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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2107568

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2107568

vendredi 22 juillet 2022

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2107568
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation5ème chambre
Avocat requérantROUSSEAU

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 novembre 2021 et les 19 et 25 mai 2022 sous le numéro 2107568, Mme C A, représentée par Me Rousseau, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2021 ensemble le rejet de son recours gracieux du 29 septembre 2021 par lesquels le directeur du centre hospitalier spécialisé de Rouffach l'a suspendue de ses fonctions avec interruption du versement de la rémunération ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier spécialisé de Rouffach de lui rétablir la rémunération, d'assimiler sa période de suspension de fonctions à une période de travail effectif déterminant ses congés payés et ses droits acquis à l'ancienneté et de la prendre en compte pour l'avancement ;

3°) d'enjoindre au centre hospitalier spécialisé de Rouffach de ne procéder à aucune retenue sur son salaire jusqu'à la fin de son arrêt de travail ;

4°) de mettre à la charge du centre hospitalier spécialisé de Rouffach la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'interruption de son traitement présente le caractère d'une sanction disciplinaire qui ne peut être édictée sans le respect des garanties disciplinaires ;

- elle méconnaît le droit au procès équitable au sens de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article 41 du décret n° 86-33 du 9 janvier 1986 et les article 12 à 14 de la loi du 5 août 2021;

-la procédure prévue par la loi n'a pas été respectée.

Par une ordonnance n° 2107569 du 22 novembre 2021, la juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté, pour défaut de doute sérieux sur la légalité de la décision en cause, la demande de suspension de l'exécution de la décision litigieuse. Mme A a été informée qu'à défaut de réception, dans le délai d'un mois à compter de la notification de cette ordonnance, de la confirmation du maintien de ses conclusions demandant l'annulation de la décision ayant fait l'objet du référé, elle serait réputée s'en être désistée en application des dispositions de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative.

Par un mémoire, enregistré le 5 janvier 2022, Mme A a confirmé maintenir sa requête.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 mai 2022, le centre hospitalier spécialisé de Rouffach conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Le centre hospitalier spécialisé de Rouffach a produit le 17 mars 2022 une décision du 11 mars 2022.

Un mémoire, présenté pour Mme A, a été enregistré le 1er juillet 2022 et n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative.

II. Par une requête, enregistrée le 19 mai 2022 sous le numéro 2203366, Mme C A, représentée par Me Rousseau, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 mars 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier spécialisé de Rouffach a retiré la décision du 26 septembre 2021 et l'a suspendue de ses fonctions avec interruption du versement de la rémunération à compter du 18 novembre 2021 ;

2°) d'enjoindre au centre hospitalier spécialisé de Rouffach de régulariser sa situation administrative ;

3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Rouffach la somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision n'est pas motivée en méconnaissance des dispositions de l'article L. 211-3 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision est entachée d'illégalité en raison de son caractère rétroactif ;

- la décision est entachée d'erreur de droit car sa situation ne justifie pas la suspension en raison de sa maladie.

La procédure a été communiquée au centre hospitalier spécialisé de Rouffach qui n'a pas présenté de mémoire en défense.

Un mémoire, présenté pour Mme A, a été enregistré le 1er juillet 2022 et n'a pas été communiqué en application du dernier alinéa de l'article R. 611-1 du code de justice administrative

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme B,

- les conclusions de M. Sibileau, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Les affaires numéros 2107568 et 2203366 sont relatives à la situation d'un même agent et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.

2. Mme A, assistante au service social du centre hospitalier spécialisé de Rouffach, a été suspendue de traitement pour défaut de présentation d'un schéma vaccinal complet par une décision notifiée le 24 septembre 2021 alors qu'elle a été placée en congé de maladie à compter du 30 août 2021 et jusqu'à production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire. Par une décision postérieure à l'introduction de la requête le centre hospitalier spécialisé de Rouffach a, le 11 mars 2022, retiré la décision du 21 septembre 2021 et suspendu l'intéressée de ses fonctions à compter du 18 novembre 2021. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 21 septembre 2021 notifiée le 24 suivant doivent être regardées comme dirigées contre la nouvelle décision.

3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité à droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42. ".

4. D'autre part, aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique. (). ". Et aux termes du III de l'article 14 de la même loi : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit (). ".

5. Il résulte de ces dispositions que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.

6. Il ressort des pièces du dossier que dans un premier temps, Mme A a été placée en arrêt maladie du 30 août au 2 novembre 2021. Par un avis du médecin-expert chargé de contrôler le bien-fondé dudit arrêt, l'arrêt de travail a été validé jusqu'au 17 novembre 2021. La décision du 11 mars 2022 a ainsi nécessairement rétabli la situation de l'intéressée jusqu'à cette date et retiré la décision notifiée le 24 septembre 2021 pour la même période.

7. Dans un second temps, l'intéressée justifie d'arrêts de travail pour maladie au moins jusqu'au 31 mai 2022. Par la décision du 11 mars 2022, elle a été suspendue de ses fonctions à compter du 18 novembre 2021 jusqu'à ce qu'elle justifie d'une situation vaccinale conforme à la réglementation sans perception de traitement. Or, en application des dispositions précitées, aucune suspension ne peut intervenir durant la période d'arrêt de travail pour maladie. Il ressort de l'avis du médecin expert du 2 novembre 2021 que " Mme A souffre d'un état pathologique qui la rend encore incapable de travailler mais n'est pas une contre-indication à la vaccination anti-covid. ". Le bien-fondé dudit arrêt est ainsi établi. S'il mentionne par ailleurs " qu'il ne faut valider l'arrêt depuis le 30/08/2021 et ses éventuelles prolongations qu'en cas de présentation dans les quinze jours d'un certificat d'une dose de vaccination et au bout d'un mois plus tard de la deuxième dose ", un tel lien est sans emport sur la réalité de la maladie de Mme A. Par suite, il y a lieu de considérer que l'intéressée est toujours en arrêt de travail pour maladie et qu'elle ne peut se voir, en l'état de sa situation et eu égard à la durée de l'arrêt, suspendue de ses fonctions pendant cette période. Par suite, la décision ne peut qu'être annulée en tant qu'elle prend effet au 18 novembre 2021.

