LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2107259

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2107259

vendredi 28 juin 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2107259
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBOISRAMÉ

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2021, M. B A, représenté par

Me Boisramé, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 18 août 2021 par laquelle la préfète du Bas-Rhin l'a mis en demeure de régulariser la situation administrative des installations dont il est locataire sur le ban de la commune de Duppigheim ainsi que de faire évacuer et éliminer les déchets qui y sont déposés ;

2°) de mettre à la charge de la préfète du Bas-Rhin une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le signataire de l'arrêté en litige n'a pas reçu délégation pour ce faire ;

- son installation ne relève pas du régime des installations classées pour la protection de l'environnement, de sorte que la préfète du Bas-Rhin n'était pas l'autorité compétente pour édicter l'arrêté en litige ;

- elle est entachée d'erreur dans la qualification juridique des faits, dès lors que les dépôts présents sur le terrain ne sont pas des déchets et que leur présence est temporaire ;

- en tout état de cause, il ne peut être regardé comme responsable des déchets, d'une part, dès lors qu'il n'est pas exploitant d'une installation classée pour la protection de l'environnement et n'a pas personnellement exercé d'activité relevant de la règlementation sur les installations classées, d'autre part, dès lors qu'il n'est ni producteur ni détenteur de ces déchets ;

- l'obligation de remise en état de nature à permettre un usage futur du site comparable à celui de la dernière période d'exploitation de l'installation est impossible, dès lors qu'aucun état des lieux n'a été effectué lors de sa prise à bail ;

- l'arrêté est illégal, en ce qu'il ne limite pas l'obligation de remise en état du site à la partie du terrain qu'il occupe réellement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 3 octobre 2023, la préfète du Bas-Rhin conclut au rejet de la requête.

Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. A n'est fondé.

Par une lettre du 17 avril 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de la tardiveté de la requête.

Par un mémoire, enregistré le 26 avril 2024, M. A a présenté ses observations en réponse au moyen d'ordre public.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Perabo-Bonnet, rapporteure,

- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,

- les observations de Me Boisramé, avocat de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, locataire d'un terrain à usage agricole appartenant à la commune de Duppigheim, a fait l'objet le 16 avril 2021 d'une visite de contrôle par les services de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (ci-après DREAL) qui, dans un rapport du 11 mai 2021, a indiqué que certains biens et matériels entreposés sur ce terrain constituaient un stockage de déchets, relevaient à ce titre du régime des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et que l'installation du requérant était ainsi soumise à déclaration au titre des rubriques 2713 et 2718 de la nomenclature des ICPE. Après un premier courrier du 31 mai 2021 de la préfète du Bas-Rhin informant M. A qu'elle envisageait de le mettre en demeure de régulariser la situation administrative de ses installations et suspendre ses activités, M. A a pu présenter ses observations. A l'issue d'un second rapport de l'inspection des installations classées en date du 28 juillet 2021 proposant différentes mesures en vue de la régularisation de la situation, la préfète du Bas-Rhin a édité un arrêté du 18 août 2021 mettant M. A en demeure de régulariser la situation administrative des installations classées sur son terrain ainsi que de faire évacuer et éliminer les déchets. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté du 29 juillet 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du même jour, lequel est consultable en ligne, la préfète du Bas-Rhin a donné à M. Mathieu Duhamel, secrétaire général de la préfecture du Bas-Rhin, délégation à l'effet de signer "'() tous les arrêtés, décisions () relevant des attributions de l'Etat dans le département'". Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté en litige manque en fait et doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement : " () on entend par : Déchet : toute substance ou tout objet, ou plus généralement tout bien meuble, dont le détenteur se défait ou dont il a l'intention ou l'obligation de se défaire ; () ". Aux termes de l'article L. 541-4-2 du code de l'environnement : " Une substance ou un objet issu d'un processus de production dont le but premier n'est pas la production de cette substance ou cet objet ne peut être considéré comme un sous-produit et non comme un déchet au sens de l'article L. 541-1-1 que si l'ensemble des conditions suivantes est rempli : / ' l'utilisation ultérieure de la substance ou de l'objet est certaine ; / ' la substance ou l'objet peut être utilisé directement sans traitement supplémentaire autre que les pratiques industrielles courantes ; / ' la substance ou l'objet est produit en faisant partie intégrante d'un processus de production ; / ' la substance ou l'objet répond à toutes les prescriptions relatives aux produits, à l'environnement et à la protection de la santé prévues pour l'utilisation ultérieure ; / ' la substance ou l'objet n'aura pas d'incidences globales nocives pour l'environnement ou la santé humaine () ". Un déchet au sens de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement cité au point précédent est un bien dont son détenteur se défait ou dont il a l'intention de se défaire, sans qu'il soit besoin de déterminer si ce bien a été recherché comme tel dans le processus de production dont il est issu. Aux fins d'apprécier si un bien constitue ou non un déchet au sens de ces dispositions, il y a notamment lieu de prendre en compte le caractère suffisamment certain d'une réutilisation du bien sans opération de transformation préalable. Lorsque des biens se trouvent, compte tenu en particulier de leur état matériel, de leur perte d'usage et de la durée et des conditions de leur dépôt, en état d'abandon sur un terrain, ils peuvent alors être regardés, comme des biens dont leur détenteur s'est effectivement défait et présenter dès lors le caractère de déchets au regard des dispositions de l'article L. 541-1-1 du code de l'environnement, alors même qu'ils y ont été déposés par le propriétaire du terrain. Au regard de ces critères, lorsque les circonstances révèlent que la réutilisation de ces biens sans transformation n'est pas suffisamment certaine, les seules affirmations du propriétaire indiquant qu'il n'avait pas l'intention de se défaire de ces biens, ne sont pas susceptibles de remettre en cause leur qualification comme déchet. Sont sans incidence à cet égard les circonstances que les biens en cause aient une valeur commerciale et soient susceptibles de donner lieu à une réutilisation économique.

