutefois, outre que la requérante n'établit pas l'existence d'une faute de la commune à l'origine de ces infractions, elle n'a pas assorti son recours de conclusions à fin d'indemnisation d'un quelconque préjudice, lequel n'a pas, au surplus, été chiffré. Par suite, ce moyen ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A, n'implique aucune mesure d'exécution. Ses conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Morhange de remettre en eau les sanitaires du camping de la Claire forêt et d'y rétablir l'électricité ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées, de même, en tout état de cause, que celles tendant à ce que le délai d'enlèvement des chalets soit allongé au-delà de l'échéance du 1er août 2021.
11. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir opposées par la commune de Morhange, que la requête de Mme A doit être rejetée.
Sur les frais liés à l'instance :
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de Mme A la somme de 200 euros à verser à la commune de Morhange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
DECIDE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera la somme de 200 (deux cents) euros à la commune de Morhange au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Morhange.
Délibéré après l'audience du 9 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 décembre 2023.
Le rapporteur,
O. Biget
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026