LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2107995

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2107995

jeudi 5 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2107995
TypeDécision
RecoursExécution d'un jugement
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantSELARL WEDRYCHOWSKI-WEBER-KELLER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une demande et des mémoires, enregistrés respectivement les 23 novembre 2021, 23 décembre 2021, 3 février 2022, 19 mars 2022 et 3 octobre 2022 sous le numéro 2107995, l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique doit être regardée comme déclarant se désister de sa requête.

Par des mémoires en défense, enregistré les 12 mars 2022 et 18 août 2023, la société anonyme SNCF Réseau, représentée par Me Weber, conclut au rejet de la requête, demande que l'astreinte soit supprimée et à ce que soit mise à la charge de l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a entièrement exécuté le jugement n° 1806020 du 25 février 2021 ;

- elle n'était pas en mesure de respecter le délai imparti, eu égard aux missions prioritaires qui lui incombent dont la sécurité des circulations ferroviaires, aux respect des règles de la commande publique ainsi qu'à l'ampleur et au coût des travaux à réaliser ;

- ces circonstances justifient la suppression de l'astreinte demandée.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 25 mars et 31 août 2023 sous le numéro 2303697, l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) de liquider l'astreinte mise à la charge de la société anonyme SNCF Réseau par le jugement n° 1806020 du 25 février 2021, assortie des intérêts au taux légal puis majoré à compter d'un délai d'un mois ;

2°) de mettre à la charge de la société anonyme SNCF Réseau une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la société anonyme SNCF Réseau a exécuté le jugement n° 1806020 du 25 février 2021 avec un retard de 464 jours ;

- la société anonyme SNCF Réseau n'a pas sollicité la prolongation du délai d'exécution ;

- les motifs invoqués par la société anonyme SNCF Réseau pour justifier de son retard ne sont pas fondés ;

- le délai d'exécution a été excessivement long ;

- elle lui a adressé trois courriers en janvier et février 2023 lui réclamant versement du montant de l'astreinte, qui s'élève à 23 200 euros, en vain.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 juillet 2023, la société anonyme SNCF Réseau, représentée par Me Weber, conclut au rejet de la requête, demande que l'astreinte soit supprimée et à ce que soit mise à la charge de l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle a entièrement exécuté le jugement du n° 1806020 du 25 février 2021 ;

- elle n'était pas en mesure de respecter le délai imparti, eu égard aux missions prioritaires qui lui incombent dont la sécurité des circulations ferroviaires, aux respect des règles de la commande publique ainsi qu'à l'ampleur et au coût des travaux à réaliser ;

- ces circonstances justifient la suppression de l'astreinte demandée.

Un mémoire présenté par la société anonyme SNCF Réseau, par lequel elle conclut aux mêmes fins et par les mêmes moyens, a été enregistré le 4 septembre 2023 et n'a pas été communiqué.

Vu :

- les autres pièces des dossiers ;

- le jugement n° 1806020 du tribunal administratif en date du 25 février 2021.

Vu :

- le code civil ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Léa Perabo Bonnet,

- les conclusions de M. Alexandre Therre, rapporteur public,

- les observations de M. A, représentant l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique ;

- les observations de Me Weber, avocate de la société SNCF Réseau.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes susvisées nos 2107995 et 2303697, présentées pour l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique, présentent à juger des questions connexes. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur la requête n° 2107995 :

2. Par son mémoire du 3 octobre 2022, l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique a informé le tribunal que les travaux réalisés par la société anonyme SNCF Réseau, réceptionnés le 12 septembre 2022, étaient conformes aux termes du jugement

n° 1806020 du présent tribunal en date du 25 février 2021 et lui donnaient satisfaction. Dans ces conditions, l'association requérante doit être regardée comme déclarant se désister de sa requête, par laquelle elle demandait au tribunal d'enjoindre à la société anonyme SNCF Réseau de prendre les mesures qu'impliquait l'exécution du jugement du 25 février 2021 et de porter l'astreinte journalière de 50 à 150 euros par jour de retard. Ce désistement est pur et simple et rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la requête n° 2303697 :

