mercredi 10 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200416 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | RAUCH |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 21 janvier 2022 sous le numéro 2200416, et un mémoire complémentaire enregistré le 28 août 2023, Mme B C, représentée par Me Rauch, avocate, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 2 juillet 2021, par lequel la rectrice de l'académie de Strasbourg l'a placée en position de congé maladie à demi-traitement du 12 juin au 11 décembre 2020, puis du 15 mars au 31 juillet 2021 inclus, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux formé le 24 septembre 2021 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 13 août 2021, par lequel la rectrice de l'académie de Strasbourg l'a placée en position de congé maladie à demi-traitement du 3 au 31 août 2021 ;
3°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Strasbourg de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la décision en procédant à la prise en charge des arrêts de travail sous le régime des accidents de service du 12 juin 2020 au 31 août 2021, ou à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;
4°) de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre celle de 13 euros au titre du droit de plaidoirie, en application de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure, en ce que la commission de réforme aurait dû être consultée pour statuer sur l'imputabilité des prolongations des arrêts de travail à l'accident de service ;
- elles sont entachées d'erreurs de fait ;
- elles sont entachées d'une erreur de droit.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 août 2023, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 28 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée en dernier lieu au 19 septembre 2023.
II. Par une requête enregistrée le 25 octobre 2022, sous le numéro 2207040, et un mémoire récapitulatif enregistré le 19 septembre 2023, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les deux décisions du recteur de l'académie de Strasbourg du 10 juin 2022, en tant qu'elles fixent la date de consolidation de son état de santé au 17 mai 2021 et refusent la prise en charge des soins médicaux et des frais de transport en lien avec l'accident de service après cette date, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler les décisions du 17 mars et 2 juin 2023, par lesquelles le recteur de l'académie de Strasbourg a accepté une prise en charge des frais de transport jusqu'au 2 février 2023 et des soins médicaux jusqu'au 31 mars 2023, en tant qu'elles n'ont pas modifié la date de consolidation fixée au 17 mai 2021 ;
3°) d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de prendre, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 20 euros par jour de retard, une décision fixant une date de consolidation postérieure au 17 mai 2021 et prenant en charge l'intégralité des frais et soins médicaux en lien avec l'accident de service et de ses rechutes ;
4°) de condamner l'État à lui payer la somme totale de 3 963,27 euros au titre du solde restant dû sur les soins médicaux et les frais de transport liés à l'accident de service ;
5°) de condamner l'État à lui payer la somme de 1 000 euros en réparation de ses préjudice moral et financier ;
6°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise médicale ;
7°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, outre celle de 13 euros au titre du droit de plaidoirie sur le fondement de l'article R. 723-26-1 du code de la sécurité sociale.
Elle soutient que :
- les deux décisions du 10 juin 2022 sont entachées d'une erreur d'appréciation dans la fixation de la date de consolidation ;
- elle a subi une opération chirurgicale du poignet gauche le 17 mai 2021, constitutive d'une rechute de l'accident de service, de sorte qu'elle ne peut être considérée comme consolidée à cette date ;
- l'expert mandaté par l'administration a retenu que les frais et soins médicaux exposés après le 17 mai 2021 sont imputables à l'accident de service ;
- en tout état de cause, les frais et soins résultant d'un accident de service doivent être pris en charge par l'administration, quand bien même ils sont engagés postérieurement à la date de consolidation, dès lors que le bénéfice de cette prise en charge n'est pas subordonné à l'existence d'une rechute ou d'une aggravation d'une pathologie mais uniquement à l'existence d'un lien direct avec l'accident de service initial ;
- elle est ainsi fondée à réclamer le paiement des frais et soins médicaux non pris en charge par l'administration ;
- le refus de prise en charge de ces frais par l'administration lui a occasionné des difficultés financières et un préjudice moral, dont elle est fondée à demander l'indemnisation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 octobre 2023, le recteur de l'académie de Strasbourg conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 30 novembre 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée en dernier lieu à cette date.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vicard,
