mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106901 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 8 octobre 2021, 19 août 2022, 19 septembre 2022 et 13 octobre 2022, la société Weller Immobilière, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et associés, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 21 juillet 2021 par lequel le maire de Bischoffsheim a refusé de faire droit à sa demande de permis de construire portant sur la réalisation d'un immeuble de six logements, sur un terrain situé 3A, route de Molsheim, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de Bischoffsheim de lui délivrer le permis de construire sollicité dans un délai d'un mois à compter du présent jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bischoffsheim une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le motif du refus de permis de construire fondé sur la méconnaissance de l'article 6 UB du règlement du plan local d'urbanisme est entaché d'illégalité.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 5 juillet 2022, 8 septembre 2022 et 29 septembre 2022, la commune de Bischoffsheim, représentée par la SCP Racine Strasbourg, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la société Weller Immobilière au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 24 octobre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Gillig, avocat de la société Weller Immobilière, et Me Paye-Blondet, avocat de la commune de Bischoffsheim.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 12 avril 2021, la société Weller Immobilière a sollicité la délivrance d'un permis de construire en vue de réaliser un bâtiment de six logements situé 3 A, route de Molsheim à Bischoffsheim. Par un arrêté du 21 juillet 2021, le maire de Bischoffsheim a refusé le permis de construire demandé. Le 30 juillet 2021, la société Weller Immobilière a présenté un recours gracieux contre cet arrêté, qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, la société Weller Immobilière demande l'annulation de l'arrêté du 21 juillet 2021 et de la décision rejetant le recours gracieux, et à ce qu'il soit enjoint au maire de délivrer le permis.
Sur la légalité du refus de permis de construire du 21 juillet 2021:
2. Pour refuser le permis de construire sollicité, le maire a estimé que le projet méconnaissait les dispositions de l'article 6 UB du règlement du plan local d'urbanisme, aux termes duquel : " Sauf dispositions contraires figurant aux plans de zonage, le point le plus proche de la façade principale de toute construction ou installation donnant sur la rue, doit être édifiée à une distance comprise entre 3 (trois) et 15 (quinze) mètres de l'alignement des voies et places publiques existantes, à modifier ou à créer () Ces règles ne s'appliquent pas : () - aux constructions et installations de faible emprise qui doivent être édifiées à une distance supérieure ou égale à celle de la construction principale ".
3. D'une part, il résulte de ces dispositions que, sauf à ce que le terrain soit situé à l'angle de deux rues, la façade donnant sur une rue doit être implantée dans une bande comprise entre trois et quinze mètres de l'alignement de cette rue.
4. Il ressort des pièces du dossier, en particulier de la demande de permis de construire, que le projet a vocation à s'implanter sur un terrain cadastré section 4, n° 72, 73,175 et 190, bordé par des parcelles privées au nord et au sud, par la route de Molsheim à l'est et par la rue des Romains à l'ouest. Le bâtiment collectif projeté a vocation à s'implanter, pour sa façade ouest, entre 6,93 mètres et 7,65 mètres de la rue des Romains, et, pour sa façade est, à plus de quinze mètres de la route de Molsheim, sur laquelle donnent les espaces de stationnement du projet.
5. Contrairement à ce que soutient la pétitionnaire, le terrain d'assiette du projet, qui n'est pas situé à l'angle de deux voies et ne peut donc se voir appliquer la solution consistant à apprécier la règle à partir de l'une ou l'autre de ces voies, est une longue bande rejoignant deux alignements distincts, sans superposition des zones de constructibilité, à partir desquels s'apprécient les dispositions précitées de l'article 6 UB.
6. Ainsi, et sans qu'il soit besoin de définir la notion de façade principale ou de rue principale, la commune ne pouvant à cet égard faire valoir, sans autre justification, ainsi qu'elle l'allègue dans son mémoire en défense, que cette règle ne s'appliquerait qu'à l'alignement avec la route de Molsheim, c'est à bon droit que le maire a estimé que la règle de constructibilité devait s'apprécier par rapport à la rue des Romains et à la route de Molsheim, et que le projet méconnaissait sur ce point l'article 6 UB du règlement du plan local d'urbanisme, la façade donnant sur la route de Molsheim étant implantée à plus de quinze mètres de celle-ci.
7. D'autre part, les dispositions de l'article 6 UB relatives à l'implantation des bâtiments dans une bande comprise entre trois et quinze mètres de l'alignement ne s'appliquent pas aux constructions et installations de faible emprise qui doivent être édifiées à une distance supérieure ou égale à celle de la construction principale.
8. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige a été modifié, le 23 mai 2021, par l'ajout de deux garages accolés, situés dans la bande entre trois et quinze mètres de la route de Molsheim. Toutefois, ces garages annexes, qui ne constituent pas une construction principale, ne peuvent, au sens et pour l'application de l'article 6 UB, être implantés à l'avant du bâtiment collectif d'habitation. Par suite, le maire était également fondé à refuser la demande de permis de construire pour ce motif.
9. Il en résulte que la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions attaquées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. Le présent jugement, qui rejette les conclusions tendant à l'annulation de la décision attaquée, n'implique aucune mesure particulière d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées ne peuvent être accueillies.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bischoffsheim qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre des frais liés au litige.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Bischoffsheim présentées sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de la société Weller Immobilière est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Bischoffsheim présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Weller immobilière et à la commune de Bischoffsheim.
Délibéré après l'audience du 13 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Kalt, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
La rapporteure,
L. A
Le président,
M. B
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026