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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2107097

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2107097

jeudi 23 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2107097
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure antérieure :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 octobre 2021, 24 février 2022 et 28 mars 2022 sous le n° 2107096, M. B D, représenté par la SELAS Vonfelt et Associés, a demandé au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le maire de Bartenheim a délivré à la société Maisons Eden un permis de construire portant sur la démolition d'une maison et d'un garage, et la construction d'un collectif de 24 logements sur un terrain situé 26, rue du Rhin ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bartenheim une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire du 16 février 2022, la commune de Bartenheim, représentée par la SCP Racine Cabinet d'avocats Strasbourg, a conclu au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 février 2022 et 24 mars 2022, la société Maisons Eden, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, a conclu au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 soit mise à la charge de M. D en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

II. Par une requête et des mémoires, enregistrés les 19 octobre 2021, 24 février 2022 et 28 mars 2022 sous le n° 2107096, M. F C et Mme G C, représentés par la SELAS Vonfelt et Associés, ont demandé au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 août 2021 par lequel le maire de Bartenheim a délivré à la société Maisons Eden un permis de construire portant sur la démolition d'une maison et d'un garage, et la construction d'un collectif de 24 logements sur un terrain situé 26, rue du Rhin ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Bartenheim une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un mémoire du 16 février 2022, la commune de Bartenheim, représentée par la SCP Racine Cabinet d'avocats Strasbourg, a conclu au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 21 février 2022 et 24 mars 2022, la société Maisons Eden, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, a conclu au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 soit mise à la charge de M. et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un jugement avant dire droit du 18 juillet 2022, qui statue sur les deux requêtes visées ci-dessus, le tribunal a sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du 19 août 2021 en raison de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Bartenheim.

Vu la procédure suivante :

La mesure de régularisation a été produite sous la forme d'un permis de construire modificatif délivré le 12 septembre 2022.

Par des mémoires enregistrés les 30 septembre 2022, 3 novembre 2022 et 16 janvier 2023, M. D, représenté par la SAS Vonfelt et Associés, conclut aux mêmes fins et à l'annulation du permis de construire modificatif du 12 septembre 2022.

Il soutient que le permis de construire modificatif est illégal, dès lors qu'il ne fait plus état de l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures, et que les places de stationnement engazonnées ne sont pas conformes au règlement du plan local d'urbanisme, qu'elles devront être remplacées par de l'enrobé qui modifiera toutefois les ratios entre les surfaces d'espaces verts et habités.

Par des mémoires enregistrés les 30 septembre 2022, 3 novembre 2022 et 16 janvier 2023, M. et Mme C, représentés par la SAS Vonfelt et Associés, concluent aux mêmes fins et à l'annulation du permis de construire modificatif du 12 septembre 2022.

Ils soutiennent que le permis de construire modificatif est illégal, dès lors qu'il ne fait plus état de l'installation d'un séparateur d'hydrocarbures, et que les places de stationnement engazonnés ne sont pas conformes au règlement du plan local d'urbanisme, qu'elles devront être remplacées par de l'enrobé qui modifiera toutefois les ratios entre les surfaces d'espaces verts et habitées.

Par des mémoires enregistrés le 15 septembre 2022 et 30 décembre 2022 dans chacune des deux instances, la commune de Bartenheim, représentée par la SCP Racine Cabinet d'avocats Strasbourg, maintient ses conclusions aux fins de rejet des requêtes et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les nouveaux moyens dirigés contre le permis modificatif ne sont pas fondés.

Par des mémoires, enregistrés le 20 septembre 2022 et 13 octobre 2022 dans chacune des deux instances, la société Maisons Eden, représentée par la SELARL Soler-Couteaux et Associés, maintient ses conclusions aux fins de rejet des requêtes et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les nouveaux moyens dirigés contre le permis modificatif ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme A,

- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Gillig, avocat de la société Maisons Eden,

- les observations de Me Paye Blondet, avocat de la commune de Bartenheim.

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 mars 2021, la société Maisons Eden a déposé une demande de permis de construire portant sur la démolition d'une maison et d'un garage, et la construction d'un collectif de 24 logements sur un terrain situé 26, rue du Rhin à Bartenheim. Par un arrêté du 19 août 2021, le maire de Bartenheim a délivré le permis sollicité. M. D, M. F C et Mme G C ont demandé l'annulation de l'arrêté du 19 août 2021. Par un jugement avant dire droit du 18 juillet 2022, le tribunal a sursis à statuer sur la légalité de l'arrêté du 19 août 2021 jusqu'à l'expiration d'un délai de trois mois imparti à la commune et au pétitionnaire pour notifier au tribunal un permis de construire modificatif régularisant le permis de construire initial entaché d'illégalité au regard de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Bartenheim. Un permis de construire modificatif a été délivré le 12 septembre 2022 à la société pétitionnaire et transmis au tribunal, dont les requérants demandent également l'annulation.

Sur la légalité de l'arrêté du 12 septembre 2022 portant délivrance d'un permis modificatif en vue de régulariser le permis initial délivré le 19 août 2021:

2. En premier lieu, aux termes de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme de Bartenheim : " () Eaux pluviales / Les aménagements réalisés sur un terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux pluviales. / En cas d'existence d'un réseau collecteur des eaux pluviales distinctes du réseau d'évacuation des eaux usées, les aménagements réalisés sur un terrain doivent être tels qu'ils garantissent l'écoulement des eaux pluviales dans ce réseau / Dans le cas contraire, l'évacuation des eaux pluviales sera assurée par des dispositifs adaptés à la topographie du terrain et conçus de manière à être raccordés ultérieurement au réseau séparatif ".

3. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du formulaire Cerfa et de la notice descriptive joints au dossier de demande de permis de construire modificatif, que la pétitionnaire a prévu la possibilité d'un raccordement ultérieur du dispositif d'évacuation des eaux pluviales au réseau séparatif, conformément aux dispositions précitées. Il en résulte que le vice dont le permis initial du 19 août 2021 était entaché, lié à l'absence d'un telle possibilité de raccordement, a été régularisé.

4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet ne prévoit plus l'installation d'un débourbeur/séparateur à hydrocarbures permettant l'infiltration des eaux pluviales provenant des aires de stationnement, voiries et autres surfaces imperméabilisées. Il ressort toutefois de l'avis du 26 mars 2021 de la direction de l'eau et de l'assainissement de Saint Louis Agglomération, dont les prescriptions ont été reprises par les arrêtés de permis de construire initial et modificatif, et confirmées par un nouvel avis du 9 août 2022, que le projet doit prévoir un tel dispositif. Ainsi, quand bien même la pétitionnaire aurait souhaité modifier son projet sur ce point, cette prescription s'impose à elle et son non-respect pourra être contrôlé au stade de l'exécution des travaux. Par suite, le moyen tiré de ce que le projet ne prévoit plus de débourbeur/séparateur à hydrocarbures, qui n'est en tout état de cause fondé sur aucun texte, doit être écarté.

5. En dernier lieu, les requérants font grief au projet modifié de comporter des dalles végétalisées sur les places de stationnement. Toutefois, outre le fait que le permis initial, ainsi qu'il ressort de la comparaison des plans des espaces extérieurs, prévoyait déjà un tel traitement des places de stationnement, les requérants, qui se bornent à alléguer l'existence d'une illégalité sur ce point, n'indiquent pas au regard de quel texte. Si la pétitionnaire indique que ces places auraient finalement vocation à être réalisées en enrobé, contrairement à ce qui a été autorisé par les permis attaqués, cette circonstance relèverait le cas échéant de la seule exécution du permis. Par suite, le moyen, tel qu'il est articulé, tiré de l'illégalité du revêtement des places de stationnement, doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions dirigées contre les arrêtés du 19 août 2021 et du 12 septembre 2020 doivent être rejetées.

Sur les frais liés au litige:

7. La circonstance qu'au vu de la régularisation intervenue en cours d'instance, le juge rejette finalement les conclusions dirigées contre la décision initiale, dont le requérant était fondé à soutenir qu'elle était illégale et dont il est, par son recours, à l'origine de la régularisation, ne doit pas à elle seule, pour l'application de ces dispositions, conduire le juge à mettre les frais à sa charge ou à rejeter les conclusions qu'il présente à ce titre.

8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de rejeter l'ensemble des conclusions des parties présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : Les requêtes de M. D et de M. et Mme C sont rejetées.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Bartenheim et la société Maisons Eden au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B D, M. F C et Mme G C, à la société Maisons Eden et à la commune de Bartenheim.

Délibéré après l'audience du 2 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

Mme Kalt, première conseillère,

Mme Eymaron, conseillère.

Mis à disposition au greffe le 23 mars 2023.

La rapporteure,

L. A

Le président,

M. E

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2107096, 2107097

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