mardi 14 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SELAS JACQUES BARTHÉLÉMY & ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 13 décembre 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué la requête de Mme E au tribunal administratif de Strasbourg.
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 29 octobre 2021 et le 30 mai 2022, Mme B E, représentée par Me Katz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 10 septembre 2021 par laquelle la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a annulé la décision du 25 mars 2021 de l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle 2 du Bas-Rhin et a autorisé la société Domitys à la licencier ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision est irrégulière en l'absence de communication du recours hiérarchique de la société ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- le grief tiré de l'absence de prise en charge de Mme A n'est pas établi ;
- la montre d'une résidente laissée en charge, le défaut d'édition de la liste des personnes à mobilité réduite et l'absence de renseignement de la chute de Mme A dans le logiciel ne révèlent pas une faute de sa part ;
- le décalage de son temps de pause le 27 septembre 2020 n'a causé aucun préjudice ;
- l'appel privé ne constitue pas une faute ;
- les erreurs de facturation ne justifient pas son licenciement ;
- il ne peut lui être reproché de n'avoir pas aidé aux services du soir les 13 et 16 octobre 2020.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête.
Il soutient qu'aucun des moyens soulevés par Mme E n'est fondé.
La procédure a été communiquée à la société Domitys qui n'a produit aucun mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Devys, rapporteure,
- les conclusions de M. Lusset, rapporteur public,
- et les observations de Me Moreau, représentant la société Domitys.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier du 7 janvier 2021, la société Domitys a demandé l'autorisation de licencier Mme Puruehnce Wambani, secrétaire administrative et comptable au sein d'un établissement de la société Domitys Est et membre du comité économique et social, pour motif disciplinaire. Par une décision du 25 mars 2021, l'inspectrice du travail de l'unité de contrôle 2 du Bas-Rhin a rejeté cette demande. Par une décision du 10 septembre 2021, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion a annulé la décision du 25 mars 2021 et a autorisé la société Domitys à licencier Mme E. La requérante demande l'annulation de la décision du 10 septembre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, la ministre du travail, de l'emploi et de l'insertion, par une décision du 13 octobre 2020 publiée au journal officiel le 16 octobre suivant, a donné délégation de signature à Mme C D, cheffe du bureau du statut protecteur, à l'effet de signer tous actes relevant des attributions de son bureau. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un courrier du 25 mai 2021, l'inspectrice du travail de la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités du Grand Est a communiqué le recours hiérarchique formé par la société Domitys à Mme E et l'a invitée à se présenter à l'enquête contradictoire. Le moyen tiré du vice de procédure doit par suite être écarté.
4. En troisième lieu, la requérante conteste la matérialité et la gravité des faits qui lui sont reprochés. Le premier grief formulé par la société et tiré de l'absence de prise en charge d'une résidente n'a pas été retenu par la ministre. En revanche, la ministre a considéré que le deuxième grief tiré du non-respect des procédures de qualité de l'accueil était établi. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a reconnu avoir laissé la montre " vivago " (dispositif d'alerte) d'une résidente en charge la nuit du 7 octobre 2020, sans lui laisser la possibilité de signaler une urgence. Elle ne conteste pas avoir oublié d'éditer la liste de personnes à mobilité réduite le 13 octobre 2020, tâche devant être réalisée afin de connaître les personnes présentes en cas de nécessité d'évacuation, et ne conteste pas davantage ne pas avoir renseigné la chute d'une résidente dans le logiciel dédié. Ces faits, s'ils ne sont pas d'une grande gravité, auraient pu avoir des conséquences extrêmement graves. La ministre du travail a également retenu le troisième grief tiré du non-respect du temps de travail, au motif que la requérante a quitté la résidence le 27 septembre 2020 sans en informer la direction en décalant son temps de pause. Si Mme E soutient que son temps de pause était décalé le week-end et qu'elle ne l'avait modifié que de cinq minutes, cette affirmation n'est pas démontrée. Le quatrième grief, tiré d'erreurs de facturation, n'est pas contesté par la requérante, qui se borne à soutenir que d'autres salariés commettent ce type d'erreurs. Enfin, Mme E a reconnu avoir refusé d'aider l'équipe du soir les 13 et 16 octobre 2020 alors que cette aide avait été convenue en réunion d'équipe. Ces griefs, qui sont fautifs, révèlent par leur répétition et la réaction de la requérante qui souligne le défaut de gravité et se réfère à ses collègues qui commettraient les mêmes fautes, une certaine négligence dans l'exercice de ses fonctions. L'ensemble de ces griefs, compte-tenu du passif disciplinaire de la requérante, qui a fait l'objet de deux avertissements en 2018 et 2019 et d'une mise à pied en 2020 pour des faits relatifs à un comportement inadapté vis-à-vis des résidents, une attitude inappropriée vis-à-vis de ses collègues, au non-respect des règles sanitaires et des horaires de travail, est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement de Mme E. C'est dès lors sans commettre d'erreur d'appréciation que la ministre a autorisé la société Domitys à la licencier.
5. Il résulte de ce qui précède que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 10 septembre 2021.
Sur les frais d'instance :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, le versement d'une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B E, au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion et à la société Domitys.
Délibéré après l'audience du 31 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Dhers, président,
Mme Devys, première conseillère
Mme Weisse-Marchal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2023.
La rapporteure,
J. Devys
Le président,
S. DhersLe greffier,
P. Souhait
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Un greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026