jeudi 19 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2104979 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 16 juillet 2021, 25 octobre 2021, 2 mars 2022 et 6 mai 2022, M. B C et Mme A C, représentés par la SELARL Dôme Avocats, demandent au tribunal :
1°) d'annuler le certificat d'urbanisme d'information délivré le 5 mars 2021 par le maire de la commune de Bruebach ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Bruebach le versement d'une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'illégalité en raison de l'illégalité du classement en zone agricole de la parcelle cadastrée section 19 n° 278, ce classement étant entaché d'une erreur manifeste d'appréciation et conduisant à une rupture d'égalité devant les charges publiques et à une méconnaissance du principe de l'égalité de traitement.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 août 2021, 23 décembre 2021 et 5 avril 2022, la commune de Bruebach, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Guy-Favier, avocat des requérants,
- les observations de Me Vienne, avocate de la commune de Bruebach.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a, le 25 février 2021, sollicité la délivrance d'un certificat d'urbanisme d'information relatif à la parcelle cadastrée section 19 n° 278, située sur le territoire de la commune de Bruebach. Par un certificat délivré le 5 mars 2021, le maire de la commune de Bruebach a ainsi informé le requérant de ce que la parcelle en litige était classée en zone A du plan local d'urbanisme de la commune. Par la présente requête, M. et Mme C demandent au tribunal l'annulation du certificat d'urbanisme du 5 mars 2021.
Sur la légalité de la décision du 5 mars 2021 :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Aux termes de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme : " Le certificat d'urbanisme, en fonction de la demande présentée : / a) Indique les dispositions d'urbanisme, les limitations administratives au droit de propriété et la liste des taxes et participations d'urbanisme applicables à un terrain ; (). ". Par ailleurs, aux termes de l'article R. 410-14 du même code : " Dans les cas prévus au b de l'article L. 410-1, lorsque la décision indique que le terrain ne peut être utilisé pour la réalisation de l'opération mentionnée dans la demande, ou lorsqu'elle est assortie de prescriptions, elle doit être motivée ".
3. En vertu des dispositions précitées, seuls les certificats d'urbanisme délivrés sur le fondement du b) de l'article L. 410-1 du code de l'urbanisme doivent faire l'objet d'une motivation. En tout état de cause, le certificat d'urbanisme rappelle les dispositions applicables, et notamment le plan local d'urbanisme approuvé par délibération du 24 juin 2005, et précise que la parcelle en litige est située en zone agricole A de ce plan, sans que le maire ait à expliquer les raisons de ce zonage. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'acte attaqué doit être écarté.
4. En deuxième lieu, en vertu d'un principe général, il incombe à l'autorité administrative de ne pas appliquer un règlement illégal. Ce principe trouve à s'appliquer, en l'absence même de toute décision juridictionnelle qui en aurait prononcé l'annulation ou les aurait déclarées illégales, lorsque les dispositions d'un document d'urbanisme, ou certaines d'entre elles si elles en sont divisibles, sont entachées d'illégalité, sauf si cette illégalité résulte de vices de forme ou de procédure qui ne peuvent plus être invoqués par voie d'exception en vertu de l'article L. 600-1 du code de l'urbanisme. Ces dispositions doivent ainsi être écartées, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, par l'autorité chargée de délivrer des certificats d'urbanisme ou des autorisations d'utilisation ou d'occupation des sols, qui doit alors se fonder, pour statuer sur les demandes dont elle est saisie, sur les dispositions pertinentes du document immédiatement antérieur ou, dans le cas où celles-ci seraient elles-mêmes affectées d'une illégalité dont la nature ferait obstacle à ce qu'il en soit fait application, sur le document encore antérieur ou, à défaut, sur les règles générales fixées par les articles L. 111-1 et suivants et R. 111-1 et suivants du code de l'urbanisme.
5. D'une part, aux termes de l'article R.151-22 du même code : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ". Une zone agricole, dite " zone A ", du plan local d'urbanisme a vocation à couvrir, en cohérence avec les orientations générales et les objectifs du projet d'aménagement et de développement durables, un secteur, équipé ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles.
6. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir pour le territoire concerné par le plan en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir et de fixer en conséquence le zonage déterminant les possibilités de construction. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
7. Les requérants soutiennent que le classement en zone agricole A de la parcelle cadastrée section 19 n° 278 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que, située dans un secteur urbanisé du territoire communal, elle est desservie par les réseaux et est dépourvue de tout potentiel agricole.
8. Il ressort du rapport de présentation que les auteurs du plan local d'urbanisme se sont fixé l'objectif de protéger les espaces agricoles qui doivent ainsi être maintenus à l'écart de toute urbanisation ou mitage susceptibles de réduire leur potentiel économique et agronomique. Le projet d'aménagement et de développement durables précise, en outre, que le monde agricole contribue à l'entretien et à la conservation du paysage rural et des ouvertures paysagères constituant le cadre de vie des habitants et qu'il appartient dès lors à la collectivité de le soutenir, ce qui se traduit notamment par une volonté de maîtrise du développement du village. Or, il ressort des pièces du dossier que la parcelle en litige se situe à l'extrémité du périmètre bâti du territoire communal, dans un secteur où ne se trouvent que quelques constructions éparses, et ouvre sur un vaste espace agricole. Alors qu'il n'existe aucun droit au maintien de la réglementation d'urbanisme antérieurement en vigueur, les requérants, qui se prévalent de ce que leur parcelle était classée en zone urbanisable dans l'ancien document d'urbanisme, serait desservie par les réseaux et dépourvue de potentiel agricole, n'apportent pas, eu égard aux objectifs définis par le plan local d'urbanisme, d'éléments susceptibles de remettre sérieusement en cause le parti d'aménagement retenu. Par suite, le moyen tiré de ce que le classement en zone A de la parcelle cadastrée section 19 n° 278 est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
9. D'autre part, dès lors que le classement de la parcelle cadastrée section 19 n° 278 n'est entaché d'aucune erreur manifeste d'appréciation, les requérants ne sauraient utilement se prévaloir de la circonstance, à la supposer avérée, que des parcelles présentant des caractéristiques similaires ont été classées en zone constructible. Par suite, les requérants ne sont fondés à soutenir ni que le principe d'égalité de traitement aurait été méconnu ni que le classement de leur parcelle serait constitutif d'une rupture de l'égalité devant les charges publiques.
10. Il résulte de ce qui a été indiqué aux points 4 à 9 du présent jugement que le moyen tiré de ce que le certificat d'urbanisme est illégal en raison de l'illégalité du classement en zone A de la parcelle des requérants doit être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. et Mme C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Bruebach qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
13. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des requérants le paiement d'une somme de 1 500 euros à verser à la commune de Bruebach.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. et Mme C est rejetée.
Article 2 : M. et Mme C verseront à la commune de Bruebach une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, à Mme A C et à la commune de Bruebach.
Délibéré après l'audience du 28 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 octobre 2023.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026