mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| Section | Tribunal Administratif de Strasbourg |
| N° Dossier | TA67-2200854 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ASSFAM – GROUPE SOS SOLIDARITÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 4 et 8 février 2022, M. F G, représenté par Me Arab, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2022 par lequel le préfet du Haut-Rhin lui a retiré son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Haut-Rhin de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 150 euros par jour de retard dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement et de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à lui verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur les moyens communs aux décisions attaquées :
- elles sont entachées d'incompétence ;
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles ne lui ont pas été notifiées dans une langue qu'il comprend ;
Sur la décision portant retrait du droit au séjour :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est entachée d'un défaut d'examen ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
Sur la décision refusant un délai de départ volontaire :
- son comportement ne constitue pas une menace à l'ordre public ;
- il ne présente pas de risque de fuite ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à l'existence d'une situation d'urgence ;
Sur la décision fixant le pays de destination :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
Sur la décision prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation quant à la durée de l'interdiction ;
- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 février 2022, le préfet du Haut-Rhin conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par M. G n'est fondé.
Par ordonnance du 23 août 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 11 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a, en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative, désigné M. Bouzar, premier conseiller, pour exercer temporairement les fonctions de président de la première chambre.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Vicard,
- et les observations de Me Arab, représentant M. G.
Le préfet du Haut-Rhin, régulièrement convoqué, n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. F G, ressortissant roumain né en 1985, a déclaré être entré en France en 2009. Par deux décisions en date des 26 octobre 2016 et 16 janvier 2018, le préfet du Haut-Rhin a rejeté ses demandes d'admission au séjour en date des 29 septembre 2016 et 29 septembre 2017. Le 22 mai 2018, M. G s'est vu délivrer une autorisation provisoire de séjour, valable du
19 avril 2018 au 18 avril 2019, renouvelée le 4 juin 2019, pour une durée d'un an. Par un arrêté du 18 janvier 2022, pris sur le fondement notamment des dispositions de l'article L. 235-1 et du 2° de l'article L. 251-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet du Haut- Rhin a retiré à M. G son droit au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et prononcé à son encontre une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. G a été assigné à résidence le
7 février 2022. Par un jugement du 9 février 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal a rejeté les conclusions de M. G tendant à l'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2022 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de destination et prononçant une interdiction de circulation sur le territoire français d'une durée de trois ans. En application des dispositions de l'article R. 776-17 du code de justice administrative, seules demeurent à juger les conclusions du requérant dirigées contre la décision portant retrait de son droit au séjour et les conclusions accessoires.
2. En premier lieu, par un arrêté du 12 janvier 2022, publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du 13 janvier 2022, le préfet du Haut- Rhin a donné délégation à Mme I E, cheffe du bureau de l'asile et de l'éloignement, pour signer, en cas d'absence ou d'empêchement simultanés de M. J H, directeur de la réglementation, de M. A B, chef du service de l'immigration et de l'intégration et de
Mme D C, adjointe au chef du service de l'immigration et de l'intégration, les décisions portant retrait ou abrogation d'une autorisation provisoire de séjour. Il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que MM. H et B et Mme C n'auraient pas été simultanément absents ou empêchés à la date de signature de l'acte attaqué. Par suite, le moyen tiré de ce que Mme E, signataire de la décision en litige, ne disposait pas d'une délégation de compétence doit être écarté comme manquant en fait.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
4. En troisième lieu, les conditions de notification d'une décision administrative étant sans incidence sur sa légalité, la circonstance, à la supposer établie, que la décision attaquée aurait été notifiée à M. G dans une langue qu'il ne comprend pas, ne peut être utilement invoquée. Par suite, le moyen doit être écarté comme inopérant.
5. En quatrième et dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Pour l'application de ces stipulations, qui protègent d'une atteinte disproportionnée le droit au respect de la vie privée et familiale, l'étranger qui invoque la protection due à ce droit doit apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux effectifs en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.
6. M. G se prévaut de la durée de son séjour en France, de la présence et de la scolarisation sur le territoire français de ses quatre enfants, dont trois sont nés en France, de la présence de sa compagne, enceinte de leur cinquième enfant, enfin de la conclusion d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'ouvrier du bâtiment. Toutefois, par les éléments qu'il produit, il ne justifie pas résider de manière continue sur le territoire français depuis 2009 comme il le soutient. Par ailleurs, il ne démontre pas que sa compagne, ressortissante roumaine, séjourne régulièrement en France, que la cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer en Roumanie ni que ses enfants ne pourraient pas y poursuivre leur scolarité. Quant au contrat de travail à durée indéterminée produit aux débats et conclu en avril 2021, il ne saurait à lui seul suffire à établir que le requérant a fixé ses intérêts privés et familiaux en France. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. G a été condamné à cinq reprises entre novembre 2011 et novembre 2018 pour des faits de vol en réunion commis en août 2011, de vol aggravé commis en récidive en mai 2012, de recel de bien provenant d'un vol en réunion commis en récidive en mars 2013, de conduite de véhicule sans permis commis en mars 2017 et de recel de bien provenant d'un vol en réunion commis en récidive entre septembre 2016 et février 2017, lui ayant valu plusieurs peines d'emprisonnement, la dernière en date ayant été exécutée du 20 avril 2021 au 4 février 2022. Compte tenu de l'ensemble de ces faits, de leur gravité et de leur réitération, alors par ailleurs que la décision portant retrait du droit au séjour n'implique aucune séparation du requérant d'avec sa compagne et ses enfants, M. G n'est pas fondé à soutenir qu'en lui retirant son droit au séjour, le préfet du Haut-Rhin a porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au but poursuivi.
7. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de M. G à fin d'annulation de l'arrêté du 18 janvier 2022 portant retrait de son droit au séjour doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction sous astreinte ainsi que celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
DÉCIDE :
Article 1er : Les conclusions de M. G tendant à l'annulation de la décision du 18 janvier 2022 portant retrait de son droit au séjour, ainsi que ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761- 1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. G et au préfet du Haut-Rhin. Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bouzar, premier conseiller, présidant la formation de jugement en application de l'article R. 222-17 du code de justice administrative,
Mme Jordan-Selva, première conseillère,
Mme Vicard, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023.
La rapporteure,
C. VICARD
Le premier conseiller, faisant
fonction de président
M. BOUZAR
Le greffier,
P. SOUHAIT
La République mande et ordonne au préfet du Haut-Rhin, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026