vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106107 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | DOLLÉ |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête enregistrée le 18 décembre 2020, sous le n°2008070, Mme D, représentée par Me Dollé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Moselle, de lui délivrer un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle est entachée d'une insuffisance de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 211-2-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête comme irrecevable car dirigée contre une décision insusceptible de recours.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er décembre 2020.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 9 novembre 2022.
II. Par une requête enregistrée le 7 septembre 2021, sous le n°2106107, Mme D, représentée par Me Dollé, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 7 juillet 2021 par laquelle le préfet de la Moselle a refusé de lui délivrer un titre de séjour ;
2°) d'enjoindre, à titre principal, au préfet de la Moselle, de lui délivrer un titre de séjour, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative et à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au bénéfice de son conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la commission du titre de séjour aurait dû être saisie ;
- elle méconnaît l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 août 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête comme irrecevable car dirigée contre une décision insusceptible de recours.
Mme D a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 août 2021.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D, de nationalité marocaine, née le 27 juin 1988, est entrée en France avec un visa court séjour le 10 janvier 2019. Elle a épousé M. D, de nationalité française, à Amnéville en date du 25 février 2019 et formé une demande de titre de séjour " vie privée et familiale " au préfet de la Moselle le 29 juillet 2019 comme conjointe d'un ressortissant français. Par décision du 7 juillet 2021, le préfet de la Moselle a refusé la délivrance du titre de séjour sollicité. Par ses requêtes qu'il y a lieu de joindre, la requérante demande l'annulation de ces décisions de refus de titre de séjour.
Sur la légalité du refus de titre de séjour :
2. Les conclusions de la requérante dirigées contre la décision née du silence gardé sur sa demande doivent être regardées comme dirigées contre la décision expresse du 7 juillet 2021 qui s'est elle-même substituée à cette décision tacite.
3. En premier lieu aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, en vigueur à la date de la décision contestée : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, marié avec un ressortissant français, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an lorsque les conditions suivantes sont réunies : / 1° La communauté de vie n'a pas cessé depuis le mariage ; / 2° Le conjoint a conservé la nationalité française ; / 3° Lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, il a été transcrit sur les registres de l'état civil français ". L'article L. 412-1 du même code, en vigueur à la date de la décision contestée, dispose : " Sous réserves des engagements internationaux de la France et des exceptions prévues aux articles L. 412-2 et L. 412-3, la première délivrance d'une carte de séjour temporaire ou d'une carte de séjour pluriannuelle est subordonnée à la production par l'étranger du visa de long séjour mentionné aux 1° ou 2° de l'article L. 411-1. ". L'article L. 312-3 de ce code, en vigueur à la date de la décision contestée, dispose : " Le visa de long séjour est délivré de plein droit au conjoint de ressortissant français. Il ne peut être refusé qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public. ". L'article L. 423-2 de ce code, en vigueur à la date de la décision contestée, prévoit : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie, entré régulièrement et marié en France avec un ressortissant français avec lequel il justifie d'une vie commune et effective de six mois en France, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que le préfet de la Moselle a refusé la délivrance du titre de séjour demandé le 8 août 2019 au motif qu'une association lui avait indiqué, le 21 février 2020, que la communauté de vie avait cessé, la requérante ayant été mise à l'abri des violences conjugales perpétrées par son époux. La requérante ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de la communauté de vie entretenue avec son époux en dépit des demandes d'explications et de justificatifs émanant de la préfecture et qui ont été rappelés dans la décision contestée et dans les écritures en défense. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le préfet de la Moselle a estimé à tort que la communauté de vie avait cessé et qu'il a fait une inexacte application des dispositions de l'article L.423-1 et de l'article L.423-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision de refus de titre de séjour sur le fondement de l'article L.423-1 s'il ne s'était fondé que sur le motif tiré de l'absence de communauté de vie. Pour les mêmes motifs et en l'absence de toute précision de la part de la requérante, la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour n'est pas entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; () 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Il résulte de ces dispositions que le préfet est tenu de saisir la commission du cas des seuls étrangers qui remplissent effectivement les conditions prévues aux articles cités par le 1° et le 2° de cet article L. 423-13 et auxquels il envisage de refuser le titre de séjour sollicité, et non du cas de tous les étrangers qui se prévalent de ces dispositions.
6. Il résulte de ce qui a été précédemment indiqué que Mme D ne remplissait pas les conditions prévues par les dispositions de l'article L.423-1 dont elle avait demandé le bénéfice. Ainsi, le préfet n'était pas tenu de soumettre sa demande de titre de séjour à la commission du titre de séjour avant de la rejeter. Le moyen tiré du vice de procédure sur ce point ne peut, dès lors, qu'être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation du refus de titre de séjour contesté. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : Les requêtes de Mme D sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D, et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La première assesseure,
L. Kalt
Le président rapporteur,
M. C
Le greffier,
J. Fernbach
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N° 2008070, 2106107
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026