lundi 6 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106647 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 27 septembre 2021 et 11 mars 2024, la commune de Prévocourt, M. C B et M. D A, représentés par la Selarl Cossalter, De Zolt et Couronne, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté n° 1-034 du 28 juillet 2021 du préfet de la Moselle portant modification des statuts du syndicat scolaire intercommunal de la Nied ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- le signataire de l'arrêté attaqué n'a pas reçu de délégation pour ce faire ;
- la délibération du 26 avril 2021 du comité syndical proposant la modification des statuts du syndicat en vue du transfert de la gestion et du fonctionnement de l'accueil périscolaire au syndicat intercommunal à vocation unique de la Nied a été adoptée en méconnaissance du droit à l'information des délégués syndicaux prévu à l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, l'illégalité de cette délibération emportant annulation de l'arrêté attaqué ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le transfert de la gestion et du fonctionnement de l'accueil périscolaire au syndicat intercommunal à vocation unique de la Nied aggraverait les difficultés financières de la commune de Prévocourt.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2021, le préfet de la Moselle conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2022, le syndicat scolaire intercommunal de la Nied, représenté par Me Ponseele, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise solidairement à la charge des trois requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus, au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Olivier Biget,
- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,
- les observations de Me Cossalter, avocat de la commune de Prévocourt, M. B et M. A ;
- les observations de Me Grascoeur, substituant Me Ponseele, avocate du syndicat intercommunal de la Nied.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Prévocourt est membre du syndicat scolaire intercommunal de la Nied. M. B et M. A sont délégués de la commune auprès du syndicat. Par une délibération du 26 avril 2021, le syndicat a décidé, par une modification de ses statuts, d'opérer un transfert à ce dernier de la gestion des activités périscolaires des communes membres. Par un arrêté du 28 juillet 2021, le préfet de la Moselle a prononcé ce transfert de compétences. La commune de Prévocourt, M. B et M. A demandent au tribunal l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales : " Les communes membres d'un établissement public de coopération intercommunale peuvent à tout moment transférer, en tout ou partie, à ce dernier, certaines de leurs compétences dont le transfert n'est pas prévu par la loi ou par la décision institutive ainsi que les biens, équipements ou services publics nécessaires à leur exercice. / Ces transferts sont décidés par délibérations concordantes de l'organe délibérant et des conseils municipaux se prononçant dans les conditions de majorité requise pour la création de l'établissement public de coopération intercommunale. Le conseil municipal de chaque commune membre dispose d'un délai de trois mois, à compter de la notification au maire de la commune de la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale, pour se prononcer sur les transferts proposés. A défaut de délibération dans ce délai, sa décision est réputée favorable. / Pour les établissements publics de coopération intercommunale à fiscalité propre additionnelle, la délibération de l'organe délibérant de l'établissement public de coopération intercommunale visée à l'alinéa précédent définit, le coût des dépenses liées aux compétences transférées ainsi que les taux représentatifs de ce coût pour l'établissement public de coopération intercommunale et chacune de ses communes membres dans les conditions prévues au 3 du 3° du B du III de l'article 85 de la loi n° 2005-1719 du 30 décembre 2005 de finances pour 2006. / Le transfert de compétences est prononcé par arrêté du ou des représentants de l'Etat dans le ou les départements intéressés. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un transfert de compétences répondant aux conditions fixées par la loi a été régulièrement approuvé par l'organe délibérant d'un établissement public de coopération intercommunale et par la majorité des conseils municipaux requise pour la création de cet établissement, le préfet est tenu de prononcer le transfert de compétences.
4. En premier lieu, la délibération du 26 avril 2021 par laquelle le syndicat scolaire intercommunal de la Nied a approuvé une modification de ses statuts portant sur le transfert à son profit de la compétence de la gestion des activités périscolaires des communes membres constitue une mesure préparatoire à l'arrêté préfectoral prononçant le transfert. Les requérants sont donc recevables à se prévaloir, à l'appui de leurs conclusions dirigées contre l'arrêté du 28 juillet 2021 attaqué, des éventuelles illégalités entachant cette délibération.
5. Aux termes de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales, rendu applicable au fonctionnement de l'organe délibérant des établissements publics de coopération intercommunale par l'article L. 5211-1 du même code : " Tout membre du conseil municipal a le droit, dans le cadre de sa fonction, d'être informé des affaires de la commune qui font l'objet d'une délibération. ". En application de ces dispositions, le président d'un établissement public de coopération intercommunale est tenu de communiquer aux membres du conseil communautaire les documents nécessaires pour qu'ils puissent se prononcer utilement sur les affaires soumises à leur délibération.