- les conclusions de Mme Lecard, rapporteure publique,
- et les observations de Me Rauch, représentant Mme C, et de M. A, représentant le recteur de l'académie de Strasbourg.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B C, professeure d'allemand affectée au lycée Saint-André de Colmar, a chuté le 7 mars 2017 dans la cour de l'établissement et s'est blessée à l'épaule droite, au poignet gauche, aux genoux et aux chevilles. Le 6 avril 2017, cet accident a été reconnu imputable au service et les arrêts maladie de la requérante ont été pris en charge au titre du régime des accidents de service. Sur la base d'un rapport d'expertise du 30 novembre 2019 concluant à la consolidation de l'état de santé de Mme C au 25 novembre 2019, la rectrice de l'académie de Strasbourg, par une décision du 11 décembre 2019, a notamment refusé de prendre en charge au titre des accidents de service les arrêts maladie de la requérante au-delà du
15 décembre 2019. Par un jugement du 2 décembre 2021, le tribunal administratif a annulé cette décision en raison d'un vice de procédure lié au défaut de consultation de la commission de réforme et a enjoint à la rectrice de l'académie de Strasbourg de réexaminer la situation de
Mme C. La requérante a subi une opération chirurgicale de l'épaule droite le
2 octobre 2020 et une opération chirurgicale du poignet gauche le 17 mai 2021, toutes deux constitutives de rechutes de l'accident de service du 7 mars 2017. Par un arrêté du 2 juillet 2021, la rectrice de l'académie de Strasbourg a placé Mme C en position de congé maladie à demi-traitement du 12 juin au 11 décembre 2020, puis du 15 mars au 31 juillet 2021 inclus. Par un arrêté du 13 août 2021, la rectrice a placé la requérante en position de congé maladie à
demi-traitement du 3 au 31 août 2021. Le 24 septembre 2021, Mme C a formé un recours gracieux contre la décision du 2 juillet 2021, lequel a été implicitement rejeté en raison du silence gardé par l'administration. Par une première requête, Mme C demande au tribunal d'annuler les décisions du 2 juillet et 13 août 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux. Par deux décisions du 10 juin 2022, le recteur de l'académie de Strasbourg a fixé la date de consolidation de l'état de santé de Mme C au 17 mai 2021, refusé de prendre en charge les soins médicaux et frais de transport postérieurs à cette date au titre de l'accident de service et notifié les taux d'IPP retenus. Le 29 juin 2022, Mme C a formé un recours gracieux contre ces deux décisions, lequel a été implicitement rejeté en raison du silence gardé par l'administration. Par deux décisions des 17 mars et 2 juin 2023, le recteur a accepté de prendre en charge les frais de transport en lien avec l'accident de service jusqu'au 2 février 2023 et les soins médicaux jusqu'au 31 mars 2023. Par une seconde requête, Mme C demande au tribunal d'annuler les deux décisions du 10 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux, en tant qu'elles fixent la date de consolidation de son état de santé au
17 mai 2021 et refusent de prendre en charge les soins médicaux et frais de transport postérieurs à cette date, ainsi que les décisions des 17 mars et 2 juin 2023, en tant qu'elles ne modifient pas la date de consolidation. Elle demande également au tribunal de condamner l'État à lui verser la somme totale de 3 963,27 euros au titre du solde restant dû sur les soins médicaux et les frais de transport liés à l'accident de service, outre la somme de 1 000 euros en réparation des préjudices moral et financier qu'elle estime avoir subis.
2. Les requêtes n° 2200416 et 2207040 concernent les conséquences de l'accident de service dont a été victime Mme C et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des deux décisions du 10 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 29 juin 2022 :
3. Aux termes d'une part, de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction applicable à la date de l'accident de service du 7 mars 2017 : " Le fonctionnaire en activité a droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions () Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite, à l'exception des blessures ou des maladies contractées ou aggravées en service, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident ; 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Les dispositions du deuxième alinéa du 2° du présent article sont applicables au congé de longue maladie () ". Aux termes d'autre part, de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, dans sa rédaction applicable à la date des rechutes de l'accident de service survenues les 2 octobre 2020 et 17 mai 2021 : " () I.- Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. Ces définitions ne sont pas applicables au régime de réparation de l'incapacité permanente du fonctionnaire. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident. La durée du congé est assimilée à une période de service effectif. L'autorité administrative peut, à tout moment, vérifier si l'état de santé du fonctionnaire nécessite son maintien en congé pour invalidité temporaire imputable au service. / II.- Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
