jeudi 27 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200109 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL BOURGUN - BAUTZ |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 7 janvier, 20 juin et 2 décembre 2022, M. B, représenté par Me Bourgun (Selarl Bourgun Bautz), avocat, demande au tribunal :
1°) d'annuler le titre exécutoire émis à son encontre pour un montant de 982,22 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim le versement de la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
M. B soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- sa requête n'est pas tardive, le délai de recours n'ayant commencé à courir que le 17 septembre 2021, date de notification du 1er acte de poursuite ; ce délai a été interrompu par le recours gracieux qu'il a adressé à l'association foncière le 2 novembre 2021 ;
- le titre émis le 20 octobre 2020 ne mentionne pas les bases de liquidation, notamment les références aux textes qui fondent cette créance à son encontre, ni les faits générateurs de cette créance ;
- le titre est dépourvu de bien-fondé, il n'est pas établi que le requérant serait responsable de l'enlèvement des bornes ;
- le titre ne mentionne que les frais de rétablissement des bornes alors que la créance est également constituée des frais de remise en état des chemins et accotements, ces derniers travaux ne lui sont pas davantage imputables.
Par des mémoires en défense enregistrés les 24 mai et 2 novembre 2022, l'association foncière d'Oberschaeffolsheim, représentée par Me Gillig (Selarl Souler-Couteaux et Associés), avocat, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de M. B la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
Elle soutient que le recours de M. B est tardif, subsidiairement que le bien-fondé du titre exécutoire est établi.
Par une ordonnance du 17 novembre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 19 décembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juin 2024 :
-le rapport de Mme Merri, première conseillère,
-les conclusions de M. Boutot, rapporteur public,
-et les observations de Me Vienne, avocate de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim.
Considérant ce qui suit :
1. M. B est exploitant agricole sur le territoire de la commune d'Oberschaeffolsheim. Par délibération du 7 octobre 2020, le bureau de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim a mis à sa charge la somme de 982,22 euros au titre des frais de bornage des parcelles et de remise en état des chemins de l'association foncière, et un titre exécutoire a été émis à l'encontre de M. B le 20 octobre 2022. M. B demande au tribunal d'annuler ce titre exécutoire.
Sur la recevabilité :
2. Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales, dans sa version alors en vigueur : " () / L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois à compter de la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. () ".
3. L'association foncière d'Oberschaeffolsheim n'établit pas que le titre exécutoire émis le 20 octobre 2020 a été porté à la connaissance de M. B avant la notification par voie d'huissier en date du 17 septembre 2021, qui constitue ainsi le premier acte de poursuite à compter duquel a couru le délai de deux mois prévu par les dispositions précitées. En outre, il est constant que le recours gracieux présenté par le requérant et daté du 2 novembre 2021 a été reçu par l'association foncière au plus tard le 9 novembre suivant, date à laquelle son recours gracieux a été expressément rejeté. Ce recours gracieux a ainsi interrompu le délai de recours de deux mois.
4. Dans ces conditions, et alors que la requête de M. B a été enregistrée au tribunal le 7 janvier 2022, dans le délai de deux mois à compter de la décision explicite rejetant son recours gracieux, la fin de non-recevoir tenant à la tardiveté de la requête ne peut être accueillie.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. M. B fait valoir, d'une part, que le montant du titre émis à son encontre n'est pas justifié et, d'autre part, que les travaux de rétablissement du bornage et de remise en état des chemins d'exploitation n'ont pas à être mis à sa charge.
6. En premier lieu, aux termes de l'article 10 du règlement intérieur de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim : " Les limites et le bornage des parcelles destinées aux compensations environnementales sont à respecter. En cas de détérioration du bornage de ces parcelles, le rétablissement de celui-ci, établi par un géomètre-expert, sera versé à la charge de l'exploitant. "
7. Il résulte de ces dispositions que l'exploitant des parcelles dont le bornage a été détérioré ou supprimé voit mettre à sa charge les travaux nécessaires au rétablissement du bornage, sans qu'il soit besoin de démontrer l'existence d'une faute de sa part. En l'espèce, l'association foncière d'Oberschaeffolsheim se borne à produire les plans cadastraux des parcelles et des bornes objet des travaux en litige, sans préciser quelles sont les bornes mises à la charge de M. B ni quelles sont les parcelles qu'il exploite. Par suite, elle ne met pas le tribunal en mesure d'apprécier la réalité des travaux réalisés et le bien-fondé du montant mis à la charge du requérant à ce titre.
8. En second lieu, aux termes de l'article 12 du règlement intérieur de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim : " De manière générale, toute détérioration d'un chemin d'exploitation constatée par le président et au moins un membre du bureau de l'association foncière fera l'objet d'une remise en état par une entreprise compétente. Tous les frais engagés par l'association foncière seront mis à la charge des contrevenants. () "
9. Il résulte de ces dernières dispositions qu'à la différence des frais de bornage, dont l'exploitant des parcelles doit assumer la prise en charge, les frais de remise en état des chemins d'exploitation ne peuvent être imputés qu'à la personne responsable de leur détérioration. Le seul constat, par les membres du bureau de l'association foncière, de la détérioration des chemins au droit des parcelles prétendument exploitées par le requérant n'est pas de nature à justifier que soient mis à sa charge les travaux de remise en état dont, au surplus, le montant n'est justifié par aucune pièce.
10. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à solliciter l'annulation du titre exécutoire émis à son encontre le 20 octobre 2020 par l'association foncière d'Oberschaeffolsheim et, en conséquence, à en solliciter la décharge.
Sur les frais de l'instance :
11. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "
12. Ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que l'association foncière d'Oberschaeffolsheim demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'association foncière d'Oberschaeffolsheim la somme de 1 500 euros à verser à M. B sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er :Le titre exécutoire émis par l'association foncière d'Oberschaeffolsheim à l'encontre de M. A B le 20 octobre 2020 est annulé.
Article 2 :M. B est déchargé du paiement de la somme de 982,22 euros à l'association foncière d'Oberschaeffolsheim.
Article 3 :L'association foncière d'Oberschaeffolsheim versera à M. B la somme de 1 500 (mille cinq-cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 :Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 :Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'association foncière d'Oberschaeffolsheim.
Délibéré après l'audience du 6 juin 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
Mme Merri, première conseillère,
Mme Dobry, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 27 juin 2024.
La rapporteure,
D. MERRI
Le président,
X. FAESSEL
La greffière,
V. IMMELÉ
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026