mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | PACHOD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 28 septembre 2021 et 24 janvier 2022, M. G B, représenté par Me Pachod, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 août 2021 par lequel le maire de la commune d'Ebersheim a accordé à M. C et à Mme F un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle, pour une surface de plancher de 149 mètres carrés, sur un terrain situé rue des Cerisiers à Ebersheim ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Ebersheim le versement d'une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;
- elle est constitutive d'une fraude ;
- elle méconnaît l'article 3UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ebersheim ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 23 novembre 2021 et 3 octobre 2022, la commune d'Ebersheim, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. B en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La procédure a été communiquée à M. C et à Mme F qui n'ont pas produit dans le cadre de la présente instance.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme I E,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Pachod, avocat de M. B,
- les observations de Me Gillig, avocat de la commune d'Ebersheim.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 7 juin 2021, M. C et Mme F ont sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une maison individuelle, pour une surface de plancher de 149 mètres carrés, sur un terrain situé rue des Cerisiers, à Ebersheim. Par un arrêté du 6 août 2021, le maire de la commune d'Ebersheim a accordé le permis de construire sollicité. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté du 6 août 2021 :
2. En premier lieu, par un arrêté du 28 mai 2020 régulièrement publié, le maire de la commune d'Ebersheim a donné délégation de fonction et de signature à M. H à l'effet de signer l'ensemble des actes se rapportant aux questions d'urbanisme, dont les autorisations d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence doit être écarté.
3. En deuxième lieu, l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme dispose que : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : / a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; / b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 21 août 2019, le maire de la commune d'Ebersheim a autorisé M. C à procéder à la démolition de l'annexe située sur la parcelle cadastrée section 44 n° 813, correspondant aux actuelles parcelles cadastrées section 44 n° 982 et n° 981. Une déclaration attestant de l'achèvement et de la conformité des travaux a été reçue en mairie le 3 février 2021. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est illégale faute d'avoir été précédée d'une demande de permis de démolir l'annexe se trouvant sur les parcelles cadastrées section 44 n° 981 et n° 982.
5. En troisième lieu, l'autorité administrative saisie d'une demande de permis de construire peut relever les inexactitudes entachant les éléments du dossier de demande relatifs au terrain d'assiette du projet, notamment sa surface ou l'emplacement de ses limites séparatives, et, de façon plus générale, relatifs à l'environnement du projet de construction, pour apprécier si ce dernier respecte les règles d'urbanisme qui s'imposent à lui. En revanche, le permis de construire n'ayant d'autre objet que d'autoriser la construction conforme aux plans et indications fournis par le pétitionnaire, elle n'a à vérifier ni l'exactitude des déclarations du demandeur relatives à la consistance du projet à moins qu'elles ne soient contredites par les autres éléments du dossier joint à la demande tels que limitativement définis par les dispositions des articles R. 431-4 et suivants du code de l'urbanisme, ni l'intention du demandeur de les respecter, sauf en présence d'éléments établissant l'existence d'une fraude à la date à laquelle l'administration se prononce sur la demande d'autorisation.
6. La fraude est caractérisée notamment lorsqu'il ressort des pièces du dossier que le pétitionnaire a eu l'intention de tromper l'administration pour obtenir une décision indue.
