mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104383 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO - LONQUEUE - SAGALOVITSCH & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires enregistrés le 22 juin 2021, le 29 mars 2022, les 31 janvier et 9 février 2023, la Collectivité européenne d'Alsace, représentée par Me Eglie-Richters, demande au tribunal :
1°)d'annuler l'arrêté interpréfectoral complémentaire des préfets du Bas-Rhin et du Haut-Rhin du 29 décembre 2020 portant modification de l'arrêté interpréfectoral des 30 et 31 janvier 2020 constatant le transfert des routes classées dans le domaine public routier national situées dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, hors eurométropole de Strasbourg, à la Collectivité européenne d'Alsace, en tant qu'il constate le transfert de la plateforme douanière de Saint-Louis, située au niveau de l'autoroute A35, du PR 59+000 (intersection avec la N83 au carrefour du Rosenkranz à Houssen) au PR 126+303 (à Saint-Louis), ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°)d'enjoindre à l'État de prendre un nouvel arrêté définissant les modalités de transfert de la plateforme douanière de Saint-Louis et portant transfert, au profit de la Collectivité européenne d'Alsace, de la seule portion d'autoroute A35 située entre la rue du docteur A et la frontière franco-suisse et de la bretelle d'accès à la plateforme douanière de Saint-Louis ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 4 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La Collectivité européenne d'Alsace soutient que :
- la compétence des signataires de l'arrêté contesté n'est pas établie ;
- l'arrêté est illégal dès lors que l'arrêté qu'il modifie, des 30 et 31 janvier 2020, est lui-même illégal au motif qu'il a été adopté postérieurement à la date du 1er janvier 2020 prévue au I de l'article 6 de la loi du 2 août 2019 relative aux compétences de la Collectivité européenne d'Alsace ;
- l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation.
Par trois mémoires en défense enregistrés les 21 septembre et 6 octobre 2021 et le 1er février 2023, la préfète du Bas-Rhin et le préfet du Haut-Rhin concluent au rejet de la requête.
La préfète du Bas-Rhin et le préfet du Haut-Rhin font valoir que les moyens présentés par la Collectivité européenne d'Alsace ne sont pas fondés.
L'instruction a été close le 9 février 2023, par une ordonnance du même jour, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la voirie routière ;
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- la loi n° 2019-816 du 2 août 2019 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. C B,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public ;
- et les observations de Me Schwartz, substituant Me Eglie-Richters, pour la Collectivité européenne d'Alsace.
Considérant ce qui suit :
1. La Collectivité européenne d'Alsace demande au tribunal d'annuler l'arrêté interpréfectoral complémentaire des préfets du Bas-Rhin et du Haut-Rhin du 29 décembre 2020 portant modification de l'arrêté interpréfectoral des 30 et 31 janvier 2020 constatant le transfert des routes classées dans le domaine public routier national situées dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, hors eurométropole de Strasbourg, à la Collectivité européenne d'Alsace, en tant qu'il constate le transfert de la plateforme douanière de Saint-Louis, située au niveau de l'autoroute A35, du PR 59+000 (intersection avec la N83 au carrefour du Rosenkranz à Houssen) au PR 126+303 (à Saint-Louis), ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux.
2. Aux termes du I de l'article 6 de la loi du 2 août 2019 relative aux compétences de la Collectivité européenne d'Alsace : " I. - Les routes et autoroutes non concédées, classées dans le domaine public routier national et situées dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin à la date de publication de la présente loi sont transférées avec leurs dépendances et accessoires dans le domaine public routier de la Collectivité européenne d'Alsace, à l'exception des voies mentionnées au II [c'est-à-dire celles situées sur le territoire de l'eurométropole de Strasbourg et qui sont transférées à cette métropole]. / Le domaine privé de l'Etat affecté à l'entretien, à l'exploitation et à la gestion du domaine public routier national mentionné au premier alinéa du présent I est transféré à la Collectivité européenne d'Alsace. / Ces transferts sont constatés par arrêté conjoint des représentants de l'Etat dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin au plus tard le 1er janvier 2020. Cette décision emporte transfert, au 1er janvier 2021, à la Collectivité européenne d'Alsace, des servitudes, droits et obligations correspondants ainsi que le classement des routes transférées dans la voirie départementale. Le transfert des routes s'effectue sans préjudice de leur caractère de route express ou de route à grande circulation. Les autoroutes mentionnées au premier alinéa du présent I sont maintenues au sein du réseau transeuropéen de transport ".
