jeudi 12 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108363 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | THALINGER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2021, M. B A, représenté par Me Thalinger, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 novembre 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg Grand Est a rejeté le recours administratif préalable obligatoire formé contre la décision du 15 octobre 2021 par laquelle la commission de discipline a prononcé une sanction de dix-sept jours de cellule disciplinaire et le déclassement de son emploi, ensemble la décision du 15 octobre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser au conseil du requérant en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision du 15 octobre 2021 est entachée d'incompétence en ce que la présidente de la commission de discipline ne justifie pas d'une délégation de signature régulière pour cette mission ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- la sanction de 17 jours de cellule disciplinaire est disproportionnée eu égard aux faits qui lui sont reprochés ;
- la sanction de déclassement est entachée d'erreur d'appréciation ;
- elle est entachée d'erreur de droit dès lors qu'elle est sans lien avec les circonstances dans lesquelles la faute a été commise.
Par ordonnance du 9 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 septembre 2024.
Un mémoire présenté par le garde des sceaux, ministre de la justice a été enregistré le 16 novembre 2024, postérieurement à la clôture de l'instruction, et il n'a pas été communiqué.
M. A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 janvier 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Dobry ;
- les conclusions de Mme Merri, rapporteure publique.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Par décision du 15 octobre 2021, la commission de discipline de la maison d'arrêt de Strasbourg, où était alors incarcéré M. B A, a prononcé à son encontre une sanction de 17 jours de cellule disciplinaire ainsi que le déclassement de son emploi. Il a formé un recours administratif préalable obligatoire contre cette décision devant le directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg Grand Est, qui a rejeté son recours par décision du 10 novembre 2021.
2. La décision prise sur le recours administratif préalable obligatoire se substituant à la décision initiale de sanction, les conclusions du requérant, dirigées contre ces deux décisions, doivent être regardées comme dirigées contre la seule décision du directeur interrégional du 10 novembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, dans sa version alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / () 12° De proférer des insultes, des menaces ou des propos outrageants à l'encontre d'un membre du personnel de l'établissement, d'une personne en mission ou en visite au sein de l'établissement pénitentiaire ou des autorités administratives ou judiciaires () ". Aux termes de l'article R. 57-7-2 du même code, alors en vigueur : " Constitue une faute disciplinaire du deuxième degré le fait, pour une personne détenue : / () 15° De provoquer un tapage de nature à troubler l'ordre de l'établissement ; () ". En vertu de l'article R. 57-7-47 du même code, alors en vigueur : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré () ". L'article R. 57-7-34 du même code, alors en vigueur, dispose enfin que : " Lorsque la personne détenue est majeure, les sanctions disciplinaires suivantes peuvent également être prononcées : / () 2° Le déclassement d'un emploi ou d'une formation () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire sont établis, s'ils constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
5. Il résulte de l'instruction que M. A a fait l'objet de poursuites disciplinaires pour avoir, alors qu'il n'avait pas reçu en cellule un sac de linge qui lui avait été remis lors d'un parloir, frappé contre la porte de sa cellule et crié pour qu'on lui amène son sac de linge puis s'être avancé vers le surveillant qui est venu le voir et l'avoir insulté en ces termes : " je t'encule ". M. A ne conteste pas la matérialité des faits reprochés ni leurs qualifications respectives de fautes des deuxième et premier degrés, mais il soutient notamment que la sanction prononcée à son encontre est disproportionnée s'agissant du placement en cellule disciplinaire, et injustifiée au regard des faits reprochés s'agissant du déclassement d'emploi.
6. Il fait valoir sans être contredit qu'il s'agissait de son premier rapport disciplinaire. La consignation, dans la décision de la commission de discipline, des observations présentées par l'intéressé lors de sa tenue, permet en outre de constater qu'il a pris conscience du caractère fautif de son comportement et s'en est excusé. Dans ces conditions et eu égard à la nature des faits qui lui sont reprochés, M. A est fondé à soutenir d'une part, que la sanction de 17 jours de cellule disciplinaire est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés, d'autre part, que la sanction de déclassement n'apparaît pas justifiée au regard de ces mêmes faits.
7. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'il soulève, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
8. M. A étant admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale, il y a lieu, sous réserve que Me Thalinger, son avocat, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État le versement à Me Thalinger de la somme de 1 000 euros hors taxes
D E C I D E :
Article 1er : La décision du directeur interrégional des services pénitentiaires Strasbourg Grand Est du 10 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : L'État versera une somme de 1 000 (mille) euros hors taxes à Me Thalinger, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve que Me Thalinger renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, au garde des sceaux, ministre de la justice et à Me Thalinger.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Dobry, conseillère,
Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2024.
La rapporteure,
S. DOBRY
Le président,
R. REESLa greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026