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AccueilJurisprudence administrativeN° TA67-2108820

Tribunal Administratif de Strasbourg — Décision N° TA67-2108820

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Strasbourg
SectionTribunal Administratif de Strasbourg
N° DossierTA67-2108820
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème chambre
Avocat requérantSELÀRL SOLER-COUTEAUX ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et des mémoires, enregistrés respectivement les 23 décembre 2021, 5 avril 2022, 27 juin 2022 et 20 mars 2023 sous le n° 2108820, M. A C, représenté par la Selarl Soler-Couteaux et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 21 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Geispolsheim a accordé à M. E B un permis de construire portant sur la construction d'une maison bi-famille, pour une surface de plancher de 172 mètres carrés, sur un terrain situé 29, rue des Vosges à Geispolsheim ;

2°) d'annuler l'arrêté du 14 février 2022 par lequel le maire de la commune de Geispolsheim a accordé à M. B un permis de construire modificatif ;

3°) de mettre à la charge respective de la commune de Geispolsheim et de M. B le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt à agir ;

- les dispositions de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme trouvent à s'appliquer s'agissant de l'arrêté du 14 février 2022 et, en tout état de cause, les formalités exigées par les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ont été accomplies ;

- l'arrêté du 21 avril 2021 a été pris sur la base d'un dossier de demande de permis incomplet ;

- l'arrêté du 21 avril 2021 méconnaît les dispositions des articles 12.1 et 13 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg ;

- l'arrêté du 14 février 2022 méconnaît les dispositions des articles 11.3, 12.1, 15 et 13 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg ;

- l'arrêté du 14 février 2022 méconnaît les dispositions de l'article 3 de l'arrêté du 24 décembre 2015.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 26 avril 2022 et 3 avril 2023, la commune de Geispolsheim conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 6 janvier 2023, 4 avril 2023 et 6 avril 2023, M. E B, représenté par la SCP Racine, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- M. C ne justifie pas de son intérêt à agir ;

- les formalités de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme n'ont pas été accomplies s'agissant de l'arrêté du 14 février 2022 ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement les 22 avril 2022 et 11 décembre 2023 sous le n° 2202762, M. A C, représenté par la Selarl Soler-Couteaux et associés, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 28 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Geispolsheim a accordé à M. B un permis de construire modificatif ;

2°) de mettre à la charge respective de la commune de Geispolsheim et de M. B le versement d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il justifie d'un intérêt à agir ;

- le dossier de permis de construire est entaché d'inexactitudes ;

- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article 12.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg ;

- il méconnaît les dispositions de l'article 13 UCa du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2023, la commune de Geispolsheim conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 21 novembre 2023, M. E B, représenté par la SCP Racine, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. C en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- M. C ne justifie pas de son intérêt à agir ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Anne-Lise Eymaron,

- les conclusions de M. Victor Pouget-Vitale, rapporteur public,

- les observations de Me Cheminet, avocat de M. C,

- les observations de M. D, représentant la commune de Geispolsheim,

- les observations de M. B, en l'absence de son avocat.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande déposée le 4 mars 2021, M. B a sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une maison bi-famille, pour une surface de plancher de 172 mètres carrés, sur un terrain situé 29, rue des Vosges à Geispolsheim. Par un arrêté du 21 avril 2021, le maire de la commune de Geispolsheim a délivré le permis de construire demandé. M. C a formé un recours gracieux à l'encontre de cet arrêté qui a été rejeté par une décision du maire de la commune de Geispolsheim du 28 octobre 2021. Par des arrêtés des 28 octobre 2021, 14 février 2022 et 16 mars 2023, le maire de la commune de Geispolsheim a délivré des permis de construire modificatifs à M. B. Par les requêtes n° 2108820 et n° 2202762, qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour y statuer par un même jugement, M. C demande au tribunal d'annuler les arrêtés des 21 avril 2021, 28 octobre 2021 et 14 février 2022.

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager que si la construction, l'aménagement ou les travaux sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". En vertu de l'article L. 600-1-3 du code de l'urbanisme : " Sauf pour le requérant à justifier de circonstances particulières, l'intérêt pour agir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager s'apprécie à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire. ". Il résulte des termes mêmes de ces dernières dispositions que, sauf circonstances particulières, l'intérêt pour agir d'un requérant contre un permis de construire s'apprécie au vu des circonstances de droit et de fait à la date d'affichage en mairie de la demande du pétitionnaire, sans qu'il y ait lieu de tenir compte de circonstances postérieures, qu'elles aient pour effet de créer, d'augmenter, de réduire ou de supprimer les incidences de la construction, de l'aménagement ou du projet autorisé sur les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance mentionnées à l'article L. 600-1-2.

