jeudi 17 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108605 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | AARPI L'ILL LÉGAL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 décembre 2021, M. A C, représenté par Me Hentz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires a rejeté son recours administratif préalable contre la sanction disciplinaire prise à son encontre le 23 septembre 2021 par la commission de discipline de la maison d'arrêt de Strasbourg ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros à verser à son avocate en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la commission de discipline n'était pas régulièrement composée ;
- les faits qui lui sont reprochés ne constituent pas une faute disciplinaire ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire en défense enregistré le 8 novembre 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient qu'aucun des moyens soulevés par le requérant n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 26 septembre 2024 :
- le rapport de M. Rees ;
- les conclusions de Mme B ;
Aucune des parties n'était présente ou représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Le 21 septembre 2021, des affrontements entre détenus, dont M. C, ont eu lieu à la maison d'arrêt de Strasbourg. Le 23 septembre 2021, la commission de discipline de l'établissement a infligé une sanction de vingt-et-un jours de cellule disciplinaire dont deux en prévention à M. C. Ce dernier demande au tribunal d'annuler la décision du 25 octobre 2021 par laquelle le directeur interrégional des services pénitentiaires a rejeté son recours administratif préalable contre cette sanction.
2. Aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale, alors applicable : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : () / 2° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'une personne détenue ; () 7° De participer ou de tenter de participer à toute action collective de nature à compromettre la sécurité des établissements ou à en perturber l'ordre ; () ". En vertu de l'article R. 57-7-47 du même code, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour la faute prévue au 7° de l'article R. 57-7-1 et peut être portée à trente jours pour celle prévue au 2° de cet article.
3. M. C a été sanctionné de vingt-et-un jours de cellule disciplinaire, dont deux en prévention, à raison de ces deux fautes. Il fait valoir que cette sanction est injustifiée et disproportionnée, dès lors que, contrairement à ce qui a été retenu à son encontre, il n'est pas à l'origine des affrontements avec les autres détenus, auxquels il s'est trouvé mêlé après qu'ils aient débuté, et qu'il n'a porté des coups qu'après en avoir lui-même reçus, et pour se protéger.
4. Ces affirmations ne sont pas contredites par les énonciations du compte rendu d'incident, lequel se borne à rapporter que l'intéressé a donné des coups de pieds et de poings, et ne fournit ainsi aucune indication sur sa participation au déclenchement de la bagarre, pas plus que sur le moment où il a lui-même reçu des coups. Il ne ressort pas des autres pièces du dossier, en l'absence, notamment, de production des enregistrements de vidéosurveillance ou d'autres témoignages, que M. C aurait participé au déclenchement des affrontements. En revanche, ce dernier ne conteste pas s'y être mêlé de sa propre initiative, et il ne ressort pas des pièces du dossier que les coups qu'il a portés auraient été strictement proportionnés aux violences dont il a lui-même fait l'objet. Dans ces conditions, il n'est pas fondé à soutenir que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas fautifs, ni à se prévaloir de l'excuse de la légitime défense, mais est en revanche fondé à soutenir que la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée.
5. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens qu'il soulève, M. C est fondé à demander l'annulation de la décision contestée.
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du directeur interrégional des services pénitentiaires du 25 octobre 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, au garde des sceaux, ministre de la justice, et à Me Hentz.
Délibéré après l'audience du 26 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Rees, président,
Mme Dobry, conseillère,
Mme Poittevin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 octobre 2024.
Le rapporteur,
P. REESL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
S. DOBRY
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne au garde des Sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026