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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2108168

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2108168

jeudi 7 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2108168
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELARL CABINET D'AVOCATS NICOLAS KIHN - MIREN DIHARTCE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 27 novembre 2021, sous le n° 2108168, M. B E et Mme D C, représentés par la SELARL Cabinet d'Avocats Nicolas KIHN Miren DIHARTCE, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 septembre 2021 intitulé " arrêté de non-opposition au permis de démolir " par lequel le maire de Dettwiller a délivré à Mme F un permis de démolir portant sur un muret rue des Vosges, sur les parcelles cadastrées section 03 parcelles n°s 69, 71, 74 et 75 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Dettwiller une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt pour agir ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet, qui concerne la démolition d'un mur et la réalisation d'emplacements de stationnement, devait faire l'objet d'une demande de permis de construire valant démolition et ne pouvait faire l'objet de deux dossiers distincts ;

- le dossier de demande de permis de démolir est incomplet et irrégulier à défaut premièrement de préciser la nature exacte du projet, deuxièmement de comporter un plan de masse des constructions à démolir régulier et conforme au code de l'urbanisme, les plans produits étant sommaires, incomplets et imprécis et, troisièmement, de joindre des photographies fiables ;

- l'arrêté attaqué est entaché de fraude, dès lors que les dates de dépôt et de signature du dossier de demande sont différentes ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme, dès lors qu'il se présente comme un arrêté portant " non opposition au permis de démolir " ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il a été délivré quinze jours seulement après le dépôt de la demande, sans consultation préalable des services compétents pour avis ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du code civil, dès lors que le projet, qui concerne les parcelles n° 69, 71, 72, 74 et 75, porte atteinte à leur droit de propriété ;

- l'arrêté attaqué méconnait l'article 11 UB du règlement du plan local d'urbanisme et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 janvier 2022, Mme F, représentée par Me Jehel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. E et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. E et Mme C ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Dettwiller qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mars 2023.

La commune de Dettwiller a produit un mémoire enregistré le 13 novembre 2023.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal a, par un courrier du 27 octobre 2023, informé les parties de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce qu'en application de l'article R. 612-5-2 du même code, il doit être donné acte du désistement d'office de la requête enregistrée sous le n° 2108168, M. E et Mme C n'ayant pas confirmé le maintien de leur requête dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'ordonnance n° 2108167 du 21 décembre 2021 rejetant leur référé-suspension pour défaut de moyens de nature à créer un doute sérieux.

II. Par une requête, enregistrée le 29 novembre 2021, sous le n° 2108211, M. B E et Mme D C, représentés par la SELARL Cabinet d'Avocats Nicolas KIHN Miren DIHARTCE, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 septembre 2021 par lequel le maire de Dettwiller ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée le 6 septembre 2021 par Mme F en vue du terrassement et de la création de deux places de stationnement, sur un terrain situé 46 rue des Vosges, sur les parcelles cadastrées section 03 parcelles n°s 69, 71,74 et 75 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Dettwiller une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils ont intérêt pour agir dès lors qu'ils ont la qualité de voisins immédiats du projet et que celui-ci est de nature à perturber les conditions d'utilisation et de jouissance de leurs propres biens et la requête est recevable ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme, dès lors que le projet, qui concerne la réalisation d'emplacements de stationnement après démolition partielle d'un muret, devait faire l'objet d'une demande de permis de construire valant démolition et ne pouvait faire l'objet de deux dossiers distincts ;

- le dossier de déclaration préalable est incomplet, d'une part à défaut de comporter un plan de masse conforme au code de l'urbanisme, un plan de coupe, un plan de façades et des toitures, une modélisation en 3D du projet inséré dans son environnement et de joindre des photographies fiables situant le terrain dans l'environnement proche et dans l'environnement lointain et, d'autre part, à défaut de préciser la nature exacte du projet ;

