mardi 18 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104693 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | ELSAESSER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2021, M. E D B, représenté par Me Elsaesser, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de lui accorder les conditions matérielles d'accueil à compter de la date de suspension des versements de l'allocation, ou à compter de la date de sa demande de rétablissement, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) d'enjoindre, à titre subsidiaire, au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'une erreur de fait ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- il n'a pas bénéficié d'un entretien personnel ;
- elle est entachée d'erreur de droit et d'erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa situation de vulnérabilité ;
- la suspension de ses conditions matérielles d'accueil est illégale, dès lors qu'il n'a pas bénéficié du droit d'être entendu ;
- la décision du 25 mars 2021 est entachée d'un défaut de base légale, du fait de l'illégalité de la décision suspendant ses conditions matérielles d'accueil ;
- la décision du 25 mars 2021 est contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense enregistré le 29 mars 2023, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
M. D B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de M. A C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B, ressortissant angolais, né le 3 février 1982, a demandé l'asile en France le 26 mars 2019. Ce même jour, il a accepté le bénéfice des conditions matérielles d'accueil proposées par l'OFII. Par décision du 1er août 2019, l'OFII a suspendu de manière immédiate l'octroi des conditions matérielles d'accueil. Par une décision du 25 mars 2021, dont M. D B demande l'annulation, l'OFII a refusé de lui rétablir l'octroi des conditions matérielles d'accueil.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, dans sa décision du 31 juillet 2019, association la CIMADE et autres, nos 428530, 428564, le Conseil d'Etat a jugé que, dans l'attente de la modification des articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018, jugées partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, il reste possible à l'Office français de l'immigration et de l'intégration de refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, après examen de sa situation particulière et par une décision motivée, au demandeur qui a refusé le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation. Il lui est également possible, dans les mêmes conditions et après avoir mis, sauf impossibilité, l'intéressé en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ces conditions lorsque le demandeur a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou, n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes. Si le bénéfice des conditions matérielles d'accueil a été suspendu, le demandeur d'asile peut en demander le rétablissement à l'Office, qui devra apprécier la situation particulière du demandeur à la date de la demande de rétablissement au regard notamment de sa vulnérabilité, de ses besoins en matière d'accueil ainsi que, le cas échéant, des raisons pour lesquelles il n'a pas respecté les obligations auxquelles il avait consenti au moment de l'acceptation initiale des conditions matérielles d'accueil.
3. D'autre part, l'illégalité d'un acte administratif, qu'il soit ou non réglementaire, ne peut être utilement invoquée par voie d'exception à l'appui de conclusions dirigées contre une décision administrative ultérieure que si cette dernière décision a été prise pour l'application du premier acte ou s'il en constitue la base légale.
4. Il ressort des pièces que M. D B n'a pas été mis en mesure de présenter ses observations sur l'intention de l'OFII de lui retirer le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil, préalablement à la décision du 1er août 2019. L'OFII ne soutient pas qu'elle aurait été dans l'impossibilité de mettre à même M. D B de présenter de telles observations. Cette irrégularité procédurale est de nature à avoir privé M. D B d'une garantie. La décision de retrait est ainsi illégale. Par suite, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision de rétablissement des conditions matérielles d'accueil en raison de l'illégalité de la décision de retrait, doit être accueilli.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête de M. D B, que la décision de l'Office français de l'immigration et de l'intégration refusant de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Aux termes des dispositions de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. / () ".
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a seulement lieu d'enjoindre au réexamen de la situation de M. D B dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
8. M. D B a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Elsaesser d'une somme de 800 euros hors taxes au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 25 mars 2021 par laquelle le directeur territorial de l'OFII a rejeté la demande de rétablissement des conditions matérielles d'accueil présentée par M. D B est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII de réexaminer la situation de M. D dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFII versera à Me Elsaesser, avocate de M. D B, une somme de 800 (huit cents) euros hors taxes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que Me Elsaesser renonce à la part contributive de l'Etat à l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. E D B à Me Elsaesser et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
Mme Devys, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 avril 2023.
Le rapporteur,
R. Cormie
Le président,
S. Dhers
Le greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026