jeudi 16 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104789 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | ALEXANDRE - LÉVY - KAHN - BRAUN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juillet 2021 et le 28 octobre 2022 sous le n° 2104789, Mme F B épouse A, représentée par Me Lévy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union " ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, à défaut, dans ce même délai, de procéder au réexamen de sa situation ainsi que, dans l'un ou l'autre cas, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de cette notification ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation, méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article L. 121-3 de ce code alors en vigueur et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence et méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article L. 233-2 de ce code ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant obligation de quitter le territoire français est est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour, est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union et méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
La préfète soutient que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- les moyens invoqués par Mme B épouse A ne sont pas fondés.
II. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 juillet 2021 et le 28 octobre 2022 sous le n° 2104790, M. D A, représenté par Me Lévy, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union " ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 novembre 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union " dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement et, à défaut, dans ce même délai, de procéder au réexamen de sa situation ainsi que, dans l'un ou l'autre cas, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de cette notification ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision par laquelle la préfète du Bas-Rhin a implicitement refusé de lui délivrer une carte de séjour est entachée d'une insuffisance de motivation, méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article L. 121-3 de ce code alors en vigueur et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant refus de titre de séjour est entachée d'incompétence et méconnaît les dispositions du 4° de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article L. 233-2 de ce code ;
- la décision du 30 novembre 2021 portant obligation de quitter le territoire français est illégale par voie de conséquence de l'illégalité entachant la décision de refus de séjour, est entachée d'un vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu, principe général du droit de l'Union et méconnaît les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.
La préfète soutient que :
- la requête est tardive et, par suite, irrecevable ;
- les moyens invoqués par M. A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020 relative à la prorogation des délais échus pendant la période d'urgence sanitaire et à l'adaptation des procédures pendant cette même période ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Malgras, première conseillère,
- les observations de Me Thiebaut, avocat des requérants.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A, ressortissants kazakhs nés respectivement en 1954 et 1953, sont entrés en France le 1er février 2020 munis d'un visa valable du 9 mars 2019 au 9 mars 2021, délivré par les autorités consulaires allemandes au Kazakhstan. Par un courrier du 15 mars 2020, réceptionné le 17 mars 2020 par les services de la préfecture du Bas-Rhin, ils ont présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de leur qualité d'ascendant direct à charge d'un citoyen de l'Union européenne, sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de celles de l'article L. 121-3 de ce code, alors en vigueur (devenus le 4° de l'article L. 200-4 et l'article L. 233-2).
2. En application des dispositions combinées des articles R. 311-12 et 311-12-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur et des dispositions de l'ordonnance n° 2020-306 du 25 mars 2020, le silence gardé par la préfète du Bas-Rhin pendant plus de quatre mois a fait naître des décisions implicites de rejet le 24 octobre 2020.
3. Par des arrêtés du 30 novembre 2021, la préfète du Bas-Rhin a explicitement refusé d'admettre M. et Mme A au séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
4. Par des requêtes nos 2104789 et 2104790, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. et Mme A demandent l'annulation d'une part, des décisions implicites mentionnées au point 2 et, d'autre part, des arrêtés du 30 novembre 2021 mentionnés au point 3.
Sur les conclusions dirigées contre les décisions implicites de refus d'admission au séjour :
5. Si le silence gardé par l'administration sur un recours gracieux ou hiérarchique fait naître une décision implicite de rejet qui peut être déférée au juge de l'excès de pouvoir, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement, qu'elle fasse suite ou non à une demande de communication des motifs de la décision implicite présentée en application des dispositions de l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration, se substitue à la première décision. Il en résulte que des conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde et que, dès lors, celle-ci ne peut être utilement contestée au motif que l'administration aurait méconnu ces dispositions en ne communiquant pas au requérant les motifs de sa décision implicite dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent.
6. Il ressort des pièces du dossier que, par des arrêtés du 30 novembre 2021, la préfète du Bas-Rhin a explicitement rejeté les demandes de M. et Mme A tendant à la délivrance d'une carte de séjour sur le fondement des dispositions du 4° de l'article L. 121-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et celles de l'article L. 121-3 de ce code alors en vigueur (devenus le 4° de l'article L. 200-4 et l'article L. 233-2). Dans ces conditions, leurs conclusions à fin d'annulation des décisions implicites de rejet nées le 24 octobre 2020 dans les conditions énoncées au point 2, doivent être regardées comme dirigées contre les décisions explicites du 30 novembre 2021, au demeurant également contestées par les intéressés.
