jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106562 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 septembre 2021, le 13 juin 2022 et le 18 avril 2023, Mme D C épouse B et M. A B, représentés par Me Mertz, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Thionville, agissant au nom de l'Etat, a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction pour des travaux effectués au 27 rue des Grand Chênes à Thionville et de transmettre ce procès-verbal au procureur de la République ;
2°) d'enjoindre au maire de Thionville de dresser ce procès-verbal d'infraction et de le transmettre au procureur de la République dans le délai de 15 jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Thionville une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le fait d'exécuter des travaux sans l'autorisation d'urbanisme requise ou en méconnaissance d'un plan local d'urbanisme constitue une infraction ;
- la société Noël Promotion a commis de nombreuses infractions et malversations, notamment en ce qui concerne l'accès à la parcelle, la division du terrain, la modification du terrain naturel, les règles relatives à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite, les règles d'affichage du permis sur le terrain, ainsi qu'au regard des articles UD7 et UD13 du règlement du plan local d'urbanisme, de l'absence ou encore de l'article 678 du code civil ;
- le maire de Thionville a méconnu les dispositions des articles L. 480-1 et L. 160-1 du code de l'urbanisme dès lors qu'il est tenu de dresser un procès-verbal lorsqu'il a connaissance d'une infraction aux règles d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 mars 2023, la commune de Thionville, représentée par Me Keller, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur la présente requête, qui a perdu son objet dès lors que le maire de Thionville a dressé un procès-verbal d'infraction le 7 juin 2022.
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 21 mars 2023 et le 22 janvier 2024, la société Habiter développement, venant aux droits de la société Noël Promotion, et représentée par la Selarl Cossalter, De Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable en raison de sa tardiveté ;
- les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 18 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 26 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lusset, rapporteur ;
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public.
- les observations de Me Mertz, avocat de M. et Mme B,
- les observations de Me Bizzarri, avocat de la société Noël Promotion,
- les observations de Me Hassan, avocat de la commune de Thionville.
Considérant ce qui suit :
1. Par des demandes datées du 9 mars 2020 et du 19 juin 2021, M. et Mme B ont demandé au maire de Thionville de dresser un procès-verbal d'infraction aux règles d'urbanisme au regard des irrégularités commises par la société Noël Promotion dans le cadre de la construction de deux immeubles collectifs situés 27 rue des Chênes à Thionville. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision implicite de rejet de leur demande de dresser un tel procès-verbal.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
2. Aux termes de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme : " Les infractions aux dispositions des titres Ier, II, III, IV et VI du présent livre sont constatées par tous officiers ou agents de police judiciaire ainsi que par tous les fonctionnaires et agents de l'Etat et des collectivités publiques commissionnés à cet effet par le maire ou le ministre chargé de l'urbanisme suivant l'autorité dont ils relèvent et assermentés. Les procès-verbaux dressés par ces agents font foi jusqu'à preuve du contraire. () Lorsque l'autorité administrative et, au cas où il est compétent pour délivrer les autorisations, le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ont connaissance d'une infraction de la nature de celles que prévoient les articles L. 480-4 et L. 610-1, ils sont tenus d'en faire dresser procès-verbal ". Aux termes de l'article L. 480-4 du même code : " Le fait d'exécuter des travaux mentionnés aux articles L. 421-1 à L. 421-5 en méconnaissance des obligations imposées par les titres Ier à VII du présent livre et les règlements pris pour leur application ou en méconnaissance des prescriptions imposées par un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou par la décision prise sur une déclaration préalable est puni d'une amende comprise entre 1 200 euros et un montant qui ne peut excéder, soit, dans le cas de construction d'une surface de plancher, une somme égale à 6 000 euros par mètre carré de surface construite, démolie ou rendue inutilisable au sens de l'article L. 430-2, soit, dans les autres cas, un montant de 300 000 euros. () ". Aux termes de l'article L. 610-1 de ce code : : " En cas d'infraction aux dispositions des plans locaux d'urbanisme, les articles L. 480-1 à L. 480-9 sont applicables, les obligations mentionnées à l'article L. 480-4 s'entendant également de celles résultant des plans locaux d'urbanisme ".
3. L'autorité compétente est tenue de dresser un procès-verbal en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme lorsqu'elle a connaissance d'une infraction mentionnée à l'article L. 480-4, résultant soit de l'exécution de travaux sans les autorisations prescrites par le livre IV du code, soit de la méconnaissance des autorisations délivrées.
4. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite des demandes formées en des termes généraux par M. et Mme B tendant à ce que le maire use de ses pouvoirs en vue " d'exiger la régularisation du projet ", de " faire respecter le plan local d'urbanisme " et " d'exiger la régularisation et d'émettre un procès-verbal d'infraction ", le maire de Thionville a dressé un procès-verbal d'infraction le 7 juin 2022. Si M. et Mme B font valoir que ce procès-verbal est incomplet dès lors qu'il omettrait de relever plusieurs infractions, le procès-verbal d'infraction aux règles de l'urbanisme dressé en application de l'article L. 480-1 du code de l'urbanisme constitue un acte de procédure pénale dont il n'appartient pas au juge administratif d'apprécier la régularité. Dans ces conditions, la commune de Thionville est fondée à soutenir que la demande de M. et Mme B tenant à ce qu'elle dresse un procès-verbal d'infraction dont copie doit d'ailleurs être transmise au ministère public, a été satisfaite en cours d'instance. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. et Mme B sont devenues sans objet, et qu'il n'y a ainsi plus lieu d'y statuer.
Sur les frais liés au litige :
5. L'article L. 761-1 du code de justice administrative dispose que : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
6. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de laisser à la charge des parties les frais exposés par elles et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite par laquelle le maire de Thionville a refusé de dresser un procès-verbal d'infraction ni sur les conclusions à fin d'injonction.
Article 2 : Les conclusions des parties présentées au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C épouse B et M. A B, à la commune de Thionville, à la société Habiter Développement et au préfet de la Moselle. Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Thionville.
Délibéré après l'audience du 22 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Anne-Lise Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 21 mars 2024.
Le rapporteur,
A. LUSSET
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026