mardi 28 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2108652 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 17 décembre 2021 et 30 juin 2022, M. A B, représenté par Me Ponseele, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2021 par laquelle la directrice de l'Offre départementale d'accompagnement social et médico-social (ODAS) de Moselle Est a rejeté sa demande tendant à la reconnaissance de l'imputabilité au service de sa contamination au virus de la COVID-19, ensemble la décision du 14 octobre 2021 rejetant son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre à la directrice de l'ODAS de Moselle Est de réexaminer sa demande et de reconnaître l'imputabilité au service de sa contamination en tant qu'accident ;
3°) de mettre à la charge de l'ODAS de Moselle Est une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 14 octobre 2021 est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions des articles 35-2 et 35-3 du décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- sa contamination par le virus de la COVID-19 remplit les critères de l'accident imputable au service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 avril 2022, l'Offre départementale d'accompagnement social et médico-social de Moselle Est, représentée par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, conclut au rejet de la requête ainsi qu'à la mise à la charge de M. B d'une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- le décret n°88-386 du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Duez-Gündel,
- les conclusions de Mme Milbach, rapporteure publique,
- et les observations de Me Me Grascoeur, substituant Me Ponseele et représentant M. B et de Me Bizzarri, représentant l'ODAS de Moselle-Est.
Considérant ce qui suit :
1. M. B exerce les fonctions d'aide-soignant au sein de l'ODAS de Moselle Est. Il est affecté à la maison d'accueil spécialisée de Petite-Rosselle, qui accueille des personnes adultes en situation de handicap intellectuel, moteur ou somatique. Le 19 mars 2021, il a été testé positif au virus de la COVID-19 et placé en congé de maladie jusqu'au 7 avril 2021. Le 13 juillet 2021, il a sollicité de son employeur la reconnaissance de sa contamination en accident imputable au service. Par une décision du 21 juillet 2021, la directrice de l'ODAS de Moselle Est a rejeté sa demande. M. B a formé un recours gracieux contre cette décision qui a été rejeté par lettre du 14 octobre 2021. Par sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler les décisions des 21 juillet et 14 octobre 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision du 21 juillet 2021 :
2. En premier lieu, si M. B soutient que la décision du 21 juillet 2021 méconnaît les dispositions du décret susvisé du 19 avril 1988 dès lors que sa demande de déclaration d'accident de service n'était pas tardive, il ne ressort pas des termes de cette décision qu'un tel motif lui aurait été opposé. Il s'ensuit que le moyen ainsi soulevé doit être écarté comme inopérant.
3. En second lieu, aux termes du I de l'article 21 bis de la loi susvisée du 13 juillet 1983, dans sa version applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. ".
4. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci.
5. En l'espèce, la décision du 21 juillet 2021 a été prise au seul motif que : " s'agissant d'une maladie et non d'une lésion, la Covid ne peut être reconnue en accident de service. ". M. B fait valoir qu'au regard des conditions dans lesquelles il a exercé ses fonctions le week-end du 6 au 7 mars 2021 et de la temporalité de son infection par le virus de la COVID-19, cette contamination doit être regardée comme un accident imputable au service. Toutefois, ni la contraction du virus de la COVID-19, ni les complications qui en ont résulté pour le requérant, ne peuvent être regardées comme un évènement survenu à une date certaine, de nature à leur conférer la qualification d'accident de service telle que définie au point 4 du présent jugement. Ainsi, dans ces circonstances, c'est à bon droit que l'administration a refusé, par la décision du 21 juillet 2021, de reconnaître que M. B avait été victime d'un accident de service.
En ce qui concerne la décision du 14 octobre 2021 :
6. En premier lieu, dès lors que les vices propres d'une décision rejetant un recours gracieux ne peuvent être utilement contestés, le moyen tiré de ce que la décision du 14 octobre 2021 est insuffisamment motivée doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes du I de l'article 35-3 du décret susvisé du 19 avril 1988 : " La déclaration d'accident de service ou de trajet prévue à l'article 35-2 est adressée à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont relève le fonctionnaire, dans le délai de quinze jours à compter de la date de l'accident. / Ce délai n'est pas opposable à l'agent lorsque le certificat médical prévu au 2° de l'article 35-2 est établi dans le délai de deux ans à compter de la date de l'accident. Dans ce cas, le délai de déclaration est de quinze jours à compter de la date de cette constatation médicale. ". L'article 35-2 du même décret dispose que : " Pour obtenir un congé pour invalidité temporaire imputable au service, le fonctionnaire, ou son ayant-droit, adresse par tout moyen à l'autorité investie du pouvoir de nomination dont il relève une déclaration d'accident de service, d'accident de trajet ou de maladie professionnelle accompagnée des pièces nécessaires pour établir ses droits. / La déclaration comporte : / 1° Un formulaire précisant les circonstances de l'accident ou de la maladie. Ce formulaire est transmis par l'autorité investie du pouvoir de nomination à l'agent qui en fait la demande, dans un délai de quarante-huit heures suivant celle-ci et, le cas échéant, par voie dématérialisée, si la demande le précise ; / 2° Un certificat médical indiquant la nature et le siège des lésions résultant de l'accident ou de la maladie ainsi que, s'il y a lieu, la durée probable de l'incapacité de travail en découlant. ".
8. M. B fait grief à la décision du 14 octobre 2021 de considérer comme tardive sa déclaration d'accident de service au regard des dispositions précitées du décret susvisé du 19 avril 1988. Il ressort toutefois des pièces du dossier que le certificat médical produit par le requérant à son employeur, au titre de sa contamination par le virus de la COVID-19, date du 19 mars 2021 et que sa déclaration d'accident de service, établie sur le même fondement, date du 13 juillet 2021, soit plus de quinze jours après. Si le requérant soutient qu'il n'a été affecté que début juillet par des symptômes spécifiques liés à sa contamination par la COVID-19 et matérialisés par une dyspnée, aucun des documents médicaux qu'il produit à cet égard, datés du 6 juillet 2021, ne peut être regardé comme faisant office de certificat médical au sens du 2° de l'article 35-2 du décret du 19 avril 1988. En tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces documents médicaux auraient été joints à la déclaration d'accident de service du 13 juillet 2021. Il s'ensuit que la directrice de l'ODAS Moselle Est a pu légalement, dans la décision du 14 octobre 2021, lui opposer la tardiveté de sa déclaration d'accident de service.
9. En dernier lieu, s'il ressort des pièces du dossier que la décision du 14 octobre 2021 rejetant le recours gracieux de M. B est fondée sur l'absence de lien entre sa contamination et son service, elle lui oppose également l'unique motif retenu dans la décision du 21 juillet 2021, tiré de ce que la contraction de la COVID-19 ne saurait être assimilée à un accident. Or ce motif, ainsi qu'il a été dit au point 5, pouvait légalement justifier à lui seul la décision du 14 octobre 2021 en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que l'administration a commis une erreur d'appréciation en estimant qu'il n'existait pas de lien exclusif entre la contamination de M. B par le virus de la COVID-19 et son service est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées à fin d'injonction.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
12. D'une part, les dispositions précitées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'ODAS Moselle Est, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, une somme au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
13. D'autre part, dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. B une somme au titre des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1 : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par l'ODAS Moselle Est en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Offre départementale d'accompagnement social et médico-social de Moselle Est.
Délibéré après l'audience du 7 février 2023, à laquelle siégeaient :
M. Carrier, président,
M. Duez-Gündel, conseiller
Mme Klipfel, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 février 2023.
Le rapporteur,
C. DUEZ-GÜNDEL
Le président,
C. CARRIER
Le greffier,
P. HAAG
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026