mardi 19 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108611 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | ARAB |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 décembre 2021, Mme B C, représentée par Me Arab, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 octobre 2021 par laquelle la directrice du Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace (GHRMSA) l'a suspendue de ses fonctions avec interruption du versement de la rémunération ;
2°) d'enjoindre au GHRMSA de la rétablir dans ses droits à rémunération, indemnités, congés payés, ancienneté, avancement et constitution de droits à la retraite, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir, sous astreinte de 200 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du GHRMSA une somme d'un montant de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle méconnaît les dispositions des article 13 et 14 de la loi du 5 août 2021 dès lors que la suspension a été prononcée alors qu'elle bénéficiait d'un congé de maladie ;
- la procédure prévue par la loi n'a pas été respectée.
Le Groupe hospitalier de la région de Mulhouse et Sud Alsace, représenté par la SELARL CM.Affaires publiques a produit le 14 avril 2022 une décision du 12 avril 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A,
- les conclusions de M. Sibileau , rapporteur public,
- et les observations de Me Durgun, représentant le GHRMSA.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, infirmière exerçant au GHRMSA, a été suspendue de ses fonctions avec interruption de traitement pour défaut de présentation d'un schéma vaccinal complet par une décision du 8 octobre 2021 notifiée le 13 octobre 2021 alors qu'elle a été placée en congé maladie à compter du 12 août 2021 et jusqu'à production par l'intéressée d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021 prescrivant les mesures générales nécessaires à la gestion de la sortie de crise sanitaire.
2. Par une décision du 12 avril 2022, postérieure à l'introduction de la requête, le GHRMSA a retiré la décision du 16 septembre 2021 en tant qu'elle a suspendu Mme C alors qu'elle était en arrêt de travail depuis le 12 août 2021 et a prononcé son entrée en vigueur à compter de la fin de son arrêt de travail. Par suite, les conclusions dirigées contre la décision du 8 octobre 2021 notifiée le 13 suivant doivent être regardées comme dirigées contre la nouvelle décision.
3. Aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique (). ". Et aux termes du III de l'article 14 de la même loi : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit (). ".
4. En premier lieu, l'intéressée soutient que la procédure n'a pas été respectée au motif qu'elle n'a pas été informée par son employeur sur son obligation vaccinale, sur les conséquences d'un défaut de vaccination et sur les moyens de régulariser sa situation et la possibilité d'utiliser ses jours de congés payés. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par le biais de notes de services des 9 et 27 août 2021 puis du 14 septembre 2021, le GHRMSA a informé ses agents des modalités de mise en œuvre de l'obligation vaccinale. La décision du 8 octobre 2021 dont l'entrée en vigueur n'interviendra qu'à l'issue de l'arrêt de travail de la requérante, sauf à ce qu'elle produise un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n° 2021-1059 du 7 août 2021, comporte, compte tenu de son entrée en vigueur décalée et de la possibilité ainsi laissée à l'intéressée de procéder à la régularisation de sa situation, une dimension d'information préalable. Par suite, le moyen manque en fait et doit être écarté.
5. En second lieu, il résulte de ces dispositions que si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé maladie de l'agent en question.
6. Il ressort des pièces du dossier que Mme C a été placée en arrêt maladie, au moins, à compter du 12 août 2021. Par la décision du 12 avril 2022, elle a été rétablie dans l'intégralité de ses droits et l'entrée en vigueur de sa suspension de fonction pour défaut de situation vaccinale conforme à la réglementation a été reportée à la fin de sa période d'arrêt maladie. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles 13 et 14 de la loi du 5 août 2021, dès lors que la suspension a été prononcée alors qu'elle bénéficiait d'un congé maladie, manque en fait et doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions présentées par Mme C aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que par voie de conséquence ses conclusions à fin d'injonction et celles au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au Groupe hospitalier de la région de Mulhouse.
Délibéré après l'audience du 21 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Messe, présidente,
Mme Milbach, première conseillère,
M. Duez-Gündel, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 juillet 2022.
La présidente-rapporteure,
M.-L. A
La première assesseure,
C. MILBACH
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre chargé de la santé en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026