4. Il ressort des pièces du dossier que, contrairement à ce qui est soutenu, M. C justifie de sa qualité de voisin immédiat de la parcelle sur laquelle est implanté le projet contesté, dès lors que l'affichage en mairie des demandes de permis de construire de M. B ayant donné lieu aux arrêtés attaqués des 21 avril 2021, 28 octobre 2021 et 14 février 2022 est respectivement intervenu les 8 mars 2021, 29 octobre 2021 et 21 janvier 2022. Alors qu'il ressort des pièces du dossier que M. C était, à ces différentes dates, propriétaire de la maison située sur la parcelle immédiatement voisine de celle sur laquelle sera construite la maison bi-famille en litige, la circonstance qu'il ait entamé des démarches en vue de vendre son bien, à supposer même qu'elles aient débuté dès le mois de février 2022, et qu'il ait par la suite déménagé est sans incidence sur l'appréciation de son intérêt à agir. Par suite, la fin de non-recevoir soulevée en défense et tirée du défaut d'intérêt à agir de M. C doit être écartée.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance ". Aux termes de l'article R. 600-1 du même code : " () Les dispositions du présent article ne sont pas applicables en cas de contestation d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation dans les conditions prévues par l'article L. 600-5-2. ".

6. Conformément aux dispositions précitées de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, M. C a régulièrement contesté la légalité du permis de de construire modificatif du 14 février 2022 dans le cadre de l'instance relative au permis initial du 21 avril 2021. Alors que les dispositions de l'article R. 600-1 ne sont pas applicables en cas de contestation d'un permis modificatif dans les conditions prévues par l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, il ressort, en tout état de cause, des pièces du dossier que M. C a régulièrement notifié à M. B les recours gracieux et contentieux qu'il a formés à l'encontre de l'arrêté de permis de construire modificatif du 14 février 2022.

Sur la légalité de l'arrêté du 14 février 2022 :

7. En premier lieu, aux termes de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg : " () 3. Installations techniques / Toute installation technique (gaines ou coffrets techniques, climatiseur, antenne parabolique, boîte aux lettres, ) doit être intégrée dans le volume de la construction ou dans la clôture en s'implantant selon une logique de dissimulation qui tienne compte des modénatures et des matériaux constitutifs. (). ".

8. Il ressort des éléments figurant sur le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire modificatif que le projet prévoit, dans cette version modifiée, de procéder à la dépose du portail et du mur de clôture existant et au niveau duquel il n'est pas contesté que se trouvait jusqu'alors apposée la boîte aux lettres. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet, dans sa version modifiée, prévoit la pose d'une boîte aux lettres. Aucune méconnaissance des dispositions précitées de l'article 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal ne peut ainsi être retenue à cet égard. En revanche, il ressort du formulaire d'attestation de la prise en compte de la réglementation thermique que le projet modifié emporte réalisation d'une pompe à chaleur. Il ne ressort d'aucune pièce du dossier, et notamment pas des photographies versées en défense, qu'il aurait été tenu compte des exigences rappelées précédemment quant à la nécessité d'intégrer la pompe à chaleur dans le volume de la construction. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que, dans cette mesure seulement, le permis modificatif délivré le 14 février 2022 méconnaît les dispositions précitées de l'article 11.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg : " () 1. Dispositions générales pour le stationnement des véhicules motorisés / Le dimensionnement à prendre en compte pour le stationnement d'un véhicule est au minimum de 2,50x5 mètres, non pris en compte les dégagements, et 2,50x10 mètres y compris les dégagements. Les obligations réglementaires en matière de personnes à mobilité réduite doivent être respectées. () / Les aires de stationnement et les espaces dévolus aux aires de stationnement doivent être conçus de manière à assurer l'efficience du stationnement des véhicules (accessibilité, aisance des circulations, manœuvres et retournement, possibilité de giration, etc.). (). ".

10. Contrairement à ce qui est soutenu, il ne ressort pas des pièces du dossier que, eu égard à la configuration des lieux et aux emplacements des places de stationnement sur le terrain d'assiette, les futurs occupants de la construction projetée ne pourraient pas y stationner dans des conditions satisfaisantes et efficientes au sens des dispositions précitées de l'article 12 du règlement du plan local d'urbanisme. En particulier, il ne ressort ni des plans joints au dossier de demande de permis de construire ni des schémas et photographies versés à l'instance que toute manœuvre au droit du terrain d'assiette serait impossible au niveau de chacun des différents espaces de stationnement.

11. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier, et n'est pas sérieusement contesté, que le projet prévoit la construction d'une maison bi-famille destinée à la location. Toutefois, il ne résulte ni des dispositions réglementaires de l'arrêté ministériel du 24 décembre 2015, auxquelles renvoie l'article 12.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, ni d'aucune autre disposition législative ou réglementaire, et notamment pas de celles du code de la construction et de l'habitation, qu'une place de stationnement destinée aux personnes à mobilité réduite devrait automatiquement être prévue dans le cadre de la réalisation de ce type de construction. La circonstance que le projet contesté ne prévoit aucune place d'une largeur de 3,30 mètres est ainsi sans incidence sur la légalité du projet en litige.

12. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 12.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg doit être écarté.

13. En troisième lieu, aux termes de l'article 15 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg : " Obligations imposées aux constructions, travaux, installations et aménagements, en matière de performances énergétiques et environnementales / Tout projet de construction, travaux, installations et toute opération d'aménagement d'ensemble doit, dès le stade de la première autorisation et dans les conditions exposées ci-après, justifier, dans sa conception et à l'échelle du projet, de la prise en compte des questions énergétiques, d'adaptation au changement climatique, et des enjeux relatifs à la qualité de l'air. () / 5. Performance des bâtiments applicables à tous les constructions, travaux et installations : / 5.1 Tout nouveau bâtiment à vocation d'habitat et de bureaux doit atteindre les normes de performance énergétique de la RT 2012 réduite de 20 % minimum. Cette disposition s'applique au coefficient de besoin bioclimatique maximal (Bbio max) et à la consommation d'énergie primaire maximale (CEP max), jusqu'à l'entrée en vigueur de la RE 2020. / 6. Production d'énergie électrique applicable à toutes les constructions, travaux et installations : / 6.1 Toute opération créant de la surface de plancher devra désormais : / - soit être équipée d'un dispositif de production d'électricité renouvelable dans les conditions suivantes : a minima 7 Wc solaires photovoltaïques par m2 de surface de plancher ; / - soit être dotée d'une surface biosolaire (hors pleine terre) dans les conditions suivantes : a minima 5 Wc solaires photovoltaïques par m2 de surface de plancher et un substrat de 5 cm minimum en ce qui concerne la végétalisation de la toiture. () / 7. Conception bioclimatique des bâtiments : /A l'exception de la façade orientée vers le nord à plus ou moins 45°, les baies des façades des nouveaux bâtiments soumis à la réglementation thermique en vigueur doivent être dotées d'un facteur solaire (Sw) maximal de 0,10 selon la réglementation thermique en vigueur, sauf si la baie est entièrement protégée du rayonnement solaire du 21 mars au 21 septembre. A cette fin, les façades des nouveaux bâtiments doivent comporter des protections solaires extérieures dimensionnées et adaptées à leur exposition. (). ".

14. Contrairement à ce qui est soutenu, les dispositions précitées, qui prévoient qu'elles s'appliquent au stade de la première autorisation et, partant, de la conception du projet, ne peuvent être regardées comme ayant étendu s'étendre aux projets en cours de réalisation, comme c'est le cas en l'espèce. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 15 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg doit être écarté comme inopérant.

15. En quatrième lieu, aux termes de l'article 13 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg : " Espaces libres, aires de jeux et de loisirs et plantations / Les constructions, aménagement et installations doivent respecter les conditions prévues au titre II " Dispositions applicables à toutes les zones ". / Les espaces libres doivent être plantés à raison d'au moins un arbre par tranche entière de 100 m2 de terrain non-bâti. La surface des aires de stationnement à l'air libre entre dans ce calcul. La préservation d'arbres préexistants peut être prise en compte dans le calcul précité. / Il est exigé pour toute construction nouvelle un pourcentage minimal de terrain réservé à des aménagements paysagers réalisés en pleine terre : () / UCA2, UCA3, UCA4, UCA5 : 40 % (). ".

16. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du plan de masse joint au dossier de la quatrième demande de permis de construire modificatif, que le projet prévoit que 245 mètres carrés de la superficie du terrain d'assiette du projet sera réservée à des aménagements paysagers réalisés en pleine terre, ce qui permet d'atteindre le minimum de 40 % posé par l'article 13 UCA. Dans ces circonstances, compte-tenu de ce qui a été dit au point 2 et à supposer que l'arrêté attaqué du 14 février 2022 ait été entaché d'illégalité à cet égard, celle-ci doit être regardée comme ayant été régularisée par l'arrêté de permis de construire modificatif du 16 mars 2023.