6. En l'espèce, les requérants soutiennent que les informations communiquées, en vue de la séance du 26 avril 2021, aux délégués du comité syndical par la présidente du syndicat scolaire intercommunal de la Nied sur le coût du transfert de la gestion et du fonctionnement de l'accueil périscolaire ne leur ont pas permis de se prononcer en toute connaissance de cause. En effet, selon eux, d'une part, l'estimation du budget annuel de cette nouvelle compétence qui leur a été fournie était erronée car elle était comprise dans une fourchette comprise entre 30 450 euros et 39 473 euros alors qu'une estimation établie postérieurement, le 20 mai 2021, mentionnait une fourchette bien plus large comprise entre 25 972 euros et 41 234 euros et, d'autre part, ils ne disposaient pas de toute l'information nécessaire car ni l'évaluation du détail des frais que le syndicat supporterait au titres de ces compétences et les documents permettant de comprendre cette évaluation ni les correspondances échangées entre la préfecture et le syndicat sur la réécriture des statuts ne leur ont été communiqués, non plus également que les éléments relatifs au coût lié au ménage et aux frais de salle non compris dans le budget estimatif.
7. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les délégués syndicaux ont disposé d'un budget estimatif du coût de la prise en charge par le syndicat scolaire intercommunal de la Nied des activités périscolaires de l'ensemble des communes membres, dont la gestion serait assurée par un prestataire extérieur, cette estimation budgétaire ayant été élaborée en vue d'un précédent comité syndical convoqué le 9 novembre 2020. La circonstance que, s'agissant d'une estimation, celle-ci ait été modifiée un mois plus tard, dans des proportions qui, du reste, ne varient pas substantiellement, en prenant en compte les démarches effectuées auprès de la Caisse d'allocations familiales pour disposer de données relatives aux quotients familiaux et une proposition de grille tarifaire élaborée conjointement avec le prestataire retenu, n'est pas de nature à remettre en cause la sincérité de ces informations budgétaires. En outre, il ressort du procès-verbal de la séance du 26 avril 2021 que les délégués syndicaux ont disposé du projet de statuts modifiés avant la séance, lequel avait été débattu lors de précédentes séances des 31 mars et 19 avril 2021, d'informations relatives à l'impact financier de la modification statutaire envisagée et d'une présentation des propositions et du chiffrage des frais concernant la participation périscolaire, quand bien même n'ont-ils ensuite été transmis par courriel qu'après la séance. Ainsi, les requérants n'établissent pas qu'ils n'auraient pas disposé des informations nécessaires pour pouvoir se prononcer utilement sur le projet de modification statutaire soumise au vote. Au surplus, alors que le procès-verbal de la séance du 26 avril 2021 mentionne une demande d'informations adressée à la présidente du syndicat scolaire intercommunal de la Nied par les deux délégués de la commune de Prévocourt deux heures avant la tenue de la séance, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. B et M. A auraient sollicité des précisions ou explications en temps utile ainsi que le leur permettent les dispositions de l'article L. 2121-13 du code général des collectivités territoriales. Il suit de là que le moyen tiré, par voie d'exception, de l'illégalité de la délibération du 26 avril 2021 en raison de la méconnaissance du droit à l'information des élus doit être écarté.
8. En second lieu, dès lors qu'il résulte de ce qui précède que le syndicat scolaire intercommunal de la Nied ne s'est pas prononcé dans des conditions irrégulières sur le transfert de compétences projeté, il résulte de ce qui a été dit au point 3 que le préfet de la Moselle était en situation de compétence liée pour prendre l'arrêté du 28 juillet 2021 attaqué en application de l'article L. 5211-17 du code général des collectivités territoriales. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'incompétence du signataire de cet arrêté et de l'erreur manifeste d'appréciation, qui ne peuvent utilement être soulevés, doivent être écartés.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la commune de Prévocourt et de MM. B et A doit être rejetée.
Sur les frais liés à l'instance :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, une somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens.
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en revanche, de mettre solidairement à la charge de la commune de Prévocourt, de M. B et de M. A la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le syndicat scolaire intercommunal de la Nied et non compris dans les dépens.
DECIDE :
Article 1er : La requête de la commune de Prévocourt, de M. B et de M. A est rejetée.
Article 2 : La commune de Prévocourt, M. B et M. A verseront, ensemble, la somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au syndicat scolaire intercommunal de la Nied au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la commune de Prévocourt, à M. C B, à M. D A, au préfet de la Moselle et au syndicat scolaire intercommunal de la Nied.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
M. Biget, premier conseiller,
Mme Perabo Bonnet, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 6 mai 2024.
Le rapporteur,
O. Biget
Le président,
S. Dhers
La greffière,
N. Adjacent
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026