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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2104498

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2104498

mardi 9 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2104498
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 25 juin 2021, 23 septembre 2021 et 24 décembre 2022, M. A E doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 25 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Bréhain a refusé de lui délivrer un permis de construire portant sur l'extension d'un bâtiment, pour une surface de plancher de 87 mètres carrés, sur un terrain situé 12 bis rue Principale à Bréhain ;

2°) d'écarter des débats la pièce n° 1 produite par la commune de Bréhain.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée méconnaît l'article L. 111-4 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article R. 111-16 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article R.111-5 du code de l'urbanisme :

- c'est à tort qu'il a été considéré qu'il existait un risque pour la sécurité publique ;

- la pièce n° 1 produite par la commune de Bréhain doit être écartée des débats.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 27 août 2021 et 3 octobre 2022, la commune de Bréhain, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable, dès lors que la requête introductive d'instance ne comporte ni conclusions à fin d'annulation d'un acte administratif ni exposé de faits et de moyens ;

- elle est fondée à solliciter l'application des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 septembre 2021 et 4 octobre 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable, faute de comporter des conclusions à fin d'annulation et l'exposé de moyens ;

- le requérant ne justifie pas satisfaire aux dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme D B,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Gillig, avocat de la commune de Bréhain.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 8 décembre 2020, M. A E a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur l'extension d'un bâtiment existant, pour une surface de plancher de 87 mètres carrés, sur un terrain situé 12 bis, rue Principale à Bréhain en vue d'en faire une maison d'habitation. Par un arrêté du 25 avril 2021 pris au nom de l'Etat, le maire de la commune de Bréhain a refusé de délivrer le permis sollicité. M. E a, par courrier du 20 juin 2021, formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été implicitement rejeté par le maire de la commune de Bréhain. Par la présente requête,

M. E doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler l'arrêté du 25 avril 2021.

Sur la légalité de l'arrêté du 25 avril 2021 :

2. Pour refuser de délivrer à M. E le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Bréhain s'est fondé sur les motifs tirés de ce que le projet méconnaît les articles L. 111-4, R. 111-16, R. 111-8 du code de l'urbanisme et présente un risque pour la sécurité publique.

3. Aux termes de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme : " L'alimentation en eau potable et l'assainissement des eaux domestiques usées, la collecte et l'écoulement des eaux pluviales et de ruissellement ainsi que l'évacuation, l'épuration et le rejet des eaux résiduaires industrielles doivent être assurés dans des conditions conformes aux règlements en vigueur ".

4. Pour refuser de délivrer à M. E le permis de construire sollicité, le maire de la commune de Bréhain s'est ainsi notamment fondé sur la circonstance que le terrain d'assiette du projet n'était pas desservi par les réseaux. Le requérant, qui ne conteste pas que sa parcelle n'est pas raccordée aux réseaux, ne démontre pas, par ses seules allégations, être en mesure de prendre en charge les raccordements nécessaires dans des conditions conformes aux règlements en vigueur. Au demeurant, la commune n'est pas tenue d'accepter une telle offre de prise en charge de la part du pétitionnaire. Par suite, le maire de la commune de Bréhain pouvait refuser d'accorder le permis de construire sollicité au motif qu'il ne satisfaisait pas aux exigences posées par l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme. A supposer même que les autres motifs de refus opposés à la demande de permis de construire de M. E soient entachés d'illégalité, le maire de la commune de Bréhain aurait pris la même décision s'il ne s'était fondé que sur ce seul motif tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-8 du code de l'urbanisme.

5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevés en défense et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la demande de

M. E tendant à écarter des débats la pièce n° 1 produite par la commune de Bréhain, que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées.

Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :

6. Le passage figurant à la deuxième page du mémoire du 23 septembre 2021 de

M. E commençant par " Nous pouvons donc constater que la partie adverse produit un faux document " et se terminant par " faire rétablir une servitude par voie carrossable afin dans obtenir un permis de construire ", présente un caractère diffamatoire. Par suite, il y a lieu d'en prononcer la suppression.

Sur les frais liés au litige :

7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Bréhain sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le passage du mémoire de M. E du 23 septembre 2021 mentionné au point 6 du présent jugement est supprimé.

Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Bréhain en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à la commune de Bréhain et au préfet de la Moselle.

Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

Mme Kalt, première conseillère,

Mme Eymaron, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.

La rapporteure,

A.-L. B

Le président,

M. C

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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