4. En l'espèce, il ressort du rapport de l'inspection des installations classées suite à sa visite de contrôle inopinée du 16 avril 2021, et des photographies qui y sont jointes, que la présence de pièces de véhicules dont certaines souillées par des hydrocarbures, réfrigérateurs hors d'usage, pneus dont certains usés, plastiques, palettes, motocycles, bidons de produits liquides non-identifiées et autres " objets en tous genres " a été constatée sur le site, de même que des traces de brûlage à l'air libre. Le volume entreposé est important, l'emprise de l'installation en litige comportant six bunkers d'une surface estimée entre 300 et 500 m², dix-huit casemates en taule de surfaces comprises entre 45 et 75 m², deux autres bâtiments de surfaces respectives évaluées à 60 m² et 160 m² ainsi qu'un container maritime sur remorque. Le requérant ne saurait sérieusement soutenir que l'ensemble de ces biens pourrait faire l'objet, sans transformation préalable, d'une utilisation ultérieure à des fins spécifiques. Par ailleurs, si M. A soutient que les dépôts constatés sur le site sont provisoires, le caractère ponctuel du stockage ou du transit de ces biens ne s'oppose pas à leur qualification de déchets. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que les biens visés par l'arrêté en litige ne peuvent être qualifiés de déchets.

5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 511-1 du code de l'environnement : " Sont soumis aux dispositions du présent titre les usines, ateliers, dépôts, chantiers et, d'une manière générale, les installations exploitées ou détenues par toute personne physique ou morale, publique ou privée, qui peuvent présenter des dangers ou des inconvénients soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publiques, soit pour l'agriculture, soit pour la protection de la nature, de l'environnement et des paysages, soit pour l'utilisation économe des sols naturels, agricoles ou forestiers, soit pour l'utilisation rationnelle de l'énergie, soit pour la conservation des sites et des monuments ainsi que des éléments du patrimoine archéologique. () ". Aux termes de l'article L. 511-2 de ce code : " Les installations visées à l'article L. 511-1 sont définies dans la nomenclature des installations classées établie par décret en Conseil d'Etat, pris sur le rapport du ministre chargé des installations classées, (). Ce décret soumet les installations à autorisation, à enregistrement ou à déclaration suivant la gravité des dangers ou des inconvénients que peut présenter leur exploitation ". Aux termes de l'article L. 512-8 du même code : " Sont soumises à déclaration les installations qui, ne présentant pas de graves dangers ou inconvénients pour les intérêts visés à l'article L. 511-1, doivent néanmoins respecter les prescriptions générales édictées par le préfet en vue d'assurer dans le département la protection des intérêts visés à l'article L. 511-1. ". Aux termes de l'article R. 511-9 du même code : " La colonne " A " de l'annexe au présent article constitue la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement ". Aux termes de la rubrique n° 2713 de la nomenclature prévue à l'article précité : " Installation de transit, regroupement, tri ou préparation en vue de la réutilisation de métaux ou de déchets de métaux non dangereux, d'alliage de métaux ou de déchets d'alliage de métaux non dangereux, à l'exclusion des installations visées aux rubriques 2710, 2711, 2712 et 2719. La surface étant : 1. Supérieur ou égal à 1 000 m3 (E) 2. Supérieur ou égal à 100 m3, mais inférieur à 1 000 m3 (D) ". Aux termes de la rubrique n° 2718 de cette nomenclature : " Installation de transit, regroupement ou tri de déchets dangereux ou de déchets contenant les substances dangereuses ou préparations dangereuses mentionnées à l'article R. 511-10 du code de l'environnement, à l'exclusion des installations visées aux rubriques 1313, 2710, 2711, 2712, 2717 et 2719. La quantité de déchets dangereux susceptible d'être présente dans l'installation étant supérieure ou égale à 1 t ou la quantité de substances dangereuses ou de mélanges dangereux, mentionnés à l'article R.511-10 du code de l'environnement, susceptible d'être présente dans l'installation étant supérieure ou égale aux seuils A des rubriques d'emploi ou de stockage de ces substances ou mélanges ".

6. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport de l'inspection des installations classées du 16 avril 2021, et n'est pas contesté, que les dépôts de métaux ont été constatés sur une surface supérieure à 100 m², et sont ainsi, compte tenu de leur volume, soumis au régime de la déclaration au titre de la rubrique 2713 de la nomenclature des installations classées pour la protection de l'environnement. A également été relevée la présence de divers déchets dangereux, notamment 35 batteries usées, 26 bouteilles de propanes et des pièces métalliques souillées, pour une quantité inférieure à une tonne, l'ensemble relevant du régime de la déclaration au titre de la rubrique 2718 de la même nomenclature. Il résulte également de l'instruction que, compte tenu de la configuration du site, il n'y a pas lieu de considérer les différents dépôts présents sur le site individuellement, mais dans leur globalité. Si le requérant fait valoir que le terrain soit dépourvu d'accès à l'électricité et à l'eau, cette circonstance est sans incidence sur la qualification d'installation classée pour la protection de l'environnement dont relève le site. Par suite, le requérant ne saurait soutenir qu'aucune activité sur son site ne devrait être soumise au régime des ICPE.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 171-7 du code de l'environnement : " I.- Indépendamment des poursuites pénales qui peuvent être exercées, lorsque des installations ou ouvrages sont exploités, des objets et dispositifs sont utilisés ou des travaux, opérations, activités ou aménagements sont réalisés sans avoir fait l'objet de l'autorisation, de l'enregistrement, de l'agrément, de l'homologation, de la certification ou de la déclaration requis en application du présent code, ou sans avoir tenu compte d'une opposition à déclaration, l'autorité administrative compétente met l'intéressé en demeure de régulariser sa situation dans un délai qu'elle détermine, et qui ne peut excéder une durée d'un an. Elle peut, en outre, ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 45 000 € par le même acte que celui de mise en demeure ou par un acte distinct. / Elle peut, par le même acte ou par un acte distinct, suspendre le fonctionnement des installations ou ouvrages, l'utilisation des objets et dispositifs ou la poursuite des travaux, opérations, activités ou aménagements jusqu'à ce qu'il ait été statué sur la déclaration ou sur la demande d'autorisation, d'enregistrement, d'agrément, d'homologation ou de certification, à moins que des motifs d'intérêt général et en particulier la préservation des intérêts protégés par le présent code ne s'y opposent. / L'autorité administrative peut, en toute hypothèse, édicter des mesures conservatoires aux frais de la personne mise en demeure. ". L'article L. 171-11 du même code dispose que : " Les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 sont soumises à un contentieux de pleine juridiction ". Il résulte des dispositions de l'article L. 171-11 du code de l'environnement que les décisions prises en application des articles L. 171-7, L. 171-8 et L. 171-10 de ce code, au titre des contrôles administratifs et mesures de police administrative en matière environnementale, sont soumises à un contentieux de pleine juridiction. Il appartient au juge de ce contentieux de pleine juridiction de se prononcer sur l'étendue des obligations mises à la charge des exploitants par l'autorité compétente au regard des circonstances de fait et de droit existant à la date à laquelle il statue.

8. Par ailleurs, aux termes de l'article L. 541-2 du code de l'environnement : " Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d'en assurer ou d'en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du présent chapitre. / Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu'à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. / Tout producteur ou détenteur de déchets s'assure que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge ". L'article L. 541-3 de ce code dispose : " I.- Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du présent chapitre et des règlements pris pour leur application, à l'exception des prescriptions prévues au I de l'article L. 541-21-2-3, l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu'il encourt et, après l'avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut lui ordonner le paiement d'une amende au plus égale à 15 000 € et le mettre en demeure d'effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé. ". L'article L. 541-4 précise notamment que : " Les dispositions du présent chapitre s'appliquent sans préjudice des dispositions spéciales concernant notamment les installations classées pour la protection de l'environnement () ". Aux termes de l'article R. 541-12-16 du même code : " Sans préjudice de dispositions particulières, lorsque les dispositions du présent titre s'appliquent sur le site d'une installation classée pour la protection de l'environnement, l'autorité titulaire du pouvoir de police mentionnée à l'article L. 541-3 est l'autorité administrative chargée du contrôle de cette installation. ".

