lundi 18 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104091 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL GRIMALDI MOLINA ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 9 juin 2021, Mme A B, représentée par la SELARL Grimaldi Molina et Associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 décembre 2020 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident qu'elle a subi le 2 mars 2020, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au CHR de Metz-Thionville de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le médecin du service de médecine professionnelle n'a pas été informé de la réunion de la commission de réforme, ni n'a remis de rapport à cette commission, en méconnaissance des dispositions de l'article 18 du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- la commission de réforme était irrégulièrement composée ;
- la décision en litige est entachée d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 octobre 2021, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 29 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B exerce les fonctions d'adjoint administratif hospitalier principal au sein du CHR de Metz-Thionville. Le 2 mars 2020, alors qu'elle se retournait pour prendre une tasse de café, elle a ressenti une décharge électrique occasionnant une sciatalgie droite. Par une décision du 11 décembre 2020, le CHR de Metz-Thionville a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Le recours gracieux formé par Mme B contre cette décision est resté sans réponse, de sorte qu'une décision implicite de rejet est née. Par le recours qu'elle forme, Mme B demande au tribunal d'annuler la décision du 11 décembre 2020 et la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article 13 du décret susvisé du 14 mars 1986, dans sa version alors en vigueur : " La commission de réforme est consultée notamment sur : / () 2. L'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 susvisée dans les conditions prévues au titre VI bis ; (). ". Par ailleurs, l'article 18 du même décret disposait, dans sa version en vigueur que : " Le médecin du travail attaché au service auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission de réforme est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à titre consultatif à la réunion. Il remet un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 34, 43 et 47-7. / Le fonctionnaire intéressé et l'administration peuvent, en outre, faire entendre le médecin de leur choix par le comité médical ou la commission de réforme. ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que la remise à la commission de réforme d'un rapport écrit par le médecin du travail n'est prescrit que dans les cas prévus aux articles 34, 43 et 47-7 du décret du 14 mars 1986 qui concernent respectivement l'octroi d'un congé de longue maladie ou de longue durée, la reprise des fonctions d'un agent qui avait bénéficié d'un tel congé et la déclaration d'une maladie contractée en service. Dès lors, la remise d'un tel rapport ne s'impose pas dans le cas où le fonctionnaire sollicite, ainsi que le fait Mme B, la reconnaissance de l'imputabilité au service d'un accident. La requérante ne saurait ainsi se prévaloir d'un vice de procédure à cet égard.
4. D'autre part, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
5. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le médecin du travail a été informé, en application des dispositions de l'article 18 précité, de la tenue de la séance de la commission de réforme du 15 octobre 2020. Or cette carence, dont la réalité n'est au demeurant pas contestée en défense, a privé Mme B de la garantie attachée à la possibilité, pour le médecin du travail, de demander la communication du dossier de l'intéressée, de présenter des observations écrites ou encore d'assister à la réunion de la commission de réforme. En tout état de cause, il est constant que la commission de réforme s'est seulement prononcée en faveur de la tenue d'une expertise rhumatologique afin de déterminer l'imputabilité au service de l'accident. Dès lors, contrairement à ce que fait valoir le CHR de Metz-Thionville, son avis ne peut être regardé comme étant favorable à Mme B. Il s'ensuit que la décision du 11 décembre 2020 est affectée d'un vice de procédure de nature à l'entacher d'illégalité.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision sus-évoquée du 11 décembre 2020 ainsi que, par voie de conséquence, celle de la décision implicite rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / La juridiction peut également prescrire d'office l'intervention de cette nouvelle décision. ".
8. Eu égard aux motifs du présent jugement, son exécution implique seulement le réexamen de la demande de reconnaissance de l'imputabilité de l'accident au service formée par Mme B le 2 mars 2020. Il y a lieu, en conséquence, d'enjoindre au CHR de Metz-Thionville de procéder à ce réexamen dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville une somme au titre de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 11 décembre 2020 par laquelle le CHR de Metz-Thionville a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident subi par Mme B le 2 mars 2020, ensemble la décision implicite rejetant son recours gracieux, sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au CHR de Metz-Thionville de réexaminer la demande de reconnaissance d'accident de service formée par Mme B dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vogel-Braun, président,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2022.
Le rapporteur,
C. C
Le président,
J.-P. VOGEL-BRAUN
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026