- l'arrêté attaqué est entaché de fraude, dès lors que les dates de dépôt et de signature du dossier de déclaration préalable sont différentes ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de forme, dès lors que son article 1er dispose à tort que le maire " accorde " la déclaration préalable ;

- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il a été délivré vingt et un jours seulement après le dépôt du dossier de déclaration, sans consultation préalable des services compétents pour avis ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du code civil, dès lors que le projet, qui concerne les parcelles n° 69, 71, 72, 74 et 75, porte atteinte à leur droit de propriété ;

- le projet relevant d'un permis de construire et non d'une déclaration préalable, le maire était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable ;

- l'arrêté attaqué méconnait l'article 11 UB du règlement du plan local d'urbanisme et est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 février 2022, Mme F, représentée par Me Jehel, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. E et Mme C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les moyens soulevés par M. E et Mme C ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée à la commune de Dettwiller qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Par une ordonnance du 7 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 22 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Michel Richard,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de M. G, maire de Dettwiller.

Considérant ce qui suit :

1. Le 6 septembre 2021, Mme F a déposé d'une part une demande de permis de démolir pour la démolition partielle d'un muret situé 46 avenue des Vosges à Dettwiller, sur les parcelles cadastrées section 03 parcelles n°s 69, 71 ,74, 75 et, d'autre part, une déclaration préalable en vue du terrassement et de la création de deux places de stationnement, sur ce même terrain. Par un arrêté du 21 septembre 2021, le maire de Dettwiller a délivré le permis de démolir sollicité. Par un arrêté du 27 septembre 2021, il ne s'est pas opposé à la déclaration préalable. Par des requêtes nos 2108168 et 2108211, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par un seul jugement, M. E et Mme C, propriétaires du terrain situé au 44 A de l'avenue des Vosges à Dettwiller, demandent l'annulation de ces arrêtés des 21 et 27 septembre 2021.

Sur l'arrêté du 21 septembre 2021 :

2. Aux termes de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative : " En cas de rejet d'une demande de suspension présentée sur le fondement de l'article L. 521-1 au motif qu'il n'est pas fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision, il appartient au requérant, sauf lorsqu'un pourvoi en cassation est exercé contre l'ordonnance rendue par le juge des référés, de confirmer le maintien de sa requête à fin d'annulation ou de réformation dans un délai d'un mois à compter de la notification de ce rejet. A défaut, le requérant est réputé s'être désisté. / Dans le cas prévu au premier alinéa, la notification de l'ordonnance de rejet mentionne qu'à défaut de confirmation du maintien de sa requête dans le délai d'un mois, le requérant est réputé s'être désisté () ".

3. Par une ordonnance n° 2108167 du 21 décembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Strasbourg a rejeté la requête de M. E et Mme C tendant à la suspension de l'exécution de l'arrêté du 21 septembre 2021 par lequel le maire de Dettwiller a délivré à Mme F un permis de démolir portant sur un muret rue des Vosges, au motif qu'il n'était fait état d'aucun moyen propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de cette décision et mis à la charge des requérants une somme de 1000 euros à Mme F au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

4. La notification de cette ordonnance, qui comportait la mention prévue par le deuxième alinéa de l'article R. 612-5-2 du code de justice administrative, a été adressée aux requérants le 21 décembre 2021 par une lettre recommandée avec avis de réception qui a été distribuée le 29 décembre 2021, et par voie dématérialisée au conseil des requérants qui en a accusé réception le 21 décembre 2021 à 17h55 dans l'application " Télérecours ". Aucune confirmation n'étant parvenue à la juridiction dans le délai d'un mois qui était imparti aux requérants et en l'absence de pourvoi en cassation, M. E et Mme C sont réputés s'être désistés de l'ensemble des conclusions de leur requête enregistrée sous le n° 2108168. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.

