jeudi 6 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2105738 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ALEXANDRE - LÉVY - KAHN - BRAUN & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 18 août 2021 et le 14 mars 2022, M. A B, représenté par Me Levy, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre de perception émis le 16 mars 2021 par la direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne pour le recouvrement de la somme de 4 073,77 euros ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le directeur interdépartemental des routes de l'Est a rejeté son recours administratif formé le 22 avril 2021 en contestation de ce titre ;
3°) à titre subsidiaire, de ramener l'obligation de paiement mise à sa charge à la somme de 2 036,89 euros ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le titre de perception en litige ne comporte pas les précisions requises permettant l'identification de son auteur, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- le versement du plein traitement au titre des mois de février et mars 2019 résulte d'une erreur des services de l'administration qui l'employait ; le titre en litige est entaché d'une erreur de droit au regard de l'article 17 alinéa 2 du décret du 30 juillet 1987 ;
- la créance dont le remboursement est réclamé par l'administration est partiellement prescrite, en application de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000 ; le quantum dont l'administration entend obtenir le paiement est de ce fait erroné et le titre est entaché d'illégalité ;
- à titre subsidiaire, seule la somme de 2 036,89 euros correspondant au traitement du mois de mars 2019 pourrait être réclamée ;
- la décision de rejet de son recours administratif est illégale en raison de l'illégalité entachant le titre de perception.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 janvier 2022, le directeur interdépartemental des routes Est conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la direction départementale des finances publiques de Val-de-Marne est seule compétente pour communiquer l'état récapitulatif revêtu de la formule exécutoire du titre en litige ;
- les traitements versés à M. B en février et mars 2019 sont réguliers ;
- un titre modificatif a été émis en novembre 2021, ramenant la dette de M. B à la somme de 2 036,89 euros après déduction des sommes prescrites en application de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000.
La procédure a été communiquée à la direction départementale des finances publiques de Val-de-Marne qui n'a pas présenté d'observations.
Par ordonnance du 19 janvier 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 20 février 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration,
- la loi n° 2000-321 du 12 avril 2000,
- la loi n° 2010-1658 du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010,
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jordan-Selva,
- les conclusions de M. Gros, rapporteur public.
Les parties, régulièrement convoquées, n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B exerçait les fonctions d'agent d'exploitation au sein de la direction interdépartementale des routes de l'Est. Admis à la retraite pour invalidité à compter du 1er février 2019, il a néanmoins perçu les traitements au titre des mois de février et mars 2019, que l'administration a continué à lui verser le temps du versement effectif de sa pension, à compter du 1er avril 2019. Le 16 mars 2021, la direction départementale des finances publiques de Val-de-Marne a émis un titre de perception pour le recouvrement de la somme de 4 073,77 euros correspondant à cet indu de rémunération. M. B a contesté ce titre par lettre du 22 avril 2021. La direction interdépartementale des routes de l'Est a rejeté son recours et a refusé de procéder au retrait du titre en litige. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de ce titre, ensemble la décision rejetant son recours en contestation de ce dernier.
Sur l'étendue du litige :
2. Le directeur interdépartemental des routes Est a admis en cours d'instruction qu'en application des dispositions de l'article 37-1 de la loi du 12 avril 2000, la créance réclamée au titre du versement indu du traitement au titre du mois de février 2019 était prescrite et que seule la somme de 2 036,89 euros versée au titre du traitement du mois de mars 2019 pouvait être réclamée à M. B. Il résulte de l'instruction, et notamment du titre d'annulation partielle émis le 6 décembre 2021 produit par la direction interdépartementale des routes Est le 10 janvier 2023, que le litige ne porte plus sur la somme de 4 073,77 euros, qui a fait l'objet dudit titre d'annulation, et que seule reste en litige une créance ramenée à la somme de 2 039,92 euros.
Sur la régularité du titre de perception émis le 16 mars 2021 :
3. Aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci ". Le V de l'article 55 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificatives pour 2010 prévoit que pour l'application de ces dispositions " aux titres de perception délivrés par l'Etat en application de l'article L. 252 A du livre des procédures fiscales, afférents aux créances de l'Etat ou à celles qu'il est chargé de recouvrer pour le compte de tiers, la signature figure sur un état revêtu de la formule exécutoire, produit en cas de contestation ".
4. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que le titre de perception individuel délivré par l'État doit mentionner les nom, prénom et qualité de l'auteur de cette décision, et d'autre part, qu'il appartient à l'autorité administrative de justifier, en cas de contestation, que l'état revêtu de la formule exécutoire comporte la signature de cet auteur. Ces dispositions n'imposent pas, en revanche, de faire figurer sur cet état les nom, prénom et qualité du signataire.
5. Il résulte de l'instruction que le titre de perception en litige est dépourvu de la signature de son auteur. En réponse au moyen soulevé par le requérant et tiré de l'absence de signature du titre attaqué, la direction interrégionale des routes Est n'a pas produit le bordereau portant la signature de son auteur et s'est borné à soutenir qu'elle n'était ni l'ordonnateur ni le comptable du titre en litige et qu'il appartenait au requérant d'appeler à la cause la direction départementale des finances publiques du Val-de-Marne. Ladite direction, à qui la procédure a été communiquée, n'a produit aucune observation en défense. Dans ces conditions, en l'absence de production par l'administration de l'état récapitulatif des créances, M. B est fondé à soutenir que le titre en litige n'a pas été émis conformément aux dispositions précitées. Le moyen tiré du vice de forme entachant le titre de perception en litige doit être accueilli.
6. Il résulte de tout ce qui précède que le titre de perception émis le 16 mars 2021 doit être annulé, ensemble la décision rejetant la réclamation formée par M. B.
Sur les frais liés au litige :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Le titre de perception émis le 16 mars 2021 par la direction départementale des finances publiques de Val-de-Marne est annulé, ensemble la décision par laquelle le directeur départemental des routes de l'Est a rejeté le recours de M. B.
Article 2 : L'Etat versera la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : La présente décision sera notifiée à M. A B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires et au directeur interdépartemental des routes Est. Copie en sera adressée au directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 juillet 2023.
La rapporteure,
S. JORDAN-SELVA
La présidente,
A. DULMETLa greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026