lundi 31 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (6) |
| Avocat requérant | SCP BECKER - SZTUREMSKI - VAUTHIER - KLEIN-DESSERRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, respectivement enregistrés les 20 septembre 2021 et
29 novembre 2021, l'Union départementale des associations familiales de la Moselle, agissant en qualité de tutrice de Mme A B, représentée par Me Szturemski, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Moselle a refusé la prise en charge des frais de séjour de cette dernière au titre de l'aide sociale à l'hébergement, ainsi que la prise en charge de sa participation au tarif dépendance à compter du 1er octobre 2021 ;
2°) d'enjoindre au président du conseil départemental de la Moselle d'admettre
Mme B au bénéfice de l'aide sociale pour la prise en charge de ses frais d'hébergement et pour la prise en charge de sa participation au tarif dépendance, à compter du 1er octobre 2021.
3°) de mettre à la charge du département de la Moselle une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- Mme B remplit les conditions légales d'admission à l'aide sociale, ses ressources n'étant pas suffisantes pour faire face aux frais d'hébergement ;
- il convient, pour l'appréciation de ses ressources, de prendre en compte les revenus du capital et non le capital lui-même.
Par deux mémoires en défense, respectivement enregistrés les 17 novembre 2021 et 25 janvier 2022, le président du conseil départemental de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par l'Union départementale des associations familiales de la Moselle n'est fondé.
Le président du tribunal a désigné M. Stéphane Dhers en application de l'article R. 222- 13 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 24 juillet 2023 le rapport de
M. Dhers, magistrat désigné.
Les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, née le 9 février 1932, placée sous la tutelle de l'Union départementale des associations familiales de la Moselle, réside depuis le 7 avril 2008 au sein de l'établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes " Saint-Dominique " situé à Metz. Une demande d'aide sociale pour la prise en charge de ses frais d'hébergement a été déposée en son nom pour le 1er octobre 2021. Par une décision du 12 juillet 2022, le président du conseil départemental de la Moselle a refusé d'admettre Mme B au bénéfice de l'aide sociale. Par un courrier notifié le 28 juillet 2021, l'Union départementale des associations familiales de la Moselle a présenté un recours administratif préalable au nom de Mme B contre cette décision. Par une décision du 2 août 2021, le président du conseil départemental de la Moselle a confirmé son refus de prise en charge des frais d'hébergement de Mme B au motif que sa situation financière ne justifie pas une prise en charge au titre de l'aide sociale. L'Union départementale des associations familiales de la Moselle demande au tribunal d'annuler cette décision. L'association requérante doit être regardée comme demandant également l'admission de Mme B au bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement.
Sur le bien-fondé de la demande d'aide sociale :
2. Aux termes de l'article L. 113-1 du code de l'action sociale et des familles : " Toute personne âgée de soixante-cinq ans privée de ressources suffisantes peut bénéficier, soit d'une aide à domicile, soit d'un accueil chez des particuliers ou dans un établissement () ". Aux termes de l'article L. 132-1 de ce code : " Il est tenu compte, pour l'appréciation des ressources des postulants à l'aide sociale, des revenus professionnels et autres et de la valeur en capital des biens non productifs de revenu, qui est évaluée dans les conditions fixées par voie réglementaire () ". Aux termes de l'article L. 132-3 de ce code : " Les ressources de quelque nature qu'elles soient à l'exception des prestations familiales, dont sont bénéficiaires les personnes placées dans un établissement au titre de l'aide aux personnes âgées ou de l'aide aux personnes handicapées, sont affectées au remboursement de leurs frais d'hébergement et d'entretien dans la limite de 90 %. Toutefois les modalités de calcul de la somme mensuelle minimum laissée à la disposition du bénéficiaire de l'aide sociale sont déterminées par décret. La retraite du combattant et les pensions attachées aux distinctions honorifiques dont le bénéficiaire de l'aide sociale peut être titulaire s'ajoutent à cette somme. ". Aux termes de l'article L. 231-4 de ce code : " Toute personne âgée qui ne peut être utilement aidée à domicile peut être accueillie, si elle y consent, dans des conditions précisées par décret, soit chez des particuliers, soit dans un établissement de santé ou une maison de retraite publics, soit dans un établissement privé. En cas d'admission dans un établissement public ou un établissement privé, habilité par convention à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale, le plafond des ressources () sera celui correspondant au montant de la dépense résultant de l'admission () ". Aux termes de l'article R. 132-1 de ce code : " Pour l'appréciation des ressources des postulants prévue à l'article L. 132-1, les biens non productifs de revenu, à l'exclusion de ceux constituant l'habitation principale du demandeur, sont considérés comme procurant un revenu annuel égal à 50 % de leur