jeudi 20 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104314 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | CEREJA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 21 juin 2021, 30 septembre 2022 et 3 novembre 2022, M. E A, représenté par Me Monheit, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 avril 2021 par laquelle le maire de la commune de Balgau a rejeté son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Balgau a sursis à statuer sur sa demande de permis d'aménager ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Balgau le versement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision rejetant son recours gracieux est insuffisamment motivée ;
- l'arrêté opposant un sursis à statuer sur sa demande de permis d'aménager est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 30 août 2021 et 18 octobre 2022, la commune de Balgau, représentée par Me Cereja, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 14 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D B,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me André, avocat de M. A,
- les observations de Me Cereja, avocat de la commune de Balgau.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a, par une demande déposée le 20 novembre 2020, sollicité la délivrance d'un permis d'aménager les parcelles cadastrées section 16 n° 36, 104 et 134, afin de créer deux lots à bâtir, sur le territoire de la commune de Balgau. Par un arrêté du 15 janvier 2021, le maire de la commune de Balgau a sursis à statuer sur cette demande pour une durée de deux ans. M. A a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision du 22 avril 2021. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 15 janvier 2021 ainsi que la décision du 22 avril 2021.
Sur la légalité de l'arrêté du 15 janvier 2021 :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. " Aux termes de l'article L. 424-1 du même code : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus () aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code (). / () / Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. L'autorité compétente ne peut, à l'expiration du délai de validité du sursis ordonné, opposer à une même demande d'autorisation un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial. Si des motifs différents rendent possible l'intervention d'une décision de sursis à statuer par application d'une disposition législative autre que celle qui a servi de fondement au sursis initial, la durée totale des sursis ordonnés ne peut en aucun cas excéder trois ans. À l'expiration du délai de validité du sursis à statuer, une décision doit, sur simple confirmation par l'intéressé de sa demande, être prise par l'autorité compétente chargée de la délivrance de l'autorisation, dans le délai de deux mois suivant cette confirmation. Cette confirmation peut intervenir au plus tard deux mois après l'expiration du délai de validité du sursis à statuer. Une décision définitive doit alors être prise par l'autorité compétente pour la délivrance de l'autorisation, dans un délai de deux mois suivant cette confirmation. À défaut de notification de la décision dans ce dernier délai, l'autorisation est considérée comme accordée dans les termes où elle avait été demandée. / () ".
3. En premier lieu, l'arrêté du 15 janvier 2021 vise les dispositions applicables, et notamment les articles L. 153-11 et L. 424-1 du code de l'urbanisme. Il fait, en outre, état de ce que les règlements graphiques et écrits du futur plan local d'urbanisme classent, pour partie, en zone A les parcelles en litige et que le projet d'aménagement de M. A, portant sur la création de deux lots à bâtir en vue de l'implantation d'un lotissement dédié uniquement à l'habitation individuelle, est ainsi de nature à en rendre plus difficile l'exécution. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'arrêté attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, un sursis à statuer ne peut être opposé à une demande de permis de construire, sur le fondement de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme, postérieurement au débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable, qu'en vertu d'orientations ou de règles que le futur plan local d'urbanisme pourrait légalement prévoir et à la condition que la construction, l'installation ou l'opération envisagée soit de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse son exécution.
5. Il ressort des pièces du dossier qu'à la date de l'arrêté attaqué, le projet du plan local d'urbanisme intercommunal de la communauté de communes Pays Rhin-Brisach avait été arrêté par des délibérations des 28 octobre 2019 et 10 février 2020. Alors que le projet d'aménagement et de développement durables fixe un objectif de préservation des espaces agricoles et de soutien de la filière agricole, le projet de règlement graphique du plan local d'urbanisme intercommunal classe en zone A, qualifiée de zone agricole stricte, les parcelles objet du présent litige cadastrées section 16 n°s 36, 104 et 134. Par ailleurs, le règlement écrit applicable à la zone A y interdit toute construction d'habitation nouvelle.
6. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'emprise du projet d'aménagement de M. A, qualifié de terres agricoles par le contrat de location dont il faisait l'objet avec une exploitation agricole jusqu'au 1er janvier 2021, ouvre en sa partie est sur un vaste espace agricole. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient M. A, les parcelles en litige se situent à l'extrémité de l'enveloppe bâtie de la commune, de telle sorte que le projet en litige, qui porte sur la création de deux lots en vue de réaliser un lotissement, aurait pour conséquence d'étendre les parties actuellement urbanisées de celle-ci et d'empiéter de façon significative sur l'espace agricole du territoire dont le plan local d'urbanisme doit assurer la protection. Dans ces conditions, et alors qu'est sans incidence la circonstance que des parcelles situées non loin de celles de M. A feraient l'objet d'un permis d'aménager, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation que le maire de la commune de Balgau a pu opposer à l'intéressé un sursis à statuer au projet en litige au motif qu'il est de nature à compromettre l'exécution du futur plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
Sur la légalité de l'arrêté du 22 avril 2021 :
7. Il est toujours loisible à la personne intéressée, sauf à ce que des dispositions spéciales en disposent autrement, de former à l'encontre d'une décision administrative un recours gracieux devant l'auteur de cet acte et de ne former un recours contentieux que lorsque le recours gracieux a été rejeté. L'exercice du recours gracieux n'ayant d'autre objet que d'inviter l'auteur de la décision à reconsidérer sa position, un recours contentieux consécutif au rejet d'un recours gracieux doit nécessairement être regardé comme étant dirigé, non pas tant contre le rejet du recours gracieux dont les vices propres ne peuvent être utilement contestés, que contre la décision initialement prise par l'autorité administrative. Il appartient, en conséquence, au juge administratif, s'il est saisi de conclusions dirigées formellement contre le seul rejet du recours gracieux, d'interpréter les conclusions qui lui sont soumises comme étant aussi dirigées contre la décision administrative initiale. Par suite, M. A ne peut utilement soutenir que la décision du 22 avril 2021 rejetant son recours gracieux est insuffisamment motivée et le moyen soulevé doit être écarté comme inopérant.
8. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Balgau qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. A demande au titre des frais liés au litige.
10. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. A le paiement à la commune de Balgau d'une somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : M. A versera à la commune de Balgau une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A et à la commune de Balgau.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 avril 2023.
La rapporteure,
A.-L. B
Le président,
M. C
Le greffier,
J. FERNBACH
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026