Sur les conclusions dirigées contre les arrêtés du 30 novembre 2021 :
En ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour :
7. En premier lieu, par un arrêté du 20 octobre 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 22 octobre 2021, la préfète du Bas-Rhin a donné délégation à M. C E, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer tous actes et décisions relevant des attributions dévolues à la direction des migrations et de l'intégration, à l'exception de certaines décisions au nombre desquelles ne figure pas les décisions en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de M. E, signataire des décisions en litige, doit être écarté.
8. En deuxième lieu, compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 5 et 6, les décisions du 30 novembre 2021 portant refus de séjour ne peuvent être utilement contestées au motif que l'administration aurait méconnu les dispositions l'article L. 232-4 du code des relations entre le public et l'administration en ne communiquant pas aux requérants les motifs de ses décisions implicites dans le délai d'un mois qu'elles lui impartissent. Les arrêtés du 30 novembre 2021 mentionnent au demeurant les considérations de droit et de fait sur lesquels ils se fondent. Le moyen tiré du défaut de motivation doit dès lors être écarté.
9. En dernier lieu, les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui transposent les stipulations de la directive n° 2004/38/CE du 29 avril 2004 et mettent ainsi en œuvre le droit à la libre circulation des citoyens de l'Union européenne instauré par le traité sur le fonctionnement de l'Union européenne, prévoient à l'article L. 233-1 que : " Les citoyens de l'Union européenne ont le droit de séjourner en France pour une durée supérieure à trois mois s'ils satisfont à l'une des conditions suivantes : / 1° Ils exercent une activité professionnelle en France ; / 2° Ils disposent pour eux et pour leurs membres de famille de ressources suffisantes afin de ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale, ainsi que d'une assurance maladie ; () ". L'article L. 233-2 dispose en outre que : " Les ressortissants de pays tiers, membres de famille d'un citoyen de l'Union européenne satisfaisant aux conditions énoncées aux 1° ou 2° de l'article L. 233-1, ont le droit de séjourner sur le territoire français pour une durée supérieure à trois mois. () ". Enfin, l'article L. 200-4 du même code dispose que : " Par membre de famille d'un citoyen de l'Union européenne, on entend le ressortissant étranger, quelle que soit sa nationalité, qui relève d'une des situations suivantes : () / 4° Ascendant direct à charge du citoyen de l'Union européenne ou de son conjoint ".
10. Il résulte de ces dispositions, interprétées à la lumière de la directive 2004/38/CE du Parlement européen et du Conseil du 29 avril 2004, que, pour qu'un ascendant direct d'un citoyen de l'Union puisse être considéré comme étant " à charge " de celui-ci au sens de l'article 2, point 2, sous c), de cette directive, l'existence d'une situation de dépendance réelle doit être établie. Cette dépendance résulte d'une situation de fait caractérisée par la circonstance que le soutien matériel du membre de la famille est assuré par le ressortissant communautaire ayant fait usage de la liberté de circulation ou par son conjoint. Afin de déterminer l'existence d'une telle dépendance, l'État membre d'accueil doit apprécier si, eu égard à ses conditions économiques et sociales, l'ascendant direct d'un citoyen de l'Union ne subvient pas à ses besoins essentiels. La nécessité du soutien matériel doit exister dans l'État d'origine ou de provenance d'un tel ascendant au moment où il demande à rejoindre ledit citoyen. La preuve de la nécessité d'un soutien matériel peut être faite par tout moyen approprié, alors que le seul engagement de prendre en charge ce même membre de la famille, émanant du ressortissant communautaire ou de son conjoint, peut ne pas être regardé comme établissant l'existence d'une situation de dépendance réelle de celui-ci. Le fait en revanche, qu'un citoyen de l'Union procède régulièrement, pendant une période considérable, au versement d'une somme d'argent à ce descendant, nécessaire à ce dernier pour subvenir à ses besoins essentiels dans l'État d'origine, est de nature à démontrer qu'une situation de dépendance réelle de cet ascendant par rapport audit citoyen existe.
