mardi 17 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105679 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS OLSZAK & LEVY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 13 août 2021, 30 août 2021, 19 septembre 2022 et 2 novembre 2022, M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 30 avril 2021 par laquelle la commune de Metz a refusé de revaloriser son régime indemnitaire suite à son avancement de grade, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 17 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Metz de réexaminer sa demande de revalorisation de son régime indemnitaire et de régulariser sa situation en incluant les intérêts de retard dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Metz la somme de 100 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions attaquées ne sont pas suffisamment motivées ;
- les délibérations de la ville de Metz datées du 30 novembre 2017 et 19 décembre 2019 qui fondent les décisions attaquées sont illégales car elles n'appliquent pas aux techniciens territoriaux le dispositif indemnitaire de la délibération du 29 avril 2004 qui fixe le montant des prime et indemnité en tenant compte du grade de l'agent mais leur applique un régime indemnitaire reprenant les caractéristiques du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel (RIFSEEP) auquel ils ne sont pas éligibles, méconnaissant ainsi le principe de parité avec les corps équivalents de la fonction publique de l'Etat.
Par des mémoires en défense enregistrés les 1er septembre 2022 et 21 octobre 2022, la commune de Metz, représentée par Me Levy, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. B la somme de 2000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 22 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 octobre 2022 à 12 heures.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 91-875 du 6 septembre 1991 ;
- le décret n° 2003-799 du 25 août 2003
- le décret n° 2009-1558 du 15décembre 2009 ;
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le décret n° 2020-182 du 27 février 2020 ;
- l'arrêté du 7 novembre 2017 pris pour l'application au corps des contrôleurs des services techniques du ministère de l'intérieur des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de Mme Devys , rapporteure publique,
- et les observations de Me Debus, substituant Me Levy, représentant de la commune de Metz.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, technicien principal de 2ème classe titulaire de la ville de Metz, a demandé la revalorisation de son régime indemnitaire en application de la délibération du 29 avril 2004 de la commune à la suite de son avancement au grade de technicien principal de 1ère classe le 1er janvier 2020. La ville de Metz a refusé de faire droit à sa demande par une décision datée du 30 avril 2021 confirmée par une décision implicite de rejet de son recours gracieux exercé le 17 mai suivant. Par sa requête, M. B demande l'annulation de ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. M. B soutient que les techniciens territoriaux n'étant pas éligibles au RIFSEEP à la date de son avancement, il aurait dû bénéficier d'une revalorisation de son régime indemnitaire sur le fondement de la délibération du 29 avril 2004 de la ville de Metz qui prévoit que le montant des prime et indemnité de référence, en l'occurrence pour le cadre d'emploi des techniciens territoriaux, l'indemnité spécifique de service (ISS) et la prime de service et de rendement (PSR), est fixé par grade et modulé en fonction de la manière de servir conformément aux dispositions du décret n°2003-799 du 25 août 2003 et du décret n° 2009-1558 du 15 décembre 2009 qui les ont instituées dans la fonction publique d'Etat. Il fait valoir qu'en prévoyant, à titre transitoire, que le montant de ces prime et indemnité est déterminé non plus selon le grade mais selon le groupe de fonction dont relève l'agent comme dans le cadre du RIFSEEP, les délibérations des 30 novembre 2017 et 19 décembre 2018 ont créé " un régime indemnitaire pour les techniciens territoriaux dont les caractéristiques - similaires à celles du RIFSEEP- sont étrangères à celles de la PRS et l'ISS ". Il en déduit dès lors que ces délibérations appliquant par anticipation le RIFSEEP aux techniciens territoriaux, elles méconnaissent ainsi le principe de parité et sont, par suite, entachées d'une erreur de droit.