Sur la légalité de l'arrêté du 28 octobre 2021 :

17. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

18. Il n'est pas sérieusement contesté que le formulaire cerfa de la demande de permis de construire modificatif ayant donné lieu à l'arrêté attaqué du 28 octobre 2021 comporte une erreur quant à la superficie de la maison se trouvant d'ores et déjà sur le terrain d'assiette du projet. Toutefois, il n'est pas sérieusement contesté que cette erreur a été corrigée dans le cadre du dépôt de la seconde demande de permis de construire modificatif. Par suite et compte-tenu de ce qui a été dit au point 2, le moyen tiré de ce que le dossier de permis de construire serait entaché d'inexactitude pour ce motif doit être écarté.

19. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que le projet méconnaît les dispositions de l'article 12.1 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg au motif que l'efficience du stationnement au droit du terrain d'assiette du projet ne serait pas garantie doit être écarté pour les mêmes motifs, compte-tenu du projet dans sa dernière version modifiée, que ceux énoncés au point 10 du présent jugement.

20. En troisième lieu, ainsi qu'il a été indiqué au point 16 du présent jugement, le permis de construire modificatif délivré le 16 mars 2023 a régularisé le vice tiré de la méconnaissance de l'article 13 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal s'agissant du pourcentage minimum d'aménagements paysagers à réaliser en pleine terre. Par ailleurs, les dispositions de ce même article 13 UCA n'imposent la réalisation d'un arbre que par tranche entière de 100 mètres carrés de terrain non-bâti. Dès lors qu'il est constant que la surface de terrain non-bâti était, au stade de la première demande de permis de construire modificatif, de 317,5 mètres carrés, il ne peut être fait grief au projet de n'avoir prévu la plantation que de deux arbres. En tout état de cause, il ressort des informations non contestées figurant sur le plan de masse joint au dossier de la quatrième demande de permis de construire modificatif que le projet prévoit l'implantation, sur le terrain non-bâti, de plus de deux arbres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 UCA doit être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté du 21 avril 2021 :

21. En premier lieu, s'il ressort des éléments figurant dans le dossier de demande de permis de construire initial que des incohérences et inexactitudes pouvaient y être relevées s'agissant de l'implantation des places de stationnement et du traitement des espaces libres, il ressort des éléments figurant dans les dossiers de demande de permis de construire modificatifs que celles-ci ont été corrigées. Par suite et compte-tenu de ce qui a été dit au point 2, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ce que la décision attaquée serait entachée d'illégalité pour ce motif.

22. En deuxième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de l'article 12.1 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg dès lors que le permis de construire modificatif délivré le 14 février 2022 a régularisé les vices entachant le permis de construire initial et résultant de la méconnaissance de ces dispositions.

23. En dernier lieu, ainsi qu'il a été indiqué au point 16 du présent jugement, le permis de construire modificatif délivré le 16 mars 2023 a régularisé le vice tiré de la méconnaissance de l'article 13 UCA du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal s'agissant du pourcentage minimum d'aménagements paysagers à réaliser en pleine terre. Pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point 20 du présent jugement, il ne peut, en outre, être reproché au projet de ne prévoir l'implantation que deux arbres. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 13 UCA doit être écarté.

24. Il résulte de ce qui précède que M. C est seulement fondé à soutenir que l'arrêté du 14 décembre 2022 méconnaît les dispositions des articles 11.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg en ce qui concerne l'implantation de la pompe à chaleur.

Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :

25. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".

26. Il résulte de ce qui précède que le permis de construire modificatif délivré le 14 février 2022 n'est entaché que du vice tiré de la méconnaissance de l'article 11.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal, en tant qu'il concerne l'implantation de la pompe à chaleur. Un tel vice n'affecte qu'une partie identifiable du projet et peut être régularisé, à la suite d'une demande du pétitionnaire en ce sens, par la délivrance d'une autorisation précisant la manière dont la pompe à chaleur projetée sera intégrée dans le volume de la construction.

27. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que le requérant est seulement fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 14 février 2022, en tant que l'implantation de la pompe à chaleur méconnaît l'article 11.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal.

Sur les frais liés au litige :

28. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Geispolsheim le versement à M. C d'une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a, en revanche, pas lieu de faire droit aux conclusions présentées sur ce même fondement par M. C et dirigées contre M. B.

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du requérant, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme dont M. B sollicite le versement.

D E C I D E :

Article 1 : L'arrêté du 14 février 2022 est annulé en tant que l'implantation de la pompe à chaleur méconnaît l'article 11.3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal de l'Eurométropole de Strasbourg.

Article 2 : La commune de Geispolsheim versera à M. C la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à M. E B et à la commune de Geispolsheim.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Richard, président,

M. Lusset, premier conseiller,

Mme Eymaron, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

A.-L. EYMARON

Le président,

M. RICHARD

Le greffier,

J. FERNBACH

La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

2, 220276

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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