11. Les requérants établissent être hébergés chez leur fille ressortissante allemande demeurant en France, depuis leur arrivée sur le territoire national. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette dernière a effectué des virements réguliers à ses parents afin de subvenir à leurs besoins, seuls dix virements ponctuels apparaissant sur les relevés PayPal produits par les requérants, d'un montant d'environ cinq cents euros pour les neuf premiers et mille euros pour le dernier, au cours d'une période comprise entre septembre 2019 et mai 2020. En outre, il ressort des mentions portées sur leurs cartes de retraite et d'invalidité, que M. A perçoit mensuellement 71 600 tenge au titre de sa pension de retraite et 3 763 tenge au titre de sa pension d'invalidité et son épouse 87 573 tenge au titre de sa pension de retraite, montants supérieurs à celui du salaire minimum kazakh s'établissant à 42 500 tenge en 2021. Ainsi les requérants, en mesure de subvenir à leurs besoins essentiels au moment de leur demande de titre de séjour, n'établissent pas qu'ils étaient dans une situation de dépendance réelle vis-à-vis de leur fille citoyenne de l'Union européenne. Dès lors, ils ne justifient pas qu'ils étaient effectivement à sa charge au sens des dispositions précitées, au moment du dépôt de leur demande. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en leur refusant la délivrance d'un titre de séjour comme ascendants à charge d'un ressortissant communautaire, la préfète du Bas-Rhin a fait une inexacte application des dispositions du 4° de l'article L. 200-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article L. 233-2 de ce code ou qu'elle a entaché ses décisions d'une erreur manifeste d'appréciation.
En ce qui concerne les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
12. En premier lieu, les décisions de refus de séjour n'étant pas entachées d'illégalité, le moyen invoqué par la voie de l'exception à l'encontre des décisions portant obligation de quitter le territoire, tiré de l'illégalité de ces décisions, doit être écarté.
13. En deuxième lieu, le droit d'être entendu énoncé à l'article 41 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, implique que l'autorité préfectorale, avant de prendre à l'encontre d'un étranger une décision portant obligation de quitter le territoire français, mette l'intéressé à même de présenter ses observations écrites et lui permette, sur sa demande, de faire valoir des observations orales, de telle sorte qu'il puisse faire connaître, de manière utile et effective, son point de vue sur la mesure envisagée avant qu'elle n'intervienne et dans une mesure telle que cela aurait pu aboutir à un résultat différent.
14. M. et Mme A ont présenté une demande de titre de séjour. Ils ne pouvaient donc ignorer que leur demande était susceptible de faire l'objet d'un rejet et qu'ils seraient placés dans l'obligation de quitter le territoire. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète, qui n'était pas tenue de recueillir une nouvelle fois leurs observations préalablement à l'édiction des décisions en litige, a méconnu les droits de la défense et celui d'être entendu énoncé à l'article 41 précité, doit être écarté.
15. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () ".
16. Il ressort des termes mêmes des décisions attaquées qu'elles se fondent sur les décisions portant refus de titre de séjour du 30 novembre 2021, qui, au demeurant et ainsi qu'il a été exposé au point 5, se sont substituées aux décisions implicites de rejet des demandes d'admission au séjour présentées par les requérants le 15 mars 2020. Par suite, la préfète du Bas-Rhin n'a pas entaché les décisions attaquées d'une erreur de droit en les fondant sur les dispositions du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.
17. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée en défense, M. et Mme A ne sont pas fondés à demander l'annulation des décisions par lesquelles la préfète du Bas-Rhin a implicitement refusé de leur délivrer une carte de séjour portant la mention " carte de séjour de membre de la famille d'un citoyen de l'Union " et des arrêtés du 30 novembre 2021 attaqués.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
18. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. et Mme A, n'appelle, par lui-même, aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, le versement des sommes que demandent M. et Mme A au titre des frais qu'ils ont exposés et qui ne sont pas compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme F B épouse A, à M. D A et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 novembre 2023.
La rapporteure,
S. Malgras
Le président,
M. Richard
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
2, 2104790
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026