8. En deuxième lieu, si l'intéressée soutient que la décision attaquée serait une sanction disciplinaire qui aurait été prise sans respecter la procédure préalable prévue par la loi du 13 juillet 1983, il ressort des termes mêmes du III de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 que la suspension de fonctions qu'elle prévoit ne peut être prononcée qu'à l'encontre d'un agent public exerçant dans un établissement de santé public, qui ne peut plus exercer son activité faute d'avoir présenté un certificat de statut vaccinal ou un justificatif de l'administration de doses de vaccin, un certificat de rétablissement en cours de validité ou un certificat médical de contre-indication à la vaccination contre la covid-19. Il ne ressort en revanche de ces dispositions ni qu'une telle suspension puisse être édictée au motif qu'un agent public aurait commis une faute grave, ni que cette mesure doive être suivie de l'engagement de poursuites disciplinaires. Aussi, contrairement à ce que soutient l'intéressée, la suspension prononcée au titre de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 est une mesure distincte de celle prévue par les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, et ne constitue pas en elle-même, eu égard à son objet, une sanction disciplinaire. Dès lors, elle ne peut utilement se prévaloir des garanties applicables à la procédure disciplinaire, pour soutenir que la mesure de suspension édictée le 15 septembre 2021 serait illégale.

9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration ; " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; 2° Infligent une sanction ; 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions ; 4° Retirent ou abrogent une décision créatrice de droits ; 5° Opposent une prescription, une forclusion ou une déchéance ; 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ;7° Refusent une autorisation, sauf lorsque la communication des motifs pourrait être de nature à porter atteinte à l'un des secrets ou intérêts protégés par les dispositions du a au f du 2° de l'article L. 311-5 ;8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire. ".

10. Dès lors que la mesure de suspension de fonctions prise à l'encontre d'un agent soumis aux obligations de vaccination doit être considérée comme une mesure conservatoire prononcée dans l'intérêt du service et ne constituant pas une sanction disciplinaire, elle n'est pas au nombre des décisions qui doivent être motivées par application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision du 11 mars 2022, qui présente un caractère inopérant, doit par suite, être écarté. Au demeurant l'administration ne saurait se prévaloir d'être en situation de compétence liée dès lors qu'une telle décision ne résulte pas d'un simple constat, mais nécessite, s'agissant de l'obligation vaccinale, non seulement l'identification du cas, parmi ceux énumérés par le I de l'article 13, dans lequel se trouve l'agent, mais également l'examen de la régularité du justificatif produit au regard de ces dispositions et de celles des dispositions réglementaires prises pour leur application.

11. En quatrième lieu, si l'intéressée soutient que la décision du 11 mars 2022 ne pouvait avoir de caractère rétroactif, il ressort des termes de la décision en litige qu'elle avait pour effet de placer l'intéressée dans une position administrative favorable. Par suite, le moyen tiré de la rétroactivité illégale de la décision ne peut qu'être écarté.

12. En cinquième lieu, si l'intéressée soutient que la décision méconnaît les stipulations de l 'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, elle n'apporte aucun élément à l'appui de cette affirmation pour qu'il puisse être valablement examiné.

13. En sixième lieu, aux termes de l'article 14 III de la loi du 5 août 2021 : " III. - Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit. La dernière phrase du deuxième alinéa du présent III est d'ordre public. Lorsque le contrat à durée déterminée d'un agent public non titulaire est suspendu en application du premier alinéa du présent III, le contrat prend fin au terme prévu si ce dernier intervient au cours de la période de suspension. ".

14. Si l'intéressée soutient que la procédure n'a pas été respectée au motif qu'elle n'a pas été convoquée par l'employeur, il ressort des termes de l'article 14 précité qu'aucune obligation n'impose à l'employeur de convoquer l'intéressée. Toutefois, il a informé par note de service de l'obligation de respect des obligations de vaccination et des conséquences le 9 août 2021. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.

Sur les conclusions aux fins d'injonction :

15. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure, assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".

16. Eu égard au motif d'annulation retenu, il y a lieu, en application de ces dispositions, d'enjoindre au directeur du centre hospitalier de Rouffach de régulariser la situation de Mme A.

Sur les conclusions au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

17. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier spécialisé de Rouffach, la somme que demande Mme A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La décision du 11 mars 2022 est annulée en tant qu'elle prend effet au 18 novembre 2021.

Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier spécialisé de Rouffach de régulariser la situation de Mme A.

Article 3 : Le surplus des conclusions des requêtes est rejeté.

Article 4 : La présente décision sera notifiée à Mme C A et au centre hospitalier spécialisé de Rouffach.

Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022 , à laquelle siégeaient :

M. Vogel-Braun, président,

Mme Milbach, première conseillère,

M. Duez-Gündel, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juillet 2022.

La rapporteure,

C. B

Le président,

J.-P. VOGEL-BRAUN

Le greffier,

P. HAAG

La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

Nos 2107568-2203366

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