3. En premier lieu, il résulte des termes mêmes des dispositions législatives précitées que l'arrêté constatant le transfert des routes et autoroutes non concédées, classées dans le domaine public routier national et situées dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin, dans le domaine public routier de la Collectivité européenne d'Alsace, doit être adopté par les représentants de l'État dans les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin. Par suite, la Collectivité européenne d'Alsace n'est pas fondée à soutenir que la compétence de la préfète du Bas-Rhin et du préfet du Haut-Rhin, signataires de l'arrêté contesté du 29 décembre 2020, n'est pas établie.
4. En deuxième lieu, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale. En l'espèce, l'arrêté contesté du 29 décembre 2020 porte simplement modification et non application de l'arrêté interpréfectoral des 30 et 31 janvier 2020, lequel n'en constitue pas la base légale. Par conséquent, la Collectivité européenne d'Alsace ne peut utilement invoquer l'illégalité de l'arrêté des 30 et 31 janvier 2020 qui résulterait selon elle de ce qu'il a été adopté postérieurement au 1er janvier 2020, date prévue par les dispositions précitées du I de l'article 6 de la loi du 2 août 2019 pour constater le transfert des routes et autoroutes non concédées, classées dans le domaine public routier national, dans le domaine public routier de la Collectivité européenne d'Alsace. En tout état de cause, compte tenu des termes de ces dispositions, la date du 1er janvier 2020 ne peut être regardée comme ayant été prescrite par le législateur à peine d'illégalité.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté contesté a inclus dans les routes et autoroutes transférées dans le domaine public routier de la Collectivité européenne d'Alsace, la plateforme douanière de Saint-Louis, à l'exception des bâtiments et espaces occupés par les services des douanes sur les parcelles cadastrées section 24, n° 70 à 82. Contrairement à ce que soutient la Collectivité européenne d'Alsace, les voies de circulation situées dans le périmètre transféré de cette plateforme doivent être regardées comme affectées à la circulation routière en ce qu'elles permettent l'écoulement vers la Suisse des flux de poids lourds qui ne sont pas autorisés à franchir la frontière en douane basse, qu'ils soient en dédouanement, en transit ou qu'ils circulent à vide. Peu importe à cet égard la circonstance que l'état actuel des infrastructures ne permet pas d'assurer une circulation fluide de ces poids lourds. Au demeurant il existe un projet de restructuration de la plateforme inscrit au contrat de plan État-Région 2015-2020, qui a précisément pour objet d'améliorer la circulation des poids lourds. Par ailleurs, pour les mêmes motifs, les aires de stationnement situées sur cette plateforme, sur la parcelle cadastrée section 24 n° 69, doivent également être regardées comme des dépendances de la voirie routière. Enfin, il ressort des pièces du dossier que le bâtiment abritant les bureaux et le restaurant ainsi que les aires de stationnement situés sur les parcelles cadastrées section 24 n° 46 et 47, qui appartiennent au domaine public de l'État, sont destinés non au service public des douanes mais aux transitaires commissionnaires en douane française et suisse, lesquels agissent pour le compte des transporteurs dans l'accomplissement des formalités douanières. A cet égard et par conséquent, ce bâtiment et ces aires de stationnement contribuent également à assurer la circulation des poids lourds sur la plateforme douanière vers la Suisse et doivent être regardés comme des dépendances du domaine public routier. Il s'ensuit que c'est sans commettre d'erreur de droit ni d'erreur d'appréciation que la préfète du Bas-Rhin et le préfet du Haut-Rhin ont transféré à la Collectivité européenne d'Alsace la plateforme douanière de Saint-Louis, dans les limites qu'ils ont définies dans l'arrêté contesté du 29 décembre 2020.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la Collectivité européenne d'Alsace aux fins d'annulation doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de la Collectivité européenne d'Alsace est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Collectivité européenne d'Alsace, à la préfète du Bas-Rhin et au préfet du Haut-Rhin.
Délibéré après l'audience du 3 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Xavier Faessel, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
X. FAESSEL
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin et au préfet du Haut-Rhin en ce qui les concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026