Sur la légalité de l'arrêté du 27 septembre 2021 :

5. En premier lieu, lorsqu'il est constaté que des travaux sont, en vertu des dispositions du code de l'urbanisme, soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire mais n'ont fait l'objet que d'une simple déclaration, le maire est tenu de s'opposer aux travaux déclarés et d'inviter le pétitionnaire à présenter une demande de permis de construire.

6. Aux termes de l'article L. 421-1 code de l'urbanisme : " Les constructions, même ne comportant pas de fondations, doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire () ". L'article R. 421-1 du même code dispose que : " Les constructions nouvelles doivent être précédées de la délivrance d'un permis de construire, à l'exception : a) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-2 à R. 421-8-2 qui sont dispensées de toute formalité au titre du code de l'urbanisme ; b) Des constructions mentionnées aux articles R. 421-9 à R. 421-12 qui doivent faire l'objet d'une déclaration préalable ". L'article R. 421-9 du même code précise que : " En dehors du périmètre des sites patrimoniaux remarquables, des abords des monuments historiques et des sites classés ou en instance de classement, les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : a) Les constructions dont soit l'emprise au sol, soit la surface de plancher est supérieure à cinq mètres carrés et répondant aux critères cumulatifs suivants : - une hauteur au-dessus du sol inférieure ou égale à douze mètres ; - une emprise au sol inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; - une surface de plancher inférieure ou égale à vingt mètres carrés ; () ". Il résulte de ces dispositions que les constructions nouvelles représentant plus de vingt mètres carrés d'emprise au sol ou de surface de plancher sont en principe toujours soumises au permis de construire.

7. Il ressort des pièces du dossier et en particulier des documents graphiques, du courriel adressé par la déclarante à la mairie de Dettwiller le 6 septembre 2021 et du courrier adressé par l'intéressée à la mairie le 23 septembre 2021, que le projet en litige consiste en un terrassement de trente mètres carrés du terrain situé le long de la façade Sud de la maison d'habitation de Mme F, en vue de son pavage et de son utilisation comme aire de stationnement privative pour deux véhicules en enfilade. Ainsi la surface au sol du projet dépasse vingt mètres carrés. Toutefois, contrairement à ce que soutiennent les requérants, la réalisation de cette aire de stationnement, sans abri de type carport, ne constitue pas une construction au sens et pour l'application des dispositions citées au point 6. Par suite,

M. E et Mme C ne sont pas fondés à soutenir que dès lors que le projet relevait d'un permis de construire et non d'une déclaration préalable, le maire était en situation de compétence liée pour s'opposer à la déclaration préalable.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ".

9. Tout d'abord, ces dispositions, propres aux démolitions, ne peuvent être utilement invoquées à l'encontre d'une décision de non-opposition à déclaration préalable. Ensuite et ainsi qu'il a été exposé au point 7, le projet ne nécessitait pas de permis de construire. Enfin et en tout état de cause, d'une part, il ne résulte pas des dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme précitées que les travaux de démolition et de reconstruction doivent obligatoirement faire l'objet d'une seule et même demande. D'autre part, dès lors qu'il est constant qu'en l'espèce, le dossier de demande de permis de démolir pour la démolition partielle du muret et celui de déclaration préalable en vue du terrassement et de la création de deux places de stationnement ont été déposés le même jour en mairie par Mme F, l'autorité administrative disposait des éléments lui permettant d'apprécier l'impact, sur le site, non de la seule démolition de la construction existante mais également de son remplacement par l'aire de stationnement autorisée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 451-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.

10. En troisième lieu, les requérants font valoir que le dossier de déclaration préalable est incomplet, d'une part à défaut de comporter un plan de masse conforme au code de l'urbanisme, un plan de coupe, un plan de façades et des toitures, une modélisation en 3D du projet inséré dans son environnement et de joindre des photographies fiables situant le terrain dans l'environnement proche et dans l'environnement lointain et, d'autre part, à défaut de préciser la nature exacte du projet.

