vendredi 3 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108589 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | SELARL ENARD-BAZIRE COLLIOU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 15 décembre 2021 et le 30 mai 2022, Mme A B, représentée par Me Enard-Bazire, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 29 juillet 2021 par laquelle la directrice générale du centre hospitalier régional (CHR) de Metz-Thionville a émis un avis défavorable à sa demande d'exercice d'une activité privée pendant sa disponibilité pour convenances personnelles ;
2°) d'annuler la décision implicite par laquelle la directrice générale du CHR de Metz-Thionville a rejeté son recours gracieux contre la décision du 29 juillet 2021 ;
3°) d'enjoindre à la directrice générale du CHR de Metz-Thionville de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge du CHR de Metz-Thionville la somme de 1 850 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le silence gardé par le CHR de Metz-Thionville sur sa demande du 8 janvier 2019, ne peut être interprété comme un refus mais comme une absence d'opposition à sa demande ;
- la décision du 29 juillet 2021 est entachée d'incompétence de l'auteur de l'acte ;
- les décisions attaquées sont insuffisamment motivées ;
- la décision du 29 juillet 2021 est entachée d'erreur de droit et d'erreur de motif.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, le centre hospitalier régional de Metz-Thionville, représenté par sa directrice générale.
Elle soutient que :
- la requête de Mme B est irrecevable dans la mesure où d'une part, la requérante n'a formé de recours ni contre les décisions du 8 avril 2016 et du 14 mars 2018 fixant au 19 avril 2019 la date de fin de l'autorisation d'exercice d'une activité privée, ni contre le rejet implicite de sa demande du 8 janvier 2019 tendant au renouvellement de sa disponibilité, de son autorisation d'exercer une activité privée et à l'indemnisation des jours présents sur son compte épargne temps, d'autre part, les décisions attaquées sont purement confirmatives de ce rejet implicite ;
- pour le surplus, aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par une ordonnance du 1er septembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 septembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Mme B, adjointe administrative de 1ère classe affectée au CHR de Metz-Thionville, a, sur sa demande du 18 janvier 2016, été placée en disponibilité pour convenances personnelles du 19 avril 2016 au 18 avril 2019 afin d'exercer une activité professionnelle privée. Le 8 janvier 2019, elle a sollicité le renouvellement de sa disponibilité, le renouvellement de son autorisation d'exercer une activité privée pour une durée d'un an et l'indemnisation des jours figurant sur son compte épargne temps. Par une lettre du 14 janvier 2020, Mme B a de nouveau sollicité le renouvellement de son autorisation d'exercer une activité privée pour une durée d'un an et l'indemnisation des jours inscrits sur son compte épargne-temps. Par deux lettres des 23 janvier 2020 et 22 mars 2021, la directrice générale du CHR Metz-Thionville a refusé d'indemniser les jours mentionnés sur son compte épargne temps. Par une lettre du 21 juin 2021, Mme B a informé la directrice générale du CHR Metz-Thionville qu'elle avait changé d'employeur privé. Par lettre du 29 juillet 2021, la directrice générale du CHR Metz-Thionville l'a informée qu'elle émettait un avis défavorable à sa demande d'exercice d'une activité privée pendant sa disponibilité pour convenances personnelles. Mme B a formé un recours gracieux contre cette décision le 4 octobre 2021. Par sa requête, Mme B demande au tribunal l'annulation de la décision du 29 juillet 2021, ensemble le refus implicite opposé à son recours gracieux contre cette décision.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : () 4º Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / (). ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Tout d'abord, aux termes du premier alinéa de l'article R. 421-2 du code de justice
administrative : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le
silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé
dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née
une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant
l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. ". Aux termes de
l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne
sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la
notification de la décision. ".
4. Ensuite, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et
l'administration, ne sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents ni les
dispositions de l'article L. 112-3 de ce code aux termes desquelles : " Toute demande adressée à
l'administration fait l'objet d'un accusé de réception ", ni celles de son article L. 112-6 qui
dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque
l'accusé de réception ne lui a pas été transmis (). ".
5. Enfin, l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision
implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois
suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle
décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que
l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent, les dispositions de l'article
L. 112-3 du code des relations entre le public et l'administration n'étant pas applicables aux
agents publics. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la
demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il
dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.
7. D'une part, il ressort des pièces du dossier que par une lettre recommandée avec accusé de réception du 8 janvier 2019, Mme B a sollicité le renouvellement de sa disponibilité pour convenances personnelles et le renouvellement de son autorisation d'exercer une activité privée pour une durée d'un an. Du silence gardé sur cette demande est née, le 8 mars 2019, une décision implicite de rejet que la requérante, en qualité d'agent public, ne pouvait contester que jusqu'au 8 mai 2019, nonobstant l'absence de mention des voies et délais de recours dans un accusé de réception de sa demande. Or il est constant que dans ce délai, Mme B n'a ni formé de recours contentieux contre la décision implicite qui lui était opposée, ni reçu notification d'une décision expresse de rejet.
8. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que, par une lettre du 14 janvier 2020, Mme B a de nouveau sollicité le renouvellement de son autorisation d'exercer une activité privée pour une durée d'un an. Or le refus implicite né le 14 mars 2020, le refus explicite du 29 juillet 2021 et le rejet implicite du recours gracieux formé par Mme B contre ce refus explicite présentent le même objet et sont fondés sur la même cause juridique que la décision implicite du 8 mars 2019 mentionnée au point précédent. Il s'ensuit que les décisions attaquées sont purement confirmatives de la décision implicite du 8 mars 2019, devenue définitive, et qu'elles n'ont dès lors pas pu rouvrir le délai de recours contentieux. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation de Mme B sont manifestement irrecevables et doivent être rejetées, en application des dispositions précitées du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction présentées par Mme B ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions relatives à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes
les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à
payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans
les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le
juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut,
même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette
condamnation. ".
11. Les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice
administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHR Metz-Thionville, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1 : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et au centre hospitalier régional de Metz-Thionville.
Fait à Strasbourg, le 3 février 2023.
Le président de la 5ème chambre,
Claude CARRIER
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026