jeudi 18 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200341 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RAUCH |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête enregistrée le 17 janvier 2022 sous le numéro 2200341, M. F B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2021 par laquelle la rectrice de l'académie de Strasbourg a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Strasbourg de prendre une décision de prise en charge des arrêts de travail et des frais médicaux à compter du 13 novembre 2017, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 20 euros par jour de retard passé ce délai ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner avant-dire droit une expertise médicale ;
4°) en tout état de cause, de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la commission de réforme n'a pas été consultée conformément aux dispositions du décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- les rapports d'expertise médicale ne lui ont pas tous été transmis en dépit de ses demandes ;
- la décision attaquée, qui ne fait que reprendre l'avis de la commission de réforme, est insuffisamment motivée ;
- elle méconnait les dispositions de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 et de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, en ce qu'il existe un lien direct entre les lésions invoquées et le service.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
II. Par une requête enregistrée le 4 mai 2022 sous le numéro 2203000,
M. F B, représenté par Me Arab, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 17 novembre 2021, par laquelle la rectrice de l'académie de Strasbourg a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence, sa signataire ne justifiant pas d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- la consultation de la commission de réforme est entachée d'irrégularités en ce que :
* il n'a pas été informé de la possibilité de se faire entendre par la commission, en méconnaissance de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 ;
* il lui a été interdit d'assister à la séance et de présenter ses observations ;
* la composition de la commission de réforme est irrégulière, dès lors que les représentants du personnel n'étaient pas présents ;
* la preuve de l'émission d'un avis à la majorité absolue n'est pas rapportée ;
* l'avis de la commission ne lui a pas été communiqué en dépit de sa demande ;
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 34 de la loi n° 84-16 du
11 janvier 1984 ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du
13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que la pathologie dont il souffre, est imputable au service ;
- il a été victime de faits de harcèlement de la part de sa hiérarchie entre 2015 et 2017 ;
- le taux d'invalidité en lien avec ses troubles dépressifs n'a pas été déterminé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 31 mai 2024, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vicard,
- les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Arab représentant M. B, et de M. C, représentant le recteur de l'académie de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, professeur certifié d'économie et de gestion affecté en dernier lieu au lycée René Cassin à Strasbourg, a été placé en congé de longue maladie non imputable au service du
22 janvier 2018 au 21 janvier 2021. Le 15 juillet 2020, il a formé une demande de reconnaissance de maladie professionnelle pour un syndrome anxio-dépressif. Par un arrêté du 10 juin 2021, il a été placé en retraite pour invalidité à compter du 22 janvier 2021. Par une décision du
17 novembre 2021, la rectrice de l'académie de Strasbourg a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie déclarée le 15 juillet 2020 par M. B. Le requérant a formé un recours gracieux contre cette décision, par un courrier du 9 janvier 2022, réceptionné le 14 janvier suivant. Une décision implicite de rejet de ce recours gracieux est née du silence gardé par l'administration le 14 mars 2022. Le requérant demande au tribunal d'annuler la décision du 17 novembre 2021 refusant de reconnaitre l'imputabilité au service de sa maladie, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2. Les requêtes n° 2200341 et 2203000 présentées par M. B ont le même objet. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté rectoral n° 16/ 2021 du 4 octobre 2021 portant délégation de signature administrative de la rectrice à certains de ses personnels, publié le 18 octobre 2021 au recueil des actes administratifs de la préfecture région Grand Est, la rectrice de l'académie de Strasbourg a donné, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme D G, subdélégation de signature à Mme E A, responsable de la division des personnels d'administration et d'encadrement, à l'effet de signer " les décisions d'imputabilité au service des accidents de travail et des maladies professionnelles ". Par suite, le moyen tiré du vice d'incompétence doit être écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, la décision attaquée vise les textes sur lesquels elle se fonde et rappelle la teneur de l'avis de la commission de réforme, qui a été produit aux débats. Aucune disposition légale ou réglementaire n'interdit à la rectrice de s'approprier les termes de l'avis de la commission de réforme qui constate que l'affection dont souffre l'intéressé ne figure dans aucun tableau des maladies professionnelles et qu'il n'existe pas de lien entre les lésions invoquées et les fonctions exercées. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée doit être écarté.
5. En troisième lieu, M. B soutient ne pas avoir été destinataire de tous les rapports d'expertise médicale le concernant en dépit des demandes de communication faites en ce sens. Toutefois, d'une part, il ne précise pas les rapports dont il n'aurait pas été destinataire, d'autre part, il ne produit aucun élément démontrant qu'il aurait demandé la communication de ces rapports. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut de communication des rapports d'expertise médicale doit être rejeté.
6. En quatrième lieu, aux termes de l'article 19 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, alors en vigueur : () / La commission de réforme, si elle le juge utile, peut faire comparaître le fonctionnaire intéressé. Celui-ci peut se faire accompagner d'une personne de son choix ou demander qu'une personne de son choix soit entendue par la commission de réforme. / (). / Le secrétariat de la commission de réforme informe le fonctionnaire : / -de la date à laquelle la commission de réforme examinera son dossier ; / -de ses droits concernant la communication de son dossier et la possibilité de se faire entendre par la commission de réforme, de même que de faire entendre le médecin et la personne de son choix. / L'avis de la commission de réforme est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ; (). ".
7. Si M. B soutient d'une part que le courrier du 19 octobre 2021 l'informant de la réunion de la commission de réforme ne mentionne pas la possibilité de se faire entendre par
celle-ci et lui indique au contraire qu'il ne pourra assister à la séance en raison de restrictions sanitaires, d'autre part que la commission de réforme a refusé de l'entendre, il résulte toutefois des dispositions précitées que l'administration n'était pas tenue de le convoquer ni de le faire comparaître devant elle, si elle ne le jugeait pas utile. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'absence de convocation et de comparution devant la commission de réforme a entaché la procédure de consultation de cette commission d'irrégularités l'ayant privé d'une garantie. Par suite, ce moyen doit être écarté.
8. En cinquième lieu, aux termes de l'article 12 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des conseils médicaux, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au litige : " Dans chaque département, il est institué une commission de réforme départementale compétente à l'égard des personnels mentionnés à l'article 15. Cette commission, placée sous la présidence du préfet ou de son représentant, qui dirige les délibérations mais ne participe pas aux votes, est composée comme suit : / 1. Le chef de service dont dépend l'intéressé ou son représentant ; / 2. Le directeur départemental ou, le cas échéant, régional des finances publiques ou son représentant ; / 3. Deux représentants du personnel appartenant au même grade ou, à défaut, au même corps que l'intéressé, élus par les représentants du personnel, titulaires et suppléants, de la commission administrative paritaire locale dont relève le fonctionnaire ; (); / 4. Les membres du comité médical prévu à l'article 6 du présent décret. / () . ". Et aux termes de l'article 19 de ce même décret, alors en vigueur : " La commission de réforme ne peut délibérer valablement que si la majorité absolue des membres en exercice assiste à la séance ; un praticien de médecine générale ou le spécialiste compétent pour l'affection considérée doit participer à la délibération. / Les avis sont émis à la majorité des membres présents. () ".
9. Il ne ressort pas de la combinaison de ces dispositions que la présence des représentants du personnel soit obligatoire dès lors que la majorité absolue des membres en exercice, soit au moins quatre membres présents en sus du président de la commission, assiste à la séance.
10. En l'espèce, il ressort du procès-verbal de séance de la commission de réforme qui s'est tenue le 5 novembre 2021 qu'en sus du président de la commission, étaient présents un représentant de l'administration, un représentant du directeur régional des finances publiques et deux médecins. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'absence de représentants du personnel a entaché d'irrégularité la composition de la commission ni que cette dernière n'aurait pas rendu un avis à la majorité absolue de ses membres. Par suite, le moyen tiré de vices de procédure doit être écarté en toutes ses branches.
11. En sixième lieu, aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État, dans sa rédaction applicable au 13 novembre 2017, date de diagnostic de la maladie du requérant : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; () ".
12. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " () / IV. - Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. / Si une ou plusieurs conditions tenant au délai de prise en charge, à la durée d'exposition ou à la liste limitative des travaux ne sont pas remplies, la maladie telle qu'elle est désignée par un tableau peut être reconnue imputable au service lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est directement causée par l'exercice des fonctions. / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'État. ".