11. Aux termes de l'article R. 431-36 du code de l'urbanisme : " Le dossier joint à la déclaration comprend : () b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; () Il est complété, s'il y a lieu, par les documents mentionnés aux a et b de l'article R. 431-10, à l'article R. 431-14, aux a, b, c, g et q de l'article R. 431-16 et aux articles R. 431-18, R. 431-18-1, R. 431-21, R. 431-23-2, R. 431-25, R. 431-31 à R. 431-33 et R. 431-34-1. () Lorsque la déclaration porte sur un projet de création ou de modification d'une construction et que ce projet est visible depuis l'espace public ou que ce projet est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier comprend également les documents mentionnés aux c et d de l'article R. 431-10 () ". Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

12. La circonstance que le dossier de déclaration préalable ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité l'autorisation qui a été accordée que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

13. Il ressort des pièces du dossier que si le dossier de déclaration en litige ne comprend pas de plan de masse coté dans les trois dimensions, il comporte toutefois un plan cadastral à l'échelle sur lequel ont été reportées la longueur et la largeur de l'aire de stationnement, ainsi qu'un document photographique, qui ont permis au service instructeur d'appréhender les dimensions de l'ouvrage projeté par la déclarante. Ensuite, dès lors que le projet ne comporte ni façades ni toitures, il n'y avait pas lieu de joindre le plan des façades et des toitures prévu au a) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme précité. Par ailleurs, il est vrai que le dossier de déclaration préalable en litige ne comprend pas de plan de coupe alors que le projet a pour effet de modifier le profil du terrain. Toutefois d'une part, le courriel du 6 septembre 2021 joignant la déclaration préalable précise qu'il y aura création d'une " pente permettant de rattraper le niveau du jardin (se situant) à l'arrière de la maison " et d'" un petit escalier sur le devant permettant de récupérer le niveau de la dalle devant la maison " et, d'autre part, le document représentant la modélisation du terrassement et de la construction d'un escalier joint au dossier a permis à la commune de se faire une idée exacte de l'implantation de l'aire de stationnement par rapport au profil du terrain. En outre, si le " document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain " n'apparaît pas au dossier de déclaration préalable en tant que tel, d'autres documents, graphique et photographique, permettent d'apprécier les dimensions de l'aire de stationnement à réaliser ainsi que la façon dont elle va s'intégrer à son environnement, son impact visuel et les accès. Enfin, le dossier comprend des photographies et documents graphiques d'insertion qui, bien que très sommaires et sans photographie de l'environnement lointain, ont permis au maire de statuer en toute connaissance de cause sur l'insertion du projet, de dimension modeste, dans son environnement et plus globalement sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

14. Par ailleurs, s'il est vrai que le Cerfa ne précise pas dans ses encadrés 5.1. et 5.5 la nature exacte du projet, celle-ci apparaît dans le mail du 6 septembre 2021 joint à la demande, qui le détaille.

15. Compte-tenu de ce qui vient d'être exposé aux points 13 et 14, les requérants, qui n'indiquent en tout état de cause pas au regard de quelle réglementation le service instructeur n'aurait pu apprécier la conformité du projet, ne sont pas fondés à soutenir que le dossier de déclaration préalable est entaché d'insuffisance. Il en résulte que le moyen articulé en ce sens doit être écarté en toutes ses branches.

16. En quatrième lieu, la caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.

17. Les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué est entaché de fraude, dès lors que les dates de dépôt et de signature du dossier de demande sont différentes. Il ressort des pièces du dossier et notamment du mail adressé par la déclarante à la mairie de Dettwiller le 6 septembre 2021, que le dossier de déclaration préalable a été déposé à cette date en mairie. Par suite, la date du " 7 " septembre 2021 apparaissant en regard de la signature de Mme F sur le dossier de déclaration préalable constitue une simple erreur de plume insusceptible de caractériser la fraude alléguée. Ce moyen doit dès lors être écarté.

