lundi 3 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2107502 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET BURKATZKI, LUDWIG ET BATON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 3 novembre 2021 et 8 décembre 2022, M. A C et Mme B E épouse C, représentés par Me Hennard, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la délibération du 15 septembre 2021 par laquelle la commune de Théding a décidé de céder à M. et Mme F la parcelle cadastrée n° 660 section 6, d'une surface de 31 m², au prix de 3 600,74 euros, les frais de notaire étant à la charge de l'acquéreur, et a autorisé le maire à prendre les mesures nécessaires à son exécution ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Théding une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. et Mme C soutiennent que :
-la cession de la parcelle en litige les prive d'accès à leur propriété ;
-M. F a occupé illégalement le domaine public depuis plus de 40 ans ;
-c'est à tort que la commune a estimé que M. F ne pouvait accéder à sa propriété que par la parcelle en litige alors que cette parcelle procède de la division de la parcelle cadastrée n° 659 et appartenait à la voirie routière ;
-la modification de la parcelle n° 659 entraîne la constitution d'un délaissé de voirie ;
-la délibération attaquée méconnaît l'article L. 112-8 du code de la voirie routière qui accorde aux propriétaires riverains d'une voie publique déclassée un droit de priorité pour son acquisition ;
-la délibération attaquée aurait dû être précédée de la consultation de l'ensemble des riverains de la parcelle en litige.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, la commune de Théding, représentée par Me Burkatzki, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Théding soutient qu'aucun des moyens soulevés par M. et Mme C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de la voirie routière ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. G D,
- les conclusions de M. Laurent Guth, rapporteur public,
- et les observations de Me Bizzarri, substituant Me Burkatzki, représentant la commune de Théding.
Une note en délibéré, enregistrée le 21 mars 2023, a été produite par Me Burkatzki pour la commune de Théding.
Considérant ce qui suit :
1. Par une délibération du 8 décembre 2020, le conseil municipal de la commune de Théding (Moselle) a décidé d'engager une enquête publique en vue du déclassement de la parcelle cadastrée n° 660 section 6, constituant la partie terminale de l'impasse de la liberté. Le déclassement de cette parcelle a été prononcé par une délibération du 17 avril 2021 du conseil municipal de Théding. Enfin, par une délibération du 15 septembre 2021, dont M. et Mme C demandent l'annulation, la commune de Théding a décidé de céder à M. et Mme F la parcelle cadastrée n° 660 section 6, d'une surface de 31 m², au prix de 3 600,74 euros, les frais de notaire étant à la charge de l'acquéreur, et a autorisé le maire à prendre les mesures nécessaires à son exécution.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 112-8 du code de la voirie routière : " Les propriétaires riverains des voies du domaine public routier ont une priorité pour l'acquisition des parcelles situées au droit de leur propriété et déclassées par suite d'un changement de tracé de ces voies ou de l'ouverture d'une voie nouvelle () Si, mis en demeure d'acquérir ces parcelles, ils ne se portent pas acquéreurs dans un délai d'un mois, il est procédé à l'aliénation de ces parcelles suivant les règles applicables au domaine concerné ".
3. En premier lieu, il résulte de ces dispositions qu'en cas d'aliénation d'une parcelle ayant appartenu au domaine public routier et déclassée par suite d'un changement de tracé de la voie, tous les propriétaires riverains doivent être mis en demeure d'acquérir les terrains attenant à leurs propriétés. Doit être regardé comme un propriétaire riverain tout propriétaire qui possède au moins une parcelle contigüe à l'ancienne voie publique, alors même qu'elle ne permettait pas l'accès à sa propriété.
4. Il ressort des pièces du dossier, notamment de la délibération du 8 décembre 2020 du conseil municipal de la commune de Théding, que la parcelle cadastrée n° 660 en litige constituait la partie terminale de l'impasse de la liberté, qui avait le caractère d'une voie du domaine public routier jusqu'à son déclassement par la délibération du 17 avril 2021. Ce déclassement a été prononcé par le conseil municipal en conséquence du changement du tracé de l'impasse de la liberté, qui a cessé d'emprunter la parcelle n° 660 pour s'arrêter à sa limite. Par suite, contrairement à ce que soutient la commune, la cession de cette parcelle était soumise à la procédure instituée par l'article L. 112-8 du code de la voirie routière, alors même qu'après son déclassement elle faisait partie de son domaine privé.
5. M. et Mme C établissent que la parcelle cadastrée n° 239, dont ils sont propriétaires, est contiguë, sur une longueur de 3,30 mètres, à la parcelle n° 660 cédée par la délibération attaquée et qu'ils n'ont cependant pas été mis en demeure d'acquérir cette parcelle en méconnaissance de l'article L. 112-8 du code de la voirie routière. Dans ces conditions, en s'abstenant de procéder à cette formalité, qui ne limite pas le libre choix de l'acquéreur de la parcelle dont la cession est envisagée, la commune de Théding a entaché d'irrégularité la délibération du 15 septembre 2021.
6. En second lieu, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.
7. Lorsqu'une commune envisage de céder une ancienne voie publique, l'obligation prévue par l'article L. 112-8 du code de la voirie routière de mettre en demeure tous les propriétaires riverains de cette voie, quelle que soit l'utilité pour eux de celle-ci, a pour objet de leur permettre d'être informés de ce projet d'aliénation et de présenter une offre d'achat chiffrée et constitue pour eux une garantie. Il s'ensuit que l'irrégularité de la délibération attaquée a privé les requérants d'une garantie.
8. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. et Mme C sont fondés à demander l'annulation de la délibération du 15 septembre 2021 du conseil municipal de la commune de Théding.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
9. Ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées à ce titre par la commune de Théding. Dans les circonstances de l'espèce il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Théding le versement de la somme que demandent M. et Mme C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La délibération du 15 septembre 2021 du conseil municipal de la commune de Théding est annulé.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. et Mme C est rejeté.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Théding présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B E épouse C, à la commune de Théding, à M. F et au préfet de la Moselle.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Julien Iggert, président,
M. Christophe Michel, premier conseiller,
M. Mohammed Bouzar, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 3 avril 2023.
Le rapporteur,
C. D
Le président,
J. IGGERT
Le greffier,
S. PILLET
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026