vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105547 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | WAGNER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 9 août 2021, le 2 septembre 2021 et les 6 et 20 décembre 2021, Mme B A épouse C, représentée par Me Wagner, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision en date du 26 mai 2021 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional de Metz-Thionville a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la pathologie survenue le 17 septembre 2019, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier régional de Metz-Thionville de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner le centre hospitalier régional de Metz-Thionville à lui verser la somme d'un euro symbolique au titre du préjudice moral subi ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier régional Metz-Thionville la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la procédure est irrégulière, faute de remise du rapport du médecin du travail ;
- la directrice générale s'est crue à tort en situation de compétence liée ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2021, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par sa directrice générale, conclut à titre principal au rejet de la requête pour irrecevabilité et à titre subsidiaire à son rejet.
Il soutient que :
- la requête ne comporte l'exposé d'aucun moyen ;
- les moyens soulevés par Mme A épouse C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'indemnisation, faute de demande préalable liant le contentieux.
Par une ordonnance du 29 novembre 2021, la clôture de l'instruction a été fixée au 30 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- l'ordonnance n° 2017-53 du 19 janvier 2017 ;
- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;
- l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme D,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A épouse C, infirmière de bloc opératoire au centre hospitalier régional de Metz-Thionville, a déclaré une maladie professionnelle n° 98 le 14 septembre 2019, avec certificat médical du 17 septembre 2019. Par une décision en date du 26 mai 2021, la directrice générale du centre hospitalier régional de Metz-Thionville a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de cette pathologie. Par lettre du 15 juin 2021, elle a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Par sa requête, elle demande au tribunal l'annulation de la décision en date du 26 mai 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Aux termes de l'article R. 411-1 du code de justice administrative : " La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours. ".
3. Dans sa requête introductive d'instance, Mme A épouse C soutient qu'elle souffre de hernies discales, d'une sciatique et de lombalgies chroniques et que sa profession en est responsable. Ainsi, elle doit être regardée comme soulevant un moyen tiré de l'erreur d'appréciation. Par suite, sa requête, qui contient un moyen, répond aux exigences des dispositions précitées de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Dès lors, la fin de non-recevoir opposée en défense par le centre hospitalier régional de Metz-Thionville tirée de l'absence de moyen doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Si l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017 portant diverses dispositions relatives au compte personnel d'activité, à la formation et à la santé et la sécurité au travail dans la fonction publique a introduit l'article 21 bis dans la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires instituant un "congé pour invalidité temporaire imputable au service", modifiant ainsi l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, l'application de ces dispositions résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 est manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant, notamment, les conditions de procédure applicables à l'octroi de ce nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service. Ainsi, l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 n'est donc entré en vigueur, en tant qu'il s'applique à la fonction publique hospitalière, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 16 mai 2020, du décret du 13 mai 2020 relatif au congé pour invalidité temporaire imputable au service dans la fonction publique hospitalière par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'Etat, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 dans sa rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 est demeuré applicable jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 13 mai 2020. Il résulte des dispositions transitoires figurant à l'article 16 du décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 que les conditions de forme et de délai prévues aux articles 35-2 à 35-7 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction issue du décret du 13 mai 2020, sont uniquement applicables, d'une part, aux demandes de prolongation d'un congé pour accident de service, ou pour maladie imputable au service, pour une période débutant après le 16 mai 2020 et, d'autre part, aux demandes initiales de congé pour invalidité temporaire imputable au service motivées par un accident ou une maladie dont la déclaration a été déposée après cette date.
5. Il ressort des pièces du dossier que Mme A épouse C a déclaré une maladie qu'elle considère comme imputable au service le 14 septembre 2019, complétée par un certificat médical du 17 septembre 2019. Il s'ensuit que l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière est applicable au présent litige dans sa rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017.
6. Aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42. / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. / Dans le cas visé à l'alinéa précédent, l'imputation au service de la maladie ou de l'accident est appréciée par la commission de réforme instituée par le régime des pensions des agents des collectivités locales. (). ".
7. Aux termes du premier alinéa de l'article 9 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Le médecin du travail attaché à l'établissement auquel appartient le fonctionnaire dont le cas est soumis au comité médical ou à la commission départementale de réforme des agents des collectivités locales prévue par le décret du 9 septembre 1965 susvisé est informé de la réunion et de son objet. Il peut obtenir, s'il le demande, communication du dossier de l'intéressé. Il peut présenter des observations écrites ou assister à la réunion. Il remet obligatoirement un rapport écrit dans les cas prévus aux articles 16, 21, 23 et 32. ". Aux termes de l'article 16 du même décret, dans sa rédaction applicable au présent litige : " La commission départementale de réforme des agents des collectivités locales est obligatoirement consultée si la maladie provient de l'une des causes prévues au deuxième alinéa du 2° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / Lorsque l'administration est amenée à se prononcer sur l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident, elle peut, en tant que de besoin, consulter un médecin expert agréé. / La commission de réforme n'est pas consultée lorsque l'imputabilité au service d'une maladie ou d'un accident est reconnue par l'administration. La commission de réforme peut, en tant que de besoin, demander à l'administration de lui communiquer les décisions reconnaissant l'imputabilité. ".
8. Il ne ressort pas des mentions du procès-verbal de la commission de réforme en date du 18 mars 2021 qu'un rapport écrit du médecin du travail ait été remis aux membres de la commission. Le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, en se bornant à soutenir que la décision attaquée " repose sur une série d'avis médicaux concordants ", ne conteste pas utilement le moyen tiré de ce que la commission de réforme n'a pas disposé du rapport écrit du médecin du travail attaché à l'établissement auquel Mme A épouse C appartient. Par suite, l'avis de la commission de réforme du 18 mars 2021 a été émis au terme d'une procédure irrégulière. L'absence de consultation régulière de la commission de réforme a privé Mme A épouse C d'une garantie.
9. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision en date du 26 mai 2021 de la directrice générale du centre hospitalier régional de Metz-Thionville doit être annulée, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
10. L'exécution du présent jugement implique que la situation de Mme A née C soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au centre hospitalier régional de Metz-Thionville de procéder à ce réexamen dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Sur les conclusions indemnitaires :
11. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision (). / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / (). ". La condition tenant à l'existence d'une décision de l'administration doit être regardée comme remplie si, à la date à laquelle le juge statue, l'administration a pris une décision, expresse ou implicite, sur une demande formée devant elle, régularisant ce faisant la requête.
12. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A née C ait présenté une demande préalable d'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de la décision en date du 26 mai 2021. Ainsi et en l'absence, au jour du présent jugement, de toute décision du centre hospitalier régional de Metz-Thionville rejetant une demande indemnitaire de Mme A née C, les conclusions présentées par cette dernière sont irrecevables.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier régional de Metz-Thionville la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par Mme A née C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : La décision de la directrice générale du centre hospitalier régional de Metz-Thionville en date du 26 mai 2021 est annulée, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier régional de Metz-Thionville de procéder au réexamen de la situation de Mme A née C dans le délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision.
Article 3 : Le centre hospitalier régional de Metz-Thionville versera à Mme A née C la somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : La présente décision sera notifiée à Mme B A née C et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Vogel-Braun, président,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.
La rapporteure,
C. D
Le président,
J.-P. VOGEL-BRAUN
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026