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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2105516

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2105516

mardi 19 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2105516
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantPIALAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 août 2021, Mme D B épouse A, représentée par Me Pialat, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 24 mars 2021 par laquelle la préfète du Bas-Rhin a refusé de lui accorder le bénéfice de la protection contre l'éloignement ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Bas-Rhin de lui accorder le bénéfice de la protection contre l'éloignement dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;

- la préfète a commis une erreur de droit.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 avril 2022, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens développés sont inopérants.

Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 20 mai 2021.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience par décision du 14 juin 2022.

Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B épouse A est une ressortissante albanaise. Elle est rentrée en France le 5 décembre 2017. L'Office français de protection des réfugiés et des apatrides a enregistré sa demande d'asile le 23 octobre 2019 et l'a rejetée par une décision du 31 janvier 2020. Le 16 mars 2020, le préfet de Meurthe-et-Moselle a pris à son encontre un arrêté portant obligation de quitter le territoire français. La Cour nationale du droit d'asile a rejeté son appel le 31 juillet 2020. Le 6 octobre 2020, Mme B a sollicité de la préfète du Bas-Rhin le bénéfice de la protection contre l'éloignement. Par une décision du 24 mars 2021 dont Mme B demande l'annulation, la préfète du Bas-Rhin lui a refusé le bénéfice de la protection contre l'éloignement.

Sur les conclusions aux fins d'annulation

2. Aux termes de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français : () 10° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié " et aux termes de l'article R. 511-1 du même code : " L'état de santé défini au 10° de l'article L. 511-4 est constaté au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Cet avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un certificat médical établi par le médecin qui suit habituellement l'étranger ou un médecin praticien hospitalier et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé. Toutefois, lorsque l'étranger est retenu en application de l'article L. 551-1, le certificat est établi par un médecin intervenant dans le lieu de rétention conformément à l'article R. 553-8. (). ".

3. Mme B soutient que la décision est entachée d'un vice de procédure car la préfète n'établit pas que le médecin-instructeur ne siégeait pas dans le collège de médecins. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment des écrits de la requérante, qu'elle a sollicité le bénéfice de la protection contre l'éloignement. Or, il résulte des dispositions précitées que l'avis du collège de médecins de l'OFII est émis au vu d'un certificat médical et non sur la base du rapport du médecin-instructeur. Dès lors, Mme B ne saurait utilement se prévaloir de la méconnaissance des dispositions précitées.

4. Si Mme B soutient que la préfète a commis une erreur de droit et qu'elle est très malade, le moyen développé n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé et elle n'apporte aucun élément établissant la réalité des faits qu'elle allègue. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que la préfète du Bas-Rhin lui a refusé le bénéfice de la protection contre l'éloignement.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et par conséquent celles aux fins d'injonctions et celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative ne peuvent être que rejetées.

D E C I D E:

Article 1er : La requête de Mme B épouse A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B épouse A, à Me Pialat et à la préfète du Bas-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.

Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Messe, présidente,

Mme Milbach, première conseillère,

M. Duez-Gündel, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.

La présidente-rapporteure,

M.-L. C

La première assesseure,

C. MILBACH

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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