jeudi 1 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2106914 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL LE DISCORDE - DELEAU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 11 octobre 2021 et 3 novembre 2022, M. B F, Mme E F et M. D F, représentés par Me Loew, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 12 août 2021 par lequel le maire de la commune d'Erstein a délivré à Mme C A un permis de construire portant sur la rénovation d'une maison et la création d'un logement au rez-de-chaussée, pour une surface de plancher de 25 mètres carrés, sur un terrain situé 11 rue Spenner, à Erstein ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Erstein le versement d'une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils justifient d'un intérêt à agir ;
- le dossier de permis de construire est incomplet, notamment au regard des dispositions des articles R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- le projet méconnaît les dispositions de l'article 9UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Erstein.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 3 février 2022 et 1er décembre 2022, Mme C A, représentée par la Selarl Le Discorde - Deleau, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme ou de celles de l'article L. 600-5-1 du même code, et, en toute hypothèse, à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B F et de Mme E F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 septembre 2022, la commune d'Erstein, représentée par Me Maamouri, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de MM. F et de Mme F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants ne justifient pas de leur intérêt à agir ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,
- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,
- les observations de Me Maamouri, avocat de la commune d'Erstein,
- les observations de Me Metzger, avocat de Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Par une demande déposée le 18 juin 2021, Mme A a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la rénovation d'une maison et la création d'un logement en rez-de-chaussée, pour une surface de plancher de 25 mètres carrés, sur un terrain situé 11 rue Spenner, à Erstein. Par un arrêté du 12 août 2021, le maire de la commune d'Erstein a délivré le permis de construire sollicité. Par la présente requête, MM. et Mme F demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 12 août 2021.
Sur la légalité de l'arrêté du 12 août 2021 :
2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".
4. Si les requérants font grief aux plans joints au dossier de demande de permis de construire de ne pas être cotés dans les trois dimensions, il ressort des pièces du dossier que le projet en litige consiste en la rénovation d'une maison dont il n'a pour effet de modifier les volumes que de manière marginale. Contrairement à ce qui est soutenu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le service n'aurait pas été en mesure, eu égard à la combinaison du plan de masse avec les plans de coupe produits, d'apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable, notamment au regard des différentes cotes indiquées sur les plans et en particulier les plans des états existants et futurs des façades sud-est, sud-ouest et de coupe BB. Par suite et compte-tenu de ce qui a été indiqué au point 2, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
6. Il ressort des pièces du dossier que le projet se borne à modifier le revêtement de la toiture de la construction existante et à y créer des ouvertures. Alors que les éléments figurant dans la notice descriptive, notamment quant à la nature des matériaux utilisés, ainsi que dans le document graphique et le plan de masse du projet figurant dans le dossier ont permis au service instructeur de se prononcer en toute connaissance de cause sur ces modifications, la circonstance que le dossier ne comporte pas de plan des toitures ne saurait suffire à caractériser une méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen soulevé en ce sens doit être écarté.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 9UA du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Erstein : " Emprise au sol des constructions / 1. L'unité foncière retenue pour le calcul de l'emprise au sol est la superficie de l'unité foncière inscrite dans la zone UA. () / Dans toute la zone, sauf en secteur UAo / 3. Dans le cas d'une unité foncière dont la superficie est supérieure à 400 m2, l'emprise au sol maximale autorisée ne pourra excéder 80 (quatre-vingts) % de l'unité foncière. ".
8. Lorsqu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan local d'urbanisme régulièrement approuvé, un permis de construire ne peut être légalement délivré pour la modification de cette construction, sous réserve de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, que si les travaux envisagés rendent l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues ou s'ils sont étrangers à ces dispositions.
9. Il ressort des pièces du dossier que le projet en litige, en ce qu'il prévoit de procéder à la fermeture d'une galerie jusqu'alors ouverte afin d'en faire une pièce d'habitation, a pour seule conséquence d'augmenter la surface de plancher de la construction et non pour objet ou pour effet d'en modifier l'emprise au sol. Les modifications ainsi apportées sont ainsi étrangères à l'article 9UA du règlement du plan local d'urbanisme qui dispose d'ailleurs que l'emprise au sol ne pourra excéder 80 % des unités foncières dont la superficie est supérieure à 400 mètres carrés. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article 9UA du règlement du plan local d'urbanisme doit, en tout état de cause, être écarté.
10. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, que les conclusions à fin d'annulation de MM. et Mme F doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune d'Erstein et de Mme A qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, le versement de la somme que les requérants demandent au titre des frais liés au litige.
12. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de MM. et de Mme F le paiement à la commune d'Erstein d'une somme globale de 1 0000 euros, et à la charge de M. B F et de Mme E F le paiement à Mme A d'une somme globale de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de MM. et Mme F est rejetée.
Article 2 : MM. et Mme F verseront à la commune d'Erstein la somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : M. B F et Mme E F verseront à Mme A la somme globale de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, à Mme E F, à M. D F, à Mme C A et à la commune d'Erstein.
Délibéré après l'audience du 11 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er février 2024.
La rapporteure,
A.-L. EYMARON
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026