18. En cinquième lieu, si le maire de Dettwiller a indiqué dans l'article 1er de la décision attaquée, qu'il " accorde " la déclaration préalable, une telle mention constitue en l'espèce une simple erreur de plume qui, en tout état de cause, reste sans incidence sur la régularité de la procédure et la légalité de l'arrêté du 27 septembre 2021 portant non-opposition à déclaration préalable.

19. En sixième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il a été délivré vingt et un jours seulement après le dépôt du dossier de déclaration, sans consultation préalable des services compétents pour avis.

20. D'une part, l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme, aux termes duquel " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables ; () ", prévoit un délai maximal, que l'administration peut abréger.

21. En l'espèce, la commune de Dettwiller a pu, sans méconnaitre les dispositions citées au point précédent, procéder en vingt-et-un jours à l'instruction de la demande de la déclarante dans sa totalité.

22. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme applicable à l'instruction des demandes de permis et des déclarations préalables : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".

23. En se bornant à soutenir que le maire de Dettwiller n'a pas recueilli les avis des services du département, de fourniture d'électricité et d'incendie et de secours, sans mentionner les lois ou règlements qui rendraient leur consultation obligatoire, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a été adopté en méconnaissance des dispositions de l'article R. 423-50 précité.

24. Compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 20 à 23, le moyen tiré du vice de procédure tel qu'il est articulé doit être écarté en toutes ses branches.

25. En sixième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions du code civil, dès lors que le projet, qui concerne les parcelles n° 69, 71, 72, 74 et 75, porte atteinte à leur droit de propriété.

27. Ainsi que le rappellent les dispositions de l'article A.424-8 du code de l'urbanisme relatives aux mentions d'un permis de construire, les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, sont accordées sous réserve du droit des tiers. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions du code civil est inopérant.

28. En dernier lieu, l'article 11 UB du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Le permis de construire peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".

29. D'une part, compte-tenu de ce qui a été exposé au point 7, la réalisation du projet en litige ne constituant pas une construction, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions précitées.

30. D'autre part et en tout état de cause, si M. E et Mme C font valoir qu'ils vont subir " la vue disharmonieuse " des emplacements de stationnement, et que le projet rompt l'harmonie qui existe depuis les années 1960, le caractère inesthétique du projet en litige ne ressort pas des pièces du dossier. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que ce projet serait situé dans un périmètre de protection architecturale particulière. Ainsi il ne porte aucune atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants ni aux paysages.

31. Compte-tenu de ce qui a été exposé aux points 28 à 30, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 11 UB du règlement du plan local d'urbanisme et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

32. Il résulte de tout ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la recevabilité de la requête n° 2108211, M. E et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 27 septembre 2021 attaqué.

Sur les frais liés au litige :

33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Dettwiller et de Mme F qui ne sont pas, dans la présente instance, les parties perdantes, la somme que M. E et Mme C demandent au titre des frais liés au litige dans les deux requêtes.

34. En revanche, il y a lieu, sur le fondement de ces dernières dispositions, de mettre à la charge de M. E et Mme C le paiement de la somme de 1500 euros à Mme F au titre des frais exposés dans le cadre de la requête n° 2108211. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme F présentées sur le même fondement dans la requête n° 2108168.

D E C I D E :

Article 1 : Il est donné acte du désistement d'instance de la requête n° 2108168 de M. E et Mme C.

Article 2 : La requête n° 2108211 de M. E et Mme C est rejetée.

Article 3 : M. E et Mme C verseront une somme de 1500 euros à Mme F au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative dans la requête n° 2108211.

Article 4 : Les conclusions de M. F présentées au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative dans la requête n° 2108168 sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B E et Mme D C, à la commune de Dettwiller et à Mme A F.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

M. Lusset, premier conseiller,

Mme Malgras, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 décembre 2023.

Le premier assesseur,

A. Lusset

Le président,

M. Richard

La greffière,

J. BROSÉ

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, 2108211

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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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