13. D'une part, l'application des dispositions de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 étant manifestement impossible en l'absence d'un texte réglementaire fixant notamment les conditions de procédure applicables à l'octroi du nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service, ces dispositions ne sont donc entrées en vigueur, en tant qu'elles s'appliquent à la fonction publique de l'État, qu'à la date d'entrée en vigueur, le 24 février 2019, du décret n° 2019-301 du 21 février 2019, décret par lequel le pouvoir réglementaire a pris les dispositions réglementaires nécessaires pour cette fonction publique et dont l'intervention était, au demeurant, prévue, sous forme de décret en Conseil d'État, par le VI de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 résultant de l'article 10 de l'ordonnance du 19 janvier 2017. Il en résulte que les dispositions de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 dans leur rédaction antérieure à celle résultant de l'ordonnance du 19 janvier 2017 sont demeurées applicables jusqu'à l'entrée en vigueur du décret du 21 février 2019.
14. D'autre part, les droits des agents en matière d'accident de service et de maladie professionnelle sont réputés constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie a été diagnostiquée. Il ressort des pièces du dossier que la pathologie dont M. B demande la reconnaissance de l'imputabilité au service a été diagnostiquée le 13 novembre 2017. Par suite, sa situation est régie par les conditions de fond prévues à l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 dans sa rédaction applicable avant le 24 février 2019, date d'entrée en vigueur des dispositions législatives et réglementaires relatives au nouveau congé pour invalidité temporaire imputable au service.
15. En application des dispositions rappelées au point 11, pour les maladies qui ont été diagnostiquées avant l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions législatives et réglementaires relatives au congé pour invalidité temporaire imputable au service, en l'absence de présomption légale d'imputabilité, une maladie contractée par un fonctionnaire, ou son aggravation, doit être regardée comme imputable au service si elle présente un lien direct avec l'exercice des fonctions ou avec des conditions de travail de nature à susciter le développement de la maladie en cause, sauf à ce qu'un fait personnel de l'agent ou toute autre circonstance particulière conduisent à détacher la survenance ou l'aggravation de la maladie du service.
16. En l'espèce, M. B soutient que le syndrome anxio-dépressif dont il souffre, et qui a été à l'origine de son placement en congé de longue maladie du 22 janvier 2018 au 21 janvier 2021, est la conséquence directe des conditions de travail qu'il a supportées entre les années 2015 et 2017. Si, pour démontrer l'existence d'un lien entre le service et sa pathologie, M. B se prévaut de l'inspection dont il a été l'objet en janvier 2016, de la difficulté d'être affecté sur deux lycées différents en 2016 et 2017, de la suppression d'une prime, d'un emploi du temps méconnaissant son handicap physique, d'une altercation avec un élève et de comptes-rendus d'entretiens professionnels défavorables, il ressort néanmoins des pièces du dossier, et notamment d'un rapport d'expertise psychiatrique réalisée le 1er février 2021, que le requérant présente " des problèmes relationnels évoluant depuis 2008-2009 en relation avec des traits psychorigides à l'origine d'idées interprétatives sur une personnalité sensitive " . Le médecin ayant réalisé cette expertise indique que " pour des faits retrouvés dès 2008-2009, on ne peut pas retenir en date du 13 novembre 2017 des faits nouveaux pouvant occasionner une maladie professionnelle mais relevant de difficultés relationnelles en rapport avec la personnalité même de l'agent. " et conclut qu'il n'existe pas de lien de cause à effet entre la pathologie de M. B et le service. Une
contre-expertise psychiatrique, réalisée le 28 mai 2021 à la demande du requérant, a également écarté l'existence d'un lien direct entre sa pathologie et les conditions de travail. Par ailleurs, si le requérant se prévaut d'un certificat établi le 6 avril 2022 par le médecin psychiatre qui le suit ainsi que d'un certificat établi le 2 juin 2023 par un médecin généraliste l'ayant suivi en 2016, ces documents médicaux, succincts et retranscrivant ses propos quant à l'existence de soucis relationnels et d'un état de stress lié à son travail d'enseignant, ne permettent pas de remettre sérieusement en cause les deux rapports d'expertise psychiatrique précités, qui ont constaté l'ancienneté des difficultés relationnelles de M. B et écarté tout lien de causalité entre son état dépressif et le service. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que le refus de reconnaissance de maladie professionnelle est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
17. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'ordonner avant- dire droit une mesure d'expertise, que les conclusions aux fins d'annulation de la décision du 17 novembre 2021 présentées par M. B, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'État, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. B une somme au titre des frais exposés pour l'instance.
D É C I D E :
Article 1er : Les requêtes présentées par M. B sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F B et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 26 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Dulmet, présidente,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 juillet 2024.
La rapporteure,
C. VICARD
La présidente,
A. DULMET
La greffière,
C. LAMOOT
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse, en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2200341, 2203000
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026