4. Il ressort des pièces du dossier que la requérante a été opérée le 1er octobre 2020 de l'épaule droite et le 17 mai 2021 du poignet gauche en raison de l'aggravation de l'état séquellaire des lésions résultant de l'accident de service du 7 mars 2017. Aux termes d'un rapport d'expertise médicale établi le 19 novembre 2021 sur requête de l'administration, l'expert a, d'une part, estimé que les lésions de l'épaule droite pouvaient être considérées comme consolidées au 17 mai 2021 et conclu que les arrêts de travail du 1er octobre 2020 au 17 mai 2021 devaient être pris en charge au titre d'une rechute de l'accident de service survenue le 1er octobre 2020 et, d'autre part, estimé que les lésions du poignet gauche n'étaient pas consolidées et que les soins et arrêts de travail prescrits du 17 mai au 31 août 2021 devaient être pris en charge au titre d'une rechute de l'accident de service survenue le 17 mai 2021. Au vu de ces constatations médicales, non contestées par les parties, Mme C est fondée à soutenir qu'en décidant de fixer la date de consolidation de l'ensemble des lésions de l'accident de service au 17 mai 2021 et de refuser de prendre en charge les soins médicaux et frais de transport exposés postérieurement à cette date, le recteur a entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête et d'ordonner une expertise médicale, que les décisions du 10 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 29 juin 2022, doivent être annulées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions du 17 mars et 2 juin 2023 :
6. Par une décision du 17 mars 2023, le recteur de l'académie de Strasbourg a décidé de prendre en charge au titre de l'accident de service du 7 mars 2017 les frais de transport jusqu'au
2 février 2023 et les soins médicaux post- consolidation jusqu'au 31 mars 2023. Mme C a formé un recours gracieux contre cette décision, le 24 avril 2023. Par une décision du
2 juin 2023, le recteur, rejetant le recours gracieux, a confirmé la décision prise le 17 mars 2023. Mme C conteste les décisions des 17 mars et 2 juin 2023, en tant qu'elles ne modifient pas la date de consolidation fixée au 17 mai 2021.
7. Il ressort des termes mêmes des décisions en litige qu'elles ont pour seul objet de prolonger la prise en charge des frais de transport et des frais médicaux en lien avec l'accident de service respectivement jusqu'au 2 février 2023 et 31 mars 2023 et non de fixer une nouvelle date de consolidation. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée ne modifie pas la date de consolidation fixée dans de précédentes décisions, est inopérant.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation des décisions des 17 mars et 2 juin 2023 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation des arrêtés du 2 juillet 2021 et 13 août 2021, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 24 septembre 2021 :
9. En application des dispositions sus-rappelées de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, dans sa rédaction applicable au moment de l'accident initial, et de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable au moment des rechutes, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident.
10. Les arrêtés attaqués des 2 juillet et 13 août 2021 octroient à la requérante, en arrêt de travail pour accident de service depuis le 7 mars 2017, un demi-traitement du 12 juin au
11 décembre 2020, puis du 15 mars au 31 août 2021 inclus. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'à la date des arrêtés attaqués, une décision fixant la date de consolidation des lésions de la requérante était légalement intervenue, dès lors que la décision du 11 décembre 2019 par laquelle la rectrice a cessé, à compter du 25 novembre 2019, la prise en charge des arrêts de travail de l'intéressée au titre des accidents de service a été rétroactivement annulée par un jugement du tribunal du 2 décembre 2021, et que les décisions du 10 juin 2022 ayant fixé la date de consolidation de l'état de santé de la requérante au 17 mai 2021 ont été annulées par le présent jugement aux points 4 et 5. Dans ces conditions, la requérante qui, en application de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, avait droit à l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'elle soit en état de reprendre son service ou jusqu'à sa mise à la retraite intervenue le 1er septembre 2021, ne pouvait être placée en congés de maladie ordinaire à demi-traitement sur la période du 12 juin au 11 décembre 2020, et sur la période du 15 mars au 31 août 2021 inclus. Par suite, elle est fondée à soutenir que les décisions attaquées des 2 juillet et 13 août 2021 méconnaissent les dispositions légales précitées.
11. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête et d'ordonner une expertise médicale, que les arrêtés des 2 juillet et 13 août 2021, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 24 septembre 2021, doivent être annulées.
