jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2107246 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | MAAMOURI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 22 octobre 2021, M. BCa, représenté par Me Maamouri, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021 par lequel le maire de Colmar a délivré àEg un permis de construire en vue de rénover en local commercial une ancienne maison d'habitation située 100 route de Neuf-Brisach à Colmar, ainsi que la décision du 18 août 2021 portant rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colmar une somme de 2 000 euros au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté est entaché d'une incompétence de l'auteur de l'acte ;
- il méconnaît l'article 12 UD du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, la commune de Colmar conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M.Ca ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lusset, rapporteur ;
- les conclusions de M. Pouget-Vitale, rapporteur public.
- les observations de Me Bougzoul, avocat du requérant.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 30 avril 2021, un permis de construire a été délivré àEg en vue de rénover une ancienne habitation située 100 route de Neuf-Brisach à Colmar en local commercial. M.Ca, qui réside au 100A de cette même rue, a contesté ce permis par un recours gracieux le 19 juin 2021, rejeté expressément le 18 aout suivant. Par la présente requête, il demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 30 avril 2021, ensemble le rejet de son recours gracieux.
2. En premier lieu, par un arrêté du 6 janvier 2021, le maire de Colmar a donné délégation à Mme A D, première adjointe en charge de l'urbanisme, de l'équité territoriale et de la transition énergétique, à l'effet de signer l'ensemble des actes se rapportant à l'application du droit des sols. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme D, signataire de l'arrêté attaqué, n'a pas régulièrement reçu délégation pour ce faire doit être écarté.
3. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 12 UD du règlement du plan local d'urbanisme : " Des aires de stationnement pour les véhicules correspondant aux besoins des occupations et utilisations du sol doivent être réalisées en dehors des voies et emprises publiques. 1. En cas d'impossibilité architecturale, urbanistique ou technique d'aménager sur le terrain de l'opération le nombre d'aires de stationnement nécessaires, le pétitionnaire est tenu quitte de ces obligations : / - soit en aménageant ou en faisant aménager, ou en acquérant dans un rayon n'excédant pas 300 mètres du terrain de l'opération les aires de stationnement qui lui font défaut. / - soit en justifiant de l'obtention d'une concession à long terme dans un parc public de stationnement existant ou en cours de réalisation, ou de l'acquisition de places dans un parc privé de stationnement existant ou en cours de réalisation. Lorsqu'une aire de stationnement a été prise en compte dans le cadre d'une concession à long terme ou d'un parc privé de stationnement, au titre des obligations prévues ci-dessus, elle ne peut plus être prise en compte, en tout ou en partie, à l'occasion d'une nouvelle autorisation. / Dans les secteurs UDA et UDB / 2. Les normes applicables selon les besoins des opérations sont les suivantes : Pour les constructions destinées aux bureaux / 3. Pour chaque tranche entamée de 20 m² de surface de plancher, une place de stationnement doit être créée. Pour les constructions destinées au commerce et à l'activité artisanale /4. Pour chaque tranche entamée de 40 m² de surface de plancher, une place de stationnement doit être créée.
4. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire () sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire () ".
5. Sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions de l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ces mêmes dispositions, notamment du b) de l'article R. 423-1, qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain en indivision peut être régulièrement présentée par un seul co-indivisaire, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire. Il appartient au seul juge judiciaire, le cas échéant, de se prononcer sur le bien-fondé d'une telle contestation, qui ne peut, en tout état de cause, caractériser, par elle-même, une fraude du pétitionnaire. Par suite, la seule circonstance que l'autorité compétente ait eu connaissance d'une contestation émanant de propriétaires co-indivisaires ne peut légalement fonder une décision de refus.
6. En l'espèce, la demande de permis de construire déposée parEg porte notamment sur la parcelle cadastrée n° 0088, dont il est n'est pas contesté qu'elle en est la propriétaire indivisaire, parcelle qui est voisine du terrain d'assiette du projet et sur laquelle des places de stationnement sont projetées. Ainsi qu'il a été dit au point précédent, les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. En l'espèce, la commune de Colmar fait valoir dans ses écritures en défense, sans être contestée, que le représentant légal deEg a signé le formulaire de demande de permis de construire, attestant qu'il avait la qualité pour demander une telle autorisation. Il s'ensuit que le requérant, qui ne démontre nullement l'existence d'une fraude, ne peut utilement soutenir devant le juge administratif que faute d'avoir donné son accord express pour l'utilisation de la parcelle en cause, qu'il détient en indivision avecEg, le maire de Colmar, informé d'une contestation sur ce point, ne pouvait légalement considérer que la société pétitionnaire disposait de cette parcelle en vue d'y réaliser des places de stationnement. Dès lors, le moyen soulevé en ce sens et tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 12UD ne peut qu'être écarté.
7. En troisième lieu, si M.Ca soutient que les trois places prévues par le projet litigieux sont insuffisantes, ce moyen est toutefois dépourvu des précisions, notamment quant au fondement juridique invoqué, permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, et tel qu'il est articulé, le moyen ne peut qu'être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M.Ca n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du maire de Colmar du 30 avril 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M.Ca est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. BCa, àEg et à la commune de Colmar.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
M. Lusset, premier conseiller,
Mme Anne-Lise Eymaron, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 mai 2024.
Le rapporteur,
A. LUSSET
Le président,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026