3. Aux termes de l'article L. 911-6 du code de justice administrative : " L'astreinte est provisoire ou définitive. Elle doit être considérée comme provisoire à moins que la juridiction n'ait précisé son caractère définitif. Elle est indépendante des dommages et intérêts ". Aux termes de l'article L. 911-7 du même code : " En cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive, la juridiction procède à la liquidation de l'astreinte qu'elle avait prononcée. / Sauf s'il est établi que l'inexécution de la décision provient d'un cas fortuit ou de force majeure, la juridiction ne peut modifier le taux de l'astreinte définitive lors de sa liquidation. / Elle peut modérer ou supprimer l'astreinte provisoire, même en cas d'inexécution constatée ".

4. Il résulte de l'instruction que les travaux prescrits par le jugement du

25 février 2021, dont le délai expirait le 4 juin 2021, ont été exécutés avec un retard de 464 jours. L'astreinte, fixée au taux journalier de 50 euros, s'établit à la somme totale de 23 500 euros pour la période courant du 4 juin 2021 au 12 septembre 2022, date de réception des travaux.

5. Il résulte de l'instruction que l'exécution des travaux demandés a préalablement nécessité la réalisation d'un bornage, dont les devis ont été réceptionnés par la société défenderesse les 2 et 4 mai 2021 et que la prestation a été commandée le 8 juin 2021. Une étude de faisabilité et de phasage de soutènement a ensuite été réalisée en suivant les limites d'emprises. Une visite sur site s'est tenue le 14 octobre 2021 en présence du président de l'association requérante, l'informant de la complexité et de l'importance des travaux à mener. L'entreprise contactée pour effectuer la prestation a produit un devis le 23 novembre 2021 pour un montant de 115 575 euros TTC. Un second devis a été sollicité et réceptionné le 10 décembre 2021, pour un montant légèrement supérieur. La commande a été effectuée auprès de la première entreprise sollicitée en mai 2022. Ainsi, de la notification du jugement en date du 3 mars 2021 à la passation de commande en mai 2022, la préparation des travaux a duré un an et plus de deux mois. Les travaux, réceptionnés le 12 septembre 2022, ont quant à eux duré environ quatre mois.

6. La société anonyme SNCF Réseau fait valoir qu'elle était dans l'impossibilité de respecter les délais qui lui étaient impartis en raison de ses missions prioritaires liées à la sécurité des circulations ferroviaires, de contraintes juridiques et administratives telles que le respect des règles de la commande publique et la consultation de la direction départementale des territoires, de l'ampleur des travaux à réaliser dont atteste le montant de l'opération ainsi que d'une recherche de financement. Il résulte de l'instruction que la durée des travaux tient à leur ampleur, à savoir une longueur à traiter d'environ 400 mètres linéaires, ainsi qu'à leur technicité, découlant notamment du positionnement de l'étang en limite de propriété par rapport à la voirie. Toutefois, en ce qui concerne la phase préparatoire aux travaux, la société anonyme SNCF Réseau ne démontre pas en quoi le respect des règles de la commande publique, ses missions prioritaires et l'obtention des financements nécessaires auraient engendré des délais de nature à justifier d'une durée d'un an et deux mois. Dans ces conditions, s'il y a lieu de tenir compte de l'ampleur des travaux à réaliser, cette dernière est, à elle seule, insuffisante pour justifier de la totalité du retard pris dans l'engagement des mesures nécessaires. Par suite, il y a lieu de condamner la société anonyme SNCF Réseau à verser à l'association requérante une somme limitée à 10 000 euros.

Sur les intérêts :

7. Aux termes de l'article 1231-6 du code civil : " Les dommages et intérêts dus à raison du retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent consistent dans l'intérêt au taux légal, à compter de la mise en demeure ".