Sur le remboursement des soins médicaux et des frais de transport :
12. Il résulte de l'instruction, et notamment des deux rapports d'expertise médicale établis sur requête de l'administration les 19 novembre 2019 et 6 février 2023, que les soins médicaux doivent être pris en charge au titre de l'accident de service du 1er octobre 2020 au 31 mars 2023 et les frais de transport du 1er octobre 2020 au 2 février 2023. Au demeurant, dans sa décision du
2 juin 2023, le recteur, faisant siennes les conclusions de l'expert, a décidé de prendre en charge les soins médicaux de Mme C jusqu'au 31 mars 2023 et les frais de transport jusqu'au 2 février 2023. Par suite, la requérante, qui a justifié des frais de transport exposés entre les
2 juin 2020 et 7 mars 2022, et des soins médicaux restés à sa charge entre les 19 juin 2021 et
14 septembre 2022, est fondée à demander la condamnation de l'État à lui payer, après déduction des versements effectués en cours d'instance par l'administration, la somme de 3 325,32 euros au titre du solde restant dû sur les frais de transport d'une part, la somme demandée à hauteur de 637,95 euros au titre du solde restant dû sur les soins médicaux d'autre part, soit un montant total de 3 963,27 euros.
Sur les conclusions indemnitaires :
13. En premier lieu, le refus illégal de l'administration de prendre en charge les frais médicaux et frais de transport exposés par Mme C au titre de son accident de service a contraint cette dernière à multiplier les démarches administratives pour obtenir leur remboursement. Il sera fait une juste appréciation du préjudice moral subi par la requérante en lui accordant une indemnité d'un montant de 500 euros.
14. En second lieu, si Mme C soutient que le refus de prise en charge des frais et soins médicaux longtemps opposé par l'administration lui a occasionné des difficultés financières, elle ne produit toutefois aucun élément de nature à étayer ses assertions. La preuve d'un préjudice financier n'étant pas rapportée, cette demande indemnitaire sera rejetée.
15. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C est seulement fondée à demander la condamnation de l'État à lui verser la somme de 500 euros.
Sur les conclusions à fins d'injonction et d'astreinte :
16. L'exécution du jugement implique seulement d'enjoindre au recteur de l'académie de Strasbourg de réexaminer la situation de Mme C sur l'étendue de la prise en charge des arrêts de travail sous le régime des accidents de service d'une part, sur la fixation de la date de consolidation des lésions de l'accident de service d'autre part, le tout dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais des instances :
17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement d'une somme de 1 500 euros à Mme C au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
18. Par ailleurs, aux termes de l'article R. 652-26 du code de la sécurité sociale : " Le droit de plaidoirie prévu au premier alinéa de l'article L. 652-6 est exigible devant les juridictions administratives de droit commun () ". Aux termes de l'article R. 652-27 de ce code : " Le droit de plaidoirie est dû à l'avocat pour chaque plaidoirie faite aux audiences dont la liste est fixée par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice. () / Le droit de plaidoirie est dû à l'avocat auquel un de ses confrères s'est substitué à titre occasionnel ou en qualité de salarié ou de collaborateur. () ". Enfin, aux termes de l'article R. 652-28 du même code : " Le montant du droit de plaidoirie est fixé à 13 euros ". Le conseil de Mme C ayant plaidé à l'audience, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.
D É C I D E :
Article 1er : Les arrêtés des 2 juillet 2021 et 13 août 2021, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 24 septembre 2021, sont annulés.
Article 2 : Les deux décisions du 10 juin 2022, ensemble la décision implicite de rejet du recours gracieux formé le 29 juin 2022, sont annulées.
Article 3 : L'État est condamné à payer à Mme C la somme totale de 3 963,27 euros représentant le solde restant dû des soins médicaux et frais de transport devant être pris en charge au titre de l'accident de service du 7 mars 2017.
Article 4 : L'État est condamné à payer à Mme C la somme de 500 euros en réparation de son préjudice moral.
Article 5 : Il est enjoint au recteur de l'académie de Strasbourg de réexaminer la situation de
Mme C sur l'étendue de la prise en charge des arrêts de travail sous le régime des accidents de service d'une part, sur la fixation de la date de consolidation des lésions résultant de l'accident de service d'autre part, le tout dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement.
Article 6 : L'État versera à Mme C une somme de 1 500 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 7 : L'État versera à Me Rauch la somme de 13 euros au titre du droit de plaidoirie.
Article 8 : Le surplus des conclusions de Mme C est rejeté.
Article 9 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse. Copie en sera adressée au recteur de l'académie de Strasbourg.
Délibéré après l'audience du 20 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Faessel, président,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 avril 2024.
La rapporteure,
C. VICARD
Le président,
X. FAESSELLe greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
N°s 2200416, 2207040
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026