jeudi 26 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104046 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL RAUCH MAJERLE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juin et 20 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Rauch, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 31 décembre 2020 par lesquelles le directeur général du port autonome de Strasbourg a modifié, pour la période du 1er janvier au 30 juin 2021, le taux de l'indemnité de sujétions horaires (I.S.H.) versée aux agents mis à disposition de la société Batorama aux postes de commandant ou de capitaine, en tant que ces décisions fixent le taux de cette indemnité à 18,59 % des montants individuels bruts de leur salaire barème et de leur prime d'ancienneté et en tant qu'elles limitent à six mois la période concernée par cette modification du taux d'I.S.H., ensemble la décision du 9 avril 2021 de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au directeur général du port autonome de Strasbourg de prendre, dans un délai de deux semaines à compter du prononcé de la décision à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard, une nouvelle décision, qui fixera le taux d'ISH à 29,98% ;
3°) de mettre à la charge du port autonome de Strasbourg les entiers dépens de l'instance ainsi que la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions en litige ont été prises au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de consultation effective du comité du personnel, prévue à l'annexe 2 du statut du personnel du port autonome de Strasbourg et matérialisée par un vote de ses membres ;
- elles sont entachées d'un second vice de procédure en l'absence de consultation du comité d'hygiène et de sécurité des conditions de travail, en dépit de l'article 2.2 de l'annexe 3 attachée au statut du personnel du port autonome de Strasbourg ; il appartenait en outre à l'administration de consulter les instances représentatives du personnel au sein de la société Batorama ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit en méconnaissance de l'article 3.7 de l'annexe n° 4 du statut du personnel du Port autonome de Strasbourg, qui prévoit que l'indemnité de sujétions horaires doit être fixée pour la totalité de l'année à venir et non pour une durée de six mois ;
- elles sont entachées d'une erreur d'appréciation en l'absence de prise en compte des contraintes spécifiques auxquelles sont exposés les agents mis à disposition de la société Batorama qui justifient que le taux d'I.S.H. soit fixé à 29,98 % de leur rémunération brute, prime d'ancienneté incluse ; le taux fixé par les décisions en litige ne tient pas compte des contraintes liées au travail récurrent et continu en cycle atypique ou en équipes successives de travail, aux vacations des samedis, dimanches, jours fériés, aux heures de travail décalées par rapport à un horaire normal, à la variabilité à laquelle doivent se soumettre les agents ainsi qu'aux jours de disponibilité qui leur sont imposés, contraintes qui n'ont pas diminué par rapport aux années précédentes ;
- elles méconnaissent les stipulations de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et des articles 1, 2 et 4 de la Charte des droits sociaux européens relatif au droit à une rémunération équitable ;
- les difficultés financières dont se prévaut le port autonome de Strasbourg ne sont pas établies ; si la situation sanitaire a pesé en 2020 sur l'activité de la société Batorama et du port autonome de Strasbourg, le chiffre d'affaires de cette société a néanmoins augmenté de 7% entre 2018 et 2019 et de 24% entre 2019 et 2020 tandis que le port autonome de Strasbourg a réalisé un excédent brut d'exploitation de plus de 4,7 millions d'euros en 2020 ; en tout état de cause, la situation financière de cette société et de l'établissement public ne saurait justifier la modification rétroactive des dispositions statutaires applicables aux personnels.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 30 novembre 2021 et le 6 janvier 2022, le port autonome de Strasbourg conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de M. A la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de la Charte des droits sociaux européens et de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne sont irrecevables ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne,
- la Charte sociale européenne,
- la loi du 26 avril 1924 ayant pour objet la constitution du port rhénan de Strasbourg en Port autonome,
- la loi n° 2015-990 du 6 août 2015,
- la convention du 20 mai 1923 entre l'Etat et la Ville de Strasbourg relative à la constitution du port rhénan de Strasbourg en port autonome,
- le décret du 27 septembre 1925 modifié relatif à la constitution du port autonome de Strasbourg pris en application de la loi du 26 avril 1924,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public,
- et les observations de Me Rauch, représentant M. A.