3. La ville de Metz soutient que les délibérations contestées n'ont pas appliqué par anticipation le RIFSEEP aux techniciens territoriaux mais le régime indemnitaire de la délibération du 29 avril 2004 qui leur était toujours applicable jusqu'à ce qu'ils soient rendus éligibles au RIFSEEP le 1er novembre 2020 par une délibération du 19 novembre 2020. En conséquence, le régime indemnitaire de M. B n'a été modifié qu'à compter du mois de novembre 2020 pour lui appliquer le RIFSEEP. Elle explique que c'est à bon droit qu'elle a refusé la revalorisation du montant de l'ISS et de la PSR du requérant dès lors que la délibération du 29 avril 2004, qui définissait les corps de référence et les modalités de ces primes au sein de la collectivité, ne prévoyait pas d'augmentation du montant de l'ISS et de la PRS d'un agent passant du grade de technicien principal 2ème classe à celui de technicien principal de 1ère classe car il s'agissait du même groupe de fonction " technicien supérieur principal ".
4. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au présent litige : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services () ". Aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version applicable au litige : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat (). Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () ". Aux termes de l'article 1er du décret n°2020-182 du 27 février 2020 relatif au régime indemnitaire des agents de la fonction publique territoriale : " II.- Pour les cadres d'emplois ayant un corps équivalent mentionné à l'annexe 1 qui ne bénéficie pas encore du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel, servi en deux parts, les assemblées délibérantes des collectivités territoriales et les conseils d'administration de leurs établissements publics déterminent les plafonds applicables à chacune des deux parts sans que leur somme dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat sur la base des équivalences provisoires en annexe 2. ". En application des annexes 1 et 2 de ce décret, le corps définitif de la fonction publique d'Etat équivalent à celui du cadre d'emploi des techniciens territoriaux de la fonction publique territoriale est celui des techniciens supérieurs du développement durable et le corps provisoire est celui des contrôleurs des services techniques du ministère de l'intérieur.
5. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat, dans sa version applicable au litige : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret. Des arrêtés du ministre chargé de la fonction publique, du ministre chargé du budget et, le cas échéant, du ministre intéressé fixent, après avis du comité technique compétent ou du Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat, la liste des corps et emplois bénéficiant de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, le cas échéant, du complément indemnitaire annuel mentionné à l'alinéa précédent. () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 7 novembre 2017 pris pour l'application au corps des contrôleurs des services techniques du ministère de l'intérieur des dispositions du décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 : " Le corps des contrôleurs des services techniques du ministère de l'intérieur, régi par le décret du 27 décembre 2011 susvisé, bénéficie des dispositions du décret du 20 mai 2014 susvisé ".
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le RIFSEEP est applicable aux techniciens territoriaux depuis la publication de l'arrêté du 7 novembre 2017 appliquant ce régime au cadre d'emploi des contrôleurs des services techniques du ministère de l'intérieur conformément aux dispositions susmentionnées du décret du 27 avril 2020. C'est donc à bon droit que la ville de Metz a décidé d'étendre l'application du RIFSEEP à M. B à compter du 1er novembre 2020 par sa délibération du 19 novembre 2020.
7. En second lieu, les délibérations des 30 novembre 2017 et 19 décembre 2019 concernant le régime indemnitaire des agents municipaux prévoient dans leur annexe 2 concernant les cadres d'emplois non éligibles au RIFSEEP, que les primes et indemnités de référence pour la filière technique restent la prime de service et de rendement (PSR) et l'indemnité spécifique de service (ISS) des ingénieurs et techniciens de la fonction publique d'Etat en renvoyant pour le calcul du montant de ces prime et indemnité aux dispositions des décrets du 25 août 2003 et 15 décembre 2009 fixant leurs modalités. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que ces délibérations n'appliquent pas aux techniciens territoriaux le régime indemnitaire de la délibération du 29 avril 2004 mais créent un régime indemnitaire dont les caractéristiques, similaires à celle du RIFSEEP, sont étrangères à celles de la PRS et l'ISS, ni qu'elles méconnaissent le principe de parité.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les délibérations de la ville de Metz datées du 30 novembre 2017 et 19 décembre 2019 qui fondent les décisions attaquées sont légales. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais liés au litige :
15. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge la commune de Metz, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par M. B au titre des frais liés au litige. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances particulières de l'espèce de mettre à la charge de M. B la somme demandée par la commune de Metz sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la ville de Metz présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Metz.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2023 , à laquelle siégeaient :
M. Laubriat , président,
Mme Weisse Marchal, première conseillère,
M. Cormier, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2023 .
La rapporteure,
C. C
Le président,
A. Laubriat La greffière,
A. Picot
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026