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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2103927

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2103927

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2103927
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSELARL MACE-ZIMMER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 3 juin 2021, M. A C B, représenté par

Me Véronique Zimmer-Cutin, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision 5 mai 2021 par laquelle la Commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité (ci-après CNAPS) a rejeté son recours administratif préalable obligatoire exercé contre la décision du 16 décembre 2020 par laquelle la commission locale d'agrément et de contrôle Est a refusé de renouveler sa carte professionnelle ;

2°) d'enjoindre au Conseil national des activités privées de sécurité, à titre principal, de lui délivrer une carte professionnelle dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ou, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de carte professionnelle dans le délai de quinze jour à compter de la notification du présent jugement ;

2°) de mettre à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité le versement d'une somme de 1 500 euros hors taxe au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision du 5 mai 2021 a été signée par une autorité incompétente ;

- les décisions attaquées sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 janvier 2022, le Conseil national des activités privées de sécurité, conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. C B n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de la sécurité intérieure ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Weisse-Marchal, rapporteure,

- les conclusions de M. Lusset, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. C B A, agent de sécurité privé depuis le 25 mars 2011, a demandé le 29 septembre 2020 le renouvellement de sa carte professionnelle. Par une décision du 16 décembre 2020, la commission locale d'agrément et de contrôle Est du Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS) a refusé de faire droit à sa demande. Par une décision du 5 mai 2021, la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté le recours préalable obligatoire qu'il avait formé contre la première décision. M. C B doit être regardé comme demandant au tribunal l'annulation de la décision du 5 mai 2021.

Sur les conclusions en annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 632-10 du code de la sécurité intérieure : " La Commission nationale d'agrément et de contrôle, présidée par son doyen d'âge, élit son président à la majorité absolue des voix de ses membres et à bulletins secrets parmi les membres de la commission désignés aux 1° et 2° de l'article R. 632-9. Si la majorité absolue n'est pas obtenue au premier tour, il est procédé à un second tour. Seuls peuvent s'y présenter les deux candidats du premier tour ayant obtenu le plus grand nombre de voix. Le président est élu pour une durée de trois ans renouvelable une fois. En cas d'égalité de voix, le plus âgé des candidats est élu. Un vice-président, chargé de suppléer le président en cas d'absence ou d'empêchement de celui-ci et d'assurer l'intérim en cas de vacance momentanée du poste de président, est élu dans les mêmes conditions. ". Aux termes des articles R. 632-11 et R. 632-12 du même code, la commission nationale d'agrément et de contrôle statue sur les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales et interrégionales à la majorité des membres présents ou représentés avec voix prépondérante du président en cas de partage de voix égal.

3. Il résulte de ces dispositions que les décisions de la commission nationale d'agrément et de contrôle concernant les recours administratifs préalables formés à l'encontre des décisions des commissions régionales sont des décisions collégiales signées par son président en tant que représentant de l'institution. Il ressort des pièces du dossier que la décision litigieuse a été signée par M. D en sa qualité de président régulièrement élu de la commission nationale d'agrément et de contrôle du Conseil national des activités privées de sécurité. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cette décision doit être écarté.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de la sécurité intérieure : " Sont soumises aux dispositions du présent titre, dès lors qu'elles ne sont pas exercées par un service public administratif, les activités qui consistent : / 1° A fournir des services ayant pour objet la surveillance humaine ou la surveillance par des systèmes électroniques de sécurité ou le gardiennage de biens meubles ou immeubles ainsi que la sécurité des personnes se trouvant dans ces immeubles ou dans les véhicules de transport public de personnes ; () " . L'article L. 612-20 du même code dispose : " nul ne peut être employé ou affecté pour participer à une activité mentionnée à l'article L. 611-1 () : 2° S'il résulte de l'enquête administrative, ayant le cas échéant donné lieu à consultation, par des agents du Conseil national des activités privées de sécurité spécialement habilités par le des dispositions de l'article 31 de la loi n° 78-17 du 6 janvier 1978 relative à l'informatique, aux fichiers et aux libertés, à l'exception des fichiers d'identification, que son comportement ou ses agissements sont contraires à l'honneur, à la probité, aux bonnes mœurs ou sont de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes ou des biens, à la sécurité publique ou à la sûreté de l'Etat et sont incompatibles avec l'exercice des fonctions susmentionnées ".

5. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de renouveler la carte professionnelle d'agent de sécurité privée de l'intéressé, qui expirait le 18 décembre 2020, le CNAPS s'est fondé sur la circonstance que M. C B avait été condamné, le 11 septembre 2018, par le tribunal correctionnel de Strasbourg à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis total pour des faits de rébellion commis contre des agents des forces de police le 4 avril 2018. Il ressort d'un rapport d'enquête administrative du 12 octobre 2020, qui n'est pas contredit par les pièces du dossier, que le requérant avait refusé " un contrôle d'identité tout en se déclarant terroriste et en dissimulant un objet dans sa poche " et avait tenté " de porter un violent coup de pied au visage d'un fonctionnaire de police. ". Ces faits commis pendant la période de validité de sa carte professionnelle, sont incompatibles avec la déontologie et les exigences de la profession d'agent de sécurité qui requiert une parfaite maitrise de soi en toute circonstance et une exemplarité dans les relations avec les forces de l'ordre. Dès lors, M. C B n'est pas fondé à soutenir que la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a commis une erreur d'appréciation en ne faisant pas droit à sa demande de renouvellement de sa carte professionnelle. Le moyen doit être écarté.

6. Il résulte de ce qui précède que M. C B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 5 mai 2021 par laquelle la commission nationale d'agrément et de contrôle du CNAPS a rejeté son recours administratif préalable et refusé de renouveler sa carte professionnelle d'agent privé de sécurité. Ses conclusions aux fins d'injonction doivent, par voie de conséquence, être également rejetées.

Sur les frais d'instance :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du Conseil national des activités privées de sécurité, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A C B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au Conseil national des activités privées de sécurité.

Délibéré après l'audience du 18 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

Mme Weisse-Marchal, première conseillère.

M. Cormier, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La rapporteure,

C. Weisse-Marchal

Le président,

S. DhersLe greffier,

P. Souhait

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Un greffier,

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