Le directeur du port autonome de Strasbourg, régulièrement convoqué, n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A est agent titulaire employé par le port autonome de Strasbourg, établissement public administratif, et y exerce les fonctions de capitaine de navigation depuis le 1er juillet 1994. Il a été mis à disposition de la société par actions simplifiée Batorama en application de la convention de mise à disposition de personnel signée le 30 décembre 2015 par son établissement public employeur et cette société privée. Par la présente requête, il demande l'annulation des décisions du 31 décembre 2020 par lesquelles le directeur général du port autonome de Strasbourg a modifié, pour la période du 1er janvier au 30 juin 2021, le taux de l'indemnité de sujétions horaires (I.S.H.) versée aux agents mis à disposition de la société Batorama aux postes de commandant ou de capitaine, en tant que ces décisions fixent le taux de cette indemnité à 18,59 % des montants individuels bruts de leur salaire barème et de leur prime d'ancienneté et en tant qu'elles limitent à six mois la période concernée par cette modification du taux d'I.S.H., ensemble la décision du 9 avril 2021 de rejet de son recours gracieux formé le 15 février 2021.
Sur la recevabilité des conclusions à fin d'annulation des deux décisions du 31 décembre 2020 :
2. Le port autonome de Strasbourg fait valoir en défense que la première décision adoptée le 31 décembre 2020 a été retirée et remplacée par une décision du même jour, avec pour seule modification une rectification apportée dans les visas relatifs à la consultation du Comité du Personnel et l'ajout d'un article précisant que cette seconde décision " annule et remplace dans leur totalité les dispositions antérieures contraires ". Toutefois, en l'absence de précisions sur les dispositions antérieures effectivement retirées et d'éléments permettant de déterminer avec certitude l'enchaînement chronologique des deux décisions en litige, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'une des décisions attaquées par M. A aurait effectivement disparu de l'ordonnancement juridique avant l'introduction de la présente requête. Dans ces conditions, les conclusions dirigées contre les deux décisions du 31 décembre 2020 sont recevables.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 3.7 de l'annexe n°4 du statut du personnel du Port autonome de Strasbourg concernant les dispositions relatives aux éléments de rémunération des agents du port autonome de Strasbourg applicables au 1er avril 2020 : " L'indemnité de sujétion d'horaires (ISH) : / 3.7.1 Conditions à remplir pour bénéficier de l'indemnité de sujétions horaires : / Une indemnité de sujétion horaires est versée aux agents dès lors que l'organisation du travail définie par l'établissement dans le cadre de leur horaire normal de travail (à savoir l'horaire effectué sur la base annuelle de 1 607 heures, hors congés et RTT) comporte au moins l'une des caractéristiques suivantes : / - un horaire de travail récurrent en équipes successives (travail posté) ou un cycle de travail atypique incluant des vacations au moins égales à 6 heures de temps de travail effectif continu (sans pause de demi-journée) ou au moins égales à 5 heures de travail effectif continu dans certains cas particuliers) ; / - un cycle de travail comportant des heures décalées. () "
4. D'autre part, aux termes de l'article 2 de l'annexe n° 2 du statut du personnel du Port autonome de Strasbourg : " Compétences du comité : / 2.1 Le comité du personnel est consulté sur : / - l'organisation et le fonctionnement de l'établissement ; () / - les orientations en matière de politique indemnitaire et l'application de celle-ci ; () - la gestion des effectifs, des emplois et des compétences ; () " L'organisme dont une disposition législative ou réglementaire prévoit la consultation avant l'intervention d'une décision doit être mis à même d'exprimer son avis sur l'ensemble des questions soulevées par cette décision.
5. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du procès-verbal de la séance du Comité du Personnel qui s'est tenue le 16 décembre 2020 que tous les membres composant ledit comité et notamment les représentants du personnel, ont pu se prononcer en émettant un avis sur le projet de modification du planning prévisionnel pour le premier semestre 2021 consistant en la diminution du volume d'horaires décalés et autres contraintes spécifiques et ayant pour conséquence directe la baisse du montant perçu par les personnels navigants au titre de l'indemnité de sujétions horaires. Les décisions attaquées dans la présente instance ont pour unique objet de tirer les conséquences de cette modification de planning sans constituer, par elles-mêmes, une modification de l'organisation du travail. En l'absence de toute ambiguïté sur la position prise par chacun des membres du comité sur la diminution annoncée de l'indemnité de sujétions horaire pour le premier semestre 2021, l'absence de vote n'a pas entaché d'irrégularité la procédure suivie devant ledit comité. Il ne ressort pas des dispositions statutaires applicables que la décision de diminuer le taux d'indemnité de sujétions horaires devait être préalablement approuvée par le Comité du Personnel. Si l'une des décisions attaquées ne vise qu'une information donnée au Comité du Personnel, il ressort des pièces du dossier que cet organisme a été régulièrement consulté et que les avis de ses membres ont été recueillis dans le procès-verbal de cette séance. Le moyen tiré de l'absence de consultation du Comité du Personnel doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2.2. de l'annexe n°3 du statut du personnel du Port autonome de Strasbourg : " 2.2. Le CHSCT est consulté sur () les projets d'aménagement et de transformation importants modifiant les conditions de travail, de santé et de sécurité, et notamment avant toute évolution significatives des postes de travail découlant d'une modification de l'outillage, d'un changement de produit ou de l'organisation du travail, et dans tous les cas, avant toute modifications des cadences et des normes de productivité liées ou non à la rémunération du travail ; () " Aux termes de l'article 5 de la convention de mise à disposition signée le 30 décembre 2015 entre le Port autonome de Strasbourg et la société Batorama : " Pendant la durée de la mise à disposition, la société d'accueil est responsable des conditions d'exécution du travail confié aux agents concernés, notamment en termes de sécurité et de santé au travail. () ".
7. La modification du taux d'indemnité de sujétions horaires, qui est la conséquence automatique de la modification du planning prévisionnel des agents et de la diminution du volume d'horaires décalés et autres contraintes spécifiques ne constitue pas, en elle-même, un aménagement ou une transformation importants modifiant les conditions de travail, de santé ni de sécurité. Elle ne constitue pas davantage une évolution significative du poste de travail des intéressés ni un changement de l'organisation du travail. Le moyen tiré de l'absence de consultation du CHSCT du Port autonome de Strasbourg doit être écarté comme inopérant.
8. En troisième lieu, si M. A soutient que le taux d'ISH tel que fixé par les décisions attaquées ne correspond pas à la réalité des heures effectuées au premier semestre 2021 et au mode de calcul fixé dans l'annexe 4B applicable aux agents mis à disposition de la société Batorama, il ne l'établit pas par la seule production de courriels postérieurs à la période en litige. Il n'est pas démontré que les contraintes spécifiques justifiant auparavant le taux d'ISH de 29,98% n'auraient pas effectivement diminué sur le planning prévisionnel du premier semestre 2021.
9. En quatrième lieu, les stipulations de la charte sociale européenne invoquées par le requérant, par lesquelles les Etats contractants s'engagent à reconnaître le droit des travailleurs à une rémunération suffisante pour leur assurer, ainsi qu'à leurs familles, un niveau de vie décent " " en vue d'assurer l'exercice effectif du droit à une rémunération équitable " ne produisent pas d'effets directs à l'égard des nationaux de ces Etats et ne peuvent, dès lors, être invoquées utilement à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir.
10. En cinquième lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne n'est pas assorti des précisions qui permettraient d'en apprécier le bien-fondé.
11. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 3.7 de l'annexe n°4 du statut du personnel du Port autonome de Strasbourg concernant les dispositions relatives aux éléments de rémunération des agents du port autonome de Strasbourg applicables au 1er avril 2020 : " 3.7.3 Modalités de calcul et d'ajustement de l'indemnité de sujétions horaires : / Le calcul de l'indemnité de sujétions horaires est effectué en termes annuels, en tenant compte du nombre de jours travaillés dans l'organisation considérée, et de tous les éléments communs caractérisant la programmation des temps de travail normal pour une activité donnée ; ce sont ces éléments communs, éventuellement moyennés, qui alimentent le calcul de l'ISH. Le calcul est effectué non pas individuellement par agent, mais par groupe d'agents concernés par une programmation partagée des temps de travail normal au sein d'une même activité. / Les taux d'indemnité applicables sont détaillés dans les annexes au statut du personnel relatives aux différentes activités au présent document. () Pour le calcul des deux parts de l'indemnité de sujétions horaires, le taux horaire retenu correspond au salaire barème annuel brut de l'agent ainsi qu'à la majoration pour ancienneté, ce montant étant divisé par 1820. Le calcul de l'indemnité de sujétions horaires est effectué en début de chaque année civile. Il sera, en fonction d'éventuelles modifications de l'organisation du travail, réactualisé si nécessaire au début de chaque année. () 3.7.4 Modalités de versement de l'indemnité de sujétions horaires : / L'indemnité calculée selon les modalités définies ci-dessus correspond à un montant forfaitaire annuel qui est divisé par 12 pour obtenir le montant versé mensuellement. () Aucun ajustement ne sera a priori effectué, dans un sens ou dans l'autre pour tenir compte d'un écart entre l'horaire pris en compte pour le calcul de l'ISH d'un agent et son horaire réellement effectué. Le directeur général pourra néanmoins, dans des cas exceptionnels et sur la base de justifications, procéder à l'un ou l'autre ajustement lié à des circonstances spécifiques (par exemple en cas d'écart de plus de 10% pour un agent entre ses obligations programmées et ses présences effectives) ".
12. M. A soutient que dans la mesure où l'indemnité de sujétions horaires représente une part importante de la rémunération des personnels concernés, il est indispensable que les agents connaissent à l'avance et pour l'intégralité de l'année à venir, le taux de cette indemnité destinée à compenser les contraintes spécifiques auxquelles ils sont assujettis. En application des stipulations précitées de l'article 3.7.3, le calcul de l'indemnité de sujétions horaires est effectué en termes annuels. En fixant le taux d'ISH pour une période limitée de six mois, sans préciser le sort de l'indemnité à compter du 1er juillet 2021, le Port autonome de Strasbourg a commis une erreur de droit. Le défendeur fait valoir que l'article 3.7.4 de l'annexe n°4 du statut du personnel autorise le directeur général à ajuster le taux d'indemnités de sujétions horaires en cours d'année civile. Toutefois, il ne peut utilement se prévaloir de cette possibilité d'ajustement qui, d'une part, intervient après fixation initiale du taux de l'indemnité de sujétions horaires pour l'ensemble de l'année, et d'autre part, concerne la situation individuelle des agents, après comparaison des heures prévisionnelles et de celles effectivement réalisées.
13. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander l'annulation des décisions du 31 décembre 2020, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux, en tant qu'elles fixent le nouveau taux d'indemnité de sujétions horaires pour une durée limitée de six mois, sans indication sur le taux applicable au second semestre 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Eu égard au motif d'annulation partielle retenu, l'exécution du présent jugement n'implique pas qu'il soit enjoint au Port autonome de Strasbourg de prendre une nouvelle décision fixant le taux d'indemnité de sujétions horaires à 29,98%. Les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées.
Sur les dépens :
15. Le requérant n'établit pas avoir exposé des frais au titre des dépens de l'instance. Par suite, il n'est pas fondé à demander la condamnation du Port autonome de Strasbourg au paiement d'une somme à ce titre.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme réclamée par le Port autonome de Strasbourg au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge du Port autonome de Strasbourg la somme de 1 500 euros hors taxe à verser à M. A sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions du 31 décembre 2020, ensemble la décision du 9 avril 2021 portant rejet du recours gracieux présenté par M. A sont annulées en tant qu'elles fixent le nouveau taux d'indemnités de sujétions horaires pour une durée limitée de six mois, sans précisions sur le taux applicable pour le second semestre 2021.
Article 2 : Le Port autonome de Strasbourg versera à M. A la somme de 1 500 euros hors taxe en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au Port autonome de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 5 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 janvier 2023.
La rapporteure,
S. CLa présidente,
A. DULMET
La greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun entre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026