valeur locative s'il s'agit d'immeubles bâtis, à 80 % de cette valeur s'il s'agit de terrains non bâtis et à 3 % du montant des capitaux. ". Aux termes de l'article R. 231-6 du même code : " La somme minimale laissée mensuellement à la disposition des personnes placées dans un établissement au titre de l'aide sociale aux personnes âgées, par application des dispositions des articles L. 132-3 et L. 132-4 est fixée, lorsque l'accueil comporte l'entretien, à un centième du montant annuel des prestations minimales de vieillesse, arrondi à l'euro le plus proche. Dans le cas contraire, l'arrêté fixant le prix de journée de l'établissement détermine la somme au-delà de laquelle est opéré le prélèvement de 90 % prévu audit article L. 132-3. Cette somme ne peut être inférieure au montant des prestations minimales de vieillesse. ". Il résulte des dispositions précitées du code de l'action sociale et des familles que seuls peuvent être pris en compte, pour la détermination des ressources d'un postulant à l'aide sociale, d'une part, les revenus tirés des biens qu'il possède, et, d'autre part, s'agissant des biens qu'il possède non productifs de revenu, l'évaluation, effectuée sur la base forfaitaire prévue par les dispositions précitées des articles L. 132-1 et R. 132-1 du code de l'action sociale et des familles, des ressources que l'allocataire est supposé pouvoir en retirer à l'exclusion du montant du capital lui-même. D'une part, lorsque le postulant à l'aide sociale dispose, comme en l'espèce, de capitaux qui ont fait l'objet d'un placement sur un livret d'épargne, seuls doivent être pris en considération les revenus de ce placement. D'autre part, s'agissant des biens non productifs de revenu, seuls 3% du montant de ces capitaux doivent être pris en compte, en application des dispositions précitées.
3. Par conséquent, l'Union départementale des associations familiales de la Moselle est fondée à soutenir que c'est à tort que le président du conseil départemental de la Moselle a estimé que, pour apprécier les ressources de Mme B, il convenait de prendre en compte la totalité des capitaux détenus sur son compte de gestion et son compte courant ainsi que les fonds se trouvant sur ses livrets d'épargne.
4. Il résulte de l'instruction que Mme B dispose de ressources mensuelles constituées d'une pension de retraite à hauteur de 1 573,37 euros, que les soldes de son compte courant et de son compte de gestion s'élèvent respectivement à 3,45 euros et 21 194,95 euros. Ainsi, en application des dispositions précitées, son revenu mensuel doit être évalué à 1 626, 37 euros (1 573,37 euros + 3,45 euros x 3% / 12 + 21 194,95 euros x 3% / 12), auxquels s'ajoutent les intérêts générés par les capitaux placés sur ses livrets d'épargne (livret bleu et livret de développement durable et solidaire). Ses frais d'hébergement s'élèvent à 2 083,85 euros par mois, et ses autres charges mensuelles au total de 231,78 euros. En tenant compte de ces charges supplémentaires, la requérante n'est pas en mesure de régler ses frais d'hébergement par ses seules ressources mensuelles. Par suite, sans qu'ait d'incidence à cet égard la circonstance que l'épargne de l'intéressée disponible sur ses livrets d'épargne pouvait, si elle le désirait, lui permettre de financer momentanément lesdits frais, l'Union départementale des associations familiales de la Moselle est fondée à demander l'annulation de la décision attaquée, ainsi qu'à demander au tribunal d'admettre Mme B à l'aide sociale à l'hébergement en établissement, ainsi qu'à la prise en charge de sa participation au tarif dépendance à compter du 1er octobre 2021. En l'espèce, il y a lieu de renvoyer la requérante devant le président du conseil départemental de la Moselle afin que ce dernier détermine le montant de l'aide sociale à l'hébergement dont elle est en droit de bénéficier.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Dès lors que le présent jugement admet Mme B au bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement, il n'y a pas lieu d'enjoindre au président du conseil départemental de la Moselle de l'admettre au bénéfice de cette aide.
Sur l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Le département de la Moselle versera à l'Union départementale des associations familiales de la Moselle une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 2 août 2021 par laquelle le président du conseil départemental de la Moselle a refusé d'admettre Mme B à l'aide sociale à l'hébergement est annulée.
Article 2 : Mme B est admise au bénéfice de l'aide sociale à l'hébergement. L'Union départementale des associations familiales de la Moselle, agissant en qualité de tutrice, est renvoyée devant les services du département de la Moselle afin que soit déterminé le montant de l'aide sociale à laquelle Mme B a le droit.
Article 3 : Le département de la Moselle versera à l'Union départementale des associations familiales de la Moselle une somme de 1 000 (mille) euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à l'Union départementale des associations familiales de la Moselle, en sa qualité de tutrice de Mme B, et au président du conseil départemental de la Moselle.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 juillet 2023.
Le magistrat désigné,
S. Dhers
Le greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026