lundi 3 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105228 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET GALLAND YANNICK & KIEFFER EMMANUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés le 26 juillet 2021 et le 11 avril 2023, Mme B C épouse A, représentée par Me Galland, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juin 2021 par laquelle le préfet du Haut-Rhin a refusé d'examiner sa demande de régularisation formée le 22 mars 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer un titre de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 3 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soutient que :
- c'est à tort que le préfet du Haut-Rhin a regardé sa demande de titre de séjour, fondée sur l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, comme un recours gracieux dirigé contre une précédente décision de refus de séjour du 1er septembre 2020, et considéré qu'aucune nouvelle demande d'admission au séjour n'avait été enregistrée par ses services ;
- en refusant d'examiner sa demande de régularisation, le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation ;
- la décision contestée n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle a bien formulé une nouvelle demande de titre de séjour le 15 mars 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors que les demandes de titre de séjour formées sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, devenu l'article L. 435-1 du code, ne figurent pas parmi celles qui doivent être réalisées par le biais du téléservice mentionné à l'article R. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; ainsi, le préfet ne pouvait légalement exiger d'elle qu'elle sollicite un rendez-vous sur le site internet de la préfecture et l'empêcher de déposer une demande de titre de séjour par voie postale ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la situation de son troisième fils, lequel ne pourrait bénéficier d'une éducation adaptée à son handicap au Kosovo.
Par un mémoire en défense enregistré le 7 février 2023, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Haut-Rhin fait valoir que les moyens invoqués par Mme A ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 août 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative ;
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Bouzar,
- et les observations de Me Mehl, substituant Me Galland, pour Mme A.
Deux notes en délibéré, présentées pour Mme A, ont été enregistrées le 22 mai et le 23 mai 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante kosovare née en 1987, est entrée irrégulièrement en France le 5 mars 2019 avec ses trois enfants. Sa demande d'asile a été rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 24 février 2020. Le 9 mars 2020, elle a sollicité le renouvellement du titre de séjour qui lui avait été délivré en qualité de parent d'enfant malade. Par un arrêté du 1er septembre 2020, le préfet du Haut-Rhin a refusé de faire droit à sa demande et pris à son encontre une obligation de quitter le territoire français. Par un jugement du 22 janvier 2021, confirmé en appel le 7 décembre 2021, le tribunal a rejeté le recours formé par Mme A contre l'arrêté du 1er septembre 2020. Par un courrier du 15 mars 2021, complété par des courriers du 26 mars 2021, du 20 mai 2021 et du 3 juin 2021, Mme A a demandé au préfet de régulariser sa situation sur le fondement des dispositions de l'article L. 313-14 alors en vigueur du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par une décision du 29 juin 2021, le préfet du Haut-Rhin a, d'une part, considéré qu'il était saisi d'un recours gracieux dirigé contre son arrêté du 1er septembre 2020 et a rejeté ce recours en l'absence d'éléments nouveaux et, d'autre part, considéré qu'aucune nouvelle demande d'admission au séjour n'avait été enregistrée par ses services. Mme A demande au tribunal d'annuler cette décision du 29 juin 2021 en ce que le préfet du Haut-Rhin a refusé d'examiner sa demande de régularisation formulée par courrier du 15 mars 2021.
2. En premier lieu, Mme A soutient que la décision refusant de lui délivrer un titre de séjour est insuffisamment motivée. Cependant, ainsi qu'exposé au point précédent, Mme A conteste la décision du 29 juin 2021 en ce qu'elle refuse d'examiner sa demande de régularisation. Par conséquent, le moyen est inopérant.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 311-1 alors applicable du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Tout étranger, âgé de plus de dix-huit ans ou qui sollicite un titre de séjour en application de l'article L. 311-3, est tenu de se présenter, à Paris, à la préfecture de police et, dans les autres départements, à la préfecture ou à la sous-préfecture, pour y souscrire une demande de titre de séjour du type correspondant à la catégorie à laquelle il appartient. / () / Le préfet peut également prescrire : / 1° Que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale ".
4. Il ressort de la décision attaquée que le préfet du Haut-Rhin, saisi d'une demande de régularisation par courrier daté du 15 mars 2021 et reçu le 22 mars 2021, fondée sur les dispositions alors en vigueur de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a refusé d'examiner cette demande au motif, explicité dans ses écritures en défense, que Mme A n'avait pas sollicité un rendez-vous par le biais du site Internet de la préfecture et avait méconnu la règle de présentation personnelle du demandeur. Il ressort des pièces du dossier, d'une part, que ce système d'information permet aux intéressés d'effectuer en ligne la formalité administrative préalable obligatoire que constitue cette prise de rendez-vous et doit être regardé comme ayant la nature d'un téléservice au sens de l'article 1er de l'ordonnance du 8 décembre 2005 et, d'autre part, que ce téléservice n'a pas pour effet de faire obstacle à la comparution personnelle de l'usager en préfecture pour le dépôt de sa demande de titre de séjour, dès lors que l'intéressé est tenu de se présenter dans le cadre du rendez-vous qui lui est fixé. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le préfet du Haut-Rhin a commis une erreur de droit. Enfin, elle ne peut utilement et en tout état de cause invoquer les dispositions de l'article R. 431-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui n'étaient pas encore entrées en vigueur à la date de sa demande.
5. En troisième lieu, il résulte de ce qui précède qu'en considérant qu'il n'était pas saisi d'une nouvelle demande de titre de séjour, le préfet du Haut-Rhin n'a ni commis d'erreur de fait, ni en tout état de cause entaché sa décision d'un défaut d'examen particulier de sa situation.
6. En dernier lieu, dès lors que le préfet du Haut-Rhin n'était pas régulièrement saisi d'une demande d'admission exceptionnelle au séjour et qu'il ne s'est pas prononcé sur le bien-fondé d'une telle demande, Mme A ne peut utilement soutenir que le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de la décision contestée quant à la situation de son fils. Il appartiendra à la requérante, si elle s'y croit fondée, de solliciter une nouvelle fois son admission exceptionnelle au séjour conformément à la procédure prescrite.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D É C I D E :
Article 1 : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C épouse A, à Me Galland et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 juillet 2023.
Le rapporteur,
M. BOUZAR
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
No 2105228
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026