9. Il ressort de ces dispositions que, lorsque les déchets sont issus de l'activité d'une installation classée pour la protection de l'environnement tel qu'en l'espèce, ainsi qu'il a été conclu au point 6, alors l'autorité titulaire du pouvoir de police compétente en matière de contrôle est le préfet. Le moyen tiré de ce que la décision litigieuse aurait été prise par une autorité incompétente doit donc être écarté.

10. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 512-12-1 du code de l'environnement : " Lorsque l'installation soumise à déclaration est mise à l'arrêt définitif, l'exploitant place le site dans un état tel qu'il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et qu'il permette un usage futur comparable à la dernière période d'activité de l'installation. Il en informe le propriétaire du terrain sur lequel est sise l'installation ainsi que le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'urbanisme. Selon les modalités et dans les cas définis par décret en Conseil d'Etat, l'exploitant fait attester de la mise en œuvre des mesures relatives à la mise en sécurité du site par une entreprise certifiée dans le domaine des sites et sols pollués ou disposant de compétences équivalentes en matière de prestations de services dans ce domaine. ". Aux termes des dispositions de l'article R. 512-66-1 du même code : " III. En outre, l'exploitant doit placer le site de l'installation dans un état tel qu'il ne puisse porter atteinte aux intérêts mentionnés à l'article L. 511-1 et qu'il permette un usage futur du site comparable à celui de la dernière période d'exploitation de l'installation. Il en informe par écrit le propriétaire du terrain sur lequel est sise l'installation ainsi que le maire ou le président de l'établissement public de coopération intercommunale compétent en matière d'urbanisme. ".

11. D'une part, M. A soutient qu'il n'est pas responsable des dépôts de déchets présents sur le site en litige et ne saurait se voir imposer une remise en état, aux motifs qu'il est seulement locataire du terrain dont il a mis certains abris à disposition de professionnels, associations ou particuliers pour des dépôts temporaires de matériels. Toutefois, s'il résulte de l'instruction que le terrain appartient à la commune de Duppigheim, la circonstance qu'elle occupe une partie de la parcelle et y entrepose des déchets verts, si elle n'est pas contestée, est sans incidence sur la légalité de l'arrêté contesté. Par ailleurs, les pièces produites par le requérant, à savoir une attestation d'une association humanitaire affirmant stocker des dons dans un local du site, ainsi que la copie d'une page internet mentionnant les n° SIREN et SIRET d'une entreprise à disposition de laquelle le requérant allègue avoir mis un bunker, ne sont nullement de nature à retirer à M. A sa qualité d'exploitant du site, qui est placé sous sa responsabilité en qualité de locataire. Par suite, c'est à bon droit que la préfète du Bas-Rhin a regardé l'intéressé comme étant l'unique exploitant de l'installation litigieuse.

12. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas des mentions de la décision contestée que la mise en demeure de remise en état et d'évacuation des déchets porterait sur ceux présents dans la partie clôturée du terrain mentionnée dans le procès-verbal d'huissier en date du 26 avril 2021 et appartenant à la commune de Duppigheim, de tels déchets n'ayant pas fait l'objet de constats dans les deux rapports de l'inspection de l'environnement sur lesquels se fonde l'arrêté attaqué. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'une pollution des sols préexistante à sa prise à bail en 1998, réalisée sans état des lieux, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ses allégations, alors même qu'il est présumé avoir reçu son terrain en bon état en l'absence d'état des lieux d'entrée. En tout état de cause, une telle circonstance, à la supposer établie, est sans influence sur le litige dans la mesure où il résulte de ce qui précède que M. A est l'exploitant du site, et " l'intéressé " au sens de l'article L. 171-7 du code de l'environnement précité. Dans ces conditions, M. A n'établit pas que les obligations mises à sa charge au titre de la législation relative aux ICPE seraient entachées d'illégalité.

13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A tendant à l'annulation de la décision du 18 août 2021 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1 : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer. Copie en sera adressée à la préfète du Bas-Rhin.

Délibéré après l'audience du 30 mai 2024, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

M. Biget, premier conseiller,

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 28 juin 2024.

La rapporteure,

L. Perabo Bonnet

Le président,

S. Dhers

La greffière,

P. Kieffer

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions