jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105373 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ICARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 1er août 2021, le 18 décembre 2022 et le 7 février 2023, M. A B, représenté par Me Icard, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 28 mai 2021par lequel la directrice générale des douanes et droits indirects a prononcé sa mutation sur un emploi de la branche des opérations commerciales pour inaptitude définitive à l'exercice de fonctions dans la branche " surveillance ";
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'État les entiers dépens ainsi que la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) à titre subsidiaire, de désigner un expert médecin psychiatre aux fins d'évaluer son aptitude au port d'arme et par voie de conséquence son aptitude aux fonctions de la branche de la surveillance douanière ;
5°) d'enjoindre à l'administration, en cas de doute sur l'aptitude au port d'arme, de le réaffecter sur l'emploi aménagé sans arme de la branche de la surveillance au CODT de Metz qu'il occupait précédemment à son reversement dans la branche des opérations commerciales.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 ;
- il est insuffisamment motivé en fait ;
- il est dépourvu de base légale en raison de l'illégalité de l'arrêté du 8 février 2021 sur lequel il se fonde et notamment des vices de procédure ; d'une part, il n'a pas été informé de ses droits avant la séance du comité médical, en méconnaissance de l'article 7 du décret du
14 mars 1986 ; d'autre part, le médecin de prévention n'a pas été informé en méconnaissance de l'article 18 du décret du 14 mars 1986 ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure au regard des articles 1er et 2 du décret du 30 novembre 1984 en l'absence de période de préparation au reclassement ;
- l'arrêté attaqué est entaché de détournement de procédure dès lors que la mutation d'office pour raison de santé n'est pas motivée par l'intérêt du service mais constitue une sanction déguisée ;
- l'arrêté est entaché d'erreur manifeste d'appréciation concernant le caractère définitif de son inaptitude ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir ;
- il est entaché d'inexactitude dans la qualification juridique des faits.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 novembre 2022 et le 16 janvier 2023, le ministre de l'économie, des finances et de la relance conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 7 février 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984,
- le décret n° 84-1051 du 30 novembre 1984,
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986,
- le décret n° 95-380 du 10 avril 1995,
- l'arrêté du 2 août 2010 relatif aux conditions d'aptitudes physiques particulières pour l'accès aux emplois de certains corps de fonctionnaires,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, contrôleur des douanes titulaire, était affecté à la brigade de surveillance intérieure de Metz depuis 2013. Il a été placé en congé de longue maladie du 2 avril 2016 au 1er janvier 2018, congé requalifié par la suite en congé de longue durée. À l'issue de ce congé de longue durée, il a repris ses fonctions à temps partiel thérapeutique, au sein du bureau des douanes d'Ennery, dans la branche " opérations commerciales et administration générale " des douanes. M. B a sollicité sa réintégration dans la branche " surveillance " des douanes. Après avis favorable d'un médecin psychiatre agréé sur son aptitude au port et à l'usage des armes, M. B a été affecté, par une décision du 24 mai 2019 avec effet au 1er juin 2019, au centre opérationnel douanier terrestre (CODT) de Metz. Le 11 février 2020, le directeur interrégional des douanes et des droits indirects de Metz a placé M. B d'office en congé de maladie ordinaire au regard " de son comportement et de la multiplication des incidents au sein de son service ". Par un arrêté du 28 mai 2021, dont M. B demande l'annulation, la directrice générale des douanes et droits indirects a prononcé sa mutation sur un emploi de la branche des opérations commerciales pour inaptitude définitive à l'exercice de fonctions dans la branche " surveillance ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la décision en litige, par laquelle la directrice générale des douanes et droits indirects a prononcé la mutation d'office de M. B, dans l'intérêt du service, n'est pas au nombre des décisions administratives défavorables dont les dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration impose la motivation. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 de l'arrêté du 2 août 2010 susvisé, dans sa rédaction applicable au litige : " Pour l'affectation dans les corps des agents de constatation des douanes (branche de la surveillance), des contrôleurs des douanes et droits indirects (branche de la surveillance), () les candidats doivent être aptes au port et à l'usage des armes. () " D'autre part, aux termes de l'article 22 du décret fixant le statut particulier du corps des contrôleurs des douanes et droits indirects dans sa rédaction applicable au litige : " Les contrôleurs des douanes et droits indirects affectés dans la branche de la surveillance peuvent, à tout moment, être soumis, à l'initiative de l'administration, à examen médical par médecin assermenté, en vue d'établir si leur état de santé est compatible avec l'exercice des fonctions de surveillance. / Dans la négative, ils peuvent être affectés dans la branche du contrôle des opérations commerciales et d'administration générale ; ils peuvent être soumis à une formation professionnelle complémentaire. "
