jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200068 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 7ème chambre |
| Avocat requérant | SABATAKAKIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 5 janvier 2022, M. et Mme C, représentés par Me Sabatakakis, demandent au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 4 novembre 2021 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a rejeté leur recours préalable obligatoire contre la décision du 6 juillet 2021 leur refusant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil avec effet rétroactif dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ; subsidiairement d'enjoindre à l'OFII de réexaminer leur situation dans un délai de 30 jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 500 euros au bénéfice de leur conseil en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que la décision :
- est entachée de défaut de motivation ;
- est entachée de défaut d'examen et d'une erreur de droit dès lors que le préfet s'est cru à tort en situation de compétence liée ;
- est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mars 2024, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par les époux C ne sont pas fondés.
M. C a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2022 ce qui rend sa demande d'aide juridictionnelle provisoire sans objet.
Par une ordonnance du 22 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 8 avril 2024 à 12 heures heuyr .
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Michel Richard,
- les observations de Me Sabatakakis, avocate de M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C et Mme D A épouse C, respectivement nés le 19 avril 1987 et le 2 mai 1991, de nationalité albanaise, sont entrés en France en 2020 aux fins de solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leur demande d'asile a été rejetée par décisions de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides du 23 novembre 2020 et de la Cour nationale du droit d'asile du 2 mars 2021. Le 1er juillet 2021, les époux C ont sollicité une demande de réexamen de leur demande d'asile. Par décision du 1er juillet 2021, notifiée le même jour, la directrice territoriale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à Metz a refusé de leur octroyer les conditions matérielles d'accueil. Les époux C ont formé un recours administratif préalable contre cette décision de refus, qui a été rejeté par l'Office français de l'immigration et de l'intégration le 4 novembre 2021. Il s'agit de la décision contestée.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. et Mme C ayant été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mars 2022, leurs conclusions tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil peuvent être refusées, totalement ou partiellement, au demandeur dans les cas suivants : () 3° Il présente une demande de réexamen de sa demande d'asile ; () La décision de refus des conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. " Aux termes des dispositions de l'article L. 522-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'évaluation de la vulnérabilité vise, en particulier, à identifier les mineurs, les mineurs non accompagnés, les personnes en situation de handicap, les personnes âgées, les femmes enceintes, les parents isolés accompagnés d'enfants mineurs, les victimes de la traite des êtres humains, les personnes atteintes de maladies graves, les personnes souffrant de troubles mentaux et les personnes qui ont subi des tortures, des viols ou d'autres formes graves de violence psychologique, physique ou sexuelle, telles que des mutilations sexuelles féminines. ".
4. Pour refuser le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, le directeur général de l'OFII a retenu que les époux C sollicitaient une demande de réexamen de leur demande d'asile. Néanmoins, les requérants présentaient une situation de vulnérabilité au sens des dispositions précitées dès lors qu'à la date de la décision attaquée, Mme A épouse C était enceinte de plus de huit mois et que le couple était accompagné d'un enfant en bas-âge. Par suite, les intéressés sont fondés à soutenir que l'OFII a commis une erreur manifeste d'appréciation et a entaché sa décision d'un défaut d'examen de leur situation en refusant de leur accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
5. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision du 4 novembre 2021 portant rejet du recours administratif préalable obligatoire contre la décision du 1er juillet 2021 par laquelle le directeur général de l'OFII a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de la décision attaquée implique nécessairement que l'OFII accorde sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. C et à Mme A épouse C à compter du 1er juillet 2021 et jusqu'au 30 novembre 2021 soit la date visée par l'article L. 551-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D E C I D E :
Article 1 : La décision du 4 novembre 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à l'OFII d'accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. B C et à Mme D A épouse C à compter du 1er juillet 2021 et jusqu'au 30 novembre 2021 dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'OFII versera la somme de 1000 (mille) euros hors taxes à Me Sabatakakis, sur le fondement des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C, Mme D A épouse C, à l'Office français de l'immigration et de l'intégration et à Me Sabatakakis. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Richard, président,
Mme Malgras, première conseillère,
Mme Eymaron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La première assesseure,
S. MALGRAS
Le président rapporteur,
M. RICHARD
La greffière,
J. BROSÉ
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026