8. L'obligation d'exécuter un jugement, même sous astreinte, ne constitue pas un retard dans le paiement d'une obligation de somme d'argent. Ainsi, l'association requérante n'est pas fondée à demander que l'astreinte porte intérêts au taux légal.

Sur les frais du litige :

9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société anonyme SNCF Réseau au profit de l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat et ne justifie pas avoir exposé des frais dans le cadre de la présente instance, la somme qu'elle demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Les dispositions du même article font par ailleurs obstacle à ce que les sommes demandées à ce titre par la société anonyme SNCF Réseau soient mises à la charge de l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique, qui n'est pas la partie perdante.

D E C I D E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement de l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique pour sa requête n° 2107995.

Article 2 : La société anonyme SNCF Réseau est condamnée à verser la somme de 10 000 (dix mille) euros à l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique au titre de l'astreinte prononcée par le jugement n° 1806020 du 25 février 2021.

Article 3 : Les conclusions des parties présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'association agréée pour la pêche et la protection du milieu aquatique et à la société anonyme SNCF Réseau. Copie en sera adressée au ministère public près la Cour des comptes en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative.

Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Dhers, président,

Mme Bronnenkant, première conseillère,

Mme Perabo Bonnet, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 5 octobre 2023.

La rapporteure,

L. Perabo Bonnet

Le président,

S. Dhers

La greffière,

N. Adjacent

La République mande et ordonne au ministre délégué auprès du ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Nos 2107995, 2303697

Décisions similaires

TA44Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Nantes — N° TA44-2519430

Le Tribunal Administratif de Nantes, statuant en exécution d’un précédent jugement du 23 décembre 2024, a constaté que le ministre de l’intérieur n’avait pas exécuté l’injonction de délivrer un visa d’établissement (visa long séjour type D) à Mme C... épouse B..., en lui délivrant à tort un visa de court séjour type C. Sur le fondement de l’article L. 911-4 du code de justice administrative, le tribunal a enjoint au ministre de délivrer le visa d’établissement requis sous un délai de trois mois, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. La solution retenue vise à assurer l’exécution complète et conforme du jugement initial.

01/06/2026

TA38Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2601124

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant par ordonnance, donne acte du désistement du requérant concernant ses demandes d'annulation et d'injonction relatives à des titres de séjour. La juridiction rejette sa demande d'allocation d'une somme au titre des frais non compris dans les dépens, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administratif. Le litige principal est ainsi éteint par le désistement.

07/04/2026

TA38Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Grenoble — N° TA38-2603340

Le Tribunal administratif de Grenoble, statuant en référé, a été saisi d'une demande visant à assurer l'exécution d'une précédente injonction et à obtenir une astreinte pour son inexécution. Le juge a constaté que la préfète de l'Isère n'avait pas renouvelé le récépissé de séjour de la requérante, malgré l'injonction antérieure, et que cette dernière avait ainsi subi un préjudice (licenciement). En conséquence, sur le fondement de l'article L. 521-4 du code de justice administrative, le tribunal a ordonné à la préfète de statuer expressément sur la demande de titre de séjour dans un délai d'un mois, sous astreinte de 200 euros par jour de retard.

07/04/2026

TA06Exécution d'un jugement

Tribunal Administratif de Nice — N° TA06-2506265

**Sujet principal** : Demande d'exécution d'une ordonnance de référé ayant suspendu un refus de titre de séjour et enjoint à l'administration de réexaminer la situation. **Juridiction** : Tribunal Administratif de Nice (statuant par ordonnance). **Solution retenue** : Le juge constate qu'il n'y a plus lieu de statuer sur la demande d'exécution, car l'administration a pris une nouvelle décision (un refus de titre de séjour daté du 7 janvier 2026), ce qui a assuré l'exécution de l'ordonnance initiale. La demande est donc devenue sans objet. **Textes appliqués** : Articles R. 222-1 (3°) et L. 911-4 du code de justice administrative.

07/04/2026

← Retour aux décisions