4. Il ressort des pièces du dossier et notamment du certificat médical d'aptitude physique et du rapport d'expertise psychiatrique établis par un médecin psychiatre le 21 février 2022 que M. B a été déclaré inapte au port d'armes. Aux termes des dispositions précitées de l'arrêté du 2 août 2010 relatif aux conditions d'aptitudes physiques particulières pour l'accès aux emplois de certains corps de fonctionnaires, l'aptitude d'un contrôleur des douanes au port et à l'usage des armes est une condition indispensable pour procéder à son affectation sur un poste au sein de la branche de la surveillance. Dans sa séance du 23 juin 2022, le comité médical de la Moselle a confirmé son précédent avis rendu le 21 janvier 2021 considérant M. B inapte temporairement à l'exercice de ses fonctions pour douze mois à compter du 11 août 2020. Si l'intéressé soutient que son état de santé avait évolué favorablement depuis l'expertise psychiatrique réalisée en novembre 2020, il ne l'établit pas. Dans ces conditions, l'administration n'a pas commis d'erreur d'appréciation en considérant qu'à la date de l'arrêté en litige, le 28 mai 2021, M. B était inapte au port et à l'usage d'armes et, par voie de conséquence, à l'exercice de fonctions dans la branche de la surveillance. C'est à bon droit que l'administration a décidé, dans l'intérêt du service, d'affecter M. B dans la branche des opérations commerciales et de l'administration générale, sur un emploi correspondant à son corps et à son grade mais qui ne requiert pas l'aptitude au port et à l'usage d'armes.
5. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que par un jugement nos 2008396, 2008397, 2102457 du 31 mars 2022, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé, pour illégalité externe, l'arrêté du 8 février 2021 qui déclarait M. B définitivement inapte à l'exercice des fonctions de la branche de surveillance. Si la décision du 28 mai 2021 vise cet arrêté et se base sur les mêmes circonstances de fait à savoir l'inaptitude de l'intéressé au port d'armes, l'arrêté du 8 février 2021 ne constitue pas la base légale de l'arrêté du 28 mai 2021. M. B ne peut utilement exciper de l'illégalité de l'arrêté prononçant son inaptitude pour demander l'annulation de la décision de mutation attaquée dans la présente instance.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 alors en vigueur : " Lorsque les fonctionnaires sont reconnus, par suite d'altération de leur état physique, inaptes à l'exercice de leurs fonctions, le poste de travail auquel ils sont affectés est adapté à leur état physique. Lorsque l'adaptation du poste de travail n'est pas possible, ces fonctionnaires peuvent être reclassés dans des emplois d'un autre corps s'ils ont été déclarés en mesure de remplir les fonctions correspondantes () ".
7. La décision attaquée est une décision de mutation dans l'intérêt du service, pour les raisons énoncées au point 4. M. B ne se trouvait pas dans la situation énoncée à l'article 63 de la loi du 11 janvier 1984 qu'il invoque et qui encadre les cas dans lesquels l'adaptation du poste de travail du fonctionnaire n'est pas possible et implique le reclassement de l'agent dans un emploi d'un autre corps. Le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise l'administration en ne lui proposant pas de reclassement doit être écarté. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que le requérant n'a pas bénéficié de la période de préparation au reclassement prévu par les articles
1er et 2 du décret du 30 novembre 1984 est inopérant et doit être écarté.
8. En cinquième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que la décision attaquée aurait été prise en raison de considérations étrangères à l'intérêt du service. L'administration a considéré que le comportement reproché à M. B, s'il aurait pu justifier l'édiction d'une sanction disciplinaire, pouvait s'expliquer par l'état de santé dégradé de l'intéressé et les troubles psychiatriques dont il souffre. M. B n'est pas fondé à soutenir que la mesure de mutation en litige est constitutive d'une sanction déguisée, d'un détournement de pouvoir ou d'un détournement de procédure. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'inexacte qualification juridique des faits doit être écarté.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'ordonner une mesure d'expertise complémentaire. Par voie de conséquence, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, les conclusions à fin d'injonction doivent être rejetées, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. A B et au ministre de l'économie, des finances et de la relance.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMETLa greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la relance, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026