7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment des éléments figurant dans la notice paysagère du projet, que celui-ci porte sur la création d'une maison d'habitation et d'une annexe devant servir d'abri. Il est également précisé que le projet sera accessible par une cour située sur la parcelle cadastrée section 44 n° 977 et donnant sur la rue des Cerisiers et que trois places de stationnement seront créées sur cette même parcelle. Alors que les pétitionnaires disposent d'une servitude de passage sur les parcelles cadastrées section 44 n° 977 et n° 981, le requérant n'apporte pas le moindre commencement de preuve de nature à établir qu'ils auraient en réalité pour projet d'accéder à leurs parcelles via la rue Straengen. En particulier, ni la circonstance que les plans et photographies versés au dossier ne fassent pas état de ce qu'un portail se trouve au droit de la rue Straengen ni le fait que sur un extrait non daté du site Géoportail une voiture soit présente sur la parcelle cadastrée section 44 n° 982 ne peuvent être interprétés comme attestant d'une volonté de M. C et de Mme F de tromper l'administration. Par ailleurs, aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établies les allégations de M. B selon lesquelles l'annexe construite servirait de garage. Dans ces conditions et alors que l'article 3 de l'arrêté délivrant le permis de construire contesté précise d'ailleurs que l'accès au projet est uniquement autorisé rue des Cerisiers, ce qui interdit aux pétitionnaires d'accéder à leur parcelle par le chemin de la rue de Straengen, M. B n'est pas fondé à soutenir que le permis de construire en litige a été obtenu par fraude et le moyen soulevé en ce sens doit, par suite, être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 3UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ebersheim, dans sa rédaction alors en vigueur : " Accès et voirie / I. Accès / Pour être constructible, un terrain doit bénéficier d'un accès à une voie publique ou privée. / Le nombre des accès des véhicules sur les voies publiques est limité à un. / Lorsque le terrain est desservi par plusieurs voies, les constructions sont autorisées sous réserve que l'accès sur l'accès soit établi sur la voie où la gêne pour la circulation est la moindre. / Tout accès des véhicules à la voie doit présenter des caractéristiques adaptées à l'approche du matériel de lutte contre l'incendie, aux usages qu'elle supporte et aux opérations qu'il doit desservir. / II. Voirie / Les dimensions, formes et caractéristiques techniques des voies doivent être adaptées aux usages qu'elles supportent ou aux opérations qu'elles doivent desservir. / Les voies nouvelles en impasse ouvertes à la circulation publique de plus de 50 mètres doivent être aménagées dans leur partie terminale afin de permettre, au moins aux véhicules de lutte contre l'incendie et de collecte des ordures ménagères de faire aisément demi-tour. ".
9. L'autorité compétente et, en cas de recours, le juge administratif, doivent s'assurer qu'une ou plusieurs voies d'accès au terrain d'assiette du projet pour lequel un permis de construire est demandé permettent de satisfaire aux exigences posées par les règles d'urbanisme. A cette fin, pour apprécier les possibilités d'accès au terrain pour le propriétaire ou les tiers, il leur incombe de s'assurer de l'existence d'une desserte suffisante de la parcelle par une voie ouverte à la circulation publique et, le cas échéant, de l'existence d'un titre créant une servitude de passage donnant accès à cette voie. Il résulte par ailleurs des dispositions du code général des collectivités territoriales que les services publics d'incendie et de secours sont, dans le cadre de leurs missions de protection et de secours, en droit d'intervenir sur tout le territoire de la commune, sans que puisse leur être opposé le caractère privé des voies qu'ils doivent emprunter. Dès lors, pour apprécier les possibilités d'accès de ces services au même terrain d'assiette, il appartient seulement à l'autorité compétente et au juge de s'assurer que les caractéristiques physiques d'une voie d'accès permettent l'intervention de leurs engins, la circonstance que cette voie ne serait pas ouverte à la circulation publique ou grevée d'une servitude de passage étant sans incidence.
10. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet en litige est desservi par deux servitudes de passage, permettant respectivement, sur la parcelle cadastrée section 44 n° 977, le passage à pied et au moyen de tout véhicule automobile léger et à deux roues ainsi que l'accès à trois places de stationnement et sur la parcelle cadastrée section 44 n° 981, le passage à pied et par tout véhicule non motorisé à deux roues. Les requérants n'apportent aucun élément de nature à démontrer que les caractéristiques de cet accès présenteraient un risque particulier de sécurité ni que les véhicules l'utilisant ne pourraient y manœuvrer. Par ailleurs, et à supposer que les véhicules d'incendie et de secours ne soient pas en mesure d'accéder aux parcelles en litige par la rue des Cerisiers, il ressort des pièces du dossier que la rue Straengen, si elle n'est certes pas prévue comme voie de desserte pour les pétitionnaires du projet, peut, en revanche, eu égard à ses caractéristiques et notamment à sa largeur d'au moins 4 mètres, servir de voie de desserte et d'accès au terrain d'assiette du projet pour les services publics d'incendie et de secours. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 3UB du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Ebersheim doit être écarté.
11. En dernier lieu, et en tout état de cause, eu égard à ce qui a été indiqué aux points précédents et en l'absence de norme d'urbanisme invoquée à l'encontre du projet, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Ebersheim qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement de la somme que M. B demande au titre des frais liés au litige.
14. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de M. B le paiement à la commune d'Ebersheim d'une somme de 1 500 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : M. B versera à la commune d'Ebersheim une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B, à la commune d'Ebersheim, à M. A C et à Mme D F.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
A.-L. E
Le président,
M. G
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026