vendredi 22 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106461 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge unique (5) |
| Avocat requérant | SELARL BAZIN & CAZELLES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 septembre, 6 et 11 octobre 2021, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2021 par laquelle la directrice générale adjointe du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière (CNG) lui a infligé un blâme ;
2°) d'enjoindre au CNG de retirer le blâme de son dossier administratif.
M. C soutient que :
- la décision est insuffisamment motivée ;
- la décision est irrégulière du fait de l'absence des voies de recours et des modalités de saisine de la commission de déontologie ;
- la décision est entachée d'un détournement de pouvoir et d'un détournement de procédure ;
- la décision méconnaît l'article 6 ter A ainsi que l'article 6 quinquiès de la loi du 13 juillet 1983 ;
- la décision est entachée d'un défaut de base légale dès lors que les manquements à l'obligation de loyauté et les menaces ne font pas partie des obligations déontologiques visées par la loi n°2016-483 ;
- la décision est entachée d'une incompétence négative, la directrice adjointe du CNG s'est crue dans une situation de compétence liée ;
- la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique des faits ;
- la décision est entachée d'une erreur de fait ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 février 2022, le Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière, représenté par la SELARL Bazin et Cazelles, conclut au rejet de la requête, à ce que soit mis à la charge de M. C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. C ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 24 janvier 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 28 février 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme B pour statuer sur les litiges mentionnés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A C est directeur d'établissement sanitaire, social et médico-social (D3S), affecté au centre départemental de repos et de soins à Colmar, à compter du 1er mars 2021. Par un courrier du 14 juin 2021, la directrice générale adjointe du CNG l'a informé de ce qu'elle envisageait de prendre à son encontre une sanction disciplinaire au motif que par des courriers des 23 février et 21 avril 2021, il avait usé d'un ton inapproprié auprès de son supérieur hiérarchique, remis en cause sa gestion auprès de tiers et que de tels manquements, notamment aux devoirs de respect et de loyauté constituaient une faute. Par une décision du 21 juillet 2021, la directrice du CNG lui a infligé un blâme. M. C demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, M. C soutient que la décision méconnaît les dispositions de l'article L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration dès lors que la décision ne cite pas les dispositions légales permettant de qualifier l'absence de loyauté et les menaces comme des manquements susceptibles d'être qualifiés de faute. Toutefois, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des pièces du dossier que la décision contient les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et lui permettant de comprendre les raisons pour lesquelles la décision a été prise. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut être qu'écarté.
3. En deuxième lieu, M. C soutient que la décision est illégale dès lors qu'elle n'énonce pas les cas d'ouverture au recours devant la commission de déontologie. Or, il est constant que le litige n'est pas en lien avec les activités de la commission de déontologie intégrée à la HATVP (Haute autorité sur la transparence de la vie publique) telles que définies par la loi du 2 février 2007 de modernisation de la fonction publique et la loi du 6 août 2019 de réforme de la fonction publique, dont la fonction est d'émettre un avis sur la reprise ou la création d'entreprise ainsi que l'exercice d'activités lucratives par un fonctionnaire. M. C ne peut donc utilement soutenir que la décision est illégale en raison de l'absence de mentions relatives au recours devant la commission de déontologie.
4. En troisième lieu, aux termes des dispositions de l'article 6 ter A de la loi du 13 juillet 1983 : " Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire pour avoir relaté ou témoigné, de bonne foi, aux autorités judiciaires ou administratives de faits constitutifs d'un délit, d'un crime ou susceptibles d'être qualifiés de conflit d'intérêts au sens du I de l'article 25 bis dont il aurait eu connaissance dans l'exercice de ses fonctions. ". Aux termes des dispositions de l'article de la 6 quinquies de la même loi : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la rémunération, la formation, l'appréciation de la valeur professionnelle, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : 1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. ".
5. M. C soutient que la décision méconnaît les dispositions précitées, dès lors que son courrier du 23 février 2021 ne visait qu'à se prémunir de la situation de harcèlement moral débutée avant sa prise de poste et que le courrier du 21 avril 2021 avait pour but d'alerter sur des dysfonctionnements financiers. Si M. C entend soutenir qu'il a été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, il n'apporte aucun élément permettant de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. En outre, si le requérant soutient qu'il a agi en tant que " lanceur d'alerte ", il n'établit pas qu'il puisse s'agir de faits constitutifs d'un délit, d'un crime ou susceptibles d'être qualifiés de conflit d'intérêts. Dès lors, il n'est pas fondé à soutenir que la décision méconnaît les dispositions précitées.
6. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des termes de la décision attaquée, que la directrice du centre national de gestion se soit crue dans une situation de compétence liée, de sorte qu'elle ait entachée sa décision d'une incompétence négative.
7. En cinquième lieu, aux termes de l'article 25 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée : " Le fonctionnaire exerce ses fonctions avec dignité, impartialité, intégrité et probité. ". Aux termes de l'article 29 de cette loi : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ".
8. M. C soutient que la loi énumère de façon limitative les obligations déontologiques des fonctionnaires et qu'en l'absence d'inscription de la loyauté et de la menace dans les obligations déontologiques des fonctionnaires, les sanctions prises sur des faits de manquement de loyauté et de menaces sont dépourvues de base légale et que la décision est entachée d'une erreur de qualification juridique. Toutefois, il ne résulte pas des dispositions précitées que le législateur ait entendu limiter la qualification de faute aux seuls manquements aux obligations déontologiques précitées. En tout état de cause, M. C ne saurait sérieusement soutenir que le fait de manquer de loyauté à l'égard de sa hiérarchie ou de faire état de menaces ne sont pas des manquements aux obligations d'intégrité et de probité. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la décision litigieuse est entachée d'un défaut de base légale et d'une erreur de qualification juridique des faits.
9. En sixième lieu, M. C soutient que la décision est entachée d'une erreur de fait car les faits à l'origine de la sanction sont erronés. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a usé d'un ton particulièrement inapproprié voire comminatoire à l'égard de son futur supérieur hiérarchique, qu'il lui a adressé des ordres et des injonctions. Dès lors le requérant ne peut sérieusement soutenir que les écrits mis en cause n'étaient qu'une clarification de leurs futures relations professionnelles et que comme le courriel du 23 février 2021 a été envoyé avant sa prise de poste, il n'était pas tenu de respecter les prérogatives de son futur supérieur hiérarchique. Si les constats dressés par le requérant dans le courrier du 21 avril 2021 dans le cadre de la mission qui lui avait été confiée n'ont pas pour objet de mettre en cause son supérieur hiérarchique mais bien d'alerter sur d'éventuels dysfonctionnements dont l'existence n'est pas contestée par le CNG, le ton utilisé est inapproprié et le choix du requérant d'y associer la directrice du CNG, étrangère à la gestion de ce dossier, caractérisent un manquement à l'obligation de loyauté. Dès lors, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision est entachée d'une erreur de fait.
10. En septième lieu, M. C soutient que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que la sanction est disproportionnée car elle va entraver ses choix de postes pour les trois années à venir.
11. À cet égard, il appartient au juge administratif de rechercher si les faits reprochés à un agent public ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
12. Il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a par deux fois, adressé des courriers à son supérieur hiérarchique en usant d'un ton inapproprié. Ainsi, si le CNG n'établit pas que le courrier du 23 avril 2021 avait pour but de mettre en cause nommément le supérieur de M. C dès lors que la véracité des constats dressés par ce dernier n'est pas remise en cause, le ton usé par l'intéressé dans ce courrier et dans le courriel du 21 février 2021, ainsi que les mises en garde appuyées du requérant à l'égard de son futur supérieur hiérarchique constituent des manquements réitérés à l'obligation de loyauté. Par suite, M. C n'est pas fondé à soutenir que la sanction est disproportionnée et que la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
13.
En dernier lieu, le détournement de pouvoir et de procédure allégué par le requérant n'est pas établi.
14. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête et, par voie de conséquence, celles aux fins d'injonction ne peuvent être que rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Aux termes de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
16. Il n'y a pas lieu dans les circonstances de l'espèce de mettre à la charge de M. C, la somme demandée par le CNG sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. A C est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le CNG sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au Centre national de gestion des praticiens hospitaliers et des personnels de direction de la fonction publique hospitalière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 22 juillet 2022.
La